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A Sao Tome, un chef cuisinier ambassadeur de l'île

Le chef cuisinier, Joao Carlos Silva, à Sao Tomé, le 3 janvier 2018.

Au milieu de la végétation luxuriante de Sao Tome, petite île du Golfe de Guinée, le chef Joao Carlos Silva mise sur les produits naturels pour mettre en valeur l'extraordinaire biodiversité de l'archipel qu'il veut contribuer à faire connaître.

"Pâte de mangue avec yogourt de Grèce et un petit gâteau de manioc avec du fromage!", lance tout sourire cette célébrité de la télévision portugaise, en présentant l'une des six entrées de son restaurant gastronomique.

Sur cette île plantée en plein océan, la cuisine de Joao Carlos Silva est un mélange de saveurs locales et d'ingrédients venus d'ailleurs.

Sur les "îles chocolat", l'autre nom de l'archipel fameux dans le monde pour la qualité de son cacao, le repas gastronomique ne peut débuter sans un hommage à cette spécialité.

Pour apprécier les saveurs de ce "spa de la langue", le visiteur est invité à mettre en bouche une graine cacao entourée de sa pulpe, un morceau de chocolat, un grain de poivre, une touche de gingembre... puis savoure un vin rouge.

Fils de cuisinier santoméen, Joao Carlos Silva a ouvert il y a plus de vingt ans un hôtel-restaurant dans la plus grande des deux îles de l'archipel de moins de 200.000 habitants et de 1.000 km2, situé au large du Gabon.

Depuis sa large terrasse, le restaurant tout en bois, où pend nonchalamment un hamac, surplombe une nature équatoriale et montagneuse et offre une vue enchanteresse sur l'océan Atlantique.

'Art éphémère'

Le chef s'est rendu célèbre à partir des années 2000 avec des émissions diffusées à la télévision portugaise,comme "Les îles au milieu du monde", où il jouait le cuisinier-baroudeur aux quatre coins du globe.

"Il y a toujours de la nouveauté chez lui", affirme Lucio Primo Monteiro, un guide santoméen et vieil habitué du restaurant.

Le nombre de clients a augmenté au fil des ans et, selon le chef aux airs de faux pirate avec son bandana rouge, le restaurant accueille aujourd'hui 30 à 40 personnes par jour.

La "Roça Sao Joao" est une ancienne plantation coloniale au charme fou qu'il a transformé en "lieu de culture" - pied de nez à l'histoire douloureuse de l'esclavagisme à Sao Tome et Principe.

Le chef, qui considère la cuisine comme "un art éphémère", y expose certaines de ses sculptures et peintures.

Il a aussi décidé de transmettre sa passion à une poignée d'apprentis.

Tous sont issus de l'ethnie des "Angolares", la plus défavorisée de l'île où deux-tiers des habitants vivent en-dessous du seuil de pauvreté.

Il dit vouloir montrer à la jeunesse que "c'est possible de vivre à Sao Tome, possible de faire de Sao Tome un pays du futur".

"On vit dans un pays avec une biodiversité intéressante et où l'on peut faire des cultures sans produits chimiques, et avec des techniques traditionnelles", argumente-t-il.

'Bio de longue date'

Le chef cultive la plupart de ses produits dans le jardin de sa "roça", où gambadent poules grasses et canards. Il raconte avoir toujours utilisé des produits cultivés sans pesticides et surfe aujourd'hui sur la tendance mondiale du bio et de l'écotourisme.

"C'est très important qu'il prenne des produits naturels. Cela permet aussi de valoriser nos produits", estime le guide Lucio Primo Monteiro, rappelant que Sao Tome et Principe abrite environ 600 espèces de plantes endémiques recensées.

Les habitants de l'archipel sont d'ailleurs sensibles à la protection de leur patrimoine naturel. Il y a huit mois, une ONG portugaise implantée à Sao Tome s'était alarmée de l'arrivée sur l'île d'un maïs importé de Chine et suspecté d'être transgénique (OGM). C'était finalement une variété hybride.

Sao Tome et Principe, qui dépend à 90% de l'aide internationale, essaye de devenir plus autonome, misant notamment sur le secteur touristique qui représente désormais un quart de son PIB, selon les chiffres officiels.

Pour Joao Carlos Silva, le tourisme est le "meilleur instrument pour transformer Sao Tome et Principe" et "pas le pétrole offshore", dont l'exploitation est embryonnaire mais pourrait se développer.

En 2015, le pays a présenté un plan de développement pour attirer les investisseurs étrangers et vient de renouer des relations politico-économiques avec la Chine.

Lui prône un tourisme "intelligent", "culturel", "écologique", mais surtout pas "un tourisme de masse".

Avec AFP

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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