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Abstention record à la présidentielle afghane, plombée par les craintes d'attaques et de fraude

Les membres de la commission électorale afghane procèdent au dépouillement des bulletins de vote à Kaboul (Afghanistan), le 28 septembre 2019.REUTERS / Mohammad Ismail

L'abstention devrait battre un record à l'élection présidentielle afghane, plombée par la menace des attaques des talibans, une campagne atone et les craintes de fraude électorale.

Environ 9,6 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes samedi dans l'Afghanistan en guerre pour choisir le chef de l'Etat parmi 18 candidats, avec deux favoris, l'actuel président Ashraf Ghani et son chef de l'exécutif Abdullah Abdullah.

Selon les informations disponibles, le scrutin semble avoir été épargné par des attentats aussi meurtriers que ceux ayant endeuillé la campagne électorale, avec par exemple 26 morts dans une seule attaque le 17 septembre.

Le ministre de l'Intérieur Massoud Andarabi a fait état samedi soir de cinq morts parmi les forces de l'ordre et de 37 blessés civils, dans diverses attaques attribuées au talibans. Mais lors des précédents jours d'élections ces dernières années, les autorités ont souvent été mutiques sur les attaques, pour finalement annoncer des bilans plus lourds par la suite.

La participation devrait être la plus basse des quatre scrutins présidentiels tenus depuis 2004.

La commission électorale a annoncé dimanche soir que selon les chiffres disponibles pour les trois quarts des bureaux de vote (3.736 sur 4.905), un peu plus de 20% des électeurs (2,19 millions) avaient mis un bulletin dans l'urne.

A ce rythme la participation finale, attendue lundi, pourrait tourner autour de 25%. Loin derrière le plus bas enregistré jusqu'ici, qui était de 38% au premier tour de la présidentielle de 2009.

Haroun Mir, chercheur indépendant à Kaboul, a minimisé les conséquences d'un faible taux de participation, jugeant que "le prochain gouvernement aura un mandat plus fort que l'actuel, parce que l'élection est beaucoup plus +propre+ que les précédentes".

- Peur des attaques -

La peur des attaques, mais aussi de la fraude, ont joué un rôle dans cette désaffection, selon de nombreux témoignages de citoyens recueillis avant l'élection. Les précédentes présidentielles de 2014 et 2009 avaient été entachées de fraudes massives.

Les talibans avaient appelé la population à ne pas aller voter en annonçant que leurs moujahidines viseraient "les bureaux et les centres (de vote) de ce spectacle".

Les talibans ont revendiqué 531 attaques dans la journée de samedi, le ministère de l'Intérieur en annonçant 68.

L'institut de recherche indépendant Afghan Analyst Network (AAN) en a recensé plus de 400, en rassemblant les chiffres d'observateurs étrangers, des siens et de sources publiques.

De nombreux électeurs ont aussi boudé les urnes par crainte d'irrégularités semblables à celles qui avaient gravement entaché l'élection de 2014.

Pourtant, de nombreux observateurs ont souligné que celle de samedi était plus transparente et mieux organisée que la précédente. La directrice de la Commission indépendante des droits de l'homme en Afghanistan, Shaharzad Akbar, a ainsi remarqué que "la situation sécuritaire s'est révélée meilleure que nous nous y attendions".

Elle a admis "des irrégularités et difficultés techniques, comme attendu, mais qui ont été réglées plus rapidement que lors des dernières élections". Toutes choses qui lui ont fait dire que "si on leur en donne la chance, les Afghans souhaitent vraiment participer au processus démocratique".

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a loué "tous les Afghans qui ont exercé leur droit démocratique" et les a "félicités pour leur engagement à choisir leurs dirigeants à travers les urnes".

Le Département d'Etat américain a "applaudi le courage des électeurs afghans" et enjoint aux autorités, selon un porte-parole, de prendre "toutes les mesures pour s'assurer que l'élection... soit transparente et crédible".

