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Sénégal

Dakar et Freetown appellent à plus de transparence dans les industries extractives en Afrique

Le président sénégalais Macky Sall lors d'une conférence de presse au Grand Palais du Peuple à Beijing, le 4 septembre 2018.

Les présidents du Sénégal et de Sierra Leone ont appelé mercredi à Dakar à révéler les propriétaires réels dans les industries extractives en Afrique pour juguler la corruption et l'évasion fiscale.

"L'exploitation et la gestion des ressources naturelles doivent être transparentes, viables et durables", a dit le chef de l'Etat sénégalais, Macky Sall, lors d'une conférence internationale sur l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE).

Lancée en 2002, l'ITIE est une norme internationale qui vise à améliorer la transparence et la bonne gouvernance dans l'utilisation des revenus issus de l'exploitation des mines, du pétrole et du gaz.

"Cette transparence permet de lutter contre l'évasion fiscale, les flux financiers illicites, le blanchiment et d'améliorer le climat des affaires", a dit M. Sall.

"Je voudrais engager les pays africains qui mettent en oeuvre l'ITIE à prendre des actions concrètes permettant la divulgation des propriétaires" des entreprises extractives, a-t-il ajouté, alors que le Sénégal doit intégrer le cercle des pays producteurs d'hydrocarbures en 2021 ou 2022.

"L'évasion fiscale et le blanchiment continuent d'avoir une incidence négative" sur le continent, a déclaré le président de Sierra Leone, Julius Maada Bio.

"C'est dans l'intérêt supérieur de nos pays que nous devons augmenter la transparence. Cela permet de relever le niveau de mobilisation des ressources nationales", a dit M. Bio dont le pays a connu de 1991 à 2002 des guerres civiles meurtrières alimentées par le trafic de diamants.

Elu en avril, M. Maada Bio a engagé une lutte vigoureuse contre la corruption et le gaspillage des fonds publics.

Des représentants de gouvernements, du privé et de la société civile de plus de 25 pays africains participent à cette conférence, dont le thème est "révéler les bénéficiaires effectifs en Afrique". La réunion est organisée par le Sénégal et l'ITIE.

"Cette conférence est une étape importante dans la lutte contre la corruption en Afrique", a déclaré le président de l'ITIE, l'ancien Premier ministre suédois, Frederik Reinfeldt. "Si vous trouvez du gaz, de l'or, du pétrole, vous trouvez des investisseurs pour exploiter ou avoir des rapports de vente. Si vous ne savez pas qui est le propriétaire de ces biens, à qui vont revenir les recettes?".

"C'est la porte ouverte à la corruption et à l'évasion fiscale", a poursuivi M. Reinfeldt.

La connaissance de "la propriété réelle (aide) à fournir des informations anx communautés et s'assurer que les bénéfices du secteur minier sont partagés avec ces communautés", a déclaré Simone Niven, membre du conseil d'administration de l'ITIE.

Avec AFP

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Macky Sall devant l'ONU

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Covid-19 : le Sénégal sort prudemment de la 3e vague

Les écoliers se réunissent lors de leur premier jour de retour à l'école dans le quartier populaire de Yoff, à Dakar le 12 novembre 2020.

Après une très virulente 3e vague de covid-19 marquée par des records quotidiens de cas positifs et de décès, la tendance s’inverse au Sénégal. Depuis quelques jours, les chiffres sont au plus bas passant de près d’un millier de nouveaux cas par jour à une dizaine actuellement.

"Nous avons vraiment souffert de la 3e vague, elle a occasionné beaucoup de dégâts", c’est le triste constat du jeune Baye Fall, vendeur de café Touba à Dakar. Le 18 juillet 2021, le Sénégal enregistrait un record quotidien de cas positifs avec 1722 nouvelles contaminations au Covid-19 et un taux de positivité avoisinant les 40%. Aujourd’hui, la tendance est à la baisse avec une dizaine de cas positifs par jour et moins de 2% de positivité. Un fait dont se réjouit Baye Fall. Comme tout le monde, il a constaté la baisse des cas de Covid au Sénégal.

