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RDC

Alerte Ebola à la frontière entre l'Ouganda et la RDC

Un agent de santé attend le 7 novembre 2018 à Bunia, en République démocratique du Congo, pour s'occuper d'un nouveau patient non confirmé dans un centre de traitement Ebola soutenu par MSF (Médecins sans frontières).

Les mains rougies à force de les laver à l'eau chlorée, Stephania Muhindo vient d'entrer en Ouganda. Elle se retourne et regarde de l'autre côté du pont, vers l'Est de la République démocratique du Congo, où le virus Ebola continue de se propager.

"J'ai peur", souffle cette Congolaise de 50 ans, qui traverse plusieurs fois par semaine la boueuse rivière Lhubiriha pour acheter à Mpondwe, en Ouganda, du sel qu'elle revendra ensuite dans son magasin.

"Ebola n'a pas encore atteint notre village, mais il paraît qu'il arrive", souffle-t-elle, en soulignant qu'un cas a été confirmé à moins de 70 kilomètres de Lhubiriha, nommé d'après la rivière qui le borde.

A la frontière, des volontaires de la Croix-Rouge organisent les arrivants, leur intimant de désinfecter mains et chaussures dans de l'eau chlorée, et vérifiant soigneusement leur température. Des mesures prises afin de prévenir une propagation d'Ebola côté ougandais.

Plus de 300 personnes sont décédées de fièvre hémorragique - transmise par contact physique avec des fluides corporels infectés - depuis le début de l'épidémie, déclarée le 1er août par les autorités congolaises. En cas d'infection, le taux de mortalité est de 60%.

Malgré les précautions, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) évoque un "haut risque" de propagation vers l'Ouganda en raison des nombreux contacts entre communautés frontalières.

"Il y a des gens qui ont de la famille au Congo, des petits fermiers qui ont un jardin ici et un autre au Congo, il y a des enfants qui vivent d'un côté et vont à l'école de l'autre", décrit Samuel Kasimba, qui coordonne dans le district de Kasese les efforts visant à empêcher une propagation vers l'Ouganda.

Lors des jours de marché à Mpondwe, deux fois par semaine, plus de 20.000 personnes traversent la frontière.

Un Noël redouté

A l'approche de Noël, le risque va augmenter, explique Andrew Bakainaga, un haut responsable de l'OMS en Ouganda. "La période de Noël est une préoccupation parce que nous savons qu'il y a beaucoup de mouvement car les gens achètent de la nourriture ou viennent rendre visite à des proches".

"Nous nous attendons à ce que le nombre de personnes traversant la frontière passe d'environ 300.000 à 500.000 par mois", explique-t-il à l'AFP.

La RDC organise par ailleurs des élections, dont la présidentielle, le 23 décembre. Dans ce pays accoutumé aux violences, notamment politiques, beaucoup craignent que les populations fuient en masse vers l'Ouganda.

L'année écoulée, plus de 123.000 Congolais ont cherché refuge chez leur voisin, fuyant les violences dont l'Est de la RDC est le théâtre.

"Notre but est de détecter tôt tout cas suspect, avant que cette personne n'ait de nombreux contacts. Nous utilisons des programmes radio et des équipes de santé dans les villages qui éduquent les gens au sujet d'Ebola", souligne M. Kasimba.

"L'épidémie se rapproche de l'Ouganda. Dieu nous en garde, mais nous sommes prêts si elle arrive", assure-t-il.

Vaccin expérimental

Les cas suspects sont emmenés d'urgence dans la ville voisine de Bwera, à six kilomètres de là, dans un hôpital qui dispose désormais d'une salle de confinement.

Esther Businge et Joseph Kamabu n'ont pas de patients aujourd'hui, et décident dès lors de s'exercer encore une fois aux gestes qui doivent les protéger du virus.

Ils enfilent leurs imposantes tenues de protection, masque compris, et s'examinent mutuellement pour s'assurer qu'aucun carré de peau n'est exposé. Impossibles à distinguer sous toutes ces épaisseurs, ils écrivent leur nom au feutre au dos de leurs tenues à usage unique.