Bon nombre d'électeurs sont aussi restés chez eux, ayant perdu tout espoir que leurs élites améliorent leurs conditions d'existence, dans un pays où 55% de la population vivait avec moins de deux dollars par jour en 2017.

Enfin, la campagne électorale a paru prise en otage par les pourparlers entre les Etats-Unis et les talibans sur un retrait des forces américaines. Donald Trump y a brutalement mis fin début septembre. Nombre d'observateurs pensaient que l'élection serait suspendue pour laisser la place à l'application du plan de retrait.

Les résultats préliminaires doivent être annoncés le 19 octobre et les définitifs le 7 novembre. Si aucun des candidats du premier tour n'a reçu plus de 50% des suffrages, un deuxième tour se tiendra alors dans les deux semaines suivantes.

Un des enjeux du scrutin est de procurer au futur chef de l'Etat une légitimité suffisante pour espérer devenir un interlocuteur incontournable dans d'éventuelles négociations de paix avec les talibans.

Mais ces derniers ont rejeté par avance tout compromis. "L'administration fantoche à Kaboul a tenu une élection fabriquée mais a rencontré l'échec et le rejet d'une vaste majorité de la nation", ont dit les talibans dans un communiqué samedi soir.

Avec AFP

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Le coronavirus a fait plus de 3 millions de morts dans le monde

Des employés municipaux portent le cercueil d'une victime du coronavirus dans une zone d'enterrement fournie par le gouvernement à Bogor, en Indonésie, le 26 janvier 2021.

Plus de trois millions de personnes sont mortes dans le monde du Covid-19 depuis son apparition fin 2019, selon un comptage réalisé par l'AFP samedi, et la course à l'immunisation se poursuit.

Au total, 3.000.955 morts du Covid-19 ont été officiellement recensés, selon ce comptage réalisé à 10h00 GMT à partir de bilans fournis par les autorités de santé, soit déjà bien plus que la plupart des épidémies virales des XXe et XXIe siècles, aux exceptions notables de la terrible "grippe espagnole" et du sida.

Après une légère accalmie en mars, le nombre de décès quotidiens est de nouveau en hausse, avec en moyenne plus de 12.000 morts par jour la semaine passée dans le monde, approchant des 14.500 décès quotidiens recensés fin janvier, au plus haut de l’épidémie.

Plus de 139 millions de cas de contaminations ont, eux, été recensés, dont environ 730.000 par jour actuellement, un chiffre également en hausse constante depuis fin février. Sur la seule journée de vendredi, plus de 829.000 cas ont été enregistrés en 24 heures, un record.

Au Brésil, deuxième pays le plus endeuillé au monde, quelque 3.000 décès sont annoncés chaque jour. Ce chiffre a plus que doublé depuis la mi-février.

La hausse des décès est également extrêmement rapide en Inde, confrontée à une troisième vague virulente. Plus de 1.000 décès quotidiens sont recensés dans ce pays, soit neuf fois plus que début mars.

L'effort de l'Inde pour vacciner ses 1,3 milliard d'habitants fait face à des obstacles, avec seulement 117 millions de vaccins administrés jusqu'à présent et des stocks en baisse, selon certaines autorités locales.

La course à la vaccination, très inégale selon les pays, a atteint au niveau mondial près de 863 millions de doses injectées selon un bilan établi vendredi par l'AFP.

Principale arme contre la pandémie, elle pâtit des déboires des vaccins Johnson & Johnson et AstraZeneca et se voit rattrapée par la multiplication de variants plus contagieux qui deviennent des forces dominantes dans la pandémie.

Un des pays les plus avancés dans le monde en matière de vaccination, le Chili a publié une étude indiquant que le vaccin chinois Coronavac a démontré une efficacité de 67% pour prévenir les cas symptomatiques de Covid-19 et de 80% pour prévenir les décès.

Confinement de week-end à Delhi

En Inde, un confinement du week-end est entré en vigueur samedi à New Delhi. La capitale a ordonné la fermeture de tous les services non essentiels. Les sites historiques étaient déserts samedi, les restaurants, les centres commerciaux et les salles de sport fermés et les rues vides.

