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A Lagos, capitale africaine de la mode, "le trad, c'est swag"!

Le musicien nigérian Wizkid donne un spectacle lors du MTV Africa à Lagos, le 5 août 2011.

Dans ses clips bling-bling où shorts moulants côtoient bouteilles de champagne et grosses voitures, Wizkid, l'icône de la pop nigériane, a troqué ses jeans, ses caleçons apparents et ses T-shirts Versace pour des tenues traditionnelles: la nouvelle tendance pour la jeunesse de Lagos.

En 2016, Vogue, magazine leader de la mode, l'a élu "chanteur pop le mieux habillé du Nigeria": un titre particulièrement convoité et exigeant dans ce pays où l'apparence est reine et la concurrence, à tous les coins de rue.

L'agbada yorouba (immense tunique de trois épaisseurs), le 'Niger Delta' igbo (chemise brodée avec un col Mao), ou le babariga haoussa (longue tunique sahélienne avec chapeau asymétrique brodé) étaient, comme souvent en Afrique, considérés comme des tenues pour les anciens ou ruraux.

Mais depuis quelques années, on porte le "trad" (vêtement traditionnel) au bureau, aux mariages, en rendez-vous d'affaires et surtout, dans les clips de musique et en boîtes de nuit.

"C'est le must maintenant", confiait Wizkid au magazine Vogue.

"Quand je suis à Lagos, je porte uniquement des tissus africains. J'achète des tissus du Nord (du Nigeria), du Sud, de l'Ouest, et je les mélange", explique le musicien, érigé demi-dieu de la musique nigériane à 26 ans.

Par manque d'espace, les centres commerciaux manquent cruellement dans la mégalopole de 20 millions d'habitants. Les magasins de prêt-à-porter sont rares ou difficiles d'accès.

Et avec la récession économique et la chute vertigineuse du Naira, finies les virées shopping à Dubaï, Paris ou Milan. Même les plus riches doivent se contenter de l'offre locale, et la cote des tailleurs de rue explose.

'Le Peul, je kiffe'

En 2012, Omobolaji Ademosu, alias B.J., a abandonné son emploi dans une banque pour monter sa propre ligne de vêtement pour hommes, Pro7ven. Dans deux minuscules ateliers d'Ojodu, à la périphérie de Lagos, sa douzaine d'employés découpent, cousent, repassent et enchaînent les commandes au son du générateur à diesel.

B.J. fait de la mode "africaine contemporaine": de magnifiques agbadas à peine plus resserrés à la taille que le veut la tradition, brodés à l'encolure, qui peuvent se vendre jusqu'à 150.000 nairas (420 euros).

"Le trad, c'est swag. D'un jour à l'autre, je peux mettre du Igbo, du Yorouba, même le Peul (tribu nomade du Nord), je kiffe! C'est l'esprit multiculturel de Lagos, il n'y pas de barrière", sourit B.J..

Lors de rendez-vous professionnels avec un homme politique ou un chef d'entreprise important, s'habiller dans la tenue ethnique de votre interlocuteur est un signe de respect qui peut rapporter gros. Ou du moins, des contrats importants.

Avec plus de 500 groupes ethniques, le Nigeria est particulièrement attaché à ses valeurs traditionnelles. Une fierté qui commence d'ailleurs à dépasser les frontières du pays.

Début mai, le sud-africain Mbuyiseni Ndlozi, porte-parole de l'EFF (Economic Freedom Fighters, parti de la gauche radicale), postait une photo de lui sur Instagram habillé en 'Niger Delta' sombre, chapeau et collier en perles rouges portées originellement dans le sud-est du Nigeria.

Son fan club féminin, particulièrement nombreux, s'est empressé de commenter en émojis coeurs, appelant affectueusement le sud-africain "Igwe": Prince Igbo.

Princes africains 2.0

"Même à Paris, les jeunes de la diaspora veulent se présenter comme des princes africains maintenant", s'étonne Nelly Wandji, propriétaire de Moon-Look, une boutique de mode africaine sur le Faubourg-St-Honoré de Paris.

De passage à Lagos, elle est venue dénicher les nouvelles tendances sur le continent. "Le Nigeria est clairement le leader de la mode (africaine) en terme de style, de créativité et en nombre de designers reconnus", explique-t-elle.

