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L'ANC pressé de trancher le sort du président Zuma

Des membres de l'ANC manifestent près du siège du parti à Johannesburg, le 5 février 2018

Le parti au pouvoir en Afrique du Sud, le Congrès national africain (ANC), se réunit en urgence pour tenter de trancher la question du départ anticipé du très controversé président Jacob Zuma, à trois jours d'un discours important qu'il doit prononcer devant le Parlement.

Le second mandat de Jacob Zuma, au pouvoir depuis 2009, n'expire qu'en 2019 mais la pression n'a jamais été aussi forte pour qu'il l'abrège, tant dans l'opposition que dans son parti.

Le temps presse pour l'ANC, qui veut éviter la débâcle aux élections générales de 2019 en renouant avec tous ceux qui lui ont tourné le dos ces dernières années, écoeurés par les multiples affaires de corruption dont est accusé le chef de l'Etat.

M. Zuma doit s'adresser jeudi devant le Parlement pour son discours annuel sur l'état de la nation.

>> Lire aussi : Rencontre à huis clos entre Zuma et les principaux cadres de l'ANC

Mais les partisans du nouveau chef de l'ANC, Cyril Ramaphosa, élu en décembre sur la promesse de lutter contre la corruption, font tout pour l'en empêcher en obtenant d'ici là son départ. Les alliés du président estiment qu'il doit terminer son mandat.

L'une des instances dirigeantes de l'ANC, le Comité de travail, composé de 26 membres, a été convoquée en urgence lundi après-midi pour débattre du sort du président.

Signe des profondes divisions qui agitent le parti de l'ex-président Nelson Mandela, pro et anti-Zuma ont manifesté lundi devant son siège à Johannesburg.

Echauffourées

Un bref échange musclé a opposé les deux camps à la mi-journée, quand des opposants au président Zuma s'en sont pris à des membres du mouvement rival de Black Land First (BLF).

"Nous ne sommes pas contre les manifestants, mais ils doivent aller à la présidence (à Pretoria) s'ils ont un problème avec le président de ce pays", a déclaré un militant anti-Zuma, Thabang Sekona. "Parce que nous à l'ANC, nous avons un président de l'ANC, c'est Cyril Ramaphosa", a-t-il ajouté.

Dès dimanche soir, l'exécutif de l'ANC s'est rendu à la résidence officielle de M. Zuma à Pretoria pour, selon le numéro 3 du parti Gwede Mantashe, parler "de ce qui est dans le meilleur intérêt de l'ANC et du pays".

>> Lire aussi : Zuma menacé par une nouvelle motion de défiance en Afrique du Sud

L'ANC n'a pas communiqué sur l'issue de ces discussions. Mais selon Julius Malema, chef du parti de la gauche radicale des Combattants pour la liberté économique (EFF), un ancien de l'ANC très bien informé de ses débats internes, le président Zuma "a refusé de démissionner".

Il a estimé qu'il "n'avait rien fait de mal" qui justifierait son départ anticipé, a tweeté Julius Malema.

Le chef de l'Etat "résiste évidemment", a estimé Mcebisi Ndletyana, professeur de sciences politiques à l'université de Johannesburg. Il est "naturellement anxieux, il se retrouve dans une position vulnérable, il pourrait être condamné à un sort peu enviable", a-t-il expliqué à l'AFP.

'Criminel'

Surnommé "le président aux neuf vies" en raison de sa capacité à survivre à tous les scandales, M. Zuma a perdu de son influence depuis l'élection de Cyril Ramaphosa à la tête de l'ANC.

Vainqueur de l'ex-épouse de M. Zuma, Nkosazana Dlamini Zuma, l'actuel vice-président du pays tente de rassurer les milieux d'affaires sur sa volonté de réformer le parti et le pays, notamment en promettant d'être intraitable contre la corruption.

L'Afrique du Sud est entrée "dans une nouvelle ère", a-t-il proclamé en janvier au Forum économique mondial de Davos. Mais plus Jacob Zuma se maintient au pouvoir, moins Cyril Ramaphosa est crédible, préviennent les analystes.

Plusieurs scénarios de départ anticipé sont envisageables.

