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Violences à Hébron, premier accroc dans un accord diplomatique

Manifestants palestiniens lancant des pierres sur les soldats israéliens lors d'affrontements dans la ville d'Hébron en Cisjordanie, 23 octobre 2015. (Reuters photo)

Hébron, plus grande ville et poudrière de Cisjordanie occupée, a été secouée lundi par des violences dans lesquelles trois Palestiniens ont été tués, tandis qu'un récent accord diplomatique visant à calmer les esprits connaissait un premier accroc de mauvais augure.

Hébron et ses environs sont le théâtre depuis des semaines de violences entre Palestiniens et soldats et colons israéliens, sur lesquelles l'accord diplomatique annoncé samedi et les efforts d'apaisement semblent ne pas avoir d'effet.

Dans ce secteur, deux Palestiniens ont été abattus lundi à la suite de deux attaques à l'arme blanche, dont une dans laquelle un Israélien a été grièvement blessé, selon l'armée israélienne. Un Palestinien de 17 ans a été tué par balles lors des heurts quotidiens avec les soldats israéliens, d'après la police et les secours palestiniens.

Hébron est un baril de poudre où 500 colons israéliens vivent parmi les Palestiniens derrière miradors et barbelés. La ville abrite le tombeau des Patriarches, site sacré pour les musulmans et les juifs et source de vives tensions. Aux alentours, le conflit est quasiment permanent entre Palestiniens et Israéliens de colonies comme Kyriat Arba.

Par ailleurs, lundi soir dans la bande de Gaza, l'armée israélienne a lancé un raid aérien contre deux cibles du mouvement islamiste palestinien Hamas, après un tir de roquette vers le sud d'Israël, selon un communiqué militaire. Selon des sources de sécurité palestiniennes et des témoins, ces raids contre deux tours de communication ont provoqué des dégâts matériels et seulement un blessé léger. Un groupuscule salafiste a revendiqué le tir de deux roquettes sur Israël.

Depuis le 1er octobre, la vague de violences dans les Territoires palestiniens, à Jérusalem et en Israël a fait d'un côté 57 morts, des Palestiniens et un Arabe israélien - pour moitié des auteurs d'attentat -, et de l'autre huit morts israéliens.

Devant le risque d'un embrasement généralisé, la communauté internationale et les autorités israéliennes et palestiniennes ont concentré leur effort sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem, de peur qu'elle ne produise, comme en 2000, l'étincelle d'une nouvelle intifada.

Les Etats-Unis ont présidé samedi à un arrangement entre Israël, qui contrôle les accès au site, et la Jordanie, gardienne des lieux saints à Jérusalem. Israël a accepté la mise en place d'une vidéosurveillance 24H/24 sur l'esplanade.

- 'Ingérence israélienne' -

Mais lundi, Israël et la fondation islamique administrant l'esplanade Waqf se sont mutuellement accusés de chercher à l'appliquer à leur guise.

Les caméras dissuaderaient les provocations de la part de juifs ou de musulmans et, si elles se produisaient, établiraient les responsabilités.

Seulement, "lorsque nous avons commencé l'installation (...) la police (israélienne) est arrivée et a stoppé le travail en disant que c'était interdit", a dit à l'AFP cheikh Azzam al-Khatib, chef de la Waqf.

La Waqf a condamné "avec vigueur l'ingérence israélienne". "Nous considérons cette affaire comme la preuve qu'Israël entend installer des caméras qui servent uniquement ses intérêts", a-t-il dénoncé. L'installation "devait être coordonnée" entre les parties concernées, a répondu le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La mise en place de caméras a été la seule mesure concrète annoncée par le secrétaire d'Etat américain John Kerry après ses rencontres séparées avec M. Netanyahu, le président palestinien Mahmoud Abbas et le roi Abdallah II de Jordanie.

- 'Pas d'autre autorité' -

Le bureau de M. Netanyahu ne s'est pas privé de citer M. Kerry : les équipes techniques israéliennes et jordaniennes devaient "se rencontrer bientôt pour discuter de la mise en oeuvre de cette idée" jordanienne.