L'Etat du Maharashtra, qui comprend Bombay, celui du Gujarat et celui du Karnataka, où se trouve le centre informatique de Bangalore, ont également imposé des restrictions de circulation.

L'État d'Uttar Pradesh, qui compte quelque 240 millions d'habitants, a ordonné un confinement d'une journée dimanche.

De même, l'État de l'Uttarakhand (nord) a limité les rassemblements à 200 personnes, mais a exempté l'immense festival hindou Kumbh Mela, qui se déroule depuis janvier, et a attiré 25 millions de personnes sans masques ni distanciation dont 4,6 millions cette semaine.

En Thaïlande, où l'épidémie flambe, de nouvelles restrictions seront imposées à partir de dimanche, notamment l'interdiction de la vente d'alcool dans les restaurants et les bars à Bangkok, épicentre de la troisième vague de Covid-19.

Les lieux de divertissement seront quant à eux fermés dans tout le pays pendant deux semaines.

Les autorités ont déjà imposé des restrictions pour les déplacements entre provinces juste avant les festivités de Songkran cette semaine, marquant le Nouvel An thaïlandais, période pendant laquelle les départs en vacances sont habituellement nombreux.

Au cours des dix derniers jours, le nombre total d'infections est passé de 29.900 à plus de 40.500 en Thaïlande.

Prolongation de quarantaine en Espagne

En Europe, la valse-hésitation entre restrictions supplémentaires pour freiner la propagation et assouplissements pour soutenir l'économie et calmer le mécontentement bat son plein.

L'Espagne a prolongé samedi jusqu'à début mai l'obligation de se placer en quarantaine pour tous les passagers arrivant sur son territoire depuis douze pays - Brésil, Pérou, Colombie et neuf pays africains - en raison des craintes liées aux variants du coronavirus.

Plusieurs pays ont, eux, annoncé des assouplissements.

Le Danemark va ainsi accélérer sa réouverture dès le 21 avril, avec des spectateurs dans les stades et des clients au restaurant.

L'Italie devrait amorcer la réouverture des restaurants et des établissements scolaires à partir du lundi 26 avril.

En France, "c'est autour de la mi-mai que pourront démarrer les réouvertures", a affirmé le porte-parole du gouvernement, en rappelant qu'il s'agissait de rouvrir "certaines terrasses et certains lieux de culture".

Le gouvernement avance cependant à pas prudents, face à une épidémie qui a déjà fait 100.000 morts et dont les indicateurs se stabilisent à un niveau élevé.

Au Brésil, le gouvernement de l'Etat de Sao Paulo a, lui, annoncé vendredi la réouverture des commerces et l'autorisation des cultes religieux présentiels à partir de dimanche, même si le nombre de décès quotidiens du Covid-19 reste très élevé dans tout le pays.

Biden sanctionne Moscou et expulse 10 diplomates russes

Le vice-président américain de l'époque, Joe Biden, à gauche, serre la main du Premier ministre russe de l'époque Vladimir Poutine à Moscou, en Russie, le 10 mars 2011.

Après la main tendue, la contre-attaque: le gouvernement américain de Joe Biden a annoncé jeudi une série de sanctions financières sévères contre la Russie et l'expulsion de dix diplomates russes, qui risquent de compliquer sa proposition de sommet avec Vladimir Poutine.

Depuis son arrivée à la Maison Blanche, le nouveau président des Etats-Unis avait fait savoir qu'il mettait au point sa riposte contre une série d'actes imputés à Moscou, dont une cyberattaque géante et de nouvelles ingérences dans les élections américaines de l'an dernier.

Allant jusqu'à qualifier Vladimir Poutine de "tueur", Joe Biden promettait d'être nettement plus ferme que son prédécesseur Donald Trump, accusé de toutes parts de complaisance à l'égard du maître du Kremlin.

