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Primaires démocrates : Bernie Sanders remporte les caucus du Nevada

Le sénateur Bernie Sanders avec sa femme Jane, lors d'un meeting de campagne à San Antonio (Texas), le samedi 22 février 2020. (AP Photo/Eric Gay)

Bernie Sanders a largement remporté samedi le vote dans l'Etat américain du Nevada pour la primaire démocrate, s'ancrant fermement dans la position de favori pour aller défier le président républicain Donald Trump à l'élection du 3 novembre.

A 78 ans, le sénateur indépendant au programme nettement marqué à gauche disposait d'un très large avantage, avec 46% des suffrages, sur des résultats encore partiels.

Selon ces résultats issus de la moitié des bureaux de vote, l'ancien vice-président modéré Joe Biden apparaissait en deuxième place (19%) et l'ex-maire de South Bend (Indiana) Pete Buttigieg en troisième position (15%).

Ce dernier a cherché, avec un discours fort, à se présenter en meilleur rempart modéré contre un Bernie Sanders qu'il juge trop à gauche pour pouvoir rassembler les électeurs et battre Donald Trump.

"Le sénateur Sanders croit en une révolution idéologique inflexible, qui oublie la plupart des démocrates, sans parler de la plupart des Américains", a-t-il lancé.

Benjamin et révélation des primaires âgé de 38 ans, il a mis en garde les électeurs démocrates contre le risque de choisir un socialiste pour qui le capitalisme est "à l'origine de tous les maux".

- "Une coalition" Sanders -

Ce troisième round des primaires démocrates place le sénateur socialiste Bernie Sanders, dans une position très favorable avant l'avalanche du "Super Tuesday" le 3 mars, lorsque quatorze Etats voteront.

Triomphant devant la foule venue l'acclamer en criant "Bernie", le sénateur était déjà samedi en campagne dans le Texas, poids lourd avec le Californie des Etats qui voteront pour cette grande journée électorale.

"Nous allons gagner à travers ce pays parce que les Américains en ont assez d'un président qui ment tout le temps", a-t-il déclaré. "Au Nevada, nous avons rassemblé une coalition multi-générationnelle et multi-raciale".

Toujours très populaire chez les jeunes, le septuagénaire est parvenu cette fois à attirer les minorités, l'un de ses points faibles lors de sa tentative ratée de décrocher l'investiture démocrate en 2016 contre Hillary Clinton.

Prônant notamment une profonde réforme du système de santé vers une couverture universelle, ce socialiste revendiqué avait alors été perçu comme trop à gauche par une bonne partie de l'establishment démocrate.

Bernie Sanders est désormais en position de briguer la Maison Blanche pour le parti. Mais la course est encore longue jusqu'à l'investiture démocrate.

Après l'Iowa et le New Hampshire, les candidats démocrates se présentaient dans un Nevada à la population plus diverse, avec un tiers d'habitants hispaniques.

Une différence qui représentait un test pour Pete Buttigieg, qui peine à convaincre les électeurs issus des minorités.

Longtemps grand favori, l'ancien vice-président Joe Biden, 77 ans, s'est réjoui de son résultat dans le Nevada, après deux humiliations lors des premiers votes.

"Et maintenant nous partons pour la Caroline du Sud pour gagner et nous allons reprendre le dessus", a-t-il lancé.

Populaire chez les minorités, l'ex-bras droit de Barack Obama compte faire un bon score la semaine prochaine dans cet Etat du Sud, où les Noirs représentent plus de la moitié de l'électorat démocrate.

Malgré sa quatrième place, avec 10%, la sénatrice progressiste Elizabeth Warren, 70 ans, a assuré qu'elle restait dans la course devant des milliers de partisans samedi soir dans l'Etat de Washington, qui votera en mars.

- Bloomberg absent -

La netteté des résultats en faveur de Bernie Sanders a permis d'éviter le chaos de la publication des résultats de l'Iowa début février qui avaient souffert d'un bug informatique. Ces deux Etats votent par un système de "caucus", des assemblées d'électeurs qui se regroupent sous la bannière de leur candidat.

Bernie Sanders arrivait dans le Nevada déjà fort de deux excellents résultats dans l'Iowa et le New Hampshire. Dans le premier de ces deux Etats, il avait cependant été devancé d'un cheveu par Pete Buttigieg.

De son côté, Donald Trump observe, ironique, la bataille démocrate.

"On dirait que Bernie le Fou fait un bon résultat dans le Grand Etat du Nevada. Biden & les autres ont l'air faibles", a-t-il tweeté samedi soir.