"Il n'y a pas d'autre autorité sur l'esplanade" que le Waqf, a ajouté la fondation.

L'installation de cette vidéosurveillance suscite des questions sur les modalités de sa mise en place et de son contrôle, les dirigeants palestiniens s'alarmant d'un dispositif qui servirait uniquement aux Israéliens pour arrêter des Palestiniens.

Cette querelle illustre combien tout nouvel arrangement est délicat à mettre en oeuvre sur l'esplanade à Jérusalem-Est, partie palestinienne annexée et occupée par Israël et où les Palestiniens veulent établir la capitale d'un futur Etat.

Palestiniens et Jordaniens accusent Israël de vouloir changer les règles (le "statu quo") qui régissent les lieux pour autoriser les juifs à prier sur l'esplanade des Mosquées et à terme la diviser entre juifs et musulmans.

M. Netanyahu , qui s'est toujours défendu d'un tel projet, a accusé la direction palestinienne et d'autres organisations de souffler sur les braises et d'être responsables des tensions autour du site.

"Les Palestiniens ne sont pas prêts à mettre fin au conflit et à renoncer à leur rêve d'un Etat palestinien, non pas à côté d'Israël, mais à sa place", a affirmé lundi M. Netanyahu lors d'un hommage à Yitzhak Rabin, Premier ministre israélien assassiné le 4 novembre 1995 par un extrémiste juif.

Avec AFP

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Le tueur présumé de Christchurch inculpé d'acte terroriste

Brenton Tarrant, auteur présumé des attaques de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, le 16 mars 2019.

La police néo-zélandaise a annoncé mardi avoir inculpé d’acte terroriste l’auteur présumé des attaques contre deux mosquées de Christchurch en mars dernier, la plus grande tuerie de masse de l’histoire de la Nouvelle-Zélande qui avait fait 50 morts.

Brenton Harrison Tarrant, un ressortissant australien âgé de 28 ans qui a été identifié comme un suprémaciste blanc, est accusé d’avoir abattu 50 personnes et blessé plusieurs dizaines d’autres le 15 mars, à l’heure des prières, dans deux mosquées de Christchurch.

La Haute Cour de justice de Christchurch avait déjà retenu depuis l’attaque 50 chefs d’accusation de meurtre et 39 autres pour tentative de meurtres contre le tireur présumé.

La Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, avait qualifié l’attaque d’”acte terroriste”.

Avec Reuters

Le responsable de l'ONU pour les réfugiés en Birmanie, une première depuis 2017

Le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, à gauche, parle à un réfugié lors d'une visite dans un camp de réfugiés non officiel dans la vallée de la Bekaa au Liban le 8 mars 2018.

Le Haut-commissaire aux réfugiés des Nations unies Filippo Grandi effectue une visite de cinq jours en Birmanie, la première pour ce responsable depuis l'exode en août 2017 des Rohingya vers le Bangladesh, a annoncé lundi l'ONU.

Filippo Grandi prévoit de passer les deux premiers jours de cette visite dans l'Etat Rakhine (ouest) où il doit s'entretenir avec les communautés locales et les responsables de l'Etat et de districts, a précisé Stéphane Dujarric, porte-parole de l'ONU, lors de son point-presse quotidien.

Plus tard dans la semaine, il a prévu de rencontrer dans la capitale du pays des responsables du gouvernement, a-t-il ajouté, en soulignant qu'une telle visite n'aurait pas pu être possible sans un accord du gouvernement birman.

M. Grandi s'est rendu fin avril à Cox's Bazar (Bangladesh) à la rencontre des réfugiés rohingyas.

Quelque 740.000 Rohingya ont fui la répression militaire en août 2017 vers le Bangladesh voisin, où se trouvaient déjà 300.000 membres de cette communauté musulmane persécutée.

Des enquêteurs de l'ONU ont récemment proposé à Genève que les chefs de l'armée birmane soient financièrement "isolés" et traduits en justice pour des accusations de crimes de guerre et génocide à l'égard de cette minorité.

L'ONU enquête sur 12 charniers en Irak

Des Yézidis iraquiens allument des bougies et des lampes à pétrole lors d'une cérémonie célébrant le nouvel an yézidi au temple Lalish de Shikhan dans la province de Dohuk (Irak), le 17 avril 2018.

