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Visite d'une délégation israélienne au Soudan

Une combinaison de photos montre un drapeau israélien, à gauche, lors d'un rassemblement à Tel-Aviv, le 19 septembre 2020, et un drapeau soudanais lors d'un rassemblement à l'est de la capitale Khartoum, le 3 juin 2020.

Une importante délégation israélienne s'est rendue lundi à Khartoum pour discuter du processus de normalisation des relations en cours entre l'Etat hébreu et le Soudan, ont annoncé mardi les autorités israéliennes.

Depuis l'annonce en octobre d'un accord entre les deux pays, des responsables israéliens et américains se sont rendus ensemble à Khartoum mais la visite de lundi était la "première" dirigée par un ministre israélien, celui du Renseignement, Eli Cohen, ont fait valoir ses services à Jérusalem.

Les responsables se sont notamment entretenus avec le chef du Conseil souverain de transition soudanais, le général Abdel Fattah al-Burhane, ainsi que le ministre soudanais de la Défense, le général Yassine Ibrahim, selon le gouvernement israélien.

"Cette visite a jeté les bases de nombreuses collaborations importantes, qui aideront à la fois Israël et le Soudan, la stabilité et la sécurité dans la région (...) et déboucheront sur de nouveaux accords avec les pays de la région", a déclaré M. Cohen, qui a invité M. Al-Burhane en Israël.

Les deux pays ont discuté de l'"approfondissement de leur coopération en matière de renseignement" et de la possibilité pour Israël de se joindre au Conseil de la Mer Rouge, entité régionale dont l'Egypte --qui entretient des relations officielles avec Israël-- et l'Arabie saoudite, un candidat potentiel à la normalisation, sont aussi membres, ont précisé les autorités israéliennes.

Après les Emirats arabes unis et Bahreïn, le Soudan est devenu en octobre le troisième pays arabe à annoncer en 2020 un accord de normalisation avec l'Etat hébreu et, ce, en dépit de protestations dans le pays contre ce rapprochement avec un ancien ennemi.

L'accord de normalisation a été signé début janvier. Khartoum a obtenu simultanément une aide financière des Etats-Unis après avoir été retiré de la liste américaine des Etats accusés de financer le terrorisme pour avoir notamment accueilli l'ancien chef d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden dans les années 1990.

L'accord doit toutefois être ratifié par le pouvoir législatif avant d'entrer en application. Or le Soudan ne dispose toujours pas d'un Parlement de transition, après la chute en avril 2019 du régime islamiste d'Omar el-Béchir, qui a régné sur le pays pendant trois décennies.

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Regain des tensions entre Iran et Israël

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Des familles veulent accueillir le pape en Irak

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Un Américain meurt lors d'une attaque en Irak deux jours avant l'arrivée du pape

Une peinture murale du pape François est visible sur le mur d'une église lors de sa prochaine visite en Irak, à Bagdad, en Irak, le 22 février 2021.

Dix roquettes ont touché mercredi une base abritant des soldats américains en Irak, provoquant la mort d'un sous-traitant civil américain, deux jours avant une visite historique du pape François dans le pays.

Cette nouvelle attaque, précédée de plusieurs avec le même mode opératoire ces dernières semaines, vient rappeler à quel point la première visite d'un souverain pontife en Irak est un casse-tête logistique.

"Je me rendrai en Irak", a malgré tout déclaré le pape après une audience, soulignant qu'il souhaitait "rencontrer un peuple qui a tant souffert, rencontrer cette Eglise martyre".

Les Etats-Unis, qui déploient quelque 2.500 soldats en Irak dans le cadre de la lutte antijihadistes, accusent régulièrement les factions armées irakiennes pro-Iran pour ces attaques. Celle de mercredi n'a pas été revendiquée.

Les tensions entre les deux puissances agissantes en Irak, la République islamique d'Iran et les Etats-Unis, des ennemis jurés, pourraient constituer un obstacle au déroulé du programme papal.

De même que la pandémie au moment où l'Irak a enregistré mercredi plus de 5.100 contaminations au Covid-19, un record, en dépit des restrictions sanitaires.

