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Le bilan d'un raid contre un bus d'enfants s'alourdit à 51 morts au Yémen

Plus de 50 personnes dont quarante enfants ont péri la semaine dernière au Yémen dans une frappe attribuée à une coalition sous commandement saoudien, selon la Croix-Rouge, 14 août 2018. (Twitter/Croix-Rouge Yémen)

Plus de 50 personnes dont quarante enfants ont péri la semaine dernière au Yémen dans une frappe attribuée à une coalition sous commandement saoudien, a indiqué mardi la Croix-Rouge, un bilan qui rappelle le lourd tribut payé par les civils dans le conflit.

Cette coalition militaire est intervenue en mars 2015 au Yémen pour aider le pouvoir face aux rebelles Houthis qui s'étaient emparés de vastes pans du territoire dont la capitale Sanaa.

La guerre qui dure depuis, sans perspective de solution en vue, a fait quelque 10.000 morts et provoqué "la pire crise humanitaire" au monde selon l'ONU.

Le 9 août, un raid aérien a frappé un bus qui transportait des enfants sur un marché très fréquenté de Dahyan, dans la province septentrionale de Saada, fief des rebelles. Ce carnage a suscité une vague de réprobation internationale et des appels à l'ouverture d'une enquête.

Mardi, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a donné un nouveau bilan de la tragédie, dans un communiqué publié à Sanaa: 51 morts, dont 40 enfants, et 79 blessés, dont 56 enfants.

La plupart des morts ont été enterrés lundi après des funérailles organisées et encadrées par les rebelles à Saada. A cette occasion, des milliers de partisans des insurgés ont manifesté pour dénoncer tour à tour l'Arabie saoudite, les autres membres de la coalition et les Etats-Unis accusés de fournir une aide logistique et des informations aux Saoudiens.

- "Le massacre des écoliers" -

Au début de la cérémonie, les cercueils, recouverts d'un tissu vert, couleur symbole du martyre, et des portraits des jeunes victimes, ont été alignés au sol pour la prière des morts. Ils sont arrivés sur une grande place à bord d'une cinquantaine de véhicules.

La foule a brandi les portraits des jeunes enfants sur des pancartes accompagnées de leur nom et de la mention "martyr". "Le massacre des écoliers de Dahyan", pouvait-on lire également.

Elle a aussi crié des slogans anti-américains et anti-israéliens et dénoncé un "crime des Saoudiens contre l'enfance yéménite".

Un haut responsable rebelle, Mohammed Ali al-Houthi, présent aux funérailles, a dénoncé un "crime de l'Amérique et de ses alliés contre les enfants du Yémen".

Selon les médias des rebelles, la coalition a poursuivi ses raids lundi sur différentes cibles de la province de Saada, d'où sont tirés habituellement des missiles balistiques contre l'Arabie saoudite voisine.

>> Lire aussi : Le raid aérien attribué à la coalition au Yémen a fait au moins 51 morts

Le nouveau bilan du CICR recoupe celui donné par les rebelles qui ont accusé l'aviation saoudienne d'avoir commis ce "massacre". Le précédent bilan du CICR faisait état d'au moins 29 enfants âgés de moins de 15 ans tués.

Au lendemain de l'attaque, la coalition a annoncé l'ouverture d'une enquête, en évoquant des "dommages collatéraux subis par un bus de passagers" à l'occasion d'une opération menée par ses forces contre les rebelles.

- "Sale guerre" -

Le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé à une enquête "crédible", sans toutefois exiger une enquête indépendante comme l'avaient demandé le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres et les Pays-Bas.

La coordinatrice humanitaire de l'ONU pour le Yémen, Lise Grande, avait dénoncé un acte "horrible et totalement inacceptable", appelant à ouvrir les yeux sur ce qui se passe au Yémen".

La coalition a été accusée d'avoir commis de nombreuses bavures contre des civils dans le conflit au Yémen, où les Houthis sont soutenus par l'Iran, principal rival régional de l'Arabie saoudite.

>> Lire aussi : Au moins 29 enfants tués dans une attaque au Yémen

Elle en a reconnu certaines, mais accuse régulièrement les Houthis de se mêler aux civils ou de les utiliser comme boucliers humains.

En septembre 2015, une salle de mariage a été touchée. Il y a eu 131 morts et la coalition a démenti toute implication.

En octobre 2016, le bombardement d'une cérémonie funéraire à Sanaa a causé la mort de 140 personnes.

Lundi, le ministre d'Etat émirati aux Affaires étrangères, dont le pays est un pilier de la coalition, a admis que des bavures pouvaient se produire. "Cette guerre a été et reste une sale guerre", a déclaré Anwar Gargash.

