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La taxe sur le numérique ravive les tensions entre Paris et Washington

Mike Pompeo et Jean-Yves Le Drian au State Department à Washington le 6 février 2019.

La décision française d'imposer une taxe sur le chiffre d'affaires aux géants du numérique a ravivé les tensions entre Paris et Washington, avec des échanges musclés, qui rappellent, dans une certaine mesure, la crise de la Guerre en Irak en 2003.

"Ce n'est pas tout à fait comparable à la guerre en Irak, car nous sommes aujourd'hui sur des tensions qui portent beaucoup plus sur des dossiers économiques", a expliqué à l'AFP Sylvie Matelly, économiste et directrice adjointe de l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

"Mais il est vrai que les Etats-Unis se trouvent dans une logique d'extra-territorialité et se permettent, sans aucun état d'âme, des atteintes à la souveraineté d'autres pays quand leurs intérêts sont en jeu", a-t-elle constaté.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo ne s'en est d'ailleurs pas privé jeudi après une réunion avec son homologue français Jean-Yves Le Drian à Washington, appelant sans détour la France à renoncer à sa taxe sur les géants d'internet, approuvée la veille en commission à l'Assemblée nationale.

De Bucarest, où il participe à une réunion des ministres des Finances européens, Bruno Le Maire a immédiatement répliqué, rappelant que chaque pays peut choisir librement sa politique fiscale.

"Nous sommes décidés à mettre en oeuvre une taxe sur les plus grandes entreprises du numérique pour apporter plus de justice et plus d'efficacité au système fiscal international", a-t-il répondu à un moment où d'autres pays comme l'Autriche ou l'Espagne s'apprêtent à prendre de mêmes initiatives.

Paris a d'abord cherché un accord européen, mais elle s'est heurtée à l'opposition de l'Irlande, de la Suède, du Danemark et de la Finlande, avant de lancer seule son projet de taxe de 3% sur le chiffre d'affaires.

- Le retour du "faucon" -

M. Le Maire était conseiller du ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, lorsque la France s'était opposée à la guerre en Irak face à l'administration de George W. Bush, dont certains membres font aujourd'hui partie de la garde rapprochée de Donald Trump.

Dans son livre "Le nouvel empire", aux éditions Gallimard, il raconte comment il a retrouvé à la Maison Blanche l'an dernier John Bolton, "l'un des plus farouches avocats de la guerre" en Irak, aux côtés de M. Trump lors de la visite d'Emmanuel Macron à Washington il y a un an.

"Sa nomination comme conseiller à la sécurité nationale ne présageait rien de bon", écrit-il. "Je compris immédiatement que le faucon ne s'était pas transformé en colombe", a ajouté le ministre.

M. Pompeo, M. Bolton et le ministre du Commerce Wilbur Ross "incarnent effectivement la ligne dure au sein de l'administration américaine" sur la taxation des géants du numérique, a expliqué à l'AFP un spécialiste des questions fiscales, qui s'est exprimé sous anonymat.

"Le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a une position plus constructive et il recherche une position à long terme pour le numérique", a ajouté la source, convaincue qu'un compromis au sein de l'Organisation de coopération et développement économiques (OCDE) est possible d'ici la fin de l'année.

A Bucarest, le ministre a rejeté toute comparaison avec la guerre en Irak. "D'abord parce que les tensions ne sont pas aussi vives et surtout parce que nous partageons avec nos amis américains, le même objectif": "une fiscalité juste et efficace sur le numérique", a-t-il affirmé.

Paradoxalement, l'échec européen sur la taxe a remis dans la course l'OCDE, où les discussions sur un accord mondial étaient bloquées depuis plusieurs années par Washington.

"Je souhaite que les efforts de la France permettent, avec la contribution des États-Unis, d'accélérer les négociations engagées en vue de l'adoption d'une taxation internationale sur le numérique à l'OCDE, qui se substituera aux taxes nationales", a écrit M. Le Maire sur Twitter.

Pour Mme Matelly, la France aurait toutefois pu éviter de viser initialement les Gafa, l'acronyme pour Google, Amazon, Facebook et Apple, des groupes uniquement américains, même si elle a ensuite parlé de taxe sur les géants du numérique.

