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Affaire ukrainienne: un ambassadeur dit avoir "suivi les ordres" de Trump

L'ambassadeur des États-Unis auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland, devant la commission du renseignement de la Chambre des représentants, à Washington, le 20 novembre 2019.

Gordon Sondland, un diplomate proche de Donald Trump, a directement impliqué mercredi le président des Etats-Unis dans l'affaire ukrainienne, renforçant encore un peu les soupçons qui lui valent une procédure explosive de destitution.

Les démocrates ont estimé que l'audition publique au Congrès de l'ambassadeur des États-Unis auprès de l'Union européenne était à ce jour la plus accablante dans leur enquête pour mettre en accusation le locataire de la Maison Blanche.

Gordon Sondland a en effet déclaré que le milliardaire républicain avait bien conditionné une rencontre avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky au lancement, par Kiev, d'enquêtes contre les démocrates américains.

Et il a assuré avoir acquis la conviction qu'une aide militaire cruciale à l'Ukraine dépendait également de ces enquêtes.

Mais les républicains n'ont retenu qu'un bref passage de ce témoignage très attendu: quand Gordon Sondland a reconnu que Donald Trump ne lui avait "jamais" dit personnellement que l'aide était liée aux investigations.

"C'était fantastique", a lancé le président américain, après avoir dans un premier temps tenté de minimiser sa proximité avec l'ambassadeur. "Je pense qu'ils doivent mettre fin maintenant" à cette "chasse aux sorcières", a-t-il martelé.

- "Complètement blanchi" -

La Maison Blanche a même estimé que Gordon Sondland avait "complètement blanchi le président Trump".

En réalité, cet homme d'affaires nommé ambassadeur après avoir financé la campagne Trump, devenu un acteur central de l'affaire ukrainienne, a clairement expliqué que le 45e président des Etats-Unis était à l'origine des pressions sur l'Ukraine.

"Nous avons suivi les ordres du président", a dit Gordon Sondland, qui s'est entretenu directement avec lui une demi-douzaine de fois du dossier ukrainien entre fin mai et début septembre. Il a assuré que c'était à sa "demande expresse" que les diplomates chargés du dossier ukrainien avaient accepté, malgré leurs réserves, de travailler avec son avocat personnel Rudy Giuliani.

Or, l'avocat a d'emblée fait pression pour que Kiev enquête sur les démocrates américains et sur le groupe gazier Burisma, qui avait alors, dans son conseil d'administration, Hunter Biden, fils de Joe Biden, bien placé pour affronter Donald Trump à la présidentielle de 2020. Des demandes ensuite formulées par le président dans son coup de fil controversé du 25 juillet avec son homologue ukrainien.

Pendant la soirée, lors d'un débat entre prétendants à la nomination démocrate, l'ancien vice-président Biden n'a pas répondu clairement à une question sur les intérêts de son fils, mais a assuré: "Donald Trump ne veut pas que je devienne le candidat".

L'opposition tente de prouver que l'ex-magnat de l'immobilier a abusé de son pouvoir pour exercer un chantage sur l'Ukraine en conditionnant une invitation au président Zelensky et l'aide militaire au lancement de ces enquêtes, avec des arrières-pensées électoralistes.

"Y a-t-il eu un +donnant-donnant+?", a demandé Gordon Sondland devant des élus de la Chambre des représentants. S'agissant d'une rencontre Trump-Zelensky à la Maison Blanche, "la réponse est oui", a-t-il affirmé sans détours.

- "2+2=4" -

S'agissant d'une importante aide militaire suspendue par la présidence contre l'avis unanime de tous les diplomates, l'ambassadeur a aussi reconnu avoir dit à des responsables ukrainiens que son dégel était conditionné à l'ouverture de ces enquêtes chères à Donald Trump.

"En l'absence d'explication crédible pour sa suspension, je suis parvenu à la conclusion que la reprise de l'aide sécuritaire n'interviendrait pas tant qu'il n'y aurait pas une déclaration publique de l'Ukraine s'engageant à mener les enquêtes", a-t-il témoigné. Il s'agissait d'une "déduction" partant du principe que "2+2=4".

Pressé par les élus des deux bords, il a maintenu que le président Trump ne lui avait "jamais dit directement que l'aide était conditionnée" aux enquêtes.

Mais ses multiples conversations avec le locataire de la Maison Blanche ne lui ont pas non plus fait changer d'avis. "J'étais absolument convaincu" d'un tel lien, a-t-il martelé, estimant que cette condition était "claire pour tout le monde".

Il a aussi directement impliqué deux piliers du trumpisme, le vice-président Mike Pence et le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo qui, a-t-il dit, n'ont pas tenté de le contredire lorsqu'il a évoqué avec eux sa "déduction logique" d'un lien aide-enquêtes.

Les équipes des deux hommes ont aussitôt démenti qu'ils en aient jamais parlé avec Gordon Sondland.

Dans un autre témoignage dans la soirée, une responsable du Pentagone, Laura Cooper, a dévoilé pour la première fois que l'Ukraine s'était inquiétée du sort de l'aide militaire gelée dès le 25 juillet, jour de l'appel Trump-Zelensky, et non en août comme on le pensait jusqu'ici.

