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Aléna : les ultimes négociations à la peine

Le président Donald Trump rencontre le premier ministre canadien Justin Trudeau au bureau ovale de la Maison-Blanche à Washington, le lundi 13 février 2017 (AP Photo/Evan Vucci).

Les négociations pour moderniser le traité de libre-échange nord-américain (Aléna) semblaient à la peine vendredi, à quelques heures de l'expiration du délai donné à Ottawa pour se joindre au pacte conclu par Washington et Mexico.

"Nous n'y sommes pas encore", a résumé la cheffe de la diplomatie canadienne Chrystia Freeland à des journalistes lors d'une interruption de discussions avec le représentant américain au Commerce (USTR), Robert Lighthizer.

"Le Canada est un pays habile pour trouver des compromis gagnant-gagnant. Ceci étant dit, dans une négociation, nous nous battons toujours dans l'intérêt national", a-t-elle insisté. "C'est ce que nous allons continuer à faire. Nous cherchons un bon accord, pas n'importe quel accord", a-t-elle dit en forme de mise au point.

A son arrivée, elle avait souligné que les deux parties avaient eu "toute la nuit pour réfléchir", se disant "impatiente d'entendre ce que l'ambassadeur Lighthizer a à dire ce matin".

Son ton tranchait très nettement avec celui de la veille, quand elle parlait d'"optimisme" et soulignait la bonne volonté des deux parties pour arriver à un accord.


De son côté, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a estimé qu'il était toujours "très possible d'avoir un accord qui fonctionne pour tout le monde". Il a toutefois immédiatement réaffirmé que "pas d'accord est mieux qu'un mauvais accord".

- "A nos conditions" -

Alors qu'Ottawa et Washington semblaient proches d'un accord jeudi, l'issue des tractations était ainsi de plus en plus incertaine vendredi.

Ce changement de trajectoire soudain pourrait s'expliquer par des prises de position de Donald Trump.

"Il faut qu'ils se débarrassent de ces barrières et de ces tarifs", a-t-il dit jeudi soir lors d'un meeting électoral, allusion probable notamment au secteur laitier, qu'il a dénoncé à de nombreuses reprises.

Vendredi le journal The Toronto Star rapporte surtout des propos tenus à l'agence Bloomberg qui n'étaient pas destinés à être rendus publics. Le président républicain confie que l'administration entend ne faire aucun compromis avec le Canada et qu'un accord potentiel se fera "uniquement à nos conditions".

Donald Trump souligne qu'il s'abstient de le dire publiquement car "ce serait si insultant qu'ils ne pourront pas trouver d'accord".

- Pas de concession sur l'agriculture -

Pour la première fois depuis le début des pourparlers intenses que tiennent les deux pays depuis mardi dans la capitale américaine, les services de Robert Lighthizer ont, eux, communiqué sur les négociations soulignant que le Canada n'avait fait "aucune concession sur l'agriculture", à savoir le mécanisme de protection du secteur laitier.

Ce secteur est actuellement en grande partie exclu de l'Aléna et Ottawa se montre inflexible sur sa volonté de défendre "la gestion de l'offre", un système contrôlant la production et le prix du lait, des oeufs et de la volaille produits par les éleveurs canadiens.

Mis en place dans les années 1970, il assure des revenus stables et prévisibles aux fermiers canadiens.

Mais les Etats-Unis, dont la production de lait est excédentaire, souhaitent un plus grand accès au marché canadien.

Le temps presse pourtant pour trouver un accord, vendredi ayant été fixé comme date butoir par Donald Trump.

La renégociation de l'Aléna avait été imposée de manière unilatérale au Canada et au Mexique par le milliardaire il y a un peu plus d'un an, ce dernier jugeant l'accord initial "désastreux" pour l'économie américaine et dénonçant un traité qui s'est traduit par un important déficit commercial avec Mexico (63,6 milliards de dollars en 2017).

Vendredi est une échéance butoir à double titre: d'une part, un nouveau texte doit être soumis au Congrès américain pour respecter un délai de 90 jours donnant la possibilité d'une approbation d'un nouveau texte par la majorité actuelle. Et, d'autre part, au Mexique, pour permettre au gouvernement sortant d'accorder son aval avant de laisser la place au président nouvellement élu Andrés Manuel Lopez Obrador qui doit prendre ses fonctions le 1er décembre.

Washington et Mexico s'étaient, eux, entendus dès lundi sur toute une série d'aménagements du traité.

Les grandes lignes d'un nouvel Aléna comprennent de nouvelles dispositions sur le commerce de l'automobile, avec un pourcentage plus élevé de composants produits localement, des protections plus strictes pour les travailleurs et une disposition permettant de revoir l'accord tous les six ans.