"La Lagos Fashion week a détrôné celle de Johannesburg. Les Nigérians sont restés beaucoup plus authentiques, ils sont restés très +African Pride+ alors qu'en Afrique du Sud, on est finalement très européanisé".

Française d'origine camerounaise, Nelly Wandji explique d'ailleurs cette influence, paradoxalement, par la diaspora africaine, dont les Nigérians sont les grands ambassadeurs par leur nombre. "Les jeunes de la diaspora sont les prescripteurs de la mode africaine, ils ont réapproprié leur culture et la rendent tendance, parce qu'elle est vue en Europe ou aux États-Unis."

Gloria Odiaka, la petite cinquantaine, est l'heureuse propriétaire d'un magasin de tissus de luxe à Lekki, quartier de la jeunesse branchée de Lagos. Et une mère de famille comblée.

"Les jeunes hommes s'habillent maintenant en 'natif', et c'est tant mieux parce que ça les rend beaux!", s'enthousiasme-t-elle. "Mes fils étudient au Canada, et quand je vais leur rendre visite ils me disent 's'il-te-plaît, maman, ramène-nous des 'trad', j'en ai ma claque des T-shirts canadiens'."

Il ne reste plus aux Nigérians qu'à inventer le "trad" adapté aux hivers d'Ottawa pour conquérir le Grand Nord.

Avec AFP

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Le chef d'état major des armées remplacé dans un contexte sécuritaire tendu

Arrestation de militaire au Tchad (VOA/André Kodmadjingar)

Le chef d'état major général des armées tchadiennes, en poste depuis six ans, a été remplacé vendredi soir par le président Idriss Deby, moins de 24 heures après une attaque de Boko Haram dans le sud-ouest du pays qui a fait 23 morts dans les rangs de l'armée.

Par décret présidentiel, le chef de l'Etat a procédé vendredi à plusieurs changements à la tête de l'appareil sécuritaire. Le chef d'état major des armées, Brahim Seid Mahamat, a été remercié, après six ans de service.

Il est remplacé par Taher Erda qui était jusque là chef d'état major de l'armée de terre.

Egalement ancien directeur de la police nationale, M. Erda est un très proche du président Deby, avec qui il a combattu à ses côtés avant son accession au pouvoir en 1990.

Aucune explication n'a été donnée mais ce décret intervient alors que 23 soldats tchadiens ont été tués dans la nuit de jeudi à vendredi au cours d'une attaque du groupe djihadiste nigérian Boko Haram dans le sud-ouest du Tchad.

Il s'agit de l'une des attaques les plus meurtrières essuyées par l'armée de N'Djamena depuis le début de la lutte contre les islamistes.

La réorganisation des services de sécurité touche également le cabinet militaire de la présidence.

Un général originaire du Tibesti (région du nord-est du Tchad), a notamment été nommé conseiller du chef de l'Etat chargé de la Défense nationale.

Depuis plusieurs mois, l'armée est déployée dans cette région, théâtre d'affrontements récurrents entre des orpailleurs et l'armée.

Par ailleurs, le Président Déby a également suspendu vendredi le chef d'État Major de l'armée de l'air et son adjoint.

Une annonce qui fait suite à la découverte vendredi des débris d'un hélicoptère de l'armée, qui avait disparu il y a plus d'une semaine, dans le nord du pays. Le crash, dont les causes font l'objet d'une enquête, a fait quatre morts.

Immense pays s'étendant de l'Afrique centrale à la bande sahélo-saharienne, le Tchad, allié des pays occidentaux dans la lutte anti-jdihadiste, est confronté à des défis militaires à chacune de ses frontières.

Le nord du Tchad, frontalier du Soudan, de la Libye et du Niger, est une région volatile du Sahel, désertique et peu habitée. Plusieurs groupes rebelles tchadiens ont établi leur base dans le sud libyen voisin.

Fin janvier, des rebelles tchadiens sont entrés depuis la Libye dans le nord-est du Tchad. Des frappes françaises ont stoppé l'avancée de la colonne.

Cyclone en Afrique australe: plus de 650 morts, risques d'épidémies

Une forêt au Mozambique

Le bilan du cyclone Idai au Mozambique et au Zimbabwe s'est alourdi samedi à 676 morts et devrait encore grimper au fur et à mesure de la progression des secours, qui peinent à atteindre des zones encore coupées du monde, ont prévenu les humanitaires, inquiets des risques d'épidémies.