Le multi-milliardaire Michael Bloomberg, 78 ans, fait quant à lui l'impasse sur les premiers Etats pour entrer en lice lors du "Super Tuesday".

Malgré cela, la fortune de l'ancien maire de New York lui a permis de se hisser à la troisième place dans la moyenne des sondages nationaux, à coups de centaines de millions de dollars de spots publicitaires.

Ce qui pousse ses rivaux à accuser cet ex-républicain, qui fait campagne au centre, de vouloir "acheter" l'élection.

Déjà plombé par des accusations polémiques sur son passé, Michael Bloomberg a de plus été fragilisé par une piètre performance lors de son premier débat mercredi.

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Un commandant américain limogé après avoir alerté sur le Covid-19 à bord d'un porte-avions nucléaire

Le USS Theodore Roosevelt à l'entrée du port de Da Nang, au Vietnam, le 5 mars 2020. (Photo: Reuters)

Le commandant du porte-avions nucléaire américain USS Theodore Roosevelt, qui avait lancé un appel aux accents dramatiques pour faire évacuer son navire contaminé par le coronavirus, a été démis de ses fonctions, a annoncé jeudi le secrétaire à l'US Navy, Thomas Modly.

"Nous ne sommes pas en guerre. Il n'y a aucune raison que des marins meurent", avait écrit le capitaine de vaisseau Brett Crozier dans une lettre à sa hiérarchie publiée mardi par le San Francisco Chronicle.

"Nous ne sommes peut-être pas en guerre dans le sens traditionnel du mot, mais nous ne sommes pas non plus complètement en paix", a noté M. Modly au cours d'une conférence de presse. "Et nous demandons à nos commandants de faire preuve de jugement, de maturité, de leadership et de calme sous la pression."

Or le commandant Crozier a "fait preuve d'un très mauvais jugement en période de crise", a-t-il jugé.

Il sera remplacé par son prédécesseur immédiat, le vice-amiral Carlos Sardiello, qui lui avait transmis le commandement du Theodore Roosevelt en novembre dernier et qui connait donc parfaitement le navire.

"Le commandant Crozier a laissé la complexité du défi posé par l'épidémie de Covid à bord prendre le dessus sur son professionnalisme, au moment où le plus urgent était d'agir avec professionnalisme", a estimé M. Modly.

"Je ne doute absolument pas que le commandant Crozier ait fait ce qu'il croyait nécessaire pour le bien-être de son équipage", a-t-il poursuivi.

Mais cette lettre et l'écho qu'elle a recueilli ont "alarmé inutilement les familles de nos marins", a-t-il regretté. Elle a aussi "semé le doute sur les capacités et la sécurité opérationnelles du navire, ce qui aurait pu encourager nos adversaires à en profiter".

"C'est pour ces raisons que j'ai perdu confiance dans sa capacité à continuer à commander ce navire de guerre alors qu'il combat ce virus pour remettre l'équipage sur pied", a-t-il conclu.

Le secrétaire à l'US Navy a souligné que ce n'était pas le fait que le commandant du porte-avion ait lancé une alerte qui méritait son limogeage, mais le fait qu'il ait envoyé un e-mail aussi alarmiste au commandement régional avec une trentaine de personnes en copie.

C'est ce qui a apparemment permis que la lettre soit parvenue au San Francisco Chronicle, a-t-il ajouté sans accuser directement le commandant de l'avoir fait fuiter lui-même.

L'US Navy a commencé à évacuer les trois quarts de l'équipage du Theodore Roosevelt, un porte-avions nucléaire immobilisé à Guam depuis le 28 mars.

Les marins malades ou testés positifs seront placés en quarantaine sur la grande base navale américaine de Guam, qui abrite plusieurs milliers de marins et leurs familles, et ceux qui ne sont pas atteints par le coronavirus dans des hôtels de l'île, pour donner plus d'espace au millier de marins restant à bord et leur permettre de respecter une certaine distanciation sociale.

Le nombre de marins testés positif au Covid-19 est désormais de 114 et "il y en aura probablement des centaines", a indiqué M. Modly, soulignant qu'aucun des marins n'était gravement malade.

Le coronavirus représente un dilemme pour l'armée américaine, qui est fortement mobilisée aux Etats-Unis, où elle participe aux efforts du gouvernement fédéral pour lutter contre l'épidémie, mais qui veut rester opérationnelle pour continuer à démontrer la puissance militaire des Etats-unis à l'étranger.

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