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Vers une décrispation de crise à Miski/Tibesti dans le nord du Tchad

Idriss Deby Itno, président du Tchad, à N'Djamena, le 18 juin 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Deux semaines après l’accord de cessez-le-feu entre les forces gouvernementales et le comité d’autodéfense de Miski, une délégation a rencontré le président Déby à N’Djaména la semaine dernière pour finaliser l'accord de paix.

La rencontre a permis de mettre formellement en exécution, trois points de cet accord. Il s’agit de la libération des membres du comité d’autodéfense fait prisonniers, la levée de blocus militaire de la zone de Miski et la réhabilitation des chefs traditionnels qui ont été limogés il y a environ un an.

La décision avait précipité la crise entre les autorités de N’Djamena et le comité d’autodéfense de Miski.

Le président Déby reçoit une délégation du comité d’autodéfense de Miski
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Molly Sougui, coordonnateur et porte-parole du comité d'autodéfense de Miski, à N’Djaména, le 11 novembre 2019. (VOA/André Kodmadjin)
Molly Sougui, coordonnateur et porte-parole du comité d'autodéfense de Miski, à N’Djaména, le 11 novembre 2019. (VOA/André Kodmadjin)


"Nous avons dépêché une délégation constituée de sept membres du comité d’autodéfense à N’Djamena pour rencontrer le chef de l’Etat et tout va dans le bon sens puisqu’il a décidé d’honorer une bonne partie de nos revendications", a déclaré Molly Sougui, coordonnateur et porte-parole du comité d’autodéfense.

Pour lui, il reste encore deux conditions primordiales notamment les découpages administratifs et l’exploitation anarchique de l’or dans cette zone.

Tout en se félicitant de cet accord qui est un premier pas dans la décrispation de cette crise, le secrétaire général de la Convention tchadienne pour la défense des droits de l’homme (CTDDH,) Mahamat Nour Ibédou, estime que ce document doit servir de base pour gérer les gisements dans d’autres provinces.

Mahamat Nour Ibedou secrétaire général de la CTDDH à N’Djaména, le 11 novembre 2019. (VOA/André Kodmadjin)
Mahamat Nour Ibedou secrétaire général de la CTDDH à N’Djaména, le 11 novembre 2019. (VOA/André Kodmadjin)


Il estime également que cet accord doit servir de base pour la prise d’un acte par le gouvernement afin que tout cela s’applique dans les autres régions ou l’or est apparu comme au Tibesti.

Selon lui, l’or de la province du Batha continue à être exploité au service exclusif de la famille du Chef de l’Etat. La CTDDH craint que pendant que le comité d’autodéfense négocie avec le gouvernement des ordres ne soient donnés pour que des actions militaires puissent être menées par surprise.

Le coordonnateur et porte-parole du comité d’autodéfense, confirme qu’il est hors de question que l’or de Miski soit exploité pour enrichir des individus comme celui de la province du Bathha et le pétrole de Doba au détriment des zones productrices.

"Ce dont nous sommes contre, c’est l’exploitation anarchique de l’or par un groupe de personnes. Nous voulons que l’exploitation se fasse dans un cadre légal de l’Etat et si cela peut contribuer à réduire la pauvreté et à développer le pays, nous on ne voit pas l’inconvénient", martèle Molly Sougui.

Ahmat Ramadan membre de la socité civile et natif du Tbesti à N’Djaména, le 11 novembre 2019. (VOA/André Kodmadjin)
Ahmat Ramadan membre de la socité civile et natif du Tbesti à N’Djaména, le 11 novembre 2019. (VOA/André Kodmadjin)


Ahmat Ramadan, membre de la société civile et natif de la localité affirme que cet accord remet le compteur à zéro.

Pour lui, "il faut attaquer le conflit à la racine en réglant le problème du découpage administratif qui est la source du conflit".

Il demande au gouvernement de respecter ses engagements pour que cette paix soit définitive. Tout dépend du gouvernement tchadien et de sa volonté insiste Ahmat Ramadan.

Il lance un appel à la communauté internationale qui doit "suivre de près cette affaire et accompagner s’il le faut, les deux parties pour que cet accord soit effectif".

Le ministre de la Communication Oumar Yaya Hissein affirme à VOA Afrique que les négociations qui se poursuivent sur le terrain sont encore au niveau préliminaire, et s’abstient de faire tout commentaire.

Toutefois, il informe que les avis des deux parties convergent vers une décrispation de la crise pour ramener la paix définitive dans cette partie du pays.

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De Brazzaville à Djibouti, les principales affaires des "biens mal acquis"

Manifestation contre le président Denis Sassou Nguesso à Brazzaville, République du Congo, le 27 septembre 2015 (LAUDES MARTIAL MBON / AFP)

Rappel des principales affaires des "biens mal acquis", après la condamnation lundi en appel de Teodorin Obiang, fils du président équato-guinéen, à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d'euros d'amende.

- Premières plaintes -

Le 27 mars 2007, trois associations déposent des plaintes visant des chefs d'État africains accusés d'avoir acquis en France un patrimoine considérable avec de l'argent public détourné de leurs pays. L'enquête préliminaire est classée sans suite en novembre.

En décembre 2008, une nouvelle plainte vise le Gabonais Omar Bongo (décédé en 2009), le Congolais Denis Sassou Nguesso et l'Équato-Guinéen Teodoro Obiang Nguema.

La Cour de cassation annonce, deux ans plus tard, que la justice peut enquêter sur le patrimoine des trois chefs d'État et de certains de leurs proches.

- Nombreuses saisies -

Le 28 septembre 2011, des voitures de prestige de la famille Obiang sont saisies dans un immeuble parisien appartenant à son entourage.

