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Washington et Pékin vont poursuivre le dialogue dans l'ombre des tarifs douaniers

Les responsables américains et chinois, en charge des négociation,avant leur réunion à Beijing, le 1er mai 2019.

Washington et Pékin vont poursuivre vendredi leurs négociations dans l'ombre des tarifs douaniers qui menacent de compromettre l'issue des discussions.

"L'ambassadeur (Robert) Lighthizer et le secrétaire au Trésor (Steven) Mnuchin ont rencontré le président (Donald) Trump pour discuter des négociations commerciales en cours avec la Chine", a indiqué jeudi soir un porte-parole de la Maison Blanche Judd Deere.

Les ministres du président américain ont eu "un dîner de travail avec le vice premier ministre chinois Liu He" au cours duquel ils sont convenus de poursuivre les discussions vendredi matin dans les bureaux de M. Lighthizer, non loin de la Maison Blanche, a-t-il indiqué.

Le porte-parole n'a en revanche pas fait mention de la hausse de 10 à 25% des droits de douane supplémentaires sur 200 milliards de dollars de bien chinois qui entrera en vigueur vendredi à 04H01 GMT.

Le journal officiel avait publié jeudi la notification de cette hausse de tarifs douaniers, qui était suspendue depuis début janvier.

Une augmentation des droits de douane est "dommageable" pour les deux économies, avait indiqué Liu He à la télévision publique chinoise avant le début des discussions jeudi.

Le responsable chinois avait toutefois estimé que les négociations étaient "prometteuses".

Donald Trump avait décidé de mettre fin à la trêve observée depuis le 1er décembre, estimant que les négociations avançaient trop lentement.

Et lundi, Robert Lighthizer et Steven Mnuchin avaient affirmé que la Chine était revenue sur les engagements pris lors de précédentes sessions de négociations, une accusation infondée selon Pékin.

Jeudi, les négociations ont toutefois repris dans un climat d'apaisement relatif, Donald Trump estimant toujours "possible" un accord cette semaine.

Il doit en outre parler à son homologue chinois, qui lui a transmis une "belle lettre".

La pression sur les épaules des négociateurs est d'autant plus forte qu'il s'agit de refonder la relation commerciale entre les deux puissances mondiales.

L'administration Trump exige la réduction du colossal déficit commercial américain avec la Chine, la fin des pratiques commerciales jugées "déloyales", des "changements structurels" tels que la fin du transfert forcé des technologies ainsi que la protection de la propriété intellectuelle américaine.

Elle demande également la fin des subventions aux entreprises d'Etat, celles-là mêmes qui portent le plan stratégique de l'Etat chinois, "Made in China 2025".

- "La Chine ne capitulera pas" -

Ces discussions, qui étaient présentées il y a encore quelques jours comme les dernières avant un sommet entre les deux présidents destiné à signer un accord bilatéral historique, semblent d'autant plus incertaines que Donald Trump a jeté le trouble en estimant que les tarifs douaniers était une "alternative excellente" à un accord.

Il a de nouveau martelé qu'ils remplissaient les caisses de l'Etat américain de plus de 100 milliards par an.

L'hôte de la Maison Blanche se sent en position de force pour négocier alors que la croissance économique a été plus forte que prévu au premier trimestre (+3,2%), que le taux de chômage est tombé à son plus bas niveau depuis 1969 (3,6%).

Autre bonne nouvelle, les données de la balance commerciale du mois de mars publiée jeudi, ont fait apparaître une baisse du déficit des biens avec la Chine inédite depuis avril 2016.

Le gouvernement chinois se sent, lui aussi, conforté par les mesures prises pour stimuler son économie.

"La Chine ne capitulera pas face à la pression et nous avons la détermination ainsi que les moyens de défendre nos intérêts", a d'ailleurs prévenu à Pékin le porte-parole du ministère chinois du Commerce, Gao Feng.

Le porte-parole du Fonds monétaire international (FMI), Gerry Rice, a averti de son côté qu'un conflit durable entre les deux premières puissances du monde risquait de saper la croissance mondiale.

Les tensions sino-américaines troublent en outre les marchés financiers, qui oscillent au gré des menaces ou au contraire des gestes d'apaisement.

Le changement de ton du président américain a ainsi rassuré en partie Wall Street, où le Dow Jones a terminé en très légère baisse (-0,54%) de même que le Nasdaq (-0,41%).

Vendredi matin, les Bourses chinoises ont ouvert, elles, en hausse, en dépit de l'imposition attendue de nouveaux droits de douane sur les produits chinois aux Etats-Unis.

Ils pourraient être très de nouveau tiraillés par les incertitudes, Pékin ayant l'intention de rétorquer à la nouvelle hausse de droits de douanes.

Donald Trump a opté avec Pékin pour la stratégie de la pression maximale, infligeant d'abord en mars 2018 des tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium chinois puis, l'été dernier, sur 250 milliards de dollars de produits chinois.

Il menace en outre d'imposer des droits de douane additionnels sur toutes les importations de Chine (539,5 milliards de dollars en 2018).

Et coïncidence ou non du calendrier, les Etats-Unis ont annoncé jeudi refuser à l'opérateur China Mobile l'accès à leur marché, relevant "des risques substantiels et sérieux pour la sécurité nationale".