"Ma mère était un peu effrayée quand j'ai commencé à travailler, parce que j'ai pris l'échantillon de sang du premier cas suspect toute seule", raconte Mme Businge, une technicienne de laboratoire de 55 ans.

"Je lui dit que je suis entraînée et que tout ira bien, mais bon, j'ai entendu dire que 24 infirmières sont décédées au Congo", ajoute-t-elle.

Quand Ebola a frappé l'Afrique de l'Ouest en 2014, principalement en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia, de nombreux personnels de santé figuraient parmi les 11.000 victimes de l'épidémie.

En collaboration avec l'OMS, les autorités ougandaises ont inoculé un vaccin expérimental à 3.000 personnels de santé, mais M. Kamabu demeure inquiet.

"Après avoir passé deux heures dans ces tenues, nous sommes couverts de transpiration, et quand les tenues sont mouillées, elles se déchirent facilement et absorbent l'humidité. Que se passera-t-il si un patient vomit dessus ?", redoute-t-il.

A Mpondwe, Mme Muhindo s'apprête à rentrer en RDC. "J'aimerais être vaccinée, mais on nous dit qu'il n'y a pas assez de vaccins pour tout le monde", déplore-t-elle. Et de conclure, dépitée: "Je vais rentrer au Congo, je n'ai nulle part d'autre où aller".

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L'Ebola ressurgit après 300 jours dans une zone du nord-est

Ebola DRC

La maladie à virus Ebola a ressurgi après 294 jours dans l'Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, malgré la diminution de nouvelles contaminations, a-t-on appris lundi de source médicale.

"Une nouvelle Aire de santé a été touchée par la maladie à virus Ebola (MVE) en Ituri. Il s'agit de l'Aire de santé de Maroro dans la zone de santé de Nyakunde", indique le bulletin quotidien du ministère de la Santé daté de dimanche.

"Nyakunde était déjà à 294 jours sans notifier un nouveau cas confirmé de la MVE et est revenue à zéro suite à cette nouvelle affection", indique le bulletin.

Ce cas confirmé d'Ebola a été signalé dans cette zone parmi six cas rapportés: "aucun d'entre eux n'était listé comme contact, ni suivi de façon régulière, ni vacciné". Pendant ce temps, "429 cas suspects sont en cours d'investigation", indiquent les autorités sanitaires.

Le chef de l'équipe d'experts chargés de la lutte contre cette dixième épidémie d'Ebola en RDC, le docteur Jean-Jacques Muyembe était pourtant optimiste dimanche indiquant depuis juillet "on enregistre moins de 20 cas par semaine, soit 1 à 3 cas par jour, voire zéro cas confirmé comme le 5 octobre".

"Le nombre des zones de santé où la maladie est signalée est passé de 22 à 9", s'était réjoui le Dr Muyembe. "A cette allure, nous allons tenir la promesse d'éradiquer cette épidémie en trois ou quatre mois comme nous l'avions dit au chef de l'État" Félix Tshisekedi, a assuré à l'AFP ce médecin pionnier de la lutte contre Ebola.

L'utilisation d'un deuxième vaccin est annoncée pour début novembre dans les provinces du Nord-Kivu (est), Sud-Kivu (est) et Ituri (nord-est), considérée comme le nouvel épicentre de l'épidémie.

"Depuis le début de l'épidémie, le cumul des cas est de 3.218, dont 3.104 confirmés et 114 probables. Au total, il y a eu 2.150 décès (2036 confirmés et 114 probables) et 1.032 personnes guéries", selon les statistiques actualisées dimanche par les autorités sanitaires congolaises.

Ebola: l'utilisation du deuxième vaccin annoncée pour novembre

Un agent de santé injecte le vaccin anti-Ebola à un homme à Goma, en République démocratique du Congo, le 5 août 2019.

