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Côte d'Ivoire

Après un Grammy Award, l'Ivoirienne Dobet Gnahoré veut séduire son pays

La musicienne Dobet Gnahore, à Abidjan, le 9 mai 2010.

Lauréate d'un Grammy Award en 2010, prestigieuse récompense musicale américaine, la chanteuse, danseuse et percussionniste ivoirienne Dobet Gnahoré reste peu connue en Côte d'Ivoire.

"Je rêvais de venir jouer en Côte d'Ivoire!", a confié Dobet Gnahoré, qui vit en France depuis 20 ans et ne cache pas sa joie d'un retour au pays natal pour se faire connaître à travers des projets culturels.

L'artiste est revenue au pays en février pour une tournée promotionnelle de son dernier album "Afro électro Moziki!", et pour un concert à l'Institut français d'Abidjan, qui a remporté un grand succès.

Véritable bête de scène, elle déploie son agilité par la danse en même temps que son endurance sur les planches. Elle va jusqu'à moduler sa douce voix pour imiter le son des pygmées d'Afrique centrale, comme dans le titre "Youkouli", sur son dernier album.

"Dobet Gnaoré a du talent (...) mais il n'est pas perçu comme tel dans son propre pays. Il est temps que la Côte d'Ivoire sache ce qu'elle vaut vraiment", explique Salif Traoré, dit A'Salfo, leader du groupe ivoirien Magic System dont la structure de production (Gaou Productions) a organisé la venue de la percussionniste à Abidjan.

La musicienne n'a pas caché sa joie. "C'est vraiment un plaisir de jouer à Abidjan, chez moi ! De montrer aux Ivoiriens, à ma famille, comment je me bats (...) pour parler de notre culture, qu'elle soit ivoirienne ou africaine". "Je veux jouer plus en Côte d'Ivoire", dit-elle.

"La compassion, l'amour, la paix, l'éducation" sont les thèmes abordés dans son dernier album, qu'elle qualifie de "plus personnel".

- Le panafricain et l'électro -

Son séjour en France a déteint sur son genre musical, avec un fond d'acoustique. "J'ai des influences qui viennent de l'Europe, du côté électro, avec mon dernier album", mais dans "mes quatre premiers albums, c'est le panafricain devant".

"Complètement ouverte à tous les styles de musique", elle veut "nager dans le style afro-pop-électro", peut se lever un matin en imaginant un air aux accents reggae et le lendemain matin "une chanson qui n'a rien à voir", résume celle qui chante en bété, en dioula ou dans un mélange de français et de langue ivoirienne.

"J'ai grandi dans un village panafricain... où j'ai appris la percussion, la danse, le théâtre, la musique et le chant en différentes langues africaines". "J'aime être libre, je n'aime pas qu'on me colle une étiquette", raconte cette artiste, mère de deux enfants.

Bon sang ne saurait mentir, dit le proverbe: Dobet est la fille aînée de Boni Gnahoré, maître percussionniste de la compagnie de théâtre Ki Yi M'Bock d'Abidjan -dirigée par l'écrivaine, dramaturge et chorégraphe Werewere Liking- et a grandi avec la musique depuis son plus jeune âge.

"Werewere Liking est une femme spéciale qui m'a toujours inspirée. Je suis une enfant de Werewere, tout ce que je fais, c'est elle qui m'en a donné la base", affirme l'artiste qui été admise dans la compagnie à l'âge de 9 ans.

Ses deux mentors ne tarissent pas d'éloges sur son parcours. "Je suis fière d'elle. Gamine, je l'avais encouragée quand elle voulait embrasser cette carrière, alors que ses parents s'y opposaient", raconte Werewere Liking, diva majestueuse avec sa canne à la main.

- "Ma boussole et ma thérapie" -

Boni Gnahoré témoigne de la vocation musicale de sa fille: "Quand elle nous voyait prester (jouer) au village, elle pleurait. Elle a abandonné l'école pour entrer dans cette école de la vie".

Dobet Gnahoré estime qu'avant de découvrir la musique, elle n'était "rien". "La musique est ma boussole et ma bouée de sauvetage. Elle me permet de vivre, déjà. D'évacuer aussi, c'est une thérapie. Elle me permet de chanter, de pleurer, de rigoler et de partager avec le public..."

"Dobet est une artiste pétrie de talents qui a su faire le maillage entre la musique traditionnelle et la musique moderne, notamment la techno. C'est un modèle pour les jeunes qui veulent se lancer dans la musique", estime Xavier Effoué, spécialiste de la musique ivoirienne soulignant la réussite de sa synthèse musicale.

