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Violences sectaires pour inciter à la guerre en Centrafrique


Des membres des forces armées arrêtent le député Alfred Yekatom après des coups de feu dans le parlement à Bangui le 29 octobre 2018.

Les "violences sectaires sont brandies comme arme de guerre" par les groupes armés en Centrafrique pour "diviser et inciter à la guerre", a averti mardi un rapport du centre d'analyses américain Enough Project.

Dans un Etat où les autorités n'ont qu'une assise limitée, la quasi-totalité du territoire vit sous la coupe de ces groupes armés qui combattent quotidiennement pour le contrôle d'une influence politique et des ressources.

"En l'absence d'État de droit, les populations traquées se tournent alors vers des 'protecteurs' (qui) recherchent, eux, une assise populaire pour légitimer leurs crimes", estime l'organisation américaine.

Ces groupes armés jouent "sur un sentiment de solidarité ethnique ou religieuse" pour "mobiliser de jeunes combattants et des financements".

Des appels à la haine envers certaines communautés, ethniques ou religieuses, sont régulièrement lancés en Centrafrique par différents acteurs de la crise.

Entre avril et mai 2018, l'ONU en Centrafrique (Minusca, 13.0000 Casques bleus) a recensé 39 articles publiés dans 11 journaux nationaux qui incitaient à la discrimination et à la violence.

Selon Enough Project, les groupes armés sont de même "les premiers pourvoyeurs d'emplois pour une jeunesse désoeuvrée" dans les zones rurales et disposent de soutiens de "réseaux d'acteurs nationaux, régionaux et internationaux".

Leur "prolifération" reflète, selon Enough Project, "l'enracinement et la professionnalisation d'un secteur d'activités en plein essor, celui de l'entrepreneuriat politico-criminel".

Dans le contexte géopolitique régional, dans lequel de larges territoires sont sous la coupe de milices armées, la crise centrafricaine a permis "des débouchés pour les mercenaires originaires des pays voisins, en particulier du Tchad et du Soudan", selon l'organisation américaine.

Ces groupes armés, qui enterinent des alliances "souvent éphémères et opportunistes" au gré de l'évolution de la crise, seraient dix-huit à opérer sur le territoire centrafricain, selon l'organisation qui les a recensés en octobre.

Parmi ceux-là, huit sont liés ou affiliés à l'ex-Séléka, coalition à dominante musulmane qui avait marché sur Bangui en 2013.

La chute cette année-là du président François Bozizé avait entraîné une contre-offensive des milices antibalaka, prétendant défendre les populations du Sud non-musulmanes.

Depuis, la Centrafrique vit un conflit meurtrier et incessant, qui a déplacé plus d'un quart de ses 4,5 millions d'habitants.

Avec AFP

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