"En ne visant que des entreprises américaines, dans le contexte actuel de guerre commerciale, vous fâchez forcément l'équipe autour de Donald Trump", a-t-elle affirmé. "Ce n'est pas très adroit et cela peut être contreproductif", a-t-elle prévenu.

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Soupçonné de corruption, l'ancien roi d'Espagne Juan Carlos s'exile

L'ancien roi d'Espagne Juan Carlos dans une voiture après qu'il a quitté l'hôpital Quiron une semaine après une chirurgie cardiaque à Madrid, en Espagne, le 31 août 2019. Forta / ReutersTV via REUTERS

L'ancien roi d'Espagne Juan Carlos, longtemps révéré pour avoir mené la transition de la dictature de Franco à la démocratie, s'est résolu lundi à l'exil après que la justice de son pays a ouvert contre lui une enquête pour corruption.

L'ancien monarque, âgé de 82 ans, a annoncé sa décision de quitter l'Espagne à son fils, le roi Felipe VI, qui l'a acceptée et l'en a remercié dans un communiqué publié par la Maison Royale.

"Guidé (...) par la conviction de rendre le meilleur service aux Espagnols, à leurs institutions, et à toi en tant que Roi, je t'informe de ma décision réfléchie de m'exiler, en cette période, en dehors de l'Espagne", a écrit l'ancien souverain cité dans le communiqué, qui n'a pas précisé sa destination.

Juan Carlos explique à son fils sa décision par la volonté de "faciliter l'exercice de (ses) fonctions", devant "les conséquences publiques de certains évènements passés de (sa) vie privée", une allusion transparente à l'enquête ouverte contre lui en juin par le parquet de la Cour suprême.

Celle-ci cherche à établir si Juan Carlos s'est rendu coupable de corruption en recevant de l'Arabie saoudite une énorme commission lors de l'attribution de la construction d'un TGV entre la Mecque et Médine à un consortium d'entreprises espagnoles.

En juillet, le chef du gouvernement Pedro Sanchez s'était dit "troublé" par ces "informations inquiétantes".

L'avocat de Juan Carlos, Javier Sanchez-Junco, a précisé dans un communiqué que l'ancien monarque ne cherchait pas à échapper à la justice en s'exilant mais restait à la disposition du parquet.

- "Il devra payer" -

"Où qu'il aille, il devra payer pour ce qu'il a fait. C'est dommage parce qu'il a fait beaucoup pour l'Espagne, mais il est clair qu'à un moment de sa carrière il s'est corrompu", a déclaré à l'AFP Iñigo Inchaurraga, un publicitaire de 33 ans, qui promenait son chien à Madrid.

Mais Maria Nogueira, une fonctionnaire de 30 ans, s'est dit "un peu fâchée" par cette affaire en pleine pandémie. "C'est une façon de laver l'institution qui ne me plaît pas, c'est seulement un lavage de façade".

Sur son site où a été publiée la lettre officielle, la Maison Royale précise que le Roi a souligné "l'importance historique" du règne de son père "au service de l'Espagne et la démocratie".

De fait, Juan Carlos, choisi par Francisco Franco pour lui succéder, avait surpris après la mort du dictateur en 1975 ménageant une transition en douceur vers la démocratie avec son Premier ministre Adolphe Saurez. Il avait ensuite neutralisé une tentative de coup d’État en février 1981.

Cela avait valu au souverain sportif aux nombreuses conquêtes féminines une immense popularité dans un pays où la monarchie est pourtant contestée.

Mais son image avait été progressivement ternie par des rumeurs de corruption du monarque très proche des monarchies du Golfe.

- Dénoncé par sa maîtresse -

En 2012, alors que les Espagnols souffraient de la grande récession, ils apprenaient que leur roi s'était cassé la hanche lors d'un safari de luxe au Botswana payé par un homme d'affaires saoudien en compagnie de sa maîtresse, une femme d'affaires allemande. Le scandale était devenu intenable et le roi avait fini par abdiquer en faveur de son fils.