L'utilisation d'un deuxième vaccin contre la maladie à virus Ebola est projetée pour novembre dans trois provinces de l'est de la République démocratique du Congo, afin d'éradiquer l'épidémie qui a causé plus de 2.100 morts, a-t-on appris dimanche de source médicale.

"Il est temps d'utiliser le nouveau vaccin Ad26-ZEBOV-GP, fabriqué par la filiale belge de Johnson & Johnson. Vers le 18 octobre, le vaccin arrive à Goma (Nord-Kivu) et la vaccination va commencer au début de novembre", a déclaré à l'AFP, le Dr Jean-Jacques Muyembe, qui dirige la riposte contre l'épidémie d'Ebola en RDC.

"Il y a déjà deux communes qui ont été choisies Majingo et Kahembe parce que dans une des communes il y a beaucoup de ressortissants de Beni, Butembo (Nord-Kivu, est),... C'est donc une commune à risque", a expliqué le Dr Muyembe. Ces deux agglomérations étaient considérées comme des épicentres de l'épidémie.

"Nous allons étendre cette vaccination à nos petits commerçants qui se rendent souvent au Rwanda pour protéger nos voisins", a-t-il ajouté, précisant que "si ça marche bien, nous allons étendre la vaccination au Sud-Kivu (est) et Ituri (nord-est).

Le laboratoire belge va envoyer un lot de 200.000 doses au Rwanda voisin et 500.000 doses en RDC, a révélé le médecin qui s'est en plus réjoui que "l'épidémie est désormais confinée dans le nord en Ituri".

Depuis le début de la vaccination le 8 août 2018, 237.165 personnes ont été vaccinées. Le seul vaccin utilisé est le rVSV-ZEBOV-GF, fabriqué par le laboratoire américain Merck Sharpe and Dohme, lit-on dans le bulletin quotidien publié par les autorités sur l'évolution de l'épidémie daté de samedi.

L'ancien ministre congolais de la Santé, inculpé de détournement, le Dr Oly Ilunga, s'était opposé à l'utilisation de ce deuxième vaccin. Dans sa lettre de démission, le Dr Ilunga avait accusé "des acteurs qui ont fait preuve d'un manque d'éthique manifeste" de vouloir introduire ce vaccin dans le pays, sans plus de précision.

"Le vaccin Johnson & Johnson présente le plus de données sur le plan scientifique", a tranché le Dr Muyembe qui a repris la direction de la lutte contre Ebola en RDC depuis le 20 juillet.

Avec AFP

La mission de l'ONU collabore aux recherches de l'avion porté disparu jeudi

Des soldats de la Force pour la Mission de stabilisation des Nations Unies au Congo (MONUSCO) photographiés devant un hélicoptère des Nations Unies à Bunagana, Nord-Livu, le 19 mai 2012.

Deux avions et un hélicoptère de la mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monusco) ont été mobilisés samedi pour localiser l'avion-cargo Antonov 72 porté disparu jeudi alors qu'il assurait l'appui logistique d'un déplacement du président Félix Tshisekedi.

"Nous apportons notre soutien aux autorités en fonction de l'évolution sur le terrain pour retrouver l'avion porté disparu jeudi. Depuis ce matin (samedi), un de nos avions survole la zone", a déclaré à l'AFP Florence Marshal, porte-parole de la Monusco. "Nous avions envoyé un deuxième avion qui a survolé la zone, mais il n'a pas pu localiser l'aéronef", a-t-elle indiqué en début de soirée.

"Lorsque l'aéronef sera retrouvé, d'autres moyens adaptés, notamment un hélicoptère, seront déployés pour transporter les secours et les déposer à l'endroit où l'accident s'est produit. Mais, la météo ne nous facilite pas la tâche", a ajouté Mme Marshal.

Les recherches engagées samedi se font "avec l'accord de la Monusco" qui appuie l'armée de l'air congolaise "avec le déploiement des équipements de télédétection qui permettront de balayer toute la zone où le signal de l'avion a été perdu", a-t-on appris auprès de la cellule de crise mise en place par la présidence congolaise.