Les représailles sont tombées jeudi, et elles sont sévères.

Le 46e président de l'histoire américaine a signé un décret suivi de sanctions immédiates, et qui permettra aussi de punir à nouveau la Russie, de manière à engendrer "des conséquences stratégiques et économiques", "si elle continue ou favorise une escalade de ses actions de déstabilisation internationale", a prévenu la Maison Blanche dans un communiqué.

Dans le cadre de ce décret, le Trésor américain a interdit aux institutions financières américaines d'acheter directement de la dette émise par la Russie après le 14 juin prochain.

Il sanctionne également six sociétés technologiques russes accusées de soutenir les activités de piratage informatique du renseignement de Moscou.

Il s'agit d'une riposte à la gigantesque cyberattaque de 2020 ayant utilisé comme vecteur SolarWinds, un éditeur américain de logiciels dont un produit a été piraté pour introduire une faille chez ses utilisateurs, y compris plusieurs agences fédérales américaines. L'administration Biden accuse formellement la Russie d'être responsable de cette attaque, comme elle l'avait laissé entendre.

"Soutien" occidental

Un haut responsable américain a prévenu qu'une partie des représailles demeurerait "secrète", laissant envisager la possibilité d'une contre-attaque informatique.

Par ailleurs, le Trésor sanctionne 32 entités et personnes accusées d'avoir tenté, au nom du gouvernement russe, "d'influencer l'élection présidentielle de 2020 aux Etats-Unis", selon la Maison Blanche.

Et le gouvernement américain impose aussi des sanctions à huit personnes et entités "associées à l'occupation et à la répression persistantes en Crimée", en "partenariat", avec l'Union européenne, le Canada, le Royaume-Uni et l'Australie.

L'Otan, l'UE et Londres ont apporté leur soutien aux sanctions américaines, sans toutefois annoncer de nouvelles mesures dans l'immédiat.

De son côté, le département d'Etat américain a expulsé dix responsables de l'ambassade russe à Washington, accusés pour certains d'être des membres des services de renseignement de Moscou.

L'ensemble de ces sanctions visent aussi à tenir les autorités russes "pour responsables" après des accusations de primes offertes par la Russie à des talibans pour attaquer des soldats américains en Afghanistan.

Mais un haut responsable américain a précisé que le renseignement des Etats-Unis ne pouvait confirmer la véracité de ces allégations qu'avec un degré de confiance "faible à modéré".

Ces sanctions s'ajoutent à une première série de mesures punitives annoncées en mars contre sept hauts responsables russes en réponse à l'empoisonnement et l'incarcération de l'opposant Alexeï Navalny.

L'ambassadeur américain convoqué

Il s'agit d'une des offensives les plus dures contre la Russie depuis l'expulsion de nombreux diplomates à la fin du mandat de Barack Obama.

Et la réponse ne s'est pas fait attendre.

Moscou a convoqué l'ambassadeur américain pour "une conversation difficile".

"Un tel comportement agressif recevra une forte rebuffade. La réponse aux sanctions sera inévitable", a prévenu la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova. "Les États-Unis ne sont pas prêts à accepter la réalité objective d'un monde multipolaire qui exclut une hégémonie américaine et s'appuient sur la pression des sanctions et l'ingérence dans nos affaires intérieures", a-t-elle déploré.

La Russie avait déjà averti que ces nouvelles sanctions n'allaient "pas favoriser" l'organisation d'un sommet Biden-Poutine censé amorcer une stabilisation dans les relations délétères entre les deux rivaux géopolitiques.

L'offre d'une première rencontre dans "un pays tiers" avait été faite par le nouveau président démocrate lors d'une conversation téléphonique cette semaine avec son homologue russe, marquée aussi par une mise en garde américaine après le déploiement massif de troupes russes aux frontières ukrainiennes.

"Nous pensons que dans les prochains mois, il sera crucial pour les deux dirigeants de se rencontrer" pour "trouver une manière stable et efficace d'avancer pour stopper toute escalade avant qu'elle ne dégénère", a réitéré jeudi le haut responsable américain après l'annonce des sanctions.

