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Démonstration de force des Houthis après des affrontements au Yémen


Des enfants manifestent contre la coalition dirigée par l'Arabie saoudite à l'extérieur des bureaux des Nations-Unies à Sanaa, au Yémen, le 20 novembre 2017.

Des dizaines de milliers de partisans du mouvement des Houthis ont fait une démonstration de force jeudi à Sanaa au lendemain d'affrontements meurtriers avec l'autre composante du camp rebelle qui contrôle la capitale du Yémen depuis trois ans, selon des journalistes sur place.

La tension restait vive jeudi dans plusieurs quartiers de Sanaa où des combattants Houthis et des partisans armés de l'ex-président Ali Abdallah Saleh étaient positionnés dans certaines rues, selon des témoins.

Des Houthis se sont notamment déployés près des résidences de deux neveux de M. Saleh, selon une source proche de l'ancien chef d'État.

Le grand rassemblement des Houthis, à l'occasion de l'anniversaire de la naissance du prophète Mahomet, s'est déroulé sur la grande place Sabyine, dans le centre de Sanaa, qui était noire de monde, selon des images de la chaîne de télévision Al-Massira, contrôlée par les Houthis.

En vue de cet évènement, des combattants Houthis ont voulu pénétrer mercredi dans la grande mosquée Saleh, située à proximité de la place, ce qui a provoqué des affrontements avec des partisans de l'ex-président Ali Abdallah Saleh qui la contrôlaient.

Les heurts ont fait cinq morts dans le camp Saleh et neuf chez les Houthis, selon des sources médicales. Une source à l'hôpital Jumhuriya a donné un bilan plus élevé, faisant état de six morts dans le camp Saleh et de dix-huit tués chez les Houthis.

Les Houthis et le camp Saleh sont pourtant officiellement alliés depuis qu'ils se sont emparés de la capitale Sanaa en septembre 2014.

- Tension vive -

La tension restait vive jeudi également autour de la mosquée Saleh, la plus grande du Yémen, des partisans de M. Saleh occupant des positions à l'intérieur de l'édifice et des Houthis étant positionnés à l'extérieur avec des véhicules militaires surmontés de mitrailleuses, a indiqué un témoin.

Des chefs tribaux ont entrepris des médiations entre les deux parties pour éviter que la situation ne dégénère totalement, selon des sources proches de M. Saleh.

Le camp de M. Saleh considère le mouvement des Houthis comme "entièrement responsable de chaque goutte de sang versé (...) et met en garde contre tous les actes qui, au lieu de servir l'unité nationale, la menace", affirme la formation de l'ex-président dans un communiqué.

De son côté, le ministère de l'Intérieur, contrôlé par les Houthis, a affirmé dans une déclaration: "nous avons été surpris de voir des forces armées dans la mosquée tirer sur la police sans le moindre avertissement, ce qui a entraîné une riposte de la police".

Les Houthis sont issus de l'importante minorité zaïdite, branche dissidente du chiisme. Ils sont soutenus par l'Iran qui nie cependant leur fournir le moindre appui militaire.

Ali Abdallah Saleh, à la tête du Yémen pendant plus de 30 ans, a dû quitter le pouvoir en 2012 à la suite d'importantes manifestations. Il a été remplacé par Abd Rabbo Mansour Hadi, mais celui-ci a été chassé de Sanaa il y a trois ans par l'alliance Houthis-Saleh.

En mars 2015, une coalition formée par l'Arabie saoudite est intervenue au Yémen pour venir en aide aux forces pro-Hadi, mais la situation militaire est quasiment figée, le camp Houthis-Saleh étant maître du nord et les troupes loyalistes contrôlant le sud.

Ce n'est pas la première fois que des tensions éclatent au sein du camp rebelle. En août, des heurts avaient fait trois morts.

Avec AFP

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