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Washington met en garde les Philippines au sujet de ses tirades incendiaires


Le président philippin Rodrigo Duterte lors d'une conférence de presse à Davao city, Philippines, le 21 octobre 2016.

Les tirades incendiaires du président philippin Rodrigo Duterte sont une source d'inquiétude croissante à travers le monde, a jugé lundi à Manille le principal émissaire américain pour l'Asie.

Le secrétaire d'Etat adjoint chargé de l'Asie, Daniel Russel, a rencontré les ministres philippins de la Défense et des Affaires étrangères.

Quelque jours auparavant, M. Duterte avait proclamé sa "séparation" d'avec Washington, puis avait fait machine arrière en déclarant qu'il ne voulait pas torpiller une alliance vieille de 70 ans.

"La succession de déclarations et commentaires controversés, le réel climat d'incertitudes quant aux intentions des Philippines suscitent la consternation dans un certain nombre de pays", a déclaré M. Russel.

"Pas seulement le mien et pas seulement parmi les gouvernements, mais aussi les populations, et la communauté des expatriés philippins, également dans les conseils d'administration. Ce n'est pas une tendance positive".

M. Russel a ajouté avoir transmis au chef de la diplomatie de l'archipel, Perfecto Yasay, les préoccupations de Washington à l'endroit de la guerre contre le crime du président philippin.

Environ 3.700 personnes ont été tuées en moins de quatre mois, ce qui fait craindre des meurtres extrajudiciaires.

"J'ai également réitéré l'importance que nous accordons, et que d'autres accordent, à l'Etat de droit, et le fait que le respect des droits des citoyens joue aussi un rôle important dans la protection de nos populations".

Rodrigo Duterte a plusieurs fois exprimé sa colère face aux critiques américaines envers sa politique sécuritaire. Il a plusieurs fois qualifié le président Barack Obama de "fils de pute", l'enjoignant à "aller au diable".

M. Duterte, qui se dit socialiste et entretient des liens étroits avec les communistes, cherche à s'éloigner des Etats-Unis pour se rapprocher de la Chine et de la Russie.

Sa sortie sur son divorce d'avec Washington a été faite lors d'un séjour à Pékin.

"L'Amérique a perdu", avait-il dit. "Je me suis réaligné sur votre mouvance idéologique (celle de la Chine) et je vais peut-être me rendre aussi en Russie pour parler au (président Vladimir) Poutine et lui dire qu'on est trois contre le reste du monde: la Chine, les Philippines et la Russie".

En rentrant aux Philippines, il avait immédiatement assuré qu'il ne voulait pas la rupture avec Washington. Ce qui ne l'avait pas empêcher de se lancer dans une nouvelle tirade anti-américaine.

"S'il y a un domaine dans lequel l'Amérique a lamentablement échoué, c'est celui de la dignité humaine". "L'aide américaine? Vous pouvez aller au diable!", avait-il lancé.

Le gouvernement philippin a cependant pris livraison lundi d'un avion de transport américain C-130 d'occasion, acheté en vertu d'un accord bilatéral sur la fourniture à Manille d'équipements américains en surplus.

Avec AFP

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