La zone concernée se situe "à plus ou moins 80 km du village de Pene Djoka, sur la montagne de Katumwe vers Kasese, dans la province du Maniema (est), a indiqué la cellule de crise. L'Antonov avait quitté Beni (est) pour Kinshasa et avait perdu tout contact avec les autorités aériennes 59 minutes après son décollage.

Parmi les huit personnes qui avaient pris place à bord de cet avion, il y avait deux citoyens russes, a indiqué une source de l'ambassade de Russie en RDC.

Un responsable de la logistique à la présidence de la République, le principal chauffeur du chef de l'État ainsi que des gardes du corps avaient aussi embarqué dans l'avion, selon plusieurs témoins interrogés par l'AFP.

Vendredi soir, la cellule de crise a estimé que "les mauvaises conditions météorologiques seraient à l'origine de cet incident dramatique". "Les enquêtes en cours seront en mesure de déterminer les causes réelles de l'accident et de dégager les responsabilités".

Les partisans du président Tshisekedi ont pointé d'un doigt accusateur le camp de l'ex-président Joseph Kabila d'être derrière la disparition de cet avion, allant jusqu'à suggérer qu'il s'était agi d'"un coup d'État manqué".

Des accidents d'avion impliquant des avions Antonov sont régulièrement enregistrés en République démocratique du Congo avec parfois de lourds bilans humains.

Investi en janvier, le président Tshisekedi est allié avec son prédécesseur, Joseph Kabila, dont le Front commun pour le Congo (FCC) détient la majorité au parlement et dans les assemblées provinciales.

Trois soldats tués dans des affrontements avec une milice à Lubumbashi (armée)

Le Gouverneur Célestin Mpande Kapopo présente un groupe de 38 présumés bandits armés à Lubumbashi, RDC, 7 septembre 2017. (VOA/Narval Mabila)

Trois soldats congolais et deux assaillants ont été tués vendredi lors d'affrontements avec des miliciens d'un groupe sécessionniste à Lubumbashi (sud-est), deuxième ville de la République démocratique du Congo, a-t-on appris de source militaire.

"Une jeep de patrouilleurs mixte" de l'armée et de la police a "été attaquée par un groupe des gens non identifié muni d'armes blanches et armes de guerre. Aussitôt, les (...) patrouilleurs ont vite rétabli la situation et procédé à des interpellations", indique un communiqué conjoint de ces deux corps publié dans la soirée de vendredi.

"Nous avons perdu trois de nos hommes de troupe et nous avons tué deux miliciens", avait déclaré un peu plus tôt à l'AFP un officier de l'armée sous couvert d'anonymat.

"Le ratissage se poursuit dans les quartiers nord-est de Lubumbashi (Haut-Katanga) où l'attaque a eu lieu ce matin", avait-t-il ajouté.

"Les miliciens Kata Katanga (...) ont attaqué les quartiers nord-est de Lubumbashi. Mes hommes sont sur place. Ils ont bouclé le quartier où l'attaque a eu lieu", avait alors déclaré à l'AFP le général Paulin Kyungu, chef de la police du Haut-Katanga.

"Nous étions en train de marcher pacifiquement" lorsque les soldats ont attaqué et "nous nous sommes défendu avec les moyens du bord, tuant six militaires", avait de son côté affirmé à l'AFP David Banza, porte-parole de la milice Bakata Katanga.

La province du Haut-Katanga, riche en ressources minières (cuivre, cobalt) est issue du démembrement en quatre nouvelles provinces de l'ex-province du Katanga.

La milice Kata Katanga est constituée des partisans qui militent pour la sécession de cette riche province minière.

En 2015, ils avaient hissé le drapeau de l'ex-république du Katanga à Lubumbashi avant de se rendre à une base des Casques bleus de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco).

Depuis, ces miliciens ont été démobilisés et cantonnés à Lubumbashi en attendant leur réinsertion dans la vie civile. Mais, ils se disent abandonnés par les autorités après avoir suivi une formation dans une base de l'armée.

Le gouvernement ouvre une enquête après le crash de l'avion Antonov 72

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