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Droits humains

Les activistes en manque de liberté d’expression à Brazzaville

Landry Louboueya, interpellé par la police pour avoir dénoncé une dérive de la douane, à Brazzaville le 21 juillet 2021.

Les activistes des droits de l’Homme dénoncent la confiscation de leur liberté d’expression ainsi que celle des citoyens. Plusieurs militants des droits de l’homme sont en effet jetés en prison pour avoir dénoncé les injustices diverses.

Après plus de trois mois de détention pour atteinte à la sureté intérieure de l’Etat, l’activiste Christ Belvie Dongui reprend ses activités professionnelles. Ce matin, il est venu nettoyer ses bureaux du quartier Mafouta, au sud de Brazzaville.

L’activiste constate ce qui en reste, après la perquisition de la police. "L’internet est arraché, les ordinateurs emportés pour être fouillés", témoigne-t-il.

Malgré son séjour en prison, Christ Dongui semble ne pas perdre un cran de son engagement pour les droits humains.

Christ Belvi Dongui détenu pendant plus de 3 mois pour avoir dénoncé les mauvaises conditions de vie de la population, à Pointe-Noire mars 2021. (VOA/Arsène Séverin).jpg
Christ Belvi Dongui détenu pendant plus de 3 mois pour avoir dénoncé les mauvaises conditions de vie de la population, à Pointe-Noire mars 2021. (VOA/Arsène Séverin).jpg

"Chaque génération a un combat. Je suis d’une génération qui doit relever le défi. La nôtre doit construire un Congo nouveau, un Congo où l’égalité des chances sera pour tous", dit-il.

Landry Louboueya, la quarantaine environ, a lui aussi été détenu pour avoir dénoncé les travers de l’administration douanière. Il évoque sa grosse déception. "Ce genre d’actes peuvent toujours arriver, je ne suis pas le premier", affirme-t-il.

"J’ai acheté un article en ligne, on m’a demandé payer les taxes qui ne sont consignées ni dans le code de douane ni dans aucun texte officiel où le montant était fixé. Pour avoir dit ça, j’ai été mis comme un bandit de grand chemin dans les geôles de la police", déplore l’activiste.

L’exercice de la liberté d’expression est consacré par la loi au Congo. Seulement, dans les faits, il existe encore de gros écarts. Georges Nguila, le nouveau directeur exécutif de l’Observatoire congolais des droits de l’Homme (OCDH) vient de publier un livre, "La faillite des droits humains au Congo", comme pour mettre l’Etat face à ses responsabilités.

"Mon livre, c’est un constat et on ne peut pas nier les faits par des arguments. Le constat c’est que, c’est la faillite des droits humains", dénonce Georges Nguila.

Le directeur exécutif de l’OCDH constate également que la liberté de la presse est plus accordée à la presse écrite. "Mais les médias audiovisuels sont censurés", affirme-t-il.

Il y a une semaine, les autorités ont libéré six activistes des droits de l’Homme dont Alexandre Dzabana, 77 ans, et dont l’état de santé nécessite une évacuation sanitaire.

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Des lanceurs d'alerte au péril de leur vie en Afrique du Sud

Un patient traité dans un hôpital géré par l'organisation caritative The Gift of the Gives, lors de l'épidémie de Covid-19 à Johannesburg, Afrique du Sud, le 10 juillet 2021.

Les lanceurs d'alerte agissent au péril de leur vie en Afrique du Sud, notamment pour dénoncer des cas de corruption, a alerté l'ONG Corruption Watch dans un rapport publié mercredi. 

Le mois dernier, Babita Deokaran, 53 ans, employée d'un ministère provincial de la Santé et témoin clef dans une affaire de corruption, a été tuée par balles à Johannesburg.

Elle avait participé à mettre au jour une affaire de détournement de plusieurs millions d'euros dans le cadre de contrats d'achats de matériel de protection contre le Covid. L'affaire dévoilée l'année dernière avait fait scandale.

