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Le Burkina Faso, le Bénin, le Togo et le Niger conjuguent leurs efforts contre le terrorisme

Réunion des ministres des Affaires étrangères, de la Défense et de la Sécurité du Burkina Faso, du Bénin, du Togo et du Niger à Ouagadougou, le 15 octobre 2018. (VOA/Lamine Traoré)

Les ministres des Affaires étrangères, de la Défense et de la Sécurité du Burkina Faso, du Bénin, du Togo et du Niger se sont rencontrés à Ouagadougou dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Les quatre pays veulent conjuguer leurs efforts et envisagent de mener bientôt des actions concrètes.

L’Est du Burkina Faso est le nouveau bastion du terrorisme depuis plusieurs mois maintenant. Cet endroit fait frontière avec les trois autres pays, le Niger, le Bénin et le Togo. Les quatre pays veulent désormais coopérer.

Alpha Barry, ministre des Affaires étrangères du Burkina, à Ouagadougou, le 15 octobre 2018. (VOA/Lamine Traoré)
Alpha Barry, ministre des Affaires étrangères du Burkina, à Ouagadougou, le 15 octobre 2018. (VOA/Lamine Traoré)

"Les chefs d’Etat de ces quatre pays ont souhaité qu’il y ait des actions concertées, des opérations conjointes à ces frontières pour endiguer la menace terroriste qui est dans cette région depuis le mois de février. Nous allons voir quelles sont les actions que nous pouvons mener ensemble, des échanges d’informations qu’il peut y avoir, comment est-ce qu’on peut développer des formes de coopération en termes de renseignement", explique Alpha Barry, ministre des Affaires étrangères du Burkina.

Le Bénin et le Togo ne sont pas directement touchés par le terrorisme comme leurs voisins du Burkina et du Niger, mais ressentent tout de même les conséquences des attaques.

Aurélien Agbénonci, ministre des Affaires étrangères Bénin, à Ouagadougou, le 16 octobre 2018. (VOA/Lamine Traoré)
Aurélien Agbénonci, ministre des Affaires étrangères Bénin, à Ouagadougou, le 16 octobre 2018. (VOA/Lamine Traoré)

"Lorsqu’il y a une action terroriste que ce soit au Burkina ou au Niger… nous le ressentons fortement. Nos peuples sont très proches, les espaces sont contigus. Nous essayons aussi de prendre nos dispositions", indique Aurélien Agbénonci, ministre des Affaires étrangères Bénin.

L’Est du Burkina est propice à l’expansion du terrorisme. C’est dans cette zone qu’on trouve les parcs du W et de la Pendjari. Des lieux prisés par les terroristes. Il faut donc protéger cette zone et les pays veulent anticiper.

Col. Yark Damehane, ministre de la Sécurité du Togo, à Ouagadougou, le 16 octobre 2018. (VOA/Lamine Traoré)
Col. Yark Damehane, ministre de la Sécurité du Togo, à Ouagadougou, le 16 octobre 2018. (VOA/Lamine Traoré)

"Pendant longtemps nous avons vu que le terrorisme se manifestait dans le Sahel, mais nous avons vu l’évolution vers l’Est du Burkina qui est la zone boisée du Burkina, la même une zone boisée s’étend aussi au Bénin et au Niger. Nous voulons anticiper pour que cette zone boisée ne soit pas un sanctuaire où les terroristes viendront se cacher", prévient Sacca Lafia, ministre de l’intérieur du Bénin.

C’est le même sentiment que partage Kalla Ankourao, le ministre des Affaires étrangères du Niger.

Kalla Ankourao, le ministre des Affaires étrangères du Niger, à Ouagadougou, le 16 octobre 2018. (VOA/Lamine Traoré)
Kalla Ankourao, le ministre des Affaires étrangères du Niger, à Ouagadougou, le 16 octobre 2018. (VOA/Lamine Traoré)

"Les terroristes veulent s’incruster, constituer des sanctuaires et être difficiles à déloger. Et de ces sanctuaires, ils pourront attaquer n’importe quel de nos quatre pays. A partir de ce moment, nous sommes tous et de la même manière concernés. Nous sommes arrivés à des conclusions extrêmement positives. Le temps nous donnera raison…", précise M. Ankourao.

Les quatre pays promettent des actions fortes dans les prochains jours. Le terrorisme a fait plus de 230 morts en trois ans au Burkina Faso, selon un dernier bilan du gouvernement.