Sur les dix roquettes tirées sur la base aérienne d'Aïn al-Assad (ouest), plusieurs sont tombées à l'intérieur de la section où sont stationnés des soldats et des drones américains de la coalition internationale antijihadistes, selon des sources de sécurité irakienne et occidentale.

Un sous-traitant civil est décédé d'une crise cardiaque à cause de cette attaque, ont-elles ajouté. Le Pentagone a indiqué que la victime était de nationalité américaine.

Les roquettes ont été tirées depuis un village proche d'Aïn al-Assad, une région désertique où il est facile d'installer des rampes de lancement, parfois à bord de véhicules, tirer des projectiles et rapidement fuir, a précisé la source irakienne.

"Made in Iran"

Sans accuser personne, le Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi a prévenu sur Twitter que personne ne pouvait "se prétendre au-dessus de l'Etat".

"Celui qui se croit en mesure d'imposer son agenda à l'Irak et à l'avenir de ses citoyens se berce d'illusions", a-t-il ajouté.

Le commandement militaire irakien a rapporté que les roquettes utilisées étaient de type "Grad". Plus précisément de type "Arash", ont détaillé à l'AFP des sources de sécurité occidentales, de fabrication iranienne, plus performantes que celles utilisées jusque récemment.

Selon un récent rapport iranien, les Gardiens de la révolution, l'armée idéologique d'Iran, ont développé les missiles "Arash" d'une portée de 22 km et avec une tête explosive de 19 kg.

En Irak, l'Iran a entre autres le soutien du Hachd al-Chaabi, puissante coalition de paramilitaires intégrée à l'Etat, composée principalement de factions armées et financées par Téhéran.

L'Irak a connu un calme vers la fin 2020 à la faveur d'une trêve des pro-Iran face aux menaces des Etats-Unis de retirer tous leurs soldats et diplomates du pays.

Mais ces dernières semaines, les attaques ont repris: des roquettes sont tombées près de l'ambassade américaine à Bagdad, d'autres ont visé la base aérienne de Balad, plus au nord, blessant un employé irakien d'une entreprise américaine chargée de la maintenance de F-16. Des roquettes ont également touché une base militaire abritant la coalition à l'aéroport d'Erbil (nord), où deux personnes ont péri, dont un entrepreneur civil étranger.

Visite papale confinée

Le contre-terrorisme kurde irakien a nommément accusé mercredi des membres du Hachd al-Chaabi d'avoir participé à l'attaque contre la base à Erbil, publiant des "aveux" d'un homme présenté comme l'un des quatre auteurs des tirs.

En réponse à cette attaque, les Etats-Unis ont mené le 26 février un raid contre des miliciens irakiens pro-Iran en Syrie. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 22 miliciens irakiens ont péri.

Washington menace régulièrement l'Iran du pire, notamment lorsqu'un de ses ressortissants est tué. En janvier 2020, une telle spirale a failli dégénérer en conflit ouvert en Irak, après qu'un drone américain a tué le général iranien Qassem Soleimani à Bagdad, en riposte à la mort d'Américains en Irak.

Le pape François est attendu vendredi à Bagdad et dimanche à Erbil, où il doit célébrer une messe dans un stade rempli de fidèles. Il n'a aucune étape prévue dans l'ouest désertique, mais passera par Mossoul, ex-bastion de l'EI dans le Nord où sont désormais déployées des factions du Hachd al-Chaabi.

Le souverain pontife sera privé des bains de foule qu'il affectionne car de vendredi à lundi le pays sera en confinement total.

Des dizaines d'attaques contre des cibles américaines en Irak

Conséquences d'une attaque à la roquette contre les forces dirigées par les États-Unis dans le nord de l'Irak (Reuters).

Des dizaines d'attaques ont visé depuis l'automne 2019 des installations militaires et diplomatiques occidentales, notamment américaines, à l'instar de celle qui a frappé mercredi une base abritant des soldats américains en Irak.

La coalition internationale menée par les Etats-Unis opère depuis 2014 en Irak pour aider les forces locales dans leur combat contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI). Depuis que l'Irak a déclaré sa victoire face à l'EI fin 2017, les troupes étrangères ont été réduites à 3.500 militaires, parmi lesquels 2.500 Américains.