Un mandat d'arrêt international est lancé en 2012 contre Teodorin Obiang. La justice saisit son hôtel particulier à Paris, d'une valeur de 100 à 150 millions d'euros.

Il est mis en examen (inculpé) en mars 2014 pour blanchiment de détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et abus de confiance.

En septembre 2015, les juges saisissent plusieurs propriétés, dont une luxueuse demeure dans la région parisienne, soupçonnant un neveu de Sassou Nguesso d'en être le propriétaire. Le président Sassou Nguesso contre-attaque en février 2016, portant plainte pour "escroquerie au jugement".

En avril 2016, sont saisis des biens immobiliers à Paris et Nice, sur la Riviera française, appartenant à la famille du président gabonais Ali Bongo - fils d'Omar Bongo -, ainsi que deux appartements à Paris au nom d'Antoinette Sassou Nguesso, l'épouse du président congolais.

- Mises en examen -

En juin 2016, Rifaat al-Assad, oncle en exil du président syrien Bachar al-Assad, soupçonné de s'être frauduleusement bâti un empire immobilier estimé à 90 millions d'euros en France, est mis en examen.

Le 5 septembre, Teodorin Obiang, vice-président de son pays depuis mai 2012, est renvoyé en correctionnelle.

Le 8 mars 2017, Wilfrid Nguesso, un neveu de Denis Sassou Nguesso, est mis en examen pour "blanchiment de détournement de fonds publics". La fille et le gendre du président, puis un autre neveu et la mère de ce dernier le sont quelques semaines plus tard.

Le 27 août, le juge d'instruction annonce son intention de clore le volet gabonais portant sur la fortune détenue en France par la famille Bongo, sans avoir prononcé aucune mise en examen, prélude donc à non-lieu. Mais quelques mois plus tard, un nouveau juge relance les investigations.

- Obiang condamné -

Le 27 octobre 2017, Teodorin Obiang est condamné à 3 ans de prison avec sursis et 30 millions d'euros d'amende avec sursis. Il fait appel.

En décembre 2018, la justice ouvre une enquête visant l'entourage du président de Djibouti Ismaïl Omar Guelleh, à la suite d'une plainte déposée par l'ONG Sherpa et le Collectif européen de la diaspora djiboutienne (CEDD), sur l'acquisition de propriétés immobilières à Paris.

- Nouveaux procès -

Le 15 avril 2019, la justice renvoie Rifaat al-Assad en correctionnelle pour "blanchiment en bande organisée", fraude fiscale aggravée et détournements de fonds publics syriens. Quatre ans de prison, dix millions d'euros d'amende et la confiscation de ses biens immobiliers français sont requis lors de son procès, en décembre. Le jugement est fixé au 30 avril 2020.

Jugé en appel en décembre, Teodorin Obiang est condamné le 10 février 2020 à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d'euros d'amende, cette fois ferme.

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Une manifestation d'étudiants tchadiens réprimée à N’Djamena

Perturbation des cours dans les campus université de N'Djamena, le 10 février 2020. (VOA/André Kodmadjingar).

Lundi au Tchad, les étudiants ont lancé un mouvement d’humeur après que les autorités n'aient pas réagi à leur ultimatum de trois jours visant à obtenir de meilleures conditions d’études. Une manifestation réprimée par la police.

Dix étudiants se sont évanouis sous le crépitement de gaz lacrymogènes tirés par la police, selon un étudiant rencontré à la faculté d’Ardep-Djoumal, dans le 3e arrondissement de N’Djamena, la capitale. Au moins un autre étudiant aurait été blessé.

A l'origine, les manifestants réclamaient le rétablissement des bourses d’études et de restauration, l’installation d'une connexion wifi dans les campus et l’augmentation du nombre de bus pour leur transport.

Aserpé Dickréo Amos président national de l'UNET, à N'Djamena, le 10 février 2020. (VOA/André Kodmadjingar).
Aserpé Dickréo Amos président national de l'UNET, à N'Djamena, le 10 février 2020. (VOA/André Kodmadjingar).

Déplorant "la violence" des agents de la police, Amos Aserpé Dickréo, le président de l’Union nationale des étudiants tchadiens, demande au gouvernement de prendre en charge les blessés et de libérer les étudiants qui ont été arrêtés.

"Le Tchad est un pays de droit, donc il faudrait que les gens commencent à respecter le droit", lamente Guirayo Jérémie, président du Syndicat national des enseignants et chercheurs du supérieur (SYNECS).

Guirayo Jérémie, président du SYNECS, à N'Djamena, le 10 février 2020. (VOA/André Kodmadjingar).
Guirayo Jérémie, président du SYNECS, à N'Djamena, le 10 février 2020. (VOA/André Kodmadjingar).

Il décrie la descente musclée des forces de l'ordre dans les locaux des universités "au mépris des textes" qui garantissent leur inviolabilité. Le SYNECS est logé dans l’un des bâtiments qui ont été investis par la police.Pour exprimer le mécontentement de ses membres, le syndicat entend organiser une journée de protestation dans la semaine.

Les tentatives de VOA Afrique d’avoir la réaction des autorités rectorales sont restées vaines.

Les responsables de la police affirment que dans de telles manifestations, la police ne peut pas faire la différence entre étudiants et enseignants-chercheurs. Et donc ces enseignants sont brutalisés par confusion.

Pour le réseau des associations qui œuvre pour la protection des enfants, la manière de réprimer les manifestations des étudiants, traumatise non seulement les enfants des établissements primaires et secondaires, mais enfreint au respect de leur intégrité physique et psychologique.

L’opposition tchadienne appelle au respect de l’état de droit

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