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Génocide au Rwanda: Simbikangwa, jugé en appel en France, clame toujours son innocence


À Paris, Pascal Simbikangwa est en procès pour le génocide de 800,000 personnes, le 4 février 2014.

À Paris, Pascal Simbikangwa est en procès pour le génocide de 800,000 personnes, le 4 février 2014.

"Il ne suffit pas d'avoir été garde du corps du président pour être génocidaire". Le Rwandais Pascal Simbikangwa a de nouveau clamé son innocence mardi devant le tribunal français qui le juge en appel pour complicité dans les massacres de 1994.

Premier Rwandais condamné en France pour le génocide des Tutsi en 1994, il avait été condamné en 2014 à 25 ans de réclusion criminelle. Depuis le 25 octobre, il est rejugé pour "complicité de génocide" et "complicité de crimes contre l'humanité".

Le verdict de ce procès-fleuve est attendu samedi, au terme de six semaines durant lesquelles Simbikangwa n'a cessé de clamer son innocence.

Cet ex-officier de la garde présidentielle de Juvénal Habyarimana, reconverti dans la police politique après un accident qui l'a laissé paraplégique en 1986, se voit reprocher d'avoir organisé des barrages routiers au passage desquels étaient filtrés et assassinés des Tutsi à Kigali, et d'avoir livré armes, instructions et encouragements aux miliciens qui les tenaient.

Face aux questions, il digresse, dressé dans son fauteuil roulant, une main agrippée à l'accoudoir, l'autre tendue, doigt levé pour appuyer ses propos.

"Si on me juge sur des préjugés, si on me juge sur des spéculations, je n'ai aucune chance", énonce l'accusé, son épais dossier posé devant lui, dont il cite les "cotes" (les pièces numérotées) de mémoire.

"Persuadé qu'on peut être cartésien", il se tourne régulièrement vers les cinq associations parties civiles : "Si vous vous battez contre la justice, qu'est-ce que je peux faire ? Vous vous battez contre la vérité".

Les témoins qui disent l'avoir vu distribuer des armes ont été "fabriqués", selon lui.

Tout au long de son premier procès devant la cour d'assises de Paris, l'ex-officier n'avait cessé de minimiser son rôle et sa compréhension des massacres à l'époque. Il avait ainsi répété n'avoir vu aucun cadavre pendant les 100 jours d'avril à juillet 1994, au cours desquels au moins 800.000 personnes, en majorité des Tutsi ainsi que des Hutu modérés, ont été massacrées.

"Cette fois, il a affirmé avoir vu un cadavre, mais un seul", a ironisé auprès de l'AFP Alain Gauthier, le président du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR).

Avec AFP

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