Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Droits humains

Appels à la libération d’une étudiante détenue depuis 14 mois à Brazzaville

Des ONG ont exigé la libération de Chancelia Moulounda détenue depuis 14 mois, Brazzaville le 14 avril 2022. (VOA/Arsène Séverin)

La société civile et la famille Moulounda ont demandé jeudi à Brazzaville la libération de Chancelia Moulounda, 27 ans, détenue 433 jours sans jugement. Le juge d’instruction a rejeté la demande de sa mise en liberté provisoire et elle n’a plus droit aux visites.

Son père, Jean Moulounda, se dit très choqué. "Un père qui a sa fille en détention devrait avoir la possibilité de la visiter à chaque fois. Et c’est ça qui va réconforter la fille et moi aussi le père. Mais, pas de visite. Je ne sais pas ce qui se passe là-bas. Je ne sais même pas si elle est encore en vie ", a déploré le père de l’étudiante.

L’étudiante Chancelia Moulounda, en année de Master à l’Université Marien Ngouabi, détenue depuis 14 mois, est arrêtée pour complicité d’atteinte à la sûreté de l’Etat. On lui reproche d'avoir reçu plusieurs fois des transferts d’argent pour acheter les explosifs servant à casser la pierre à Kombe, dans le sud de Brazzaville.

Pour les ONG, il s’agit d’un dossier non consistant. Joe Washington Ebina dénonce une "distraction" des pouvoirs publics.

"Si le juge faisait les enquêtes, il va constater que beaucoup de gens utilisent les explosifs, c’est une activité normale et connue de tous. Mais comment casse-t-on la pierre ? Il ne faut pas instrumentaliser ces activités comme étant criminelles", a-t-il dénoncé.

L’activiste a ajouté : "Ce que nous ne comprenons pas c’est qu’une jeune dame qui a simplement aidé à récupérer des modiques sommes d’argent soit considérée comme une grande criminelle".

Selon Trésor Nzila Kendet, le directeur exécutif du Centre d’actions pour le développement (CAD), il s’agit ni plus ni moins d’une détention arbitraire. Et les ONG n’espèrent pas voir s’ouvrir rapidement le procès de la jeune dame.

"Le dossier ne va pas arriver au tribunal très rapidement, parce qu’ils ont été incapables de le faire pendant 14 mois. Pour nous, c’est de l’arbitraire pur et simple que nous condamnons et la conséquence doit être la libération", a-t-il déclaré.

Au cours de l’échange qu’ils ont eu avec les journalistes, les activistes des droits de l’Homme ont annoncé qu'ils vont saisir la Cour suprême, sans préciser la date.

Toutes les actualités

Nouvelle vague de violences xénophobes en Afrique du Sud

Nouvelle vague de violences xénophobes en Afrique du Sud
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:29 0:00

L'ONU veut enquêter sur la discrimination raciale aux États-Unis

L'ONU veut enquêter sur la discrimination raciale aux États-Unis
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:22 0:00

Dans les prisons du Nord-Kivu, des conditions de vie exécrables

Dans les prisons du Nord-Kivu, des conditions de vie exécrables
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:43 0:00

Human Rights Watch accuse l'armée de "meurtres" au Cameroun anglophone

Une partie de la population anglophone du Cameroun s'estime ostracisée par les francophones, le conflit a fait plus de 6.000 morts depuis fin 2016.

L'ONG Human Rights Watch (HRW) a accusé jeudi l'armée camerounaise de "meurtres" et "détentions arbitraires" dans une région anglophone où un conflit meurtrier oppose depuis cinq ans des groupes armés séparatistes aux forces de l'ordre.

"Des soldats camerounais ont sommairement tué au moins dix personnes et commis plusieurs autres abus entre le 24 avril et le 12 juin lors d'opérations anti-insurrectionnelles dans la région du Nord-Ouest du Cameroun", a noté l'ONG dans un rapport, affirmant que des membres des forces de l'ordre ont "détruit et pillé des centres de santé, détenu arbitrairement au moins 26 personnes et en auraient fait disparaître de force quelque 17 autres".

Crise anglophone: Macron prône la "régionalisation" comme solution
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:27 0:00

Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont le théâtre depuis cinq ans d'un conflit meurtrier entre des groupes armés réclamant l'indépendance d'un Etat qu'ils appellent l'"Ambazonie" et des forces de sécurités massivement déployées par le pouvoir du président Paul Biya, 89 ans, qui dirige le Cameroun d'une main de fer depuis près de 40 ans.

