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Venezuela: Pence réclame à l'ONU de reconnaître Guaido comme dirigeant

Le vice-président des États-Unis, Mike Pence, au centre, devant le Conseil de sécurité des Nations Unies lors d'une réunion sur le Venezuela, le mercredi 10 avril 2019, au siège de l'ONU. (Photo AP / Bebeto Matthews)

Le vice-président américain Mike Pence a demandé mercredi à l'ONU de reconnaître l'opposant Juan Guaido comme le dirigeant du Venezuela et a réclamé le départ de Nicolas Maduro, s'attirant aussitôt les foudres de la Russie qui a dénoncé des "ingérences" destinées "à renverser son régime".

Evoquant devant le Conseil de sécurité, lors d'une réunion demandée par Washington, "un Etat en déroute", Mike Pence a précisé que Washington était en train de rédiger un projet de résolution pour cette reconnaissance par les Nations unies, qui inclurait une révocation de l'ambassadeur actuel.

Il pourrait être présenté à l'Assemblée générale de l'ONU, où la Russie et la Chine, soutiens du président vénézuélien Nicolas Maduro, n'ont pas de droit de veto.

S'adressant au représentant du Venezuela, Samuel Moncada, qui tapotait sur son téléphone portable, le vice-président américain lui a lancé qu'il ferait mieux de rentrer dans son pays dire à Nicolas Maduro que "son heure était comptée". Il "doit partir", a-t-il insisté.

En rappelant les sanctions individuelles déjà prises par Washington à l'encontre de responsables vénézuéliens, Mike Pence a aussi annoncé que Donald Trump allait "adopter prochainement des sanctions contre Cuba pour sanctionner son influence négative au Venezuela".

Washington va augmenter de 60 millions de dollars son assistance humanitaire aux Vénézuéliens, a-t-il également précisé.

- "Sécurité internationale" -

"C'est un nouvel épisode du spectacle destiné à renverser le régime" de Nicolas Maduro, s'est insurgé l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, alors que Mike Pence avait déjà quitté la salle du Conseil. "Si vous souhaitez rendre leur grandeur aux Etats-Unis, ce que nous souhaitons tous, arrêtez les ingérences", a lancé le diplomate russe.

La Chine a aussi affirmé son opposition à "toute ingérence" au Venezuela, comme à "toute intervention militaire" dans ce pays.

L'ambassadeur vénézuélien Samuel Moncada a accusé les Etats-Unis et le Royaume-Uni de détruire l'économie de son pays. "Nous devons arrêter cette guerre menée par Donald Trump", a-t-il dit.

Depuis le début de l'année, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est montré incapable de s'entendre sur une ligne commune à l'égard du Venezuela. Chaque mois ou presque, les Etats-Unis y envoient des responsables pour tenter de rassembler davantage de soutiens à Juan Guaido.

En janvier, le secrétaire d'Etat Mike Pompeo avait fait le déplacement, suivi en février de l'envoyé spécial américain Elliott Abrams. Ce mercredi, "c'est Mike Pence, la prochaine fois ce sera Donald Trump?", ironise un diplomate sous couvert d'anonymat.

Fin février, deux projets de résolution concurrents avaient été rejetés par le Conseil de sécurité, illustrant la profonde division de la communauté internationale.

Celui des Etats-Unis, demandant une élection présidentielle, avait fait l'objet d'un double veto russo-chinois et d'un vote contre de l'Afrique du Sud. Celui de la Russie pour dénoncer les menaces américaines de recourir à la force n'avait eu que quatre soutiens (Russie, Chine, Afrique du Sud, Guinée équatoriale).

- "Crise humanitaire" -

La réunion du Conseil de sécurité était consacrée à l'aide humanitaire alors que, selon l'ONU, sept millions de personnes --près du quart de la population vénézuélienne-- manquent de nourriture et de soins médicaux.

La capitale Caracas et une grande partie du Venezuela ont été à nouveau plongées dans le noir dans la nuit de mardi à mercredi en raison d'une nouvelle panne d'électricité.

Juan Guaido a appelé le pays à manifester à nouveau ce mercredi.

Nicolas Maduro, qui conserve l'appui de l'armée, a rendu les sanctions américaines responsables des problèmes économiques de son pays, mais son opposant estime que c'est l'incurie du gouvernement qui est à blâmer.

La "crise humanitaire" a poussé, selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR), 3,4 millions de Vénézuéliens à quitter le pays pour une quinzaine d'Etats de la région. Ces migrants ou réfugiés ont fui pour des problèmes de sous-alimentation, à la recherche de médicaments pour des maladies chroniques ou en raison de la violence et de l'insécurité, relève le HCR.

Avec AFP

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