Dobet Gnahoré envisage une série de projets en Côte d'Ivoire pour inciter les jeunes artistes à explorer d'autres styles de musiques. Elle souhaite créer un centre à vocation socio-culturelle qui accuieillerait notamment des orphelins afin de les former avec d'autres artistes.

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Guillaume Soro et ses co-accusés devront payer 1 milliard de FCFA à l'État ivoirien

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Guillaume Soro condamné à perpétuité par un tribunal d'Abidjan

Guillaume Soro, alors président du parlement ivoirien, s'exprime à l'Assemblée nationale à Abidjan, le 8 février 2019.

L'ancien Premier ministre ivoirien et ex-chef rebelle Guillaume Soro a été condamné en son absence mercredi à Abidjan, à la prison à perpétuité pour "atteinte à la sûreté de l'Etat" pour des faits commis fin 2019.

La cour d'assises d'Abidjan a suivi les réquisitions du parquet, tout comme pour les principaux autres accusés, Souleymane Kamagaté, ex-chef du protocole de M. Soro, Affoussy Bamba, ancienne ministre et Touré Moussa, son ancien chef de la communication, condamnés à 20 ans de prison, a constaté un journaliste de l'AFP.

M. Soro, 49 ans, vit en exil en Europe depuis sa brouille avec l'actuel président ivoirien Alassane Ouattara, un ancien allié.

Son procès s'est ouvert le 19 mai, par contumace.

Selon les procureurs, l'ancien chef rebelle aurait tenté de renverser le gouvernement en 2019. Il a été formellement inculpé pour "complot", "atteinte à la sûreté nationale" et "tentative d'atteinte contre l'autorité de l'Etat".

En 2020, il avait déjà été reconnu coupable de détournement de fonds publics et condamné à 20 ans de prison. On lui reprochait d'avoir tenté de s'approprier, selon les procureurs, une résidence achetée par l'Etat pour le loger lorsqu'il était Premier ministre.

Des accusations qu'il nie avec véhémence, arguant qu'il ne s'agit que d'un règlement de compte politique.

Soro face à la justice: "un procès purement politique"
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Diplomate tué en Côte d'Ivoire: le procès de sa veuve s'ouvre à Paris

Des drapeaux français flottent en berne derrière un policier faisant un geste au départ du Premier ministre ivoirien après avoir signé un livre de condoléances à l'ambassade de France à Abidjan, le 15 juillet 2016.

Quatorze ans après le meurtre à Abidjan d'un ancien policier français chargé de mission pour l'Union européenne (UE), le procès de sa veuve s'est ouvert mardi devant la cour d'assises de Paris pour assassinat, un crime qu'elle a toujours contesté.

Cheveux châtains attachés en chignon, Karine Blanc, 54 ans, comparaît libre et a pris place au premier rang de la petite salle d'audience, pour écouter le rappel des faits.

Le corps de son mari, Michel Niaucel, avait été découvert le 7 février 2007 dans la chambre de leur villa ultra-sécurisée de la capitale économique ivoirienne, où ils vivaient avec leur fille de 13 ans.

L'officier régional de sécurité avait été tué d'une balle dans le thorax, tirée d'un revolver 357 Magnum à travers un oreiller, alors qu'il dormait à côté de son épouse. Il avait basculé du lit conjugal et s'était effondré sur le sol, se vidant de son sang.

L'enquête avait vite exclu la piste du crime politique, les soupçons se portant sur l'épouse, alors enceinte de son amant.

Karine Blanc "clame son innocence depuis le début", a souligné son avocate, Michèle Siari avant l'ouverture du procès. "Elle attend de pouvoir enfin tourner la page".

La fille du couple Niaucel, deux enfants de la victime nés d'une précédente union, ainsi que les deux frères et la sœur du diplomate se sont constitués parties civiles (victimes).

A l'audience, la famille a pris place sur les bancs, de l'autre côté de la salle. "Quel que soit le temps écoulé depuis les faits et la longueur de l'instruction, ils attendent une réponse judiciaire", a dit leur avocat Antoine Tugas avant l'audience.

Entendue après les faits par les autorités ivoiriennes, Karine Blanc avait d'abord affirmé que son mari avait été abattu par un intrus. L'enquête avait ensuite été transférée en France, en vertu de l'immunité diplomatique de Michel Niaucel et de sa famille.

Devant la justice française, Karine Blanc avait alors plaidé le tir accidentel alors qu'elle tentait d'empêcher son époux de se suicider. Mais un collège d'experts a conclu à l'impossibilité de la version de Mme Blanc, estimant qu'elle était soit l'auteure du coup de feu, soit qu'une tierce personne avait tiré.

La thèse du tir accidentel devrait à nouveau être âprement débattue devant la cour d'assises.

Le verdict est attendu le 2 juillet.

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