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À 88 ans, Paul Biya marque ses 39 ans à la tête du Cameroun


Le président camerounais Paul Biya au Forum de Paris sur la paix, en France, le 12 novembre 2019.

Ce 6 novembre, le président camerounais Paul Biya a atteint 39 ans au pouvoir. Il devient donc le deuxième dirigeant le plus ancien d'Afrique, après son voisin de Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, au pouvoir depuis 1979. Une occasion célébrée par ses partisans et tournée en dérision par ses détracteurs.

À 88 ans, M. Biya, président du Cameroun depuis 1982, est rarement vu en public ces jours-ci. Ses opposants estiment que ceux qui demandent à l'octogénaire d’être encore candidat à la présidence en 2025 ne peuvent être pris au sérieux.

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Du côté des partisans du parti au pouvoir au Cameroun, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), on affirme que M. Biya peut encore diriger le pays pour un nouveau mandat de sept ans, à partir de 2025.

M. Biya avait été déclaré vainqueur de la dernière élection présidentielle du Cameroun, en 2018, en recueillant plus de 80 % des voix, loin devant son adversaire, Maurice Kamto.

A l’occasion des 39 ans de pouvoir du patron du RDPC, ses partisans ont conçu une chanson qui a été chantée dans les villes et les villages du Cameroun.

Pour marquer cet événement, le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, Henri Eyebe Ayissi, a fait le déplacement à Monatele, chef-lieu du département de la Lekié, non loin de la capitale du Cameroun, Yaoundé.

À la tête d’une délégation du RDPC, il a affirmé que le parti souhaite former un consensus national pour que le chef de l'Etat brigue un nouveau mandat en 2025.

Il justifie son appel par les nombreuses réalisations qu’il attribue au président Paul Biya, notamment le maintien de l'unité nationale malgré le terrorisme de Boko Haram à la frontière nord du Cameroun avec le Nigeria et la crise séparatiste qui a tué au moins 3 000 personnes dans les régions anglophones de l'ouest. Il cite aussi la construction des écoles et des universités dans de nombreuses villes et villages de ce pays d'Afrique centrale.

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Incrédule, l’opposition voit plutôt en cet appel un acte de provocation.

Pour Christopher Ndong, secrétaire général du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC, le parti de M. Kamto), les appels à une énième candidature de Paul Biya signifient tout simplement que le RDPC veut le voir mourir au pouvoir.

"C'est insulter l’intelligence des Camerounais", dénonce-t-il d’emblée. "Compte tenu de son âge, que fera-t-il du pouvoir ? En ce moment, il n'est pas actif. Honnêtement, c'est une provocation de premier ordre. Regardez le chaos qui règne un peu partout. Le pays est endetté".

Paul Biya avait été Premier ministre pendant sept ans sous Amadou Ahidjo, le premier président du Cameroun, avant d'accéder à la magistrature suprême. M. Ahidjo avait démissionné de son poste en 1982, invoquant des raisons de santé. Il est mort en exil au Sénégal, où il est toujours enterré à ce jour.

Depuis 2008, la limitation des mandats n'existe plus dans la constitution camerounaise.

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