Les enquêteurs de l'ONU, travaillant sur des exactions imputées au groupe Etat islamique, notamment contre les Yazidis, ont exhumé douze charniers en Irak et réunissent des témoignages pouvant être utilisés devant la justice, selon un rapport obtenu lundi par l'AFP.

Le Conseil de sécurité a créé en 2017 une équipe d'enquêteurs pour s'assurer que le groupe jihadiste réponde d'éventuels crimes de guerre en Irak et en Syrie, un dossier également porté par le Prix Nobel de la Paix yazidie Nadia Murad et l'avocate libano-britannique Amal Clooney.

Selon l'ONU, le massacre des Yazidis, une minorité kurdophone persécutée de longue date, pourrait constituer un génocide.

Dans le rapport, le chef de la commission d'enquête de l'ONU, Karim Asad Ahmad Khan, indique que les investigations de ses 48 enquêteurs sont focalisées sur un massacre de Yazidis en 2014, des crimes à Mossoul entre 2014 et 2016 et la mort de recrues militaires irakiennes dans la région de Tikrit en juin 2014.

Après avoir débuté ses travaux en octobre, un premier charnier avait été exhumé par la commission à la mi-mars à Kojo, localité yazidie du nord de l'Irak.

"Les avancées sont plus lentes que prévues", note Karim Asad Ahmad Khan dans le rapport remis récemment au Conseil de sécurité, en soulignant la nécessité d'établir des procédures "claires et efficaces" pour utiliser les preuves lors de poursuites judiciaires.

Un programme de protection des témoins a été mis en place, précise le chef de la commission d'enquête. "A Mossoul, Tikrit, Dohuk et ailleurs en Irak, des victimes ont fait des récits poignants de leurs souffrances, de communautés entières effacées et de femmes et de filles emmenées en esclavage", indique le document.

L'EI, vaincu en Irak fin 2017, a laissé derrière lui plus de 200 charniers qui pourraient renfermer jusqu'à 12.000 corps, selon l'ONU.

Cargo nord-coréen saisi : une question pour Etats membres, dit l'ONU

Le président sud-coréen Moon Jae-in, à droite, s’embrasse avec le leader nord-coréen Kim Jong Un lors de leur deuxième sommet au nord du village de Panmunjom dans la zone démilitarisée (DMZ), 26 mai 2018.

Le secrétariat général de l'ONU ne peut guère intervenir pour que la Corée du Nord récupère un cargo saisi récemment par les Etats-Unis, a indiqué lundi son porte-parole, Stéphane Dujarric, après une requête émise par Pyongyang.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a reçu une lettre envoyée vendredi par l'ambassadeur nord-coréen auprès des Nations unies, Kim Song, lui demandant d'intervenir dans ce dossier, a indiqué le porte-parole.

Elle concerne "les sanctions contre la Corée du Nord et les mesures prises pour leur application", a relevé Stéphane Dujarric lors de son point-presse quotidien. "Il revient aux Etats membres de traiter les questions relatives au possible contournement des sanctions" décidées par le Conseil de sécurité, a-t-il affirmé.

Selon l'ONU, l'ambassadeur nord-coréen Kim Song prévoit mardi une rare conférence de presse au siège des Nations unies pour défendre le point de vue de Pyongyang.

Les autorités américaines ont annoncé en mai avoir saisi le cargo nord-coréen "Wise Honest" (17.000 tonnes), accusé d'avoir violé les sanctions internationales en exportant du charbon et en important des machines. Il se trouvait bloqué depuis un an en Indonésie, son capitaine étant poursuivi par les autorités indonésiennes. Une procédure de saisie avait été lancée par Washington en juillet 2018.

Dans sa lettre, Kim Song demande à Antonio Guterres de prendre des "mesures urgentes" pour aider son pays à récupérer son cargo et ainsi "de contribuer à la stabilité de la péninsule coréenne et de prouver l'impartialité de l'ONU". Selon Pyongyang, la saisie américaine est "un acte illégal et scandaleux", a rapporté l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA.