Avec AFP

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L'Australie sur le pied de guerre pour faire face aux incendies

La ville de Sydney est enveloppée par une fumée provenant d'incendies dans le nord de la ville, en Australie, le 11 novembre 2019.

Des milliers de pompiers ont été déployés mardi dans l'est de l'Australie pour faire face aux incendies qui devraient s'intensifier en raison d'une combinaison de facteurs: des vents violents, des températures caniculaires et une végétation sèche.

Alors que des dizaines de feux de brousse n'étaient toujours pas maîtrisés, des températures atteignant les 40 degrés, des vents soufflant à 60 km/h sont attendus dans certaines régions de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est).

Les pompiers ont prévenu qu'une vaste région située autour de Sydney était menacée par ces conditions "hors normes".

Depuis vendredi, les incendies sur la côte est de l'Australie ont déjà fait trois morts, détruit plus de 150 habitations et contraint des milliers d'habitants à fuir.

Shane Fitzsimmons, responsable des pompiers de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est), a affirmé que dans les conditions actuelles, "si un incendie se déclare et s'établit ... nous ne l'arrêterons pas".

"Nous avons déjà d'importants incendies sur la côte nord de la Nouvelle-Galles du Sud. Certains couvrent à eux seuls une superficie de plus de 100.000 hectares, soit un périmètre d'un millier de kilomètres", a-t-il ajouté.

Les vents qui soufflent d'ouest en est et la végétation qui souffre d'une intense sécheresse risquent de propager les feux de brousse en direction des foyers de population vivant sur le littoral.

A titre préventif, environ 600 écoles ont été fermées, ainsi que de nombreux parcs nationaux et, par endroits, les habitants ont été invités à envisager de quitter leurs domiciles.

La police et l'armée apportent un appui logistique aux pompiers qui ont également reçu le soutien aérien de plus de 80 appareils.

"Maintenant, il est temps de réfléchir à partir, partez tôt et allez dans un endroit sûr", a conseillé M. Fitzsimmons.

Le rallye d'Australie, dernière manche du championnat du monde des rallyes de la FIA, qui devait débuter jeudi en Nouvelle-Galles du Sud, a été annulé mardi par les organisateurs.

"Il n'est pas opportun d'organiser le rallye", a déclaré dans un communiqué Andrew Papadopoulos, le président de cet événement, invoquant notamment des raisons de sécurité.

- "Les feux sont partout" -

Dans la petite ville de Taree, au nord de Sydney, des dizaines de personnes ont trouvé refuge dans un parc d'exposition.

Caroline Watson, 59 ans, est arrivée lundi soir avec son époux et leur chien.

"Les feux sont absolument partout ", a-t-elle dit à l'AFP. "Ils ne nous ont pas demandé de partir, mais on s'est dit que ça viendrait."

Dans les Blue Mountains, à l'ouest de Sydney, Alan Gardiner, un pompier de Winmalee, a indiqué que les habitants étaient "terrifiés et à bout de forces".

La ville porte encore les stigmates de l'incendie de 2013 qui avait détruit 200 habitations et la population est parfaitement consciente du fait, qu'en raison du peu d'axes routiers dans cette zone montagneuse, ils doivent envisager de partir avant qu'il ne soit trop tard.

Mais M. Gardiner veut encore croire que "la journée sera très calme. (...) S'il y a un incendie, ce sera catastrophique".

Les autorités ne pensent pas que la ville de Sydney, qui compte plus de quatre millions d'habitants, soit menacée mais elles ont lancé une alerte sanitaire en raison de l'épais nuage de fumée toxique qui recouvre la ville.

La présence de ces nuages de fumée, liés aux incendies de la semaine dernière, a été signalée jusqu'en Nouvelle-Calédonie, à près de 1.500 kilomètres de l'autre côté de la mer.

Sue Johnson, qui vit dans le nord de Sydney, a participé à l'évacuation de chevaux qui se trouvaient dans des zones menacées aux environs de Sydney.

"J'ai emmené deux chevaux au milieu de la nuit", a-t-elle expliqué, avant de préciser qu'elle a coupé la végétation autour de sa maison.

"J'espère que rien de tout cela ne sera nécessaire, a-t-elle souligné, mais les habitants ont "peur, très peur".

De tels incendies se produisent chaque année sur l'immense île-continent pendant le printemps et l'été en Australie. Cette année, elle a été particulièrement précoce et violente. Elle pourrait être l'une des pires qu'ait connue l'Australie.

En Nouvelle-Galles du Sud, un million d'hectares ont déjà brûlé, soit déjà trois fois plus que l'an dernier.

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