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Vents contraires pour le Qatar dans ses zones d'influence

카타르 도하에서 미국과 탈레반, 카타르 대표단들이 평화 협상을 하고 있다.

Déjà ostracisé par des Etats arabes, le Qatar pourrait aussi perdre en influence dans des pays en crise, comme le Soudan et la Libye, au profit de ses principaux rivaux, Ryad et Abou Dhabi, estiment des experts.

La Turquie, un des seuls alliés du Qatar dans la région, est confrontée au même risque, l'axe Doha-Ankara soutenant les mêmes camps dans ces deux pays.

Allié de longue date du Soudan, Doha observe avec un silence gêné la crise à Khartoum, où les militaires au pouvoir depuis la destitution du président Omar el-Béchir, le 11 avril, sont engagés dans des négociations tendues avec les leaders de la contestation populaire.

L'ex-président soudanais, arrivé au pouvoir en 1989 par un coup d'Etat appuyé par des islamistes, a longtemps pu compter sur l'aide économique du Qatar qui forme, avec la Turquie, le principal soutien de groupes islamistes dans la région, en particulier de la mouvance des Frères musulmans.

"Avec la révolution, Doha a perdu de l'influence au Soudan", dit à l'AFP Andreas Krieg, professeur au King's College de Londres. Le nouvel homme fort du Soudan, le général Abdel Fattah al-Burhane, "a des liens plus étroits avec Abou Dhabi qu'avec Doha."

Grand rivaux de Doha, les Emirats arabes unis et l'Arabie saoudite s'étaient déjà rapprochés ces dernières années des dirigeants soudanais. Khartoum a notamment envoyé des centaines de soldats rejoindre les rangs de la coalition menée depuis 2015 par Ryad au Yémen en soutien aux forces progouvernementales.

Abou Dhabi et Ryad misent sur les militaires actuellement au pouvoir au Soudan pour "consolider un contrôle sur le long terme dans ce pays", affirme M. Krieg.

Selon l'agence officielle saoudienne SPA, le chef-adjoint du Conseil militaire soudanais, Mohamad Hamdan Daglo, a été reçu jeudi par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à Jeddah, dans l'ouest du royaume.

Au cours de cette rencontre, il a notamment remercié le royaume pour son aide économique et l'a assurée du "soutien" du Soudan "contre toutes les menaces et attaques de l'Iran et des milices Houthis" yéménites, selon un communiqué du conseil militaire soudanais.

"Il y a au Soudan une lutte de pouvoir et d'influence entre les militaires favorables au camp Qatar-Turquie et ceux plus enclins à s'allier au camp Arabie-Emirats", déclare Mathieu Guidère, professeur à l'Université de Paris-VIII et spécialiste du monde arabe.

- "Champ de bataille" -

Préoccupés par l'instabilité à Khartoum et par les conséquences sur leurs intérêts, Ryad et Abou Dhabi ont annoncé une aide conjointe de trois milliards de dollars et ont déjà déposé 250 millions chacun à la Banque centrale du Soudan.

Les deux pétromonarchies sont allergiques aux bouleversements incontrôlés comme ceux ayant plongé en 2011 la Libye dans le chaos ou abouti en Egypte à la montée des Frères musulmans, leur "bête noire".

C'est d'ailleurs sur cette confrérie islamiste que se cristallise en partie la dispute entre le Qatar et ses voisins. En juin 2017, l'Arabie saoudite, les Emirats, Bahreïn et l'Egypte ont rompu leurs relations avec l'émirat gazier, l'accusant de soutenir des groupes extrémistes, ce qu'il nie.

Pour les leaders de la contestation au Soudan, ni l'axe Ryad-Abou Dhabi ni l'axe Doha-Ankara ne devraient jouer un rôle dans l'avenir de leur pays.

"Le changement (politique) a été amené par le peuple soudanais et n'a rien à voir avec tout autre pays", affirme un des meneurs du mouvement sous le couvert de l'anonymat, accusant les pays du Golfe de vouloir utiliser le Soudan comme "champ de bataille".

"Nous voulons une relation équilibrée avec les pays de la région", insiste-t-il.

- "Désenclavement diplomatique" -

Le Qatar est également confronté à l'engagement croissant de ses ennemis en Libye, autre zone d'influence.

Si Doha et Ankara soutiennent le Gouvernement d'union nationale libyen (GNA), reconnu par l'ONU, Ryad et Abou Dhabi sont proches du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'est libyen qui a lancé début avril une offensive contre Tripoli, où siège le GNA.

