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Six mois de prison pour un étudiant accusé de "complot contre l'Etat" algérien


Des étudiants algériens brandissant des drapeaux amazigh et nationaux lors d'une manifestation anti-gouvernementale à Alger, le 21 février 2020.

Un étudiant contestataire algérien accusé notamment de "complot contre l'Etat" a été condamné dans la nuit de lundi à mardi à six mois de prison ferme, selon le Comité national de libération des détenus (CNLD) sur sa page Facebook.

En détention préventive depuis plus d'un an, Walid Nekkiche a recouvré sa liberté mardi matin, accueilli par une petite foule de partisans devant la prison d'El-Harrach à Alger.

"J'aurais préféré être acquitté mais ce n'est pas grave, c'est déjà pas trop mal (d'être dehors)", a-t-il commenté dans des vidéos partagées sur les réseaux sociaux.

Le procureur du tribunal de Dar El Beida à Alger avait requis lundi la réclusion à perpétuité contre l'étudiant, qui était poursuivi pour "complot contre l'Etat", "atteinte à l'intégrité du territoire national" et "incitation de la population à prendre les armes", des chefs d'accusation très graves au regarde de la loi algérienne.

Originaire de Tizi Ouzou, en Kabylie, il était accusé d'appartenir au Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie (MAK), une organisation séparatiste illégale, selon des médias algériens.

Il a été condamné à une peine de six mois de prison pour "distribution et possession de tracts pour porter atteinte à l’intérêt du pays", selon le CNLD, une association de soutien aux détenus d'opinion en Algérie.

"Dossier vide"

Walid Nekkiche avait été arrêté le 26 novembre 2019 à Alger lors d'une marche hebdomadaire des étudiants du Hirak, le mouvement de protestation populaire né en février 2019.

Durant le procès, qui s'était ouvert lundi matin, le jeune homme a affirmé avoir été "agressé sexuellement, physiquement et verbalement par les services de sécurité lors de son interrogatoire", a rapporté le CNLD.

Son co-accusé, Kamel Bensaad, âgé de 43 ans et également originaire de Tizi Ouzou, a été acquitté. Il avait été arrêté le 26 novembre 2020.

Le collectif de défense, constitué de plus d'une dizaine d'avocats, avait dénoncé "l'utilisation d'un arsenal d'articles répressifs" sur la base d'un "dossier vide".

"Tous les détenus d'opinion doivent être libérés. Personne ne devrait être emprisonné pour avoir exprimé son opinion pacifiquement", a réagi Amnesty International Algérie sur Twitter, après la libération de Walid Nekkiche.

Selon le CNLD, quelque 80 personnes sont actuellement emprisonnées en Algérie en lien avec les protestations du "Hirak" et/ou les libertés individuelles. Des poursuites fondées dans au moins 90% des cas sur des publications critiques envers les autorités sur les réseaux sociaux.

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