La mesure la plus spectaculaire annoncée jeudi, sur la dette, devrait avoir un effet limité, la Russie n'ayant qu'une dette limitée et des réserves qui dépassent les 180 milliards de dollars, forte de ses exportations d'hydrocarbures. Elle pourrait toutefois être douloureuse pour le rouble, en chute jeudi, et déjà en difficulté depuis de premières sanctions adoptées en 2014.

"C'est une tempête dans un verre d'eau. Depuis plus de dix ans, la politique des autorités monétaires russes a visé à maintenir le déficit budgétaire à un niveau bas", a relevé auprès de l'AFP l'économiste Sergueï Khestanov, qui souligne que Moscou y est préparé "depuis longtemps".

Des milliers de marins marchands bloqués dans leurs navires par la pandémie

Des milliers de marins marchands bloqués dans leurs navires par la pandémie
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Pékin paye son dû à l'ONU et incite Washington à faire de même

This video grab taken on Jan. 25, 2021, from the website of the World Economic Forum shows China's President Xi Jinping speaking from Pekin as he opens an all-virtual World Economic Forum, which usually takes place in Davos, Switzerland.

La Chine a annoncé mardi dans un communiqué avoir payé entièrement sa contribution à l'ONU pour 2021, au budget de fonctionnement comme aux opérations de paix, incitant implicitement les Etats-Unis, gros débiteur, à faire de même "pour soutenir le multéralisme par des actions concrètes".

"Le 13 avril, la Chine a payé la totalité de ses contributions au budget de fonctionnement (...) pour l'année 2021. Au préalable (le 28 février), elle avait réglé ses arriérés pour sept opérations de paix", a précisé un communiqué de la mission chinoise auprès de l'ONU.

Il n'a pas été possible de savoir combien Pékin avait versé exactement à l'ONU.

En qualité de "deuxième contributeur au budget de fonctionnement de l'ONU et à celui du maintien de la paix, la Chine a toujours soutenu activement le travail des Nations Unies, fermement sauvegardé le système international et soutenu le multilatéralisme par des actions concrètes", ajoute le communiqué.

Les Etats-Unis qui, sous l'administration Joe Biden, ont promis de se réengager dans le multilatéralisme, sont les premiers contributeurs financiers à l'ONU et ont des arriérés qui s'élèvent à environ 1,3 milliard de dollars incluant 700 millions pour l'année en cours et le reste sur les années précédentes, selon l'Organisation.

Le budget annuel de fonctionnement de l'ONU s'élève à environ 3,2 milliards de dollars. Celui des opérations de paix, séparé, atteint quelque 6,5 milliards de dollars. Les Etats-Unis contribuent à hauteur de 22% au budget de fonctionnement, et en principe à près de 28% au budget des opérations de paix.

En 2017, l'ex-président Donald Trump avait décidé de réduire ce dernier pourcentage à 25%, creusant les dettes américaines à l'égard de l'ONU.

Pékin est devenu le deuxième principal contributeur financier en 2016 aux opérations de paix de l'ONU et en 2019 au budget de fonctionnement, devançant le Japon.

"La Chine a rempli ses obligations financières intégralement, à temps et sans conditions conformément à la Charte des Nations Unies, ce qui démontre le rôle qu'elle joue en tant que grand pays responsable", souligne le communiqué de la mission chinoise, comme une incitation implicite aux autres grandes nations, et singulièrement les Etats-Unis, à faire de même.

Le texte rappelle que l'ONU fait face à une crise de liquidités, accentuée par la crise économique provoquée par la pandémie de Covid-19, qui "affecte sérieusement son travail et la mise en œuvre de ses mandats".

"Les Etats membres doivent s’acquitter de leurs obligations juridiques, répondre activement à l’appel du secrétaire général et verser toutes les contributions dès que possible pour améliorer la situation de liquidités de l’Organisation des nations unies", insiste le communiqué chinois.