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Au Togo, les détenus privés de droit de visite depuis le début de la pandémie

Des Togolais devant la cour de Justice à Lomé, le 1er septembre 2011.

Cela fait 18 mois que David Adjé n'a pas vu ses trois frères cadets détenus à la prison civile de Lomé, le Togo ayant interdit au début de la pandémie de Covid-19 les visites dans les centres pénitentiaires.

"Je suis atterré et sous le choc, car je ne sais pas dans quelles conditions se trouvent mes frères", s’inquiète ce sexagénaire, agent commercial dans une société privée.

Depuis le 13 avril 2020, les autorités togolaises ont interdit les visites dans les prisons afin de "protéger" les détenus "contre le risque de contamination venant de l’extérieur".

"Toutes les visites aux détenus dans les prisons civiles du Togo et à la Brigade pour mineurs de Lomé sont suspendues jusqu’à nouvel ordre", avait déclaré le ministre de la justice Pius Agbétomey, précisant que des dérogations exceptionnelles peuvent être accordées après examen.

Pour de nombreux Togolais, l'interdiction de visite est disproportionnée au regard de la situation sanitaire.

Le Togo a recensé 26.167 cas de Covid-19, dont 243 décès, selon les derniers chiffres officiels.

Pour une levée de l'interdiction

Au début de la pandémie, un grand nombre de pays dans le monde avaient pris la décision d'interdire les visites pour protéger les détenus, mais la plupart ont depuis levé cette interdiction.

"Les détenus sont une catégorie particulière de personnes dont l’isolement mérite solidarité et soutien psychologique des parents", juge Aimé Adi, directeur d'Amnesty International au Togo.

"Il est vraiment temps de rouvrir les prisons pour soulager les détenus et leurs parents", renchérit Kao Atcholi, président de l’Association des victimes de la torture au Togo (Asvitto).

Au Togo, comme dans de nombreux pays africains, les visites sont quasiment vitales pour les détenus car elles permettent aux proches de leur apporter des vivres, des habits et des médicaments, le système pénitentiaire étant généralement sous-financé. Certains proches s'y rendent tous les jours pour apporter des repas à leurs proches.

"Je ne sais pas si mes proches sont malades. Je les ai vus début avril 2020. Les visites me permettaient de leur remonter le moral en leur apportant régulièrement de la nourriture et des médicaments", se lamente Aboubacar Amidou dont six proches parents sont enfermés à la prison civile de Lomé, arrêtés dans la foulée des grandes manifestations de l’opposition en octobre 2017.

Le Togo est dirigé depuis 2005 par Faure Gnassingbé, arrivé au pouvoir après le décès de son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui avait lui-même dirigé le Togo pendant 38 ans. Il a été réélu lors de scrutins qui ont tous été contestés par l'opposition.

Un repas supplémentaire

Outre les familles, ce sont les ONG et associations apportant une assistance aux détenus qui sont désormais interdites de visite.

"Les parents de certains détenus nous confient des colis que nous remettons aux responsables de l’administration pénitentiaire. Mais, nous n’avons pas accès aux détenus", déplore Ali Essoham, chargé du programme "observateurs des prisons" de l’ONG Solidarité mondiale pour les personnes démunies et les détenus.

Pour le directeur de l’administration pénitentiaire, "il serait trop tôt de rouvrir les prisons, face à la flambée de la pandémie de Covid-19 dans le pays" ces derniers mois.

"La prison est un milieu clos et il était important pour le gouvernement d’anticiper pour protéger les pensionnaires et éviter une rapide propagation du virus dans nos prisons", justifie Akibou Idrissou.

"La plupart des détenus sont vaccinés, ainsi que le personnel. Même les nouveaux détenus enregistrés ces derniers temps sont vaccinés depuis quelques jours. Par ailleurs, pour soulager les détenus, le gouvernement leur offre un autre repas", rassure-t-il.

Seuls les avocats ont désormais accès aux détenus, mais ils doivent au préalable obtenir une autorisation.

"Le moral des prisonniers était déjà très bas. Avec cette décision, ils sont davantage isolés", regrette Me Claude Kokou Amegan, qui a pu rendre visite à plusieurs de ses clients.

Selon lui, l'interdiction des visites a été prise "à une période de la pandémie où tous les Etats se cherchaient", mais aujourd'hui on pourrait "imposer avec rigueur les mesures barrières et permettre aux parents et avocats de voir les détenus", d'autant "qu'une bonne partie de la population carcérale est désormais vaccinée".

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