Salves de roquette

Le 27 décembre 2019, plus d'une trentaine de roquettes frappent la base militaire irakienne K1 à Kirkouk, région pétrolière au nord de Bagdad, tuant un sous-traitant américain. Plusieurs militaires américains et des membres du personnel irakien sont blessés.

Des tirs de roquettes visaient depuis octobre des secteurs abritant des soldats et des diplomates américains. Ces attaques non revendiquées avaient été attribuées par les Américains aux factions pro-Iran en Irak.

Le 29, des avions américains frappent plusieurs bases des Brigades du Hezbollah, faction des paramilitaires du Hachd al-Chaabi, dominés par les pro-Iran et désormais intégrés aux forces gouvernementales irakiennes. Les frappes près d'al-Qaïm (ouest) font 25 morts parmi les combattants pro-iraniens.

Attaque contre l'ambassade américaine

Le 31 décembre, des milliers de partisans du Hachd al-Chaabi entrent dans la Zone verte, quartier ultra-sécurisé de Bagdad où se trouvent l'ambassade américaine et les plus hautes institutions du pays, pour protester contre les raids américains.

Des manifestants défoncent les vitres et les installations de sécurité du bâtiment, avant de quitter le secteur le lendemain.

Soleimani tué, représailles iraniennes

Le 3 janvier 2020, le général iranien Qassem Soleimani et le numéro deux du Hachd al-Chaabi, Abou Mehdi al-Mouhandis, sont tués dans une frappe de drone ordonnée par Donald Trump près de l'aéroport international de Bagdad.

Le général Soleimani était le chef de la Force Qods, chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution.

Le 8, l'Iran tire des missiles sur des bases de la coalition internationale abritant des soldats américains en Irak. Selon le Pentagone, les missiles ont touché la base aérienne de Aïn al-Assad (ouest) et celle d'Erbil (nord).

Nouvelle escalade

Le 11 mars, des tirs de roquettes contre la base de Taji, au nord de Bagdad, font trois morts, deux Américains et un Britannique. Washington attribue l'attaque à "des groupes armés chiites pro-iraniens".

En représailles, des raids aériens tuent 26 paramilitaires irakiens pro-Iran à la frontière syrienne.

Trois jours plus tard, une trentaine de roquettes visent de nouveau la base de Taji, au lendemain d'une frappe américaine contre cinq positions proches de Bagdad des Brigades du Hezbollah.

Le 17, plusieurs roquettes visent la base de Basmaya, au sud de Bagdad, où se trouve notamment une partie du contingent espagnol de la coalition.

Le 28 septembre, trois enfants et deux femmes d'une même famille irakienne sont tués par une roquette qui vise l'aéroport de Bagdad, où sont stationnés des soldats américains.

L'ambassade américaine de nouveau visée

Le 20 décembre, une salve de roquettes explose près de l'ambassade américaine à Bagdad, troisième attaque depuis une trêve annoncée en octobre par des factions irakiennes pro-Iran.

Au moins trois roquettes atterrissent près de la mission diplomatique, tandis que deux autres touchent des quartiers résidentiels.

Attaque contre une base à Erbil

Le 15 février, une salve de roquettes frappe une base militaire accueillant des troupes étrangères dans l'aéroport d'Erbil, capitale du Kurdistan autonome. Deux personnes périssent, dont un entrepreneur civil étranger travaillant avec la coalition.

Le 21, des roquettes visent la base aérienne de Balad, au nord de Bagdad, blessant au moins un employé irakien d'une entreprise américaine en charge de la maintenance de F-16.

Le 26, les Etats-Unis mènent un raid contre des miliciens irakiens pro-Iran en Syrie. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 22 miliciens irakiens ont péri.

Roquettes sur la base d'Aïn al-Assad

Le 3 mars, dix roquettes sont tirées sur la base d'Aïn al-Assad, dont plusieurs tombent à l'intérieur de la section où sont stationnés des soldats et des drones américains. Un sous-traitant civil américain meurt d'une crise cardiaque lors de l'attaque.