La Chambre des représentants doit interroger jeudi en public Fiona Hill, une ex-responsable du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, et David Holmes, un employé de l'ambassade des Etats-Unis à Kiev.

Avec AFP

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New York va examiner un projet de loi interdisant les tests de virginité

Le rappeur Clifford Harris avait révélé en novembre 2019 faire subir à sa fille un test de virginité chaque année, suscitant une vague d'indignation aux Etats-Unis.

L'Etat de New York va examiner un projet de loi interdisant les "tests de virginité", après la polémique suscitée par un rappeur qui a affirmé emmener sa fille chaque année chez le gynécologue pour vérifier qu'elle est toujours vierge.

La députée démocrate Michaelle Solages, à l'origine du projet de loi, affirme que ces tests portent atteinte aux droits des femmes et renforcent les stéréotypes sur la sexualité féminine.

"Les examens de l'hymen ne sont pas nécessaires d'un point de vue médical, et n'ont aucun fondement scientifique", a-t-elle dit. "Ils sont souvent douloureux, humiliants, dramatiques pour les jeunes filles ou les femmes, et sont vraiment une forme de violence sexuelle", a-t-elle ajouté.

Le texte, soutenu aussi bien par des démocrates que des républicains, doit être discuté par la chambre basse du Parlement de l'Etat de New York, à Albany, en janvier.

S'il est approuvé, les médecins qui pratiquent ces tests pourraient perdre le droit d'exercer, a indiqué la députée. Et si le test est effectué par une personne qui n'est pas un professionnel de santé, il sera considéré comme une agression sexuelle.

Plusieurs agences de l'ONU dont l'Organisation Mondiale de la Santé ont appelé à abolir les tests de virginité, encore fréquemment utilisés dans une vingtaine de pays.

L'hymen peut être rompu sans relation sexuelle, notamment lors de l'utilisation d'un tampon hygiénique ou d'activités comme l'équitation ou le vélo, ou durant un examen médical. Certaines femmes naissent sans hymen.

Le rappeur d'Atlanta Clifford Harris, surnommé T.I. et vainqueur de trois Grammys, avait révélé le mois dernier dans un podcast emmener chaque année sa fille, aujourd'hui âgée de 18 ans, chez un gynécologue pour subir cet examen, suscitant une vague d'indignation aux Etats-Unis.

Possible vote cette semaine sur la mise en accusation de Trump

Le président Donald Trump, e jeudi 5 décembre 2019 (AP Photo / Andrew Harnik).

Les élus démocrates à la Chambre des représentants pourraient se prononcer cette semaine sur la mise en accusation de Donald Trump, soupçonné d'avoir fait pression sur l'Ukraine pour servir ses intérêts politiques en vue de l'élection présidentielle américaine de novembre 2020.

La commission des Affaires judiciaires de la Chambre, a dit son président, ne se prononcera pas sur les suites à donner à la procédure de destitution ("impeachment") avant une audience prévue lundi pour étudier les preuves réunies par la commission du Renseignement de la Chambre durant son enquête.

"Il y a des ébauches possibles (d'actes d'accusation) rédigées par différentes personnes", a déclaré le démocrate Jerrold Nadler dimanche lors de l'émission "State of the Union" sur la chaîne CNN.

Interrogé sur l'éventualité qu'un vote sur la mise en accusation de Donald Trump soit organisé cette semaine, il a répondu: "C'est possible".

Les démocrates, majoritaires à la Chambre, accusent le président républicain d'avoir cherché à conditionner l'octroi d'une aide militaire à l'Ukraine et une visite à la Maison blanche du président ukrainien, Volodimir Zelenski, à l'ouverture d'une enquête sur les activités en Ukraine du fils de Joe Biden et sur Joe Biden lui-même, potentiel adversaire démocrate de Donald Trump pour le scrutin de l'an prochain.

Le chef de la Maison blanche rejette les accusations à son encontre et accuse en retour les démocrates ne pas avoir digéré le résultat de l'élection présidentielle de 2016. Les démocrates, qui reprochent aussi à Donald Trump d'avoir entravé leur enquête en bloquant la transmission de documents et les témoignages de ses principaux conseillers, affirment disposer de preuves "accablantes".

"Si l'affaire venait à être présentée à un jury, un verdict de culpabilité serait rendu en trois minutes", a estimé Jerrold Nadler.

Si la Chambre des représentants venait à voter la mise en accusation du président républicain - la majorité simple suffit pour cela -, un procès se déroulerait alors au Sénat.

Pour que la procédure aboutisse à la destitution de Donald Trump, il faudrait qu'une majorité qualifiée des deux tiers se prononce pour cette option au Sénat, où les républicains sont majoritaires, ce qui paraît peu probable.

L'enquête a été ouverte en septembre dernier après qu'un membre des services du renseignement a lancé l'alerte sur une conversation téléphonique le 25 juillet dernier entre Trump et Zelenski, accusant le président américain d'avoir fait pression sur Kiev pour l'ouverture d'une enquête à des fins personnelles.

Avec Reuters

L'acte d’accusation contre Trump en préparation

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La Chambre des représentants s’apprête à rédiger l'acte d’accusation contre Trump

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Des soldats américains en Irak visés par de nouvelles roquettes

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