Les informations en sa possession ont conduit à plusieurs licenciements ainsi qu'à des poursuite auprès d'entreprises et de responsables du gouvernement pour recouvrer des sommes indûment versées.

La fonctionnaire a été froidement abattue dans sa voiture le 23 août, près de son domicile, après avoir déposé son enfant à l'école.

"Ceux qui ont le courage de dénoncer la corruption continuent à voir leur vie menacée par des personnes agissant en toute impunité", s'indigne Corruption Watch.

Six personnes ont été inculpées de meurtre dans le cadre de l'enquête sur la mort de Babita Deokaran.

Le président Cyril Ramaphosa avait qualifié le meurtre de "tragédie", saluant une "héroïne et une patriote". Le chef d'Etat, qui a succédé à Jacob Zuma poussé à la démission en 2018 après une série de scandales, a fait de la lutte contre la corruption un cheval de bataille.

Le gouvernement a annoncé cette semaine la création d'une unité spéciale de protection des lanceurs d'alerte.

Selon l'ONG, les informations recueillies auprès de quelque 2.000 lanceurs d'alerte montrent que la corruption a sévi "sans relâche" au cours du premier semestre 2021, dans le secteur public comme privé.

La plupart des témoignages impliquent la police. D'autres, les programmes de lutte contre le Covid, le financement des écoles, le logement ou encore l'aide alimentaire.

Les arrestations et violences pour des publications sur internet en hausse dans le monde

Un cybercafé à Dakar, Sénégal, le 10 août 2006.

Le nombre de pays où des internautes ont subi des arrestations et des violences en raison de leurs publications a atteint un record entre juin 2020 et mai 2021, selon un rapport publié mardi par une ONG.

Si les coupures de réseau en Birmanie et au Bélarus ont constitué les points les plus marquants de la période considérée, les droits numériques ont reculé au niveau mondial pour la onzième année de suite, souligne l'ONG américaine Freedom House.

Le rapport évalue le niveau de liberté sur internet dans différents pays, en prenant notamment en compte les restrictions d'accès ou la présence de "trolls" pro-gouvernementaux cherchant à manipuler les débats en ligne.

"Cette année, les internautes ont dû faire face à des attaques physiques en représailles à leurs activités en ligne dans 41 pays", indique le rapport, notant qu'il s'agit d'un plus haut depuis ses débuts.

Parmi les exemples cités : celui d'un étudiant bangladais hospitalisé après un passage à tabac en raison de soupçons d'"activités anti-gouvernementales" sur les réseaux sociaux ou celui d'un journaliste mexicain assassiné pour avoir publié sur Facebook une vidéo accusant un gang de meurtre.

Les auteurs ajoutent que, dans 56 des 70 pays étudiés, des citoyens ont été arrêtés ou condamnés pour leurs activités numériques, soit un taux record de 80%.

La junte militaire, qui a pris le pouvoir en Birmanie en février, est lourdement critiquée pour avoir coupé l'accès à internet, bloqué les réseaux sociaux et forcé les entreprises technologiques à lui remettre des données privées.

Des coupures ont également été constatées avant un scrutin en Ouganda en janvier et après une élection présidentielle contestée au Bélarus en août 2020.

Au total, 20 pays ont bloqué l'accès à internet de leurs citoyens en un an.

L'Islande est en tête du classement devant l'Estonie et le Costa Rica, premier pays à avoir fait de l'accès à internet un droit fondamental.

La Chine est en revanche considérée comme le pays le moins respectueux des libertés numériques et le plus répressif contre les internautes dissidents.

Au niveau mondial, les auteurs du rapport accusent des gouvernements de se servir de la régulation des entreprises technologiques pour justifier des mesures répressives.

De nombreux législateurs élaborent des lois anti-trust visant à mettre au pas des géants de la tech comme Google, Apple et Facebook, un effort que les auteurs du rapport estiment justifié.

Ils critiquent cependant des pays comme l'Inde ou la Turquie pour leurs lois forçant les réseaux sociaux à retirer tout contenu jugé offensant ou susceptible de porter atteinte à l'ordre public, sans que ces termes soient clairement définis.

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