Celle-ci intervient deux jours avant une visite historique du pape François dans le pays.

La CPI ouvre une enquête sur des crimes présumés dans les Territoires palestiniens

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, à La Haye, Pays-Bas, le lundi 10 février 2014.

La Procureure générale de la Cour pénale internationale (CPI) Fatou Bensouda a annoncé mercredi avoir ouvert une enquête sur des crimes présumés dans les territoires palestiniens occupés, une initiative qualifiée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'"essence même de l'antisémitisme".

L'Autorité palestinienne a, elle, salué cette décision, jugeant cette "enquête nécessaire et urgente".

Fatou Bensouda avait précédemment déclaré qu'il y avait un "fondement raisonnable" à croire que des crimes avaient été commis par des membres des forces israéliennes, des autorités israéliennes, du Hamas et des groupes armés palestiniens au cours de la guerre de Gaza de 2014.

"Aujourd'hui, je confirme l'ouverture par le Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale d'une enquête sur la situation en Palestine", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

"L'enquête portera sur les crimes relevant de la compétence de la Cour qui auraient été commis dans la situation depuis le 13 juin 2014".

A l'été 2014, Israël a lancé une opération pour stopper les tirs de roquettes du Hamas palestinien depuis la bande de Gaza, en direction de son territoire. Quelque 2.250 Palestiniens ont été tués, en majorité des civils, et 74 Israéliens, essentiellement des soldats, ont péri dans ces affrontements.

Contrairement à la Palestine, Israël n'est pas membre de la CPI, basée à La Haye, et s'est opposé avec véhémence à toute enquête.

La CPI "a pris une décision qui est l'essence même de l’antisémitisme et de l'hypocrisie", a réagi M. Netanyahu dans une allocution télévisée.

"Nous défendrons chaque soldat, chaque officier, chaque civil et je vous promets que nous allons nous battre pour la vérité jusqu'à ce que cette décision scandaleuse soit annulée", a-t-il ajouté.

L'Autorité palestinienne a quant à elle salué cette décision.

"Les crimes commis par les dirigeants de l'occupation israélienne contre le peuple palestinien - qui sont en cours, systématiques et généralisés - rendent cette enquête nécessaire et urgente", a déclaré mercredi le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad Al-Maliki dans un communiqué.

"Impartialité et objectivité"

La Procureure Fatou Bensouda a assuré que l'enquête serait menée "en toute indépendance, impartialité et objectivité, sans crainte ni parti pris".

"En définitive, ce sont les victimes tant palestiniennes qu'israéliennes du long cycle de violence et d'insécurité, qui a causé de profondes souffrances et un terrible sentiment", a-t-elle ajouté.

En décembre 2019, la Procureure Fatou Bensouda avait souhaité une enquête complète après une enquête préliminaire de cinq ans, tout en demandant à la CPI de déterminer si sa portée s'étendait aux territoires palestiniens.

Les juges de la CPI avaient ouvert la voie à une enquête sur des crimes de guerre en statuant le mois dernier que la Cour était compétente pour les faits survenus dans les territoires palestiniens occupés.

Le département d'Etat américain avait alors déclaré avoir de "sérieuses inquiétudes" au sujet de la décision de la CPI, ajoutant qu'Israël ne devrait pas être soumis par la Cour car le pays n'en est pas membre.

Israël a occupé la Cisjordanie et la bande de Gaza lors de la guerre des Six jours de 1967, puis a annexé principalement Jérusalem-Est.

Aujourd'hui, ces territoires abritent au moins cinq millions de Palestiniens, définis par les Nations Unies comme vivant sous occupation israélienne.

La bande de Gaza, dirigée par le mouvement islamiste Hamas, est soumise à un blocus imposé par Israël.

L'enquête israélo-palestinienne constituera le premier test majeur pour le nouveau Procureur de la CPI Karim Khan, l'avocat britannique nommé en février pour remplacer Fatouma Bensouda après la fin de son mandat en juin.

Fatouma Bensouda fait l'objet de sanctions américaines pour avoir décider d'enquêter sur les allégations de crimes de guerre américains en Afghanistan, mais Washington a également vivement critiqué l'enquête palestinienne.

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