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A Johannesbourg, les Zimbabwéens ravis de la fin de Mugabe, mais prudents

Des migrants du Zimbabwe et du Mozambique sont assis dans une rue de Johannesbourg, en Afrique du Sud, le 23 novembre 2017.

"Mugabe est parti (...) mais on ne rentrera pas demain". Sur le trottoir d'un quartier populaire de Johannesbourg, Ashely Shanx célèbre la chute du président Robert Mugabe avec quelques amis zimbabwéens. Satisfaits, soulagés même, mais prudents.

A 31 ans, ce peintre en bâtiment a émigré en Afrique du Sud pour trouver du travail il y a deux ans. La chute au Zimbabwe voisin du plus vieux dirigeant en exercice de la planète le réjouit, mais pas au point de boucler immédiatement ses valises pour rentrer au pays.

"On attend l'arrivée des investisseurs et un réveil économique", dit-il, "alors, dans trois, quatre ou cinq ans peut-être...". "Pour pouvoir retrouver du travail, nous avons besoin que le nouveau président réforme le pays", souligne-t-il.

Devant un magasin de construction, Ashely Shanx et ses compagnons guettent le passage des voitures, perceuses et scies circulaires au pied. Comme tous les jours, ils espèrent qu'un particulier voudra bien les recruter pour la journée.

Ces derniers temps, les employeurs se font rares et l'attente se prolonge. Mais aujourd'hui, l'humeur est plus légère.

Pour tuer le temps, un groupe de travailleurs zimbabwéens joue aux dames, les autres dégustent une bière fraîche ou dansent sur un morceau du chanteur zimbabwéen Jar Prayzah.

"Tu diriges d'une main de fer", s'intitule la chanson qui, explique Ashely, raconte "les injustices subies par le peuple sous le régime autocratique du président Robert Mugabe".

Depuis sa démission mardi, l'heure est à l'espoir.

"J'ai hâte de rentrer à la maison", s'enthousiasme ainsi Enock Makuvire, 28 ans, qui a laissé son épouse et ses enfants au pays.

'Mieux qu'au Zimbabwe'

En attendant que le climat économique s'améliore dans leur pays, ces exilés vont continuer à déboucher des éviers, ravaler des façades ou poser des carrelages de salles de bain pour quelques centaines de rands l'ouvrage (environ 10 euros).

Au Zimbabwe, ils étaient instituteurs, employés de banque ou commerçants. Avec la crise, "on a bien été forcés de quitter le pays et de s'adapter", explique Ashely, titulaire d'un diplôme de sciences politiques de l'université du Zimbabwe.

Un à trois millions de Zimbabwéens ont pris la direction de l'Afrique du Sud voisine ces dernières années.

Mais ils n'ont pas trouvé de l'autre côté de la frontière l'eldorado qu'ils espéraient. L'économie la plus industrialisée du continent tourne au ralenti et le chômage y bat des records (27%).

"Ce mois-ci, je n'ai travaillé que dix jours", déplore Ashely, "mais c'est toujours mieux qu'au Zimbabwe".

Dans le centre de Johannesburg, à la station routière de Braamfontein, cinq bus s'apprêtent à prendre la route pour Harare. Les Zimbabwéens s'y pressent les bras chargés de paquets. Peu d'entre eux monteront à bord.

"J'envoie juste des affaires et des provisions pour mes enfants", précise Muchaneta Chijakara, 43 ans.

Cette femme de ménage, mère de cinq enfants, a quitté son pays en 2003, en pleine campagne de répression contre les militants du principal parti d'opposition, le Mouvement pour un changement démocratique (MDC).

'Trop compliqué'

Même débarrassée de Robert Mugabe, elle reste prudente. "Je vais attendre un peu. Et l'année prochaine, je vais ramasser mes affaires et rentrer chez moi à Kwe Kwe (centre du Zimbabwe)".

"Je n'ai plus peur à présent", confie-t-elle, "je veux vivre avec mon mari et mes enfants dans la même maison, dans le même pays".

Un optimisme partagé de l'autre côté de la ville, à Randburg, une banlieue riche du nord de Johannesburg. Au bar le Sundowner, des Zimbabwéens aisés, majoritairement blancs, ont l'habitude de se retrouver autour d'une bière.

A 64 ans, Mike Odendaal, un ancien fermier, n'envisage pas son retour. Expulsé de son exploitation en 2010, il a depuis refait sa vie en Afrique du Sud où il dirige une entreprise de transport.