"C'est un désastre naturel sans précédent. La zone affectée (au Mozambique) est d'environ 3.000 km2. Un désastre qui équivaut aux catastrophes majeures", a estimé samedi le ministre mozambicain de l'Environnement, Celso Correia.

"Malheureusement, personne dans la région ni dans le monde ne pouvait prédire un désastre d'une telle ampleur", a-t-il ajouté depuis Beira (centre), la deuxième ville du Mozambique, partiellement dévastée par les intempéries.

Selon le dernier bilan des autorités mozambicaines, Idai, qui a balayé la semaine dernière l'Afrique australe, a fait 417 morts au Mozambique, pays le plus touché.

Au Zimbabwe, 259 personnes ont été tuées et près de 200, dont 30 écoliers, sont toujours portées disparues.

Mais le bilan final sera "bien plus élevé" car "de nombreuses régions sont encore inaccessibles", a prévenu samedi la directrice générale de l'Unicef, Henrietta Fore.

"La situation va encore empirer avant de s'améliorer", a-t-elle mis en garde. "Les agences humanitaires commencent à peine à voir l'ampleur des dégâts. Des villages entiers sont été submergés, des immeubles rasés, des écoles et des centres de santé détruits", a-t-elle ajouté.

Les opérations de secours et d'acheminement de l'aide, avec hélicoptères, bateaux militaires, pneumatiques, de pêche, se poursuivaient samedi dans des conditions difficiles, compte tenu de l'effondrement de nombreuses routes et ponts.

"On n'a rien, les gens meurent comme des chèvres ou des poules. On n'a aucune aide. On meurt de faim", implore un habitant du district de Buzi (centre), l'un des plus touchés au Mozambique.

"Je suis en vie, mais j'ai tout perdu", témoigne Maria Maposa, évacuée en bateau de cette zone.

Samedi matin, une centaine de rescapés de Buzi sont arrivés au port de Beira, où ils ont reçu une soupe et des habits, a constaté un journaliste de l'AFP.

Nombre d'entre eux avaient besoin de soins après avoir été blessés par des tôles soulevées par des rafales de vent proches de 200 km/heure.

Au total, ce sont environ 2 millions de personnes qui sont affectées par le cyclone et ses inondations en Afrique australe.

- Risques de maladies -

"Il n'y a plus personne bloqué dans des arbres", a affirmé samedi Sebastian Stampa du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha).

Mais "il y a encore des gens sur les toits" qui ont refusé d'être hélitreuillés, a-t-il ajouté, expliquant qu'ils survivaient en faisant sécher de la nourriture sur des tôles ou des toits-terrasses.

La décrue se poursuivait samedi. Mais Ocha a mis en garde contre de possibles nouvelles inondations en cas de fortes pluies.

A Beira, ville d'un demi-million d'habitants, la population s'attelait à déblayer et reconstruire.

L'électricité était progressivement rétablie dans certains quartiers. L'hôpital a de nouveau été connecté au réseau, selon Celso Correia.

La principale route qui conduit à Beira devrait être accessible dimanche et la voie ferrée est de nouveau utilisable depuis vendredi, "ce qui signifie que l'aide peut arriver plus facilement", s'est-il réjoui.

Des habitants ont commencé à reconstruire avec les moyens du bord des tôles gondolées emportées par le vent, des habitations de fortune.

Dans plusieurs écoles de la ville réquisitionnées, des milliers de rescapés s'entassaient, laissant craindre des épidémies.

"La promiscuité dans les centres d'hébergement, le manque d'hygiène, les eaux stagnantes et infectées posent des risques de maladies comme le choléra, le paludisme et les diarrhées", a prévenu l'Unicef.

Des informations contradictoires circulaient sur d'éventuels cas de choléra.

Le programme alimentaire mondial (Pam), qui distribue la nourriture, a déclenché son niveau d'urgence 3, équivalent aux crises au Yémen, en Syrie ou encore au Sud-Soudan.

"Des dizaines de milliers de personnes ont tout perdu. Avec l'étendue des dégâts qui se précise, le nombre de personnes dans le besoin augmente. On doit faire plus", a estimé le porte-parole du Pam, Herve Verhoosel.

Au Zimbabwe, les rescapés continuaient ce week-end à enterrer leurs morts, tandis que 120 corps ont été emportés par les eaux au Mozambique, selon Ocha.

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