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Guinée

L'organe législatif guinéen valide une transition de trois ans

Le chef de la junte guinéenne, le colonel Mamady Doumbouya, lors de sa prestation de serment en tant que président de la transition du pays, le 1er octobre 2021 à Conakry.

L'organe législatif mis en place par la junte en Guinée a fixé mercredi à trois ans la durée de la transition avant le retour des civils au pouvoir, a contrario des Etats ouest-africains et de la communauté internationale qui réclament un délai moins long.

En septembre, après le putsch contre le président Alpha Condé qui était au pouvoir depuis plus de dix ans, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) avait "insisté pour que la transition soit très courte", et que des élections soient organisées dans un délai ne dépassant pas "six mois".

La Cédéao a suspendu la Guinée après le putsch du 5 septembre et lui a imposé des sanctions à la suite du refus, plusieurs fois réitéré, de la junte de se conformer à ses exigences.

Transition de 39 mois proposée en Guinée: des interrogations
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Le délai de 36 mois adopté mercredi en séance plénière par le Conseil national de transition (CNT), qui fait office de Parlement, est revu très légèrement à la baisse par rapport à l'annonce faite le 30 avril par le chef de la junte militaire, le colonel Mamady Doumbouya, qui avait opté pour une transition de 39 mois.

Le décompte pour le retour des civils au pouvoir commence "à partir de la promulgation de la loi" votée mercredi, a affirmé à l'AFP le porte-parole du gouvernement Ousmane Gaoual Diallo, sans indiquer la date de la validation du nouveau texte par le président de transition, M. Doumbouya.

Sur 81 membres du CNT, 73 ont voté le texte mercredi, selon un correspondant de l'AFP. Un membre du CNT était absent, trois se sont abstenus et quatre ont quitté la salle en signe de protestation.

Le chronogramme présenté par le Conseil national du rassemblement pour le développement (CNRD) - organe dirigeant de la junte - a été "débattu et voté par une majorité des membres du CNT", a affirmé à l'AFP le rapporteur de la commission des lois de l'organe législatif, Jean Paul Kotembedouno.

Les 36 mois sont "suffisants" pour préparer le pays à un retour à l’ordre constitutionnel, a-t-il ajouté.

Le Parlement de transition récusé

Réunie mercredi à Conakry, une coalition formée du RPG, le parti de l'ex-président Condé, et de formations de l'opposition sous le pouvoir de ce dernier, ont dénié au CNT la prérogative de fixer la durée de la transition, selon un communiqué.

La charte de la transition "dispose que la durée de la transition est déterminée d'un commun accord entre le CNRD et les forces vives du pays. Le CNT n'est nullement mentionné comme organe de validation de cet accord", affirment cette coalition de partis dans un communiqué publié mercredi, avant l'annonce de l'adoption par l'organe de transition de la durée de 36 mois.

Ces partis "ne lui (le CNT) concèdent aucun droit de s'immiscer dans le processus de détermination de la durée de la transition et l'avertissent du danger de forfaiture", selon ce communiqué signé du G58 et du "RPG et de ses alliés".

Ils appellent à "la mise en place d'un réel cadre de dialogue entre le CNRD et les forces vives ouvert" notamment à la Cédéao "pour décider sur une base consensuelle des conditions propices au retour à l'ordre constitutionnel".

C'est la première depuis plusieurs années que le parti de M. Condé et son opposition pendant son pouvoir se mettent ensemble pour parler d'une même voix, ayant été rapprochés par les décisions de la junte.

Le colonel Mamady Doumbouya s'est fait proclamer chef de l'Etat après avoir renversé le président Condé. Il s'est ensuite engagé à remettre le pouvoir à des civils élus.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, avait déclaré le 1er mai souhaiter que la junte militaire en Guinée rende le pouvoir à des civils "dans les délais les plus brefs".

Comme la Guinée, le Mali et le Burkina Faso, deux autres pays de la région où les militaires ont pris le pouvoir, ont été suspendue des instances de la Cédéao.

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Des ex-fonctionnaires libèrent les logements de l'État à Conakry

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Transition de 3 ans: une trahison, selon l'opposition guinéenne

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En Guinée, le Conseil national de la transition, a réduit de 3 ans le chronogramme proposé par la junte au pouvoir. L'organe législatif a adopté une transition de 3 ans, estimant que toutes les activités sont réalisables dans ce délai pour le retour à l'ordre constitutionnel.