Le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a affirmé récemment que cette saisie était contraire à l'esprit d'une déclaration commune signée par le président américain et le numéro un nord-coréen lors de leur premier sommet en juin 2018 à Singapour.

La Corée du Nord est sous le coup de multiples sanctions économiques décidées notamment à trois reprises en 2017 à l'initiative des Etats-Unis pour la contraindre à renoncer à ses programmes balistiques et nucléaires.

Syrie: au moins 10 civils tués dans des frappes russes sur Idleb

Un soldat russe en Syrie, à Alep, le 16 août 2018.

Au moins dix civils, dont cinq enfants, ont été tués dans des raids aériens russes sur la province d'Idleb, dernier bastion djihadiste dans le nord-ouest de la Syrie, où l'ONU craint une "catastrophe humanitaire", a affirmé lundi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'armée russe a déclaré que les raids aériens effectués dans la nuit sur la ville de Kafranbel, dans la province d'Idleb, avaient eu lieu en représailles à des tirs de roquettes contre la base aérienne russe de Hmeimim, située non loin du bastion djihadiste.

Selon cette ONG, qui dispose d'un large réseau de sources en Syrie en guerre, cinq enfants, quatre femmes et un homme ont péri dans ces frappes à Kafranbel.

Les bombardements ont eu lieu près d'un hôpital de cette localité, le mettant hors service, d'après l'OSDH.

Un correspondant de l'AFP sur place a constaté qu'au moins cinq maisons près de Kafranbel avaient été totalement ou partiellement endommagées.

Les habitants cherchaient leurs affaires parmi les décombres tandis qu'un jeune homme, couvert de poussière et appuyé contre un mur, était sous le choc après la mort de son père, selon la même source.

Oum Wassel fait-elle partie des survivants. Elle a échappé de justesse à l'attaque aérienne ayant visé sa maison après avoir été invitée à rejoindre ses proches pour rompre le jeûne quotidien du mois de ramadan.

"Je suis rentrée la nuit pour trouver ma maison dévastée", raconte-t-elle.

Les gens "pensaient que j'étais sous les décombres", ajoute cette femme de 72 ans.

- Tués à l'école -

Dimanche, l'armée russe a annoncé que les forces syriennes du président Bachar al-Assad avaient cessé le feu "de manière unilatérale à partir de 00H00 le 18 mai" sur ce bastion djihadiste et rebelle. Mais une ONG a affirmé que les bombardements s'étaient poursuivis en dépit de cette annonce.

Lundi matin, des avions russes ont pilonné le sud de la province d'Idleb, tandis que l'aviation syrienne ciblait le nord de la province de Hama, théâtre d'affrontements intenses, a précisé l'Observatoire.

Depuis fin avril, les forces syriennes et leurs alliés russes ont intensifié les attaques sur la province d'Idleb, zone pourtant dite "de désescalade" depuis septembre, faisant planer la crainte d'une offensive de grande ampleur pour reprendre le contrôle de cette dernière enclave tenue par des groupes djihadistes, dont Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda).

Selon l'ONG Save the Children, 38 enfants ont été tués depuis début avril, dont neuf dans des écoles, sept sur un marché et un à l'hôpital.

"Les écoles, les hôpitaux et les autres infrastructures civiles essentielles doivent être protégés", a plaidé Sonia Khush, directrice de l'ONG en Syrie.

"Les enfants sont particulièrement vulnérables aux impacts des armes explosives, et les parties belligérantes doivent déployer des efforts particuliers pour les protéger", a-t-elle ajouté.

Vendredi, l'ONU a sonné l'alarme sur le risque d'une "catastrophe humanitaire" à Idleb si les violences continuaient, lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité.

"Nous appelons toutes les parties à cesser les hostilités", a déclaré l'Américaine Rosemary DiCarlo, secrétaire générale adjointe de l'ONU pour les Affaires politiques. "On risque la catastrophe humanitaire", a-t-elle averti lors de cette session demandée par la Belgique, l'Allemagne et le Koweït, la deuxième en une semaine.

La Syrie est déchirée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 370.000 morts, et a poussé à la fuite des millions de personnes.

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