Les combats entre forces pro-GNA et pro-Haftar ont fait au moins 510 morts, selon un bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le maréchal Haftar est accusé par ses détracteurs de recevoir un soutien militaire des Emirats et de l'Egypte. Il accuse en retour la Turquie et le Qatar de fournir des armes à ses rivaux.

"Six à dix pays interfèrent" en Libye, a déploré mercredi à New York l'émissaire de l'ONU, Ghassan Salamé. Ce soutien peut consister en "livraison d'armes" et peut aller "jusqu'à intervenir directement", a-t-il ajouté.

Le Soudan et la Libye "sont devenus des champs d'affrontements entre puissances rivales du Golfe", dit Karim Bitar, de l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris). Celles-ci "se livrent un bras de fer militaire en Libye", et "économique et financier au Soudan", selon lui.

Ces deux pays assuraient à Doha un "désenclavement diplomatique". Mais "l'engagement de l'Arabie saoudite et des Emirats en Libye et leur rapprochement avec le Soudan risquent de réduire l'influence du Qatar et d'aggraver son isolement" régional, estime M. Guidère.

Selon M. Bitar, les grands perdants restent les pays où se jouent cette rivalité car "les guerres par procuration qataro-saoudiennes prolongent et aggravent les crises" soudanaise et libyenne.

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L'OMS suspend les essais cliniques relatifs au Coronavirus

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé assiste à la 73e Assemblée mondiale de la santé virtuelle lors de l'épidémie de coronavirus à Genève, le 19 mai 2020.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé lundi avoir suspendu "temporairement" les essais cliniques avec l'hydroxychloroquine qu'elle mène avec ses partenaires dans plusieurs pays, par mesure de précaution.

Cette décision fait suite à la publication d'une étude vendredi dans la revue médicale The Lancet jugeant inefficace voire néfaste le recours à la chloroquine ou à ses dérivés comme l'hydroxychloroquine contre le Covid-19, a indiqué le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d'une conférence de presse virtuelle, précisant que la suspension avait été décidée samedi.

L'OMS a lancé il y a plus de deux mois des essais cliniques portant notamment sur l'hydroxychloroquine, baptisés "Solidarité", dans le but de trouver un traitement efficace contre le Covid-19.

Actuellement, "plus de 400 hôpitaux dans 35 pays recrutent activement des patients et près de 3.500 patients ont été recrutés dans 17 pays", a expliqué le patron de l'OMS.

Or, selon la vaste étude parue dans The Lancet, ni la chloroquine, ni son dérivé l'hydroxychloroquine ne se montrent efficaces contre le Covid-19 chez les malades hospitalisés, et ces molécules augmentent même le risque de décès et d'arythmie cardiaque.

L'étude a analysé des données d'environ 96.000 patients infectés par le virus SARS-CoV-2 admis dans 671 hôpitaux entre le 20 décembre 2019 et le 14 avril 2020, sortis ou décédés depuis. Environ 15.000 d'entre eux ont reçu l'une des quatre combinaisons (chloroquine seule ou associée à l'antibiotique, hydroxychloroquine seule ou associée à ce même antibiotique), puis ces quatre groupes ont été comparés aux 81.000 malades du groupe témoin n'ayant pas reçu ce traitement.

Les essais menées par l'OMS et ses partenaires concernant l'hydroxychloroquine seront suspendus le temps que "les données" recueillies par les essais Solidarité "soient examinées", a indiqué M. Tedros.

"Il s'agit d'une mesure temporaire", a précisé la Dr. Soumya Swaminathan, en charge du département Scientifique à l'OMS.

L'hydroxychloroquine est un dérivé de la chloroquine, prescrite depuis plusieurs décennies contre le paludisme. Connue en France sous le nom de Plaquénil, l'hydroxychloroquine est prescrit contre le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde.

L'hydroxychloroquine connaît depuis fin février une notoriété inédite depuis que le professeur français Didier Raoult a rendu publiques plusieurs études, qui selon lui montrent une efficacité de l'hydroxychloroquine associée à un antibiotique, l'azithromycine.

L'effervescence autour de l'hydroxychloroquine a connu un regain lorsque le président américain Donald Trump s'en est fait l'apôtre, au point d'en prendre lui-même quotidiennement à titre préventif.

Au Brésil, le président Jair Bolsonaro est convaincu de ses effets, au point que le ministère de la Santé a recommandé son usage pour tous les patients légèrement atteints.

Lundi, le chef de l'OMS a tenu à rappeler qu'hydroxychloroquine et chloroquine "sont reconnus comme généralement sûrs pour les patients atteints de maladies auto-immunes ou de paludisme".

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