Cette ancienne maîtresse, Corinne U Sayn-Wittgenstein, a affirmé dans des enregistrements publiés en 2018, que Juan Carlos avait touché une commission lors de l'adjudication de la construction du TGV à un consortium espagnol. Les justices suisse et espagnole enquêtent sur cette affaire.

A la suite de nouvelles révélations cette année du quotidien suisse Tribune de Genève et du journal britannique Daily Telegraph, Felipe VI a retiré à son père une dotation annuelle du Palais royal évaluée à plus de 194.000 euros par an. Puis il a annoncé qu'il renonçait à l'héritage de son père "afin de préserver l'exemplarité de la Couronne".

Le Vatican rassurant sur la santé de l'ancien pape Benoît XVI

L'ancien pape Benoît XVI et son successeur Pape François, le 8 décembre 2015. (L'Osservatore Romano/Pool Photo via AP)

Le Vatican s'est voulu lundi rassurant sur l'état de santé de l'ancien pape Benoît XVI, jugé pourtant "extrêmement fragile", selon le quotidien régional allemand Passauer Neue Presse qui cite un biographe de l'ancien pape, Peter Seewald.

"Les conditions de santé du pape émérite ne sont pas source d'inquiétudes particulières, sinon celles entourant une personne âgée de 93 ans en train de surmonter la phase la plus aiguë d'une maladie douloureuse, mais non grave", a annoncé la salle de presse du Vatican, citant son secrétaire personnel Mgr Georg Gänswein.

Selon le journal Passauer Neue Presse, Benoît XVI souffre d'érysipèle au visage, une maladie infectieuse caractérisée par une tuméfaction rougeâtre qui entraîne de fortes démangeaisons et des douleurs intenses.

"D'après Seewald, le pape émérite est désormais extrêmement fragile (...). Ses capacités intellectuelles et sa mémoire ne sont pas affectées, mais sa voix est à peine audible", a écrit lundi le Passauer Neue Presse.

Peter Seewald a rencontré samedi à Rome Benoît XVI pour lui présenter sa biographie, selon le quotidien. "Lors de cette rencontre, le pape émérite, en dépit de sa maladie, s'est montré optimiste et a déclaré que si ses forces augmentaient à nouveau, il reprendrait peut-être sa plume", a-t-il ajouté.

Premier pape à démissionner en près de 600 ans, Benoît XVI, qui avait invoqué des raisons de santé, mène une vie retirée dans un petit monastère du Vatican depuis sa renonciation en 2013.

Pas de solution miracle pour la pandémie qui s'accélère, prévient l'OMS

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L'OMC échoue à trouver un accord pour désigner un directeur général intérimaire

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L'OMC ne parvient pas à désigner un directeur général intérimaire

Une personne sort du siège de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève, le 16 décembre 2004. (Photo: FRED DUFOUR / AFP)

Les membres de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), institution en crise, ne sont pas parvenus à s'entendre pour désigner un directeur général intérimaire, a annoncé vendredi l'OMC.

Le directeur général actuel, le Brésilien Roberto Azevedo, va quitter son poste dans un mois, le 31 août.

"Il n'y a pas eu de consensus", a déclaré le porte-parole de l'OMC, Keith Rockwell, alors que les membres de l'organisation devaient désigner un des quatre directeurs adjoints de l'OMC.

Selon Bloomberg, les États-Unis ont exigé qu'un Américain, Alan Wolff, devienne directeur général par intérim, tandis que le bloc européen propose un Allemand, Karl Brauner.

Si l'impasse se poursuit en septembre, note la même source, l'arbitre des règles du commerce international restera sans chef jusqu'à ce que les membres de l'OMC choisissent un nouveau directeur général pour un mandat de quatre ans.

Trois Africains ont présenté leur candidature au poste de directeur général. Il s'agit de Ngozi Okonjo-Iweala, du Nigeria, ancienne ministre des finances et ancienne numéro 2 de la Banque mondiale. Ensuite, le Kenya a soumis la candidature d'Amina Mohamed, une ministre qui autrefois était ambassadrice du Kenya auprès de l'OMC. L'Égypte a présenté aussi un diplomate, Abdel-Hamid Mamdouh, ancien directeur au sein même de l'OMC.

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