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3 ans de prison ferme requis contre une figure de la contestation


Des policiers dans la ville de Laghouat, en Algérie, le 11 janvier 2012.

Le procureur d'un tribunal d'Alger a requis lundi trois ans de prison ferme contre Samir Benlarbi, militant et figure du "Hirak", le mouvement de contestation dont l'Algérie est le théâtre depuis presque un an, a annoncé à l'AFP un de ses avocats.

M. Benlarbi était jugé lundi pour "atteinte à l'intégrité du territoire", crime passible de dix ans de prison, et "diffusion ou détention de publications portant atteinte à l'intérêt national", délit passible de cinq ans d'emprisonnement, selon Me Amine Sidhom, membre de son collectif de défense.

Me Sidhom n'a pas précisé quels faits valent ces inculpations à M. Benlarbi, qui a été arrêté mi-septembre et est depuis en détention provisoire. Les avocats ont entamé leurs plaidoiries après le réquisitoire.

Le verdict sera rendu le 3 février, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), une association qui recense et défend les personnes arrêtées dans le cadre du mouvement de contestation.

Déclenché le 22 février pour empêcher une candidature à un 5e mandat présidentiel d'Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans, le "Hirak" a obtenu la démission du chef de l'Etat le 2 avril.

Mais les arrestations se sont multipliées dans ses rangs à partir de juin, et l'échec du pouvoir --ouvertement exercé par la haute hiérarchie militaire depuis la démission de M. Bouteflika-- à organiser une présidentielle prévue début juillet pour lui élire un successeur.

La plupart des manifestants, militants et journalistes arrêtés ont été placés en détention provisoire et certains condamnés à de la prison ferme, essentiellement pour "atteinte à l'intégrité du territoire" ou "démoralisation de l'armée".

Le 2 janvier, au moins 76 personnes avaient été remises en liberté au cours de la même journée par des tribunaux à travers le pays, certains avant la fin de leur peine, mais pour la plupart alors qu'ils étaient encore en détention provisoire.

Cette mesure avait été vue comme un geste d'apaisement de la part du nouveau président Abdelmadjid Tebboune, ancien proche de M. Bouteflika, élu le 12 décembre, lors d'une présidentielle organisée au forceps et marquée par une abstention record (plus de 60%).

Mais les poursuites contre ceux pas encore jugés n'ont pas été abandonnées et les principales figures du mouvement, dont M. Benlarbi, ont été maintenues en détention.

Selon le CNLD, au total 94 personnes détenues pour des faits liés au "Hirak" ont été remises en liberté ces dernières semaines, mais 124 restent emprisonnées.

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