Avec AFP

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L'industrie aérienne envisage des réductions d'effectifs dans les 12 mois

Le logo de l'Association du transport aérien international (IATA), au salon international du tourisme ITB à Berlin, Allemagne, le 7 mars 2018. REUTERS / Fabrizio Bensch - UP1EE370TU52S

La plupart des compagnies aériennes envisage des réductions d'effectifs dans les douze mois à venir en raison d'une reprise du trafic aérien freinée par les incertitudes liées au Covid-19, selon un sondage publié mercredi par l'Association internationale du transport aérien (Iata).

"La majorité (55%) des responsables des compagnies aériennes interrogés s'attendent à devoir réduire leurs effectifs au cours des 12 mois à venir" en raison d'un trafic qui va rester faible à court terme, a indiqué l'Iata dans un communiqué.

Cette déclaration est le résultat d'un questionnaire sur la confiance des dirigeants de compagnies que l'organisation a envoyé à plus de 300 compagnies aériennes partout dans le monde.

45% des dirigeants ont indiqué avoir déjà réduit leurs effectifs en raison de l'impact de la crise du Covid-19 sur le secteur du transport aérien.

57% d'entre eux s'attendent à un recul de leur rentabilité au cours des 12 prochains mois et pensent que les prix des billets pourraient baisser en raison de la faible reprise de la demande. 19% misent sur une augmentation progressive des tarifs une fois que l'équilibre entre l'offre et la demande sera retrouvé.

L'Iata, qui regroupe 290 compagnies aériennes, table sur un retour du trafic aérien d'avant-crise en 2024 et estime à 63% la chute du trafic en 2020 par rapport à 2019 avec un manque à gagner de 419 milliards de dollars pour le secteur, en raison de la crise du coronavirus.

L'Asie Pacifique et l'Europe devraient être les premières à retrouver un trafic au niveau de celui de 2019 alors que l'Amérique du Nord et l'Amérique latine devraient connaître un retour à la normale plus lent qu'ailleurs, selon l'Iata.

Le secteur du transport aérien a été frappé de plein fouet par la crise du coronavirus avec la quasi-totalité des flottes d'avions clouée au sol et la suppression de dizaines de milliers d'emplois.

L'américaine United a annoncé qu'elle pourrait congédier jusqu'à 36.000 salariés. American Airlines a évoqué le chiffre de 25.000 suppressions.

L'allemande Lufthansa veut supprimer 22.000 emplois, Air Canada 20.000, British Airways 12.000, Air France-KLM jusqu'à 12.500, l'australienne Qantas 6.000, le scandinave SAS 5.000, le britannique EasyJet 4.500.

LATAM, la compagnie la plus importante d'Amérique latine, a annoncé la suppression de 2.700 emplois et est placée, comme la colombienne Avianca, sous la protection de la loi américaine sur les faillites.

En dépôt de bilan, le géant australien Virgin Australia est en passe d'être racheté par une société américaine et a annoncé mercredi qu'il allait fermer l'une de ses filiales et supprimer 3.000 postes.

La britannique Virgin Atlantic a déposé le bilan aux Etats-Unis et a déjà annoncé la suppression de 3.000 emplois.

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Les points de contrôle à New York pour faire appliquer la quarantaine covid-19

Des gens sont assis devant le Metropolitan Museum of Art le samedi 2 mai 2020 à New York, en respectant la distanciation sociale afin de prévenir la propagation du coronavirus. (Photo AP / Ron Blum)

New York va mettre en place des postes de contrôle aux accès clés de la ville afin de s'assurer que les voyageurs en provenance d'Etats américains très affectés par le coronavirus respectent bien la quarantaine qui leur est imposée, a annoncé le maire de la ville mercredi.

Les visiteurs venus de 35 Etats connaissant une forte recrudescence de l'épidémie, comme les très peuplés Etats de Floride et du Texas, sont actuellement soumis à une quarantaine de deux semaines à leur arrivée à New York.

Afin de tenter de mieux faire respecter cette mesure, le maire Bill de Blasio a annoncé que les forces de l'ordre allaient installer "des points d'enregistrement des voyageurs" au niveau des principaux ponts et tunnels menant à la métropole à partir de jeudi.

Les voyageurs en provenance des Etats problématiques devront alors remplir un formulaire de santé. Celui-ci doit aussi aider les autorités à faire un suivi des contacts en cas d'infection.

Les personnes arrivant dans les aéroports de New York doivent déjà remplir ce formulaire. Quiconque refuse de le faire risque une amende de 2.000 dollars.

"La ville de New York tient bon contre le Covid-19, et les New-Yorkais ont montré une discipline exemplaire", a déclaré M. de Blasio. "Nous n'allons pas laisser cet effort nous filer entre les doigts et nous allons continuer à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger la santé et la sécurité des New-Yorkais."

Les individus ne respectant pas la quarantaine imposée risquent une amende de 10.000 dollars.

Plus de 32.000 personnes sont mortes du Covid-19 dans l'Etat de New York, selon l'université Johns Hopkins.

La ville a été l'épicentre de l'épidémie américaine au printemps, mais a ensuite réussi à la maintenir sous contrôle, même lorsque les cas sont repartis à la hausse dans d'autres parties du pays à partir de la fin juin.

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