"Nous avons perdu notre maison, notre ferme. A mon âge, tout recommencer au Zimbabwe serait trop compliqué. Nous investirons dans notre pays, mais nous ne déménagerons pas".

Au début des années 2000, M. Mugabe a exproprié manu militari des milliers de fermiers blancs au profit de la majorité noire. Cette réforme a plongé toute l'économie dans la crise.

Habitué du même bar, Bernard Psawarayi, un Zimbabwéen noir de 42 ans, a anticipé la chute de Robert Mugabe. Et depuis un an, il tente de convaincre la diaspora de réinvestir au pays.

"Certains Zimbabwéens reviendront dès que le pays ira mieux", assure-t-il, "d'autres ont refait leur vie ailleurs mais tous souhaitent contribuer à la construction d'un nouveau Zimbabwe".

Avec AFP

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Ghana: agressions contre des journalistes, trois policiers suspendus

Un journaliste d'investigation avec le visage caché lors d'une interview à Accra, Ghana, 12 juin 2018.

La police ghanéenne a suspendu trois agents mis en cause dans l'agression de journalistes qu'ils avaient frappés, dans un contexte d'inquiétude professionnelle après le meurtre d'un journaliste anti-corruption réputé.

Les policiers suspendus mercredi sont accusés d'avoir frappé trois journalistes du Ghanaian Times impliqués dans une infraction routière, qui les filmaient à Accra, le 14 mars. Parmi les journalistes, une femme a dû être hospitalisée.

La violence de cette agression a choqué, dans un pays souvent salué pour son dynamisme démocratique, classé 23e sur 180 pays dans l'indice mondial 2018 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) - devant la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Mais en janvier, l'assassinat par des hommes non identifiés du journaliste d'investigation Ahmed Hussein-Suale, qui avait révélé de graves scandales de corruption dans le monde du football africain, avait déclenché une vague d'indignation.

L'Association des journalistes du pays a qualifié l'agression des trois journalistes de "barbare, à une époque où la police est censée faire respecter la loi et non l'enfreindre".

"Cet incident ne doit pas s'ajouter à la liste des cas d'agressions non résolus de journalistes par des policiers. Cette culture de l'impunité doit prendre fin maintenant !", a-t-elle ajouté.

Selon les médias locaux, depuis 2006, plus de 20 agressions de journalistes par des policiers ou des militaires n'ont fait l'objet d'aucune poursuite. Dans la plupart des cas, les journalistes étaient en train de filmer les membres des forces de sécurité.

"L'Etat n'est pas intéressé par l'ouverture de poursuites judiciaires contre ses fonctionnaires", a commenté l'avocat Samson Anyenini, qui a défendu à plusieurs reprises des médias lors de procès au civil.

Pour le porte-parole de la police ghanéenne David Eklu, les allégations d'agressions de membres des forces de l'ordre contre des journalistes sont "prises très au sérieux".

Avec AFP

Macron ne se rendra pas aux commémorations du génocide rwandais

Le président français, Emmanuel Macron, à gauche, reçoit le président rwandais, Paul Kagame, au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 23 mai 2018..

Emmanuel Macron, qui avait été invité par Kigali à participer à la 25e commémoration du génocide rwandais le 7 avril, ne s’y rendra pas et a chargé le député de la République en Marche (Larem) Hervé Berville, orphelin tutsi, de le représenter, a annoncé jeudi l’Elysée.

“Le président de la République a été sensible à l’invitation mais il ne pourra pas s’y rendre, il a donc désigné le député des Côtes-d’Armor, Hervé Berville, pour le représenter”, a-t-on indiqué. “La France sera aux côtés du Rwanda dans ce moment de deuil et de recueillement”.

Nicolas Sarkozy est le seul président français à s’être rendu au Rwanda, en février 2010.

Les relations entre la France et le Rwanda ont traversé plusieurs zones de turbulences ces dernières décennies, empoisonnées par la question du rôle joué par Paris lors du génocide des Tutsis en 1994.

L’actuel président rwandais Paul Kagamé a notamment accusé en 2014 Paris d’avoir “participé” à ces massacres qui ont fait selon l’Onu 800.000 morts, des accusations rejetées par les autorités françaises.

En mai 2018, à l’occasion de la visite de Paul Kagamé à Paris, Emmanuel Macron avait exprimé le souhait de nouer une relation “pragmatique” avec Kigali mais avait écarté dans l’immédiat un retour d’un ambassadeur français au Rwanda, reconnaissant que la normalisation prendrait du temps.

Avec Reuters

Les Algériens restent mobilisés un mois après le début de la contestation

Manifestation dans les rues d'Alger, contre le gouvernement, le 19 mars 2019.