Chrystia Freeland avait révélé que le Canada et les Etats-Unis étaient déjà arrivés "à un accord de haut niveau" concernant l'automobile au printemps.

C'était là l'un des points essentiels de l'accord commercial entre le Mexique et les Etats-Unis annoncé lundi par Donald Trump.

- Trudeau sous pression -

Outre le secteur laitier, Ottawa entend maintenir un dispositif de règlement des différends qui lui a été favorable par le passé pour défendre son bois de construction.

Sur le front politique, l'équation est à haut risque pour le chef du gouvernement canadien Justin Trudeau. Des élections doivent avoir lieu dans un an et il lui faut éviter d'apparaître comme capitulant devant le président américain.

Avec AFP

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Décès de Larry King, célèbre journaliste américain

Larry King à la soirée d'ouverture de la série de films "Champion" à Los Angeles, Californie, États-Unis, le 9 août 2013.

Le célèbre journaliste et animateur de télévision américain Larry King est mort à 87 ans, a annoncé samedi sa compagnie, Ora Media.

"Avec une profonde tristesse, Ora Media annonce le décès de notre cofondateur et ami Larry King, qui est mort à l'âge de 87 ans au centre médical Cedars-Sinai à Los Angeles", peut-on lire dans un communiqué de la compagnie publié sur le compte Twitter officiel de cette figure légendaire de la télévision américaine.

La mort de M. King a également été confirmée par son fils, Chance, samedi matin, selon la chaîne CNN, où il avait animé l'émission "Larry King Live" pendant plus de 25 ans.

Début janvier, M. King avait été hospitalisé à cause de la maladie covid-19, a ajouté la chaîne.

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Impeachment: L'acte d'accusation contre Trump sera transmis lundi au Sénat

L'ancien président Donald Trump a quitté le pouvoir à la fin de son mandat, le 20 janvier 2021. (Photo archives)


La cheffe de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, l'"a informé que l'acte d'accusation serait transmis au Sénat lundi", a-t-il déclaré dans l'hémicycle.

Cette étape, qui implique la lecture devant les sénateurs des articles d'"impeachement" visant l'ancien président, marquera l'ouverture formelle de son second procès dans le cadre de l'infamante procédure de destitution.

Les débats de fond pourraient toutefois attendre et aucune date n'a encore été communiquée.

Chuck Schumer a juste précisé avoir discuté avec le chef de la majorité républicaine Mitch McConnell "du calendrier et de la durée" des audiences. "Mais ne vous trompez pas, il y aura un procès au Sénat des Etats-Unis et un vote sur la culpabilité du président", a-t-il lancé.

Lui succédant à la tribune, Mitch McConnell a regretté la cadence. "La mise en accusation par la Chambre a été plus rapide et minimaliste que jamais, l'étape suivante ne peut pas être un procès insuffisant au Sénat", a-t-il déclaré.

"Nous avons besoin d'un procès complet et équitable, lors duquel l'ancien président pourra se défendre et le Sénat considérer toutes les questions factuelles, légales et constitutionnelles", a-t-il poursuivi en suggérant d'attendre la mi-février pour entamer les débats.

Le milliardaire républicain est accusé d'avoir encouragé ses partisans à se lancer à l'assaut du Capitole le 6 janvier au moment où les élus du Congrès certifiaient la victoire de Joe Biden à la présidentielle.

Deuxième "impeachment": un projet ridicule, selon Donald Trump
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Lloyd Austin devient le premier Noir à diriger le Pentagone

Secretary of Defense nominee Lloyd Austin, a recently retired Army general, attends his conformation hearing before the Senate Armed Services Committee on Capitol Hill, Tuesday, Jan. 19, 2021, in Washington. (Greg Nash/Pool via AP)

Vendredi, le Sénat américain a confirmé Lloyd Austin comme secrétaire à la défense.

M. Austin, 67 ans, est un général d'armée à la retraite. Il devient ainsi le premier Africain-Américain à diriger le Pentagone.

Il est le deuxième membre du gouvernement du président Joe Biden dont la nomination a reçu le feu vert des élus, après la directrice du Renseignement Avril Haines.

Né en 1953 dans l'État du sud-est de l'Alabama et élevé dans la Géorgie voisine, le général Austin est diplômé de l'Académie militaire américaine de West Point en 1975.

Il a gravi tous les échelons au cours de sa carrière de quatre décennies, commençant comme commandant d'une compagnie de soutien au combat avec la légendaire 82e division aéroportée basée à Fort Bragg, en Caroline du Nord.

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