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Droits humains

Le gouvernement équato-guinéen rejette les accusations d'Amnesty

Malabo, la capitale de la Guinée équatoriale.

"La Guinée équatoriale ignore totalement les déclarations d'Amnesty International sur les droits de l'homme car elles manquent de fondement et de crédibilité", a déclaré M. Obiang, vice-président et fils du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.

Dans son dernier rapport sur la lutte contre les gangs en Guinée équatoriale, publie le 18 août, l'ONG de défense des droits humains dénonce la politique gouvernementale de lutte contre ces gangs, qui selon elle "met à mal les droits humains" avec des détentions arbitraires, des tortures et des disparitions forcées.

L'"Opération nettoyage" - "Operación limpieza" en espagnol, la langue nationale - a été lancée début mai, en déployant près de 800 policiers contre le gang le plus redouté du pays et dont les cibles privilégiées de sont les femmes, dont certaines sont violées en plus d'être dépouillées de leurs biens.

"Sous couvert de lutte contre la criminalité, les autorités arrêtent et détiennent de façon arbitraire des jeunes, dont un grand nombre sont torturés, maltraités ou perdent la vie, ou sont soumis à une disparition forcée", avait déclaré Marta Colomer, responsable des campagnes pour l'Afrique centrale et de l'ouest à Amnesty.

Le président Obiang, 80 ans, dirige la Guinée équatoriale d'une main de fer depuis plus de 43 ans, ce qui en fait le dirigeant encore en vie à la plus grande longévité au pouvoir dans le monde, hors monarchies.

Teodoro Nguema Obiang Mangue, le fils du président Obiang, a lancé le 9 mai cette opération pour "nettoyer" les rues du pays et montrer le "droit chemin" aux jeunes délinquants. Les autorités ont instauré un couvre-feu de 22h00 à 6h00 dans le cadre de cette opération.

Amnesty International estime qu'en l'espace de trois mois, plusieurs milliers de jeunes hommes ont été arrêtés à travers le pays.

"Les autorités de la Guinée équatoriale doivent de toute urgence donner des informations transparentes sur les cas de mort en détention, de torture et d'autres mauvais traitements" et "veiller à ce que les délinquants présumés soient traduits en justice dans le cadre de procès équitables", selon l'ONG, pour qui "il est tout à fait possible de faire face à la criminalité en respectant les droits humains".

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Massacre du 28-Septembre en Guinée: un procès très attendu

Massacre du 28-Septembre en Guinée: un procès très attendu
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En Guinée, les victimes du massacre commis le 28 septembre 2009 à Conakry voient enfin le procès, après plus d’une décennie d’attente. Moussa Dadis Camara, chef de la junte au pouvoir à l'époque, et dix autres officiels comparaîtront à partir de ce mercredi.

Un ex-commandant rebelle centrafricain plaide non-coupable à la CPI

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Accusé devant la Cour pénale internationale, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, Mahamat Saïd Abdel Kani, ancien commandant rebelle présumé en République centrafricaine, a plaidé non coupable lors de l'ouverture de son procès à La Haye aujourd’hui.

Le Centrafricain Mahamat Saïd Abdel Kani plaide non coupable devant la CPI

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Les victimes du massacre du 28-Septembre à Conakry voient arriver l'heure du procès

Des Guinéens lisent le journal à Conakry, Guinée, le 7 décembre 2009.

Des centaines de Guinéens attendent depuis 13 ans que soient jugés l'ancien chef de junte Moussa Dadis Camara et les responsables présumés de l'effroyable massacre commis le 28 septembre 2009. Ce moment est arrivé.

Les victimes et les proches seront nombreux à se presser en ce mercredi, date anniversaire, devant un tribunal flambant neuf à peine achevé dans le centre de Conakry.

Sauf contrordre de dernière minute, le procès historique du capitaine Camara et de dix autres anciens officiels s'y ouvrira, à quelques kilomètres des lieux où des soldats, des policiers et des miliciens se sont livrés à deux heures d'abomination contre des sympathisantes et des sympathisants de l'opposition à l'intérieur et aux abords du stade du 28-Septembre.

Ce jour-là et les suivants, 156 personnes ont été tuées et des milliers blessées avec une cruauté effrénée, au moins 109 femmes ont été violées, affirme le rapport d'une commission d'enquête internationale mandatée par l'ONU, document publié trois mois après les faits.

Les chiffres réels sont probablement plus élevés.

Les atermoiements du pouvoir et l'impunité érigée en "institution", selon la commission internationale, de forces de sécurité quasiment intouchables dans un pays dirigé pendant des décennies par des régimes autoritaires ont longtemps fait douter de la tenue de ce procès.

Jusqu'à ce que le chef actuel de la junte, le colonel Mamady Doumbouya, arrivé au pouvoir par un putsch en 2021 après 11 ans de pouvoir civil, demande en juillet que le procès ait lieu cette année avant la date anniversaire.

La crainte d'un nouvel ajournement ne devrait être totalement dissipée que mercredi, mais l'espoir est là.

Responsabilités

"Cette année, ce ne sera pas seulement une commémoration, mais un procès", se réjouit Saran Cissé, qui se qualifie de "survivante du 28-Septembre".

Comme beaucoup d'autres, elle ne peut évoquer sans larmes, ni même nommer la "honte" du traitement qu'on lui a fait subir, puis la stigmatisation sociale. "De ce procès, j’attends la vérité, rien que la vérité, parce que 13 ans, ce n'est pas 13 jours".

Des dizaines de milliers de personnes s'étaient rassemblées au stade pour démontrer la force de l'oppositioln et dissuader le chef de la junte d'alors de se présenter à la présidentielle en janvier 2010.

Un coup d'Etat avait porté le capitaine Camara neuf mois auparavant à la tête de ce pays pauvre malgré des ressources naturelles considérables.

