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Après l'attentat meurtrier de Kaboul, l'industrie du mariage craint pour son avenir

Des personnes en deuil chiites afghanes portent le cercueil d'une victime tuée dans un attentat suicide la veille à Kaboul, le 16 août 2018.

Depuis quatre décennies, les mariages constituaient l'un des rares moments de joie en Afghanistan, ravagé par la guerre. L'attentat-suicide de samedi, pendant qu'un couple échangeait ses vœux à Kaboul, a non seulement brisé des centaines de vies mais il a également ébranlé une industrie florissante.

De la salle de mariage Shahr-e-Dubai, dans l'ouest de la capitale, il reste une façade de verre et de béton rouge et blanc presque intacte. Mais l'intérieur n'est plus que chaos. Le plafond s'est écroulé et des chaises sont maculées de sang depuis qu'un kamikaze du groupe Etat islamique s'y est fait exploser, faisant 63 morts et 182 blessés.

L'impact est dramatique pour l'industrie du mariage, "l'un des rares secteurs économiques qui fonctionnait encore relativement bien malgré tous les problèmes" que rencontre l'Afghanistan, soupire Ghulam Sakhi Sultani, l'un des trois propriétaires de Shahr-e-Dubai.

Dans la culture afghane, les unions donnent lieu à des cérémonies démesurées, où des centaines de personnes, souvent plus de mille, sont invitées.

Entre robes, bijoux et nourriture en abondance, ces noces coûtent au bas mot 15.000 euros, une fortune dans l'un des pays les plus pauvres du monde, qui pousse nombre de futurs époux à lourdement s'endetter.

Une industrie du mariage, qui pèse des millions d'euros, s'est donc progressivement développée à Kaboul. Des dizaines d'immenses hangars constellés de néons parsèment la ville, employant des milliers de personnes.

Après cette attaque, la première du genre contre un mariage de masse à Kaboul, "il sera difficile de regagner la confiance pour organiser d'importants mariages", observe M. Sultani, qui redoute que "les terroristes n'aient choisi les mariages de masse comme nouvelles cibles".

Dix membres de son personnel ont été tués ou blessés samedi et "la plupart des autres ne sont pas revenus travailler" car ils disent "craindre pour leur vie", raconte-t-il.

"Après l'horrible attentat de samedi tout va changer", acquiesce Sharif, le directeur d'une autre salle de noces de Kaboul, qui n'a donné que son seul prénom. "Je ne pense pas que les gens nous feront confiance, ni à nous ni au gouvernement, pour assurer leur sécurité".

- Mariage "à la maison" -

Tandis que des mariages plus modestes ont déjà été ciblés par le passé, six personnes ayant notamment été tuées mi-juillet dans l'est, l'attentat de samedi souligne la vulnérabilité de ces rassemblements de masse, pour lesquels les mesures de sécurité prises sont minimales.

Quand les invités sont nombreux, les allées et venues sont difficilement contrôlables. Et ces grands hangars ne disposent pour la plupart même pas de sortie de secours.

A moins que des personnalités de premier plan soient invitées, il est considéré comme insultant pour les invités d'être fouillés. Des personnes extérieures peuvent ainsi facilement se fondre dans la foule d'amis et parents.

"Nous prendrons des mesures de sécurité supplémentaires mais il sera difficile d'arrêter un poseur de bombe parmi les centaines d'invités", reconnaît M. Sultani.

Les couples désireux de se passer la bague au doigt sont eux aussi très inquiets.

Dawood Hotak, un étudiant fiancé de 26 ans, prévoit désormais de se marier "à la maison" plutôt que dans une de ces salles.

"Les gens devraient être fouillés avant d'entrer", peste-t-il auprès de l'AFP. "S'il y avait eu des fouilles corporelles, je suis sûr que l'attaque aurait été évitée", estime-t-il.

En novembre dernier, un kamikaze a frappé la salle de mariage, l'Uranus, à Kaboul, où se réunissaient des érudits religieux, tuant au moins 55 personnes.

"Il n'y a plus d'endroits sûrs à Kaboul", se lamente le manager de l'Uranus, Haji Ghulam Sediq. "Il n'y a pas que les employés et les invités, moi aussi j'ai peur", confie-t-il.

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Corée du Sud: 40 ans de prison pour le chef d'un gang de vidéos porno

Photo d'illustration (Reuters)

Le cerveau d'un réseau criminel sud-coréen qui contraignait des femmes, dont des mineures, à réaliser des vidéos pornographiques mises en ligne a été condamné jeudi à 40 ans de prison.

Cho Ju-bin, 25 ans, fut à la tête de ce gang de mai 2019 à février cette année, un intervalle au cours duquel 74 personnes, dont 16 mineures, furent contraintes, notamment par le chantage, à envoyer des contenus à caractère sexuel. Les vidéos étaient ensuite postées sur des forums payants ou envoyées par la messagerie Telegram.

"L'accusé a largement distribué des contenus sexuellement offensants qui avaient été créés en trompant ou en menaçant les victimes", a jugé le Tribunal du district central de Séoul, selon l'agence Yonhap, en affirmant qu'il avait ce faisant provoqué "un tort irréparable".

Le tribunal a ajouté qu'au vu de la gravité des crimes et du nombre de victimes, Cho Ju-bin devrait être "maintenu à l'écart de la société pendant une longue période de temps". Cinq de ses acolytes ont écopé de peines allant de sept à 15 années de prison.

La violence sexuelle en ligne et le partage illégal de contenus à caractère sexuel est un sérieux problème au sein de la société sud-coréenne, où les autorités sont accusées de laxisme face à ce type de délits. Le gouvernement a créé en 2019 une équipe dédiée à la traque des contenus illégalement partagés.

Dans une des affaires les plus médiatisées de ces dernières années, la star de la K-pop Jung Joon-young a été condamnée pour avoir tourné, à l'insu de ses partenaires, des vidéos de leurs rapports sexuels et les avoir partagées. Egalement reconnu coupable de viol en groupe, il purge une peine de cinq ans de prison.

La Corée du Sud est confrontée à un grave phénomène connu sous le nom de "molka", des caméras cachées installées pour filmer secrètement les femmes dans les lieux publics, toilettes, transport ou bureaux. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté en 2018 à Séoul pour demander aux autorités d'agir contre cette forme de harcèlement.

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Un travailleur humanitaire condamné à mort pour viols sur mineurs au Pakistan

Aire de jeux à Lahore au Pakistan, 11 novembre 2017. (Photo AP/K.M. Chaudary)

Un travailleur bénévole a été condamné à mort au Pakistan, reconnu coupable de viols et abus sexuels en série sur mineurs et d'avoir téléchargé des vidéos pornographiques mettant en scène des mineurs.

"Il sera pendu jusqu'à ce que mort s'ensuive", a déclaré le tribunal dans son verdict du 18 novembre, qui doit être confirmé par la Haute Cour de Lahore.

Sohail Ayaz avait été reconnu coupable de délits similaires au Royaume-Uni et en Italie avant d'être extradé vers le Pakistan où il a continué de s'en prendre à des enfants, selon la police.

Ce travailleur bénévole avait collaboré avec l'ONG Save the Children, ainsi que dans le cadre d'un projet humanitaire en Afghanistan, selon un haut responsable de la police, Rai Mazhar.

M. Ayaz aurait avoué avoir violé environ 30 enfants au Pakistan, selon les enquêteurs, qui auraient trouvé en sa possession des dizaines de milliers de vidéos pornographiques.

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