Un mois après le début de la contestation, les Algériens entendent rester mobilisés, avec de nouvelles manifestations vendredi pour réclamer le départ du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans et dont le camp se fissure.

Les deux précédents vendredis ont vu une mobilisation record. Le 15 mars, des manifestations ont été enregistrés dans 40 des 48 préfectures du pays, selon des sources sécuritaires, et des diplomates ont évoqué "des millions" d'Algériens dans les rues.

Sur les réseaux sociaux, les appels à la mobilisation se sont poursuivis cette semaine autour des mots-dièses "Mouvement_du_22_mars", "Partez tous!", ou du slogan "Nous sommes unis, ils sont finis".

La météo annonce de la pluie, pour la première fois depuis le début de la contestation le 22 février, mais il en faut plus pour décourager les manifestants, qui appellent à se munir d'un parapluie et de l'orner du drapeau national -vert et blanc frappé de l'étoile et du croissant rouges-, accessoire désormais indispensable du manifestant algérien.

​"La rue va gronder sous la pluie", assure un twitto.

"Le peuple algérien exige le départ immédiat et sans conditions du président Bouteflika", indique une affichette circulant sur les réseaux sociaux, qui invite également "les responsables des pays qui soutiennent le pouvoir illégitime algérien à cesser (...) leur ingérence".

Les manifestations, sans précédent depuis l'élection de M. Bouteflika en 1999, sont restées jusque-là globalement pacifiques.

Lors d'une tournée à Rome, Moscou -allié historique d'Alger- et Berlin, le nouveau vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra a répété et confirmé que M. Bouteflika remettrait ses fonctions à un successeur élu lors d'une présidentielle dont la date n'a pas encore été fixée.

- Fissures -

En reportant le 11 mars l'élection présidentielle prévue le 18 avril jusqu'à l'issue d'une conférence nationale chargée -à une date non précisée- de réformer le pays et de le doter d'une nouvelle Constitution, le chef de l'Etat a prolongé d'autorité son mandat actuel au-delà de son expiration constitutionnelle le 28 avril.

Agé de 82 ans, M. Bouteflika est affaibli par les séquelles d'un AVC qui, depuis 2013, l'empêchent de s'adresser de vive voix aux Algériens et rendent rares ses apparitions publiques.

Aucune sortie de crise ne semble émerger, chaque camp campant sur ses positions. Le président refuse de céder le pouvoir et le "prolongement" du mandat a continué d'être largement rejeté.

Etudiants, professeurs, professionnels de santé, avocats, magistrats ont tour à tour manifesté cette semaine, montrant que la mobilisation ne faiblissait pas.

Côté pouvoir, les efforts du nouveau Premier ministre Noureddine Bedoui pour former un gouvernement rajeuni de "technocrates" semblent toujours stériles, dix jours après sa nomination.

Et le camp présidentiel apparaît plus divisé que jamais face à l'attitude à adopter.

Les fissures apparues depuis le début de la contestation ont semblé s'élargir parmi ceux qui il y a à peine plus d'un mois étaient les plus fervents partisans d'un cinquième mandat du chef de l'Etat, dont la candidature a finalement jeté les Algériens dans la rue.

- Qui décide -

Mercredi, le patron de la propre formation du président Bouteflika, le Front de libération nationale (FLN), s'est livré à un exercice de grand écart, en assurant que l'ancien parti unique, au pouvoir depuis 1962, "soutient le mouvement" de contestation, tout en prônant le "dialogue" proposé par le chef de l'Etat.

Du côté du principal allié, le porte-parole du Rassemblement national démocratique (RND), Seddik Chihab, a affirmé que le parti s'était "trompé" en soutenant la candidature de M. Bouteflika à un cinquième mandat.

Plus grave, il a accusé des "forces non constitutionnelles" de diriger le pays, disant ne pas savoir qui décide "réellement" à la présidence.

Un discours tenu habituellement par les plus féroces opposants à M. Bouteflika.

Le RND, parti de l'ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, récemment sacrifié à la colère populaire, a eu beau se démarquer des déclarations de son porte-parole, les protestataires voient dans l'apparent délitement du "système" un encouragement à poursuivre de la mobilisation.

La contestation en Algérie, pays membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), a été déclenchée le 22 février après la décision du chef de l'Etat de briguer un cinquième mandat. Et sa promesse ensuite de ne pas se porter candidat à une présidentielle à la date inconnue n'a pas apaisé les Algériens.

Avec AFP

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