Réactions des Brazzavillois après la condamnation du général Mokoko

Fin de la première audience du procès Mokoko à Brazzaville, le 7 mai 2018. (VOA/Arsène Séverin)

La cour criminelle de Brazzaville a lourdement condamné le général Jean Marie Michel Mokoko, à l’issue d’un procès qui a duré en tout et pour tout cinq jours. A Brazzaville comme à Pointe-Noire, les Congolais réagissent.

La sentence de Mokoko est tombée comme un coup d’éclair à Brazzaville, trop vite fait. 20 ans de détention criminelle et 1 Franc symbolique de dommages et intérêts, sont la peine du général qui a opté pour un mutisme tout le long du procès.

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Reportage d'Arsène Séverin, correspondant à Brazzaville pour VOA Afrique

Certains Brazzavillois estiment que les faits reprochés au général sont irréfutables.

"Il l’avait déjà lui-même reconnu cela en 2007 et le linge sale avait été lavé en famille. Les faits sont têtus et le général en fait les frais. La révolution mange ses propres enfants", commente un enseignant.

Par contre, nombreux dénoncent un procès inique.

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Joe W. Ebina dénonce la sentence prononcée contre le général Mokoko, Brazzaville, le 12 mai 2018. (VOA/Arsène Séverin)

"Cette condamnation est inadmissible, elle est arbitraire, nous dénonçons ce genre de procès. Nous ne sommes pas surpris, le résultat que nous attendions est bien celui est annoncé par le juge", indique Joe Washington Ebina qui appelle à la libération de tous les opposants détenus.

A Pointe-Noire, dans la ville où le général Mokoko a largement été voté en 2016, les populations ont été critiques face à la justice congolaise.

"Quand on voit comment les choses se déroulent, c'est comme du cinéma".

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Selon Franck Loufoua Bessi, secrétaire général de la Rencontre pour la paix et les droits de l’homme, une ONG basée à Pointe-Noire, le procès Mokoko a causé la détérioration du climat de paix dans la ville pétrolière.

"Nous déplorons la dramatisation de la situation y compris par les autorités et les services de sécurité, il s’agit du procès d’un individu et il y en aura d’autres. Plutôt que de promouvoir un climat de terreur, il serait mieux d’apaiser la situation, que la justice se fasse sans psychose et de laisser les populations vaquer à leurs occupations", affirme-t-il.

Les avocats du général Mokoko ont trois jours pour faire appel.