Cependant il juge que cela ne devrait pas être un prétexte pour baisser les bras. Au contraire, les gestes barrières doivent être maintenues, notamment le port du masque. "Nous devons respecter le port du masque, et tous les gestes barrières et ne surtout pas dormir sur nos lauriers. Si l’on compare le Sénégal aux autres pays, nous sommes vraiment chanceux, la 3e vague a décimé les autres pays, donc restons vigilants!", dit-il d’un air sérieux.

MaFall Fall, natif de Saint Louis, vit à Dakar depuis quelques mois. Cet apprenti menuisier a remarqué le recul du nombre de cas, mais préfère, lui aussi, rester prudent. D’ailleurs, il compte se faire vacciner, car il estime que c’est la cause de la baisse du nombre des cas. "Il y a eu beaucoup de morts et beaucoup de malades, une situation effrayante. Les populations n’accordaient pas trop d’importance aux messages de sensibilisation et de prévention, mais maintenant ça a un peu changé. Le vaccin peut nous sauver, beaucoup plus de gens en prennent conscience et vont certainement le faire. Moi aussi, je compte le faire", affirme-t-il.

Pour arriver à inverser la tendance de la très virulente 3e vague, les autorités ont remis en place les stratégies de communication adoptées au début de la pandémie. Il y a notamment eu le retour à la télévision nationale du point Covid du jour accompagnée par des conseils quotidiens distillés par le docteur Mamadou Ndiaye, directeur de la Prévention au ministère de la Santé et de l’Action sociale.

"Veillez sur les conseils axés sur le port correct du masque, bien ajusté couvrant la bouche et le nez, le lavage fréquent et régulier des mains à l’eau et au savon, ou l’usage de gel de qualité pour la désinfection des mains", répète-t-il sans cesse aux Sénégalais qui ont fini par s’habituer à sa présence matinale sur le petit écran. Le directeur de la Prévention tient aussi et toujours à rappeler aux personnes non encore vaccinées d’aller "se faire vacciner et de conserver soigneusement leurs cartes de vaccination et ne pas oublier le rendez-vous pour leur seconde dose et continuer à respecter les mesures barrières comme tous. La vaccination est gratuite partout au Sénégal".

Pour stabiliser la baisse du nombre des cas, les autorités misent sur le respect des mesures barrières et la vaccination de la population. Même si plus d’un million de personnes sont déjà vaccinées, les responsables sanitaires espèrent beaucoup plus car, pour eux, la vaccination est l’un des meilleurs boucliers contre le covid-19.

La grande coalition de l'opposition sénégalaise suscite des doutes

La grande coalition de l’opposition portée par les leaders Khalifa Sall et Ousmane Sonko, le 8 septembre 2021.

Au Sénégal, une large coalition de l’opposition a été mise en place pour vaincre la mouvance présidentielle lors des prochaines élections, notamment les locales qui sont prévues en janvier 2022.

La grande coalition de l’opposition, lancée le 2 septembre, se veut très large car on y retrouve la majeure partie des courants de l’espace politique sénégalais. Mais le retrait du Parti démocratique sénégalais (PDS) de l'ancien président Abdoulaye Wade fait douter certains sur la fiabilité de ce projet.

"Cette alliance est loin d’être sincère et va finir par l’implosion. La preuve: des partis comme le PDS l’ont quitté avant sa naissance", estime Boubacar Samb, gérant d’une boutique de cosmétique.

Pourquoi ce pessimisme? Babacar estime que "chacun cherche à tirer profit de l’alliance, rien de plus. Elle est fondée sur des calculs politiques. Encore une fois, la réaction du PDS et d’autres partis démontre que cette coalition ne fera pas long feu".

Trouvée dans sa gargote, Soxna Ouly ne place aucune confiance à cette nouvelle coalition de l’opposition, notamment à Ousmane Sonko. Pourtant, elle avait bon espoir que cette entente entre chefs de l’opposition allait être la bonne mais les nombreuses dissensions notées bien avant le lancement ont fini par la décourager.

"La manière de faire de nos dirigeants me fend le cœur. Ils disent agir pour le bien-être des populations mais ils ne peuvent même pas s’entendre pour former une coalition. Bougane Gueye Dany se plaint du choix des couleurs, le PDS de la démarche adoptée, d’autres de ne pas avoir été associé au début du processus", fait-elle remarquer.