M. Zuma peut démissionner de son plein gré, être renversé par une motion de défiance ou au terme d'une procédure de destitution. Le président, qui est élu par les députés, peut aussi être rappelé par son propre parti, qui peut lui enjoindre de démissionner. Dans ce cas, il serait remplacé par Cyril Ramaphosa.

Au Parlement, les députés de l'opposition s'impatientent. Ils ont déposé une nouvelle motion de défiance contre le président qui doit être soumise au vote le 22 février.

La dernière en date, en août, avait échoué de peu, à 24 voix près.

"Nous ne voulons pas d'un criminel qui fasse le discours à la nation. Le seul moyen de s'en débarrasser est de le faire via une motion de défiance", a insisté lundi Julius Malema. Jacob Zuma "est prêt à défier l'ANC, il l'a fait dans le passé, il le fera encore", a-t-il prévenu.

Avec AFP

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Le chef d'état major des armées remplacé dans un contexte sécuritaire tendu

Arrestation de militaire au Tchad (VOA/André Kodmadjingar)

Le chef d'état major général des armées tchadiennes, en poste depuis six ans, a été remplacé vendredi soir par le président Idriss Deby, moins de 24 heures après une attaque de Boko Haram dans le sud-ouest du pays qui a fait 23 morts dans les rangs de l'armée.

Par décret présidentiel, le chef de l'Etat a procédé vendredi à plusieurs changements à la tête de l'appareil sécuritaire. Le chef d'état major des armées, Brahim Seid Mahamat, a été remercié, après six ans de service.

Il est remplacé par Taher Erda qui était jusque là chef d'état major de l'armée de terre.

Egalement ancien directeur de la police nationale, M. Erda est un très proche du président Deby, avec qui il a combattu à ses côtés avant son accession au pouvoir en 1990.

Aucune explication n'a été donnée mais ce décret intervient alors que 23 soldats tchadiens ont été tués dans la nuit de jeudi à vendredi au cours d'une attaque du groupe djihadiste nigérian Boko Haram dans le sud-ouest du Tchad.

Il s'agit de l'une des attaques les plus meurtrières essuyées par l'armée de N'Djamena depuis le début de la lutte contre les islamistes.

La réorganisation des services de sécurité touche également le cabinet militaire de la présidence.

Un général originaire du Tibesti (région du nord-est du Tchad), a notamment été nommé conseiller du chef de l'Etat chargé de la Défense nationale.

Depuis plusieurs mois, l'armée est déployée dans cette région, théâtre d'affrontements récurrents entre des orpailleurs et l'armée.

Par ailleurs, le Président Déby a également suspendu vendredi le chef d'État Major de l'armée de l'air et son adjoint.

Une annonce qui fait suite à la découverte vendredi des débris d'un hélicoptère de l'armée, qui avait disparu il y a plus d'une semaine, dans le nord du pays. Le crash, dont les causes font l'objet d'une enquête, a fait quatre morts.

Immense pays s'étendant de l'Afrique centrale à la bande sahélo-saharienne, le Tchad, allié des pays occidentaux dans la lutte anti-jdihadiste, est confronté à des défis militaires à chacune de ses frontières.

Le nord du Tchad, frontalier du Soudan, de la Libye et du Niger, est une région volatile du Sahel, désertique et peu habitée. Plusieurs groupes rebelles tchadiens ont établi leur base dans le sud libyen voisin.

Fin janvier, des rebelles tchadiens sont entrés depuis la Libye dans le nord-est du Tchad. Des frappes françaises ont stoppé l'avancée de la colonne.

Cyclone en Afrique australe: plus de 650 morts, risques d'épidémies

Une forêt au Mozambique

Le bilan du cyclone Idai au Mozambique et au Zimbabwe s'est alourdi samedi à 676 morts et devrait encore grimper au fur et à mesure de la progression des secours, qui peinent à atteindre des zones encore coupées du monde, ont prévenu les humanitaires, inquiets des risques d'épidémies.

"C'est un désastre naturel sans précédent. La zone affectée (au Mozambique) est d'environ 3.000 km2. Un désastre qui équivaut aux catastrophes majeures", a estimé samedi le ministre mozambicain de l'Environnement, Celso Correia.