Deuxième ramadan assombri par la pandémie

Des habitants portant des masques font leurs courses pour le Ramadan à Tunis, le jeudi 23 avril 2020.

Nombre de musulmans dans le monde commencent mardi le mois de jeûne du ramadan, assombri pour la deuxième année consécutive par la pandémie qui a fait un million de morts en Europe.

Le ramadan, qui débute mardi ou mercredi selon les pays, se déroulera entre restrictions sanitaires et craintes de nouvelles contaminations en particulier lors des traditionnels repas festifs de rupture quotidienne du jeûne après le coucher du soleil.

En Indonésie, pays comptant la plus grande population musulmane du monde, le gouvernement a autorisé cette année les prières du soir pendant le ramadan mais l'accueil est limité dans les mosquées à 50% de leur capacité, les fidèles devant être masqués et apporter leur propre tapis de prière.

A Jakarta, la mosquée Istiqlal récemment rénovée, la plus grande d'Asie du Sud-Est, a accueilli lundi soir des fidèles pour la première fois après un an de fermeture en raison du Covid-19.

Les responsables religieux ont invité la population à prier à la maison dans les zones où les cas flambent et plusieurs régions, dont Jakarta, ont interdit les rassemblements pour la rupture quotidienne du jeûne. Le gouvernement a interdit les déplacements traditionnels pour l'Aïd al-Fitr célébrant la fin du ramadan, prévue cette année vers le 12 mai.

Malgré les restrictions, le ramadan est "plus joyeux" cette année, note un habitant de Jakarta, Mohamad Fathi. "L'an dernier, nous n'avons pas ressenti du tout la joie du ramadan".

En Egypte où les magasins arborent les traditionnels "fanous", lanternes du ramadan aux couleurs éclatantes, les Cairotes se sont affairés lundi pour leurs derniers achats à la veille du ramadan, négligeant souvent le port du masque ou la distanciation physique.

"Ni rassemblements familiaux, ni prières"

En Tunisie, le gouvernement a dû faire marche arrière sur l'allongement du couvre-feu et revenir ce week-end à un couvre-feu à 22 heures locales et non 19 heures, face à une levée de boucliers.

"D’habitude après la rupture du jeûne, on sort, on se balade, on va dans la médina de Tunis, dans le village de Sidi Bou Saïd, on prend l'air, on s'invite, les enfants courent dans les rues", explique Samira Khalifi, une artiste peintre de 45 ans. "Mais cette année, on aura à peine le temps de faire un petit tour, ca va être triste, pénible", continue-t-elle, resserrant son foulard fuchsia.

Au Maroc, des restrictions pour la période (extension du couvre-feu, interdiction de fêtes et de rassemblements etc...) ont été promulguées récemment.

En Syrie, où le conflit est entré en mars dans sa dixième année, le ramadan s'annonce morose en plein effondrement économique et avec une inflation galopante. Le gouvernement n'a pas annoncé de nouvelles mesures ni de couvre-feu.

En Jordanie, "ce ramadan n'est pas comme les autres. Il n'y ni rassemblements familiaux, ni prière à la mosquée après l'iftar (le repas quotidien de rupture du jeûne, NDLR), ni tentes, ni tables où est disposée la nourriture pour les pauvres comme le veut la tradition", assure Rima Qabalan, une mère de famille d'Amman.

En Turquie, en proie à une troisième vague du virus, les médecins conseillent de renforcer les défenses naturelles pendant le jeûne avec des vitamines comme la vitamine D. En outre, "nous allons rester en famille, nous n'aurons pas d'invités chez nous et n'irons pas chez les autres", explique Fatih Kaymak, un habitant d'Istanbul âgé de 55 ans.

Les autorités saoudiennes ont annoncé début avril que seules les personnes vaccinées contre le Covid-19 seraient autorisées à effectuer la omra, le petit pèlerinage à La Mecque, à partir du début du ramadan.

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