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A Dakar, Paris veut battre le rappel pour le financement de la force du G5 Sahel

La ministre française des Armées, Florence Parly, à gauche, s'est entretenue avec le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, à Ougadougou, Burkina, 20 juillet 2018. (Twitter/Roch C. M. Kaboré)

Moins d'un quart des quelque 400 millions d'euros promis pour équiper la force conjointe du G5 Sahel (Mali, Mauritanie, Niger, Tchad et Burkina Faso) ont effectivement été déboursés.

La ministre française des Armées, Florence Parly, a regretté cette situation dimanche soir et elle compte rappeler les pays donateurs à leurs engagements lors du Forum sur la paix et la sécurité en Afrique, qui s'ouvre lundi à Dakar.

Pour lutter contre les groupes djihadistes qui se jouent des frontières dans la bande saharo-sahélienne, ce groupe de cinq pays a réactivé en 2017 son projet de force conjointe, initialement lancée en 2015 avec l'appui de la France.

Mais les 414 millions d'euros promis lors d'une conférence internationale en février afin d'équiper cette force de près de 5.000 hommes qui manque cruellement de moyens arrivent au compte-gouttes.

Les engagements "pour l'instant, se matérialisent très lentement", à hauteur de seulement "10 à 25% des fonds", a déploré Mme Parly devant la presse, dans l'avion qui la menait vers la capitale sénégalaise.

L'Arabie saoudite, l'un des plus gros contributeurs avec 100 millions d'euros promis, n'a notamment toujours pas livré les équipements prévus.

"L'enjeu" du Forum de Dakar, "c'est d'abord de maintenir la priorité sur les opérations de la force conjointe du G5 Sahel" qui "n'est pas équipée comme elle doit l'être", a insisté la ministre française.

La 5ème édition de ce Forum international, lancé après le sommet Afrique France de 2013, accueillera pendant deux jours quelque 500 participants - responsables politiques, chercheurs, représentants d'institutions internationales ou d'organisations non gouvernementales.

Il sera ouvert lundi matin par le président sénégalais Macky Sall. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, y est attendu mardi.

Mme Parly a parallèlement appelé les pays du G5 a reprendre leurs opérations conjointes, suspendues depuis juillet en raison de la saison des pluies.

"La saison des pluies est en train de se terminer, donc il est important de relancer ces opérations. Certaines sont déjà planifiées", a déclaré Mme Parly.

La force conjointe du G5 Sahel a mené six opérations depuis la fin 2017, qui n'ont pas donné lieu à des affrontements avec les groupes djihadistes.

Interrogée sur la détérioration de la situation sécuritaire au Burkina Faso, frappé ces derniers mois par de multiples attaques, la ministre française a reconnu qu'elle suscitait "beaucoup d'inquiétude".

"On prend très au sérieux cette situation", qui a conduit les autorités burkinabè à solliciter à deux reprises en octobre l'intervention de la force française Barkhane déployée au Sahel, a rappelé Mme Parly.

La France et le Burkina "travaillent en ce moment à formaliser un cadre" de collaboration entre les deux pays, a-t-elle ajouté.

Avec AFP

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Pour de nombreux jeunes sénégalais, c'est "Barcelone ou la mort"

Des bateaux de pêche se tiennent dans les eaux de Ndiebene-Gandiol près de la ville de Saint-Louis au nord du Sénégal, le 8 août 2018.

Au Sénégal, la marine nationale a interpellé une pirogue avec une centaine de personnes en partance pour l’Espagne pendant que les gardes côtes espagnoles venaient au secours d’une deuxième pirogue qui a pris feu en pleine mer, faisant officiellement plus d’une dizaine de morts.

Difficile d’en finir avec l’émigration clandestine avec des jeunes plus que jamais déterminés à braver la mer malgré les multiples opérations des forces de sécurité.

Le phénomène "Barça wala Barsakh" (Barcelone ou la mort) est à nouveau très prisé par des jeunes en manque d’opportunités d’emploi et qui subissent de plein fouet la pression sociale.

"L'État du Sénégal a une très grande responsabilité mais les familles aussi", selon Youssou Mbengue, président des Sénégalais de retour de la Libye.

Ancien émigré lui-même rentré de la Libye, Youssou Mbengue explique que bon nombre des candidats sont poussés par leurs familles. Malgré tout, estime-t-il, il revient aux jeunes eux-mêmes de prendre conscience des périls de cette aventure en mer.

Pour le sociologue Mory Fall, les jeunes sont victimes du manque d’emplois en plus de cette pression sociale qui est à la base de l’émigration clandestine. Les jeunes préfèrent braver la mort pour éviter d’être la risée de la société.

"Ça c’est une forme de cri du désespoir de la jeunesse africaine", analyse le sociologue.

De son point de vue, c’est une forme de pression qui ne dit pas son nom car même si "toute la famille est polie de sorte qu’on te dit absolument rien, il y a une forme de pression morale qui fait que tu as envie de sortir, d’aller chercher quelque chose pour revenir avec à la maison".

Cheikh Ahmadou Bamba Fall consulte les dernières données sur les migrations irrégulières, au Sénégal, le 28 octobre 2020.
Cheikh Ahmadou Bamba Fall consulte les dernières données sur les migrations irrégulières, au Sénégal, le 28 octobre 2020.

Pour offrir des alternatives aux jeunes, plusieurs associations sont sur le terrain pour essayer de contrecarrer ce phénomène. Le Village du migrant est une de ces entités. Son travail ne se limite pas à la sensibilisation, comme l’indique son président, Cheikh Ahmadou Bamba Fall.

"Notre spécialité est de former d’abord les jeunes parce qu’on peut pas dire travail ou emploi sans formation. Former les jeunes gratuitement, leur donner des diplômes et de trouver des partenariats avec des entreprises ou d’autres structures pour insérer les jeunes", détaille le volontaire.

Il précise que l’association forme actuellement une cinquantaine de jeunes à Keur Massar, dans la grande banlieue de Dakar. Au départ, explique-t-il, ils suivent une formation gratuite en informatique, en bureautique et en maintenance. "Après ce lot qu’on forme actuellement on va démarrer une autre formation sur l’aspect mécanique, soudure et tôlerie", souligne-t-il.

Sur le terrain, le phénomène de l’émigration clandestine a repris de plus belle avec des départs fréquents de centaines de migrants depuis les côtes sénégalaises.

Le Sénégal s'inquiète de la "recrudescence" des tentatives d'émigration clandestine
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