L'ex-président de Guiné Alpha Condé visé par des poursuites judiciaires

Alpha Condé est rentré en Guinée mi-avril après s'être fait soigné aux Emirats arabes unis.

La justice guinéenne a franchi une nouvelle étape dans les poursuites visant l'ex-président Alpha Condé en ouvrant une information judiciaire contre lui et plusieurs ex-responsables pour des faits présumés notamment d'assassinats, actes de torture, enlèvements et viols. 

Cette information judiciaire vise, outre M. Condé renversé par les militaires en septembre 2021, son dernier Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana, son ancien ministre de la Défense Mohamed Diané, ainsi que "plusieurs autres" personnalités, selon un communiqué du parquet de Dixinn (banlieue de Conakry) daté du 6 mai et reçu jeudi par l'AFP. Le texte ne précise pas l'identité des autres personnalités visées.

Le procureur de Dixinn a donné acte à une demande du parquet général qui avait le 4 mai sollicité d'engager "sans délai" des poursuites contre au total 27 personnalités dont M. Condé, un ancien président de la Cour constitutionnelle, d'anciens présidents de l'Assemblée, un ancien Premier ministre et nombre d'anciens ministres, députés et responsables des services de sécurité.

MM. Condé, Fofana et Diané et les "autres" sont poursuivis pour "des faits de meurtre, assassinat, complicité de meurtre et d'assassinat, homicide involontaire, coups et blessures volontaires, arrestation, enlèvement, séquestration, torture, destructions et dégradations de biens publics ou privés, pillage, vol, agressions sexuelles et viol", précise le procureur de Dixinn dans le communiqué.

Il "informe toutes les victimes, parents de victimes et de manière générale toutes personnes physiques ou morales, structures ou entités pouvant fournir des informations ou disposant d'éléments pouvant éclairer les lanternes de la justice sur ces crimes et délits susmentionnés à se faire identifier à son Parquet en vue de leur éventuelle orientation".

M. Condé, 84 ans, a été renversé après plus de dix ans de pouvoir, lors d'un putsch conduit par le colonel Mamady Doumbouya qui était à la tête des forces spéciales. Gardé prisonnier par les militaires après le putsch, Alpha Condé avait finalement été autorisé en janvier à se rendre aux Emirats arabes unis pour être soigné. Il est rentré en Guinée mi-avril. La junte assure qu'il est libre de ses mouvements.

Transition de trois ans

La justice guinéenne a agi suite à l'action engagée en janvier 2022 par le Front national de défense de la Constitution (FNDC), un collectif qui a mené pendant des mois à partir d'octobre 2019 la contestation contre un troisième mandat de M. Condé.

La répression de ces protestations, souvent brutale dans ce pays coutumier des violences politiques, a fait des dizaines de morts, quasiment tous civils. Cette mobilisation n'a pas empêché M. Condé, devenu en 2010 le premier président démocratiquement élu après des décennies de régimes autoritaires ou dictatoriaux, d'être réélu en octobre 2020 après avoir fait modifier la Constitution en début d'année lors d'une consultation à la légitimité fortement mise en cause.

Depuis septembre 2021, le colonel Doumbouya s'est fait investir président et s'est engagé à remettre le pouvoir à des civils élus. Il a assuré en prenant le pouvoir qu'il n'y aurait pas de "chasse aux sorcières" mais que la justice serait la "boussole" du pays.

Les militaires proclament la lutte contre la corruption réputée endémique comme un de leurs grands combats. Certains responsables visés par l'information judiciaire, dont l'ex-Premier ministre Fofana, sont déjà écroués pour des malversations financières présumées.

Mercredi, l'organe législatif mis en place par la junte a fixé à trois ans la durée de la transition avant le retour des civils au pouvoir. Cette décision de l'organe législatif doit être validée par le colonel Dombouya à une date non précisée. Une coalition formée du parti de l'ex-président Condé et de formations de l'opposition sous le pouvoir de ce dernier a dénié à l'organe législatif la prérogative de fixer la durée de la transition.

En septembre, après le putsch, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a suspendu la Guinée. Elle avait "insisté pour que la transition soit très courte" et que des élections soient organisées dans un délai ne dépassant pas "six mois".

Le RPG et l'UFDG, hier adversaires, aujourd'hui alliés contre la junte guinéenne

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