Pour la vendeuse, les hommes et femmes politiques donnent l’impression que "leurs égos sont plus importants que l’intérêt du peuple qu’ils doivent défendre. Bref nous sommes fatigués et nous voulons que le successeur de Macky Sall soit un bon leader, un partisan de la paix", tranche-t-elle.

"Tous les mêmes"

Arona Thiam, vendeur de ventilateurs, emboîte le pas. Pour lui, les chefs politiques sénégalais ne militent en réalité que pour leurs propres intérêts. "Cette coalition est bâtie sur des intérêts personnels. Il s’agit d’alliances de circonstance. Membre de l’opposition comme membre du pouvoir, ils sont tous les mêmes, le bien-être des citoyens est loin d’être leur préoccupation", déplore-t-il.

Conscient que les citoyens se posent des questions sur la fiabilité de ces alliances que certains jugent contre nature, les leaders de l’opposition ont voulu rassurer.

Moussa Tine, membre fondateur de la grande coalition de l’opposition se veut clair: cette alliance est celle de la rupture.

"Nous formons un bloc, pas un bloc pour l’intérêt de qui que se soit ; mais un bloc pour le Sénégal. Le Sénégal d’aujourd’hui vaut tous les sacrifices, pas parce que nous voulons arrivés au pouvoir, pas parce que nous voulons justice pour Ousmane Sonko ou pour Khalifa Sall, ce n’est pas notre problème", affirme-t-il.

Khalifa Sall, libre... ses partisans jubilent
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Deux membres du mouvement citoyen "Y'en a marre" sous mandat de dépôt

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Les Sénégalais suivent de près les événements en Guinée

Des membres des Forces armées guinéennes traversent le quartier central de Kaloum à Conakry le 5 septembre 2021 après que des coups de feu aient été entendus.

La situation à Conakry inquiète au-delà des frontières guinéennes, même si certains pensent que le putsch était nécessaire.

La forte communauté guinéenne vivant au Sénégal ne cache pas son inquiétude face au coup de force en Guinée. Les Sénégalais, eux, ont des avis partagés.

A Dakar, les centaines de milliers de Guinéens établis au Sénégal sont sous le choc de ce qui s’est passé dans leur pays.

Pour Amadou Diallo, c’est un lendemain incertain qui se profile.

"Nous sommes maintenant en plein processus de transition car l’armée a le pouvoir et ce n’est pas la première fois. Donc il est légitime de s’inquiéter", nous dit-il.

Amadou se pose mille et une questions: "Est-ce que les militaires vont bien gérer la situation? Et surtout, est-ce qu’il vont rendre le pouvoir aux civils? L’avenir nous édifiera en tout cas je prie pour la paix en Guinée et je souhaite que l’armée ne s’accroche pas au pouvoir. Il faut organiser des élections transparentes pour que notre pays reprenne un nouveau souffle", espère-t-il.

Les ressortissants Guinéens ne sont pas les seuls à suivre la situation de près.

Pape Samba, un Sénégalais qui s’intéresse régulièrement à l’actualité politique en Guinée, est loin d’être surpris.

"Je sais que les coups d’État sont bannis mais parfois, il est nécessaire de passer par là pour redresser politiquement un pays. Si vraiment ce putsch va permettre à la Guinée de prendre un nouveau départ, on peu dire que c’est une bonne chose", souligne-t-il.

Pape estime que le président renversé, Alpha Condé, a fait "un forcing en imposant un troisième mandat et c’est illégal. J’espère bien que les pays limitrophes vont en tirer une leçon".

Même analyse de la part d'Ahmadou Bamba Seye. Pour lui, la situation en Guinée est un signal fort pour tous autres pays du continent, notamment le Sénégal.

"Il s’agit d’un message fort adressé aux dirigeants africains. Quand un président transgresse les lois et n’écoute pas son peuple, il fera face à l’armée, l’histoire l’a démontré à maintes reprises. Le 3e mandat est à l’origine de ce chaos politique et va continuer à inciter au putsch ou une autre forme de révolte dans d’autres pays", explique-t-il.

La situation en Guinée inquiète au-delà des frontières guinéennes même si certains pensent que c’était bien nécessaire après ce troisième mandat controversé.

La Cédéao suspend la Guinée "de toutes les instances de décision"
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