Une multitude de témoignages rapportent comment les Bérets rouges de la garde présidentielle, des policiers et des miliciens sont entrés dans l'enceinte vers midi, en ont bouclé les accès et ouvert le feu sans discrimination sur une foule civile, festive et désarmée.

Ils ont poursuivi leur besogne au couteau, à la machette et à la baïonnette, jonchant la pelouse, les travées et les couloirs de cadavres. Ils ont abusé de dizaines de femmes et achevé nombre d'entre elles. Des personnes sont mortes piétinées dans la panique.

Les exactions sont constitutives de crimes contre l'humanité, assure l'enquête internationale. Elles ont continué les jours suivants, contre des femmes séquestrées et des détenus torturés.

Le procès aura pour tâche d'établir les responsabilités du capitaine Camara et de ses co-accusés, dont plusieurs personnalités militaires et gouvernementales de l'époque. Certaines sont détenues depuis des années.

"Dadis Camara a joué un rôle central dans le massacre du 28 septembre", soit en en donnant l'ordre, soit en y accordant son consentement, écrit l'organisation Human Rights Watch en 2009 après avoir mené son enquête. La commission internationale lui impute une "responsabilité criminelle personnelle et une responsabilité de commandement".

Retour de Camara

L'ancien autocrate vit en exil au Burkina Faso. En décembre 2009, son aide de camp Aboubacar Sidiki Diakité, alias "Toumba", chef de la garde présidentielle et présent en personne au stade, lui a tiré dessus. "Toumba", également appelé à comparaître, a accusé M. Camara d'avoir commandité le massacre.

M. Camara est rentré en Guinée dans la nuit de samedi à dimanche. "Il sera là pour livrer sa part de vérité" au tribunal, assure à l'AFP un des avocats, Me Almamy Somory Traoré.

"Il a clamé son innocence et nous allons le prouver", renchérit-il.

Les associations s'inquiètent de la présence de tous les mis en cause. Elles redoutent que l'ouverture du procès ne se résume à un effet d'image, avant un renvoi à une date ultérieure.

"Nous espérons avoir une justice claire, transparente, pas (une) parodie de justice, et en présence de tous les inculpés", lance Asmaou Diallo, présidente de l'Association des victimes, parents et amis du 28-Septembre.

C'est sous un nouveau chef de junte que doit se tenir le procès, érigé en marqueur de la lutte contre l'impunité. Les défenseurs des droits font cependant observer que les derniers mois ont vu les nouvelles autorités donner un sévère tour de vis aux libertés.

Début du procès à la CPI d'un ex-chef rebelle centrafricain

Des juges de la CPI à l'ouverture du procès de Mahamat Saïd à La Haye, aux Pays-Bas, le 26 septembre 2022.

L'accusé, Mahamat Saïd, a plaidé non coupable. Deux autres responsables présumés d'une milice rivale sont aussi en détention à la CPI.

Un haut dirigeant présumé d'un groupe rebelle centrafricain majoritairement musulman qui avait chassé du pouvoir le président François Bozize en 2013 a plaidé non coupable lundi de sept chefs d'accusation de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité devant la Cour pénale internationale.

Un porte-parole de la Cour a déclaré que l'ouverture du procès de Mahamat Saïd, 52 ans, marque la fin d'une longue attente de justice pour les victimes en République centrafricaine.

Après qu'un officier de justice a lu les chefs d'accusation, notamment la torture, l'emprisonnement illégal et la persécution, Said a déclaré à un panel de trois juges : "J'ai tout écouté et je plaide non coupable".

Mahamat Saïd à l'ouverture de son procès à La Haye, aux Pays-Bas, le 26 septembre 2022.
Mahamat Saïd à l'ouverture de son procès à La Haye, aux Pays-Bas, le 26 septembre 2022.

Il est accusé d'avoir dirigé un centre de détention dans la capitale centrafricaine, Bangui, appelé Office central de répression du banditisme, d'avril à août 2013, où lui et des dizaines de rebelles de la Seleka auraient détenu des prisonniers perçus comme des partisans de l'ex-président François Bozize dans des conditions inhumaines. Ils les auraient soumis à la torture et à des interrogatoires brutaux, notamment en les fouettant et en les frappant avec des matraques et des crosses de fusil, selon l'accusation.

Pour le procureur général de la CPI, le Britannique Karim Khan, Mahamat Saïd n'était "pas un spectateur passif" des crimes subis par les victimes, mais un participant actif. "Il savait exactement ce qu'il avait prévu pour eux, quel cauchemar les attendait sous son contrôle et sa garde", a lancé le procureur.

Le procureur de la CPI, Karim Khan (au centre), à La Haye, le 26 septembre 2022.
Le procureur de la CPI, Karim Khan (au centre), à La Haye, le 26 septembre 2022.

Seleka contre anti-balaka

Les faits qui lui sont reprochés remontent à l'époque des combats qui ont eu lieu à Bangui en 2013 entre les rebelles de la Seleka et une milice principalement chrétienne appelée les anti-balaka. Ces combats ont fait des milliers de morts et déplacé des centaines de milliers de civils.

Le tribunal de La Haye a également placé en détention deux commandants présumés des anti-balaka, Alfred Yekatom et Patrice-Edouard Ngaïssona, qui sont jugés ensemble.

"Pendant dix mois horribles, la Seleka a dirigé Bangui", a déclaré Khan. "Dire qu'ils ont gouverné serait un abus de langage. Ils ont gouverné par le diktat, par la peur, par la terreur", a-t-il ajouté.

Selon le procureur, les témoins dans l'affaire incluent des survivants et des personnes qui ont assisté aux tortures, y compris des anciens collaborateurs de Mahamat Saïd.

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