Une partie de la population anglophone s'estime ostracisée par les francophones. Le conflit qui a fait plus de 6.000 morts depuis fin 2016 et forcé plus d'un million de personnes à se déplacer, selon le centre de réflexion International Crisis Group (ICG). Les rebelles comme les militaires et les policiers sont régulièrement accusés par les ONG internationales et l'ONU de commettre exactions et crimes contre les civils.

HRW a évoqué l'attaque, le 1er juin, par des soldats camerounais du village de Missong, un hameau de la région du Nord-Ouest, qui s'est soldée par la mort de neuf personnes, dont quatre femmes et une fillette de 18 mois, "dans une opération de représailles contre une communauté soupçonnée d'abriter des combattants séparatistes". L'armée avait alors reconnu une "méprise" et "une réaction inappropriée, inadaptée à la circonstance et manifestement disproportionnée".

Droits humains au Cameroun: "le gouvernement doit avoir un engagement avec la société civile", Félix Agbor Balla
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:21:09 0:00

En juin, selon HRW, les forces de sécurité ont "sommairement tué un homme, en ont blessé un autre, ont brûlé au moins 12 maisons, détruit un centre de santé communautaire et pillé au moins 10 magasins" à Belo. Interrogé par l'AFP, le ministère de la Défense n'avait pas réagi dans l'immédiat.

"Les autorités camerounaises devraient mener des enquêtes crédibles et impartiales et demander des comptes à leurs auteurs", a exhorté dans le rapport Ilaria Allegrozzi, chercheuse sur l'Afrique centrale à HRW. L'ONG de défense des droits humains avait accusé dans un rapport publié fin juin les rebelles des régions anglophones de commettre des "violations graves des droits humains".

Le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) avait placé en juin le Cameroun anglophone à la troisième place sur la liste des dix crises "les plus négligées" de déplacement de population, en se basant sur trois critères: le manque de volonté politique de la communauté internationale pour y trouver des solutions, de couverture médiatique et de financement des besoins humanitaires.

Human Rights Watch critique les autorités maliennes

MALI-FRANCE-UNREST

Les autorités maliennes doivent inverser la tendance quant aux violations des droits humains pour "garantir" leur "crédibilité", affirme l'ONG Human Rights Watch qui dénonce mardi des détentions illégales, des restrictions de la liberté d'expression et des disparitions forcées.

"Les autorités maliennes doivent inverser cette tendance afin de garantir la crédibilité de la transition politique", a déclaré mardi Jehanne Henry, chercheuse à HRW, dans un communiqué recensant les récentes violations des droits humains au Mali.

HRW dénonce les "détention et harcèlement de critiques présumés" des autorités de transition dominées par les militaires après deux coups d'Etat complémentaires (2020, 2021).

Parmi ces critiques, souligne HRW, figurent Etienne Fakaba Sissoko - un économiste arrêté en janvier après des "propos prétendument subversifs" - et Oumar Mariko - homme politique "détenu près d'un mois" après avoir critiqué le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga et qui "vit dans la clandestinité depuis avril".

Fily Bouare Sissoko et Mahamadou Camara, respectivement ancienne ministre et ancien directeur de cabinet du président, inculpés dans une affaire de corruption qui remonte à 2015, sont détenus depuis août et septembre 2021 sans procès, continue l'ONG.

HRW a également recensé les différentes entraves à la liberté d'expression depuis que les militaires sont au pouvoir: expulsion d'un journaliste français du média panafricain Jeune Afrique pour défaut d'accréditation, suspension de délivrance des accréditations pour les correspondants étrangers, "harcèlement" par des "commentateurs en ligne" de critiques du pouvoir...

"Refonder" l'Etat malien

"Il est devenu plus difficile d'inviter des personnes s'exprimant librement à des débats publics", constate l'ONG. Cette "répression des médias et les détentions de critiques ont eu un effet glaçant sur la vie politique et l'espace civique", complète Jehanne Henry dans le texte.

HRW s'inquiète également du sort de sept militaires arrêtés mi-mai, accusés d'avoir "fomenté un coup d'Etat". Bamako n'a fourni "aucun information sur l'état de santé des hommes ni sur le lieu où ils se trouvent", ajoute l'ONG évoquant des "disparitions forcées".

Le 6 août, poursuit HRW, Bamako a répondu par écrit à l'ONG en "réaffirmant leur engagement pour les droits humains (...) mais en ne faisant aucune mention des conclusions" du communiqué.

Les militaires au pouvoir au Mali arguent d'une souveraineté retrouvée et d'une volonté de "refonder" l'Etat malien. Mais "parvenir à une société démocratique", rappelle HRW, "implique de garantir le respect des droits humains et des libertés fondamentales".

Voir plus

XS
SM
MD
LG