"Malheureusement, personne dans la région ni dans le monde ne pouvait prédire un désastre d'une telle ampleur", a-t-il ajouté depuis Beira (centre), la deuxième ville du Mozambique, partiellement dévastée par les intempéries.

Selon le dernier bilan des autorités mozambicaines, Idai, qui a balayé la semaine dernière l'Afrique australe, a fait 417 morts au Mozambique, pays le plus touché.

Au Zimbabwe, 259 personnes ont été tuées et près de 200, dont 30 écoliers, sont toujours portées disparues.

Mais le bilan final sera "bien plus élevé" car "de nombreuses régions sont encore inaccessibles", a prévenu samedi la directrice générale de l'Unicef, Henrietta Fore.

"La situation va encore empirer avant de s'améliorer", a-t-elle mis en garde. "Les agences humanitaires commencent à peine à voir l'ampleur des dégâts. Des villages entiers sont été submergés, des immeubles rasés, des écoles et des centres de santé détruits", a-t-elle ajouté.

Les opérations de secours et d'acheminement de l'aide, avec hélicoptères, bateaux militaires, pneumatiques, de pêche, se poursuivaient samedi dans des conditions difficiles, compte tenu de l'effondrement de nombreuses routes et ponts.

"On n'a rien, les gens meurent comme des chèvres ou des poules. On n'a aucune aide. On meurt de faim", implore un habitant du district de Buzi (centre), l'un des plus touchés au Mozambique.

"Je suis en vie, mais j'ai tout perdu", témoigne Maria Maposa, évacuée en bateau de cette zone.

Samedi matin, une centaine de rescapés de Buzi sont arrivés au port de Beira, où ils ont reçu une soupe et des habits, a constaté un journaliste de l'AFP.

Nombre d'entre eux avaient besoin de soins après avoir été blessés par des tôles soulevées par des rafales de vent proches de 200 km/heure.

Au total, ce sont environ 2 millions de personnes qui sont affectées par le cyclone et ses inondations en Afrique australe.

- Risques de maladies -

"Il n'y a plus personne bloqué dans des arbres", a affirmé samedi Sebastian Stampa du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha).

Mais "il y a encore des gens sur les toits" qui ont refusé d'être hélitreuillés, a-t-il ajouté, expliquant qu'ils survivaient en faisant sécher de la nourriture sur des tôles ou des toits-terrasses.

La décrue se poursuivait samedi. Mais Ocha a mis en garde contre de possibles nouvelles inondations en cas de fortes pluies.

A Beira, ville d'un demi-million d'habitants, la population s'attelait à déblayer et reconstruire.

L'électricité était progressivement rétablie dans certains quartiers. L'hôpital a de nouveau été connecté au réseau, selon Celso Correia.

La principale route qui conduit à Beira devrait être accessible dimanche et la voie ferrée est de nouveau utilisable depuis vendredi, "ce qui signifie que l'aide peut arriver plus facilement", s'est-il réjoui.

Des habitants ont commencé à reconstruire avec les moyens du bord des tôles gondolées emportées par le vent, des habitations de fortune.

Dans plusieurs écoles de la ville réquisitionnées, des milliers de rescapés s'entassaient, laissant craindre des épidémies.

"La promiscuité dans les centres d'hébergement, le manque d'hygiène, les eaux stagnantes et infectées posent des risques de maladies comme le choléra, le paludisme et les diarrhées", a prévenu l'Unicef.

Des informations contradictoires circulaient sur d'éventuels cas de choléra.

Le programme alimentaire mondial (Pam), qui distribue la nourriture, a déclenché son niveau d'urgence 3, équivalent aux crises au Yémen, en Syrie ou encore au Sud-Soudan.

"Des dizaines de milliers de personnes ont tout perdu. Avec l'étendue des dégâts qui se précise, le nombre de personnes dans le besoin augmente. On doit faire plus", a estimé le porte-parole du Pam, Herve Verhoosel.

Au Zimbabwe, les rescapés continuaient ce week-end à enterrer leurs morts, tandis que 120 corps ont été emportés par les eaux au Mozambique, selon Ocha.

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