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Venezuela: Guaido part à la frontière colombienne pour faire entrer l'aide humanitaire

L'opposant Juan Guaido, 35 ans, qui s’est auto-proclamé président du Vénézuela.

L'opposant Juan Guaido part jeudi avec un convoi de ses partisans à la frontière avec la Colombie, pour tenter de faire entrer au Venezuela l'aide humanitaire envoyée par les Etats-Unis, bloquée par l'armée fidèle au président Nicolas Maduro.

"Des députés de l'Assemblée nationale (dominée par l'opposition au président Maduro, NDLR) accompagneront le président Juan Guaido au sein du convoi", indique un message envoyé aux journalistes par le service de presse de M. Guaido.

Auparavant, M. Guaido avait affiché sa détermination de briser le blocus militaire du pays imposé par Nicolas Maduro.

"Par mer, par terre (...) Nous devons ouvrir un corridor humanitaire quoi qu'il arrive", avait lancé le chef de file de l'opposition devant des dizaines de routiers et chauffeurs de bus réunis dans l'est de Caracas pour offrir leur appui, samedi, à l'opération d'acheminement de l'aide humanitaire stockée aux portes du Venezuela.

José Figueroa, 60 ans, chauffeur de bus privé, prévoit de quitter Caracas dans les prochains jours dans un convoi d'une trentaine véhicules. "Ce sera très difficile (samedi). Mais une balle vous tue plus vite que la faim", dit-il.

Reconnu comme président par intérim par une cinquantaine de pays, Juan Guaido a expliqué que des brigades de volontaires se rendraient en "caravanes" en différents points de l'Etat de Tachira (ouest), frontalier avec la Colombie, et celui de Bolivar (sud), frontalier avec le Brésil.

L'opposant de 35 ans a également mentionné les ports de Cabello et de La Guaira, les deux principaux du pays.

Comme un symbole du bras de fer qui se joue autour de l'entrée de l'aide humanitaire entre Nicolas Guaido et le président Nicolas Maduro, deux concerts, l'un pour demander l'acheminement de l'aide, l'autre pour la refuser, auront lieu la veille du jour "J", à quelque 300 mètres de distance.

- Concerts face à face -

Destiné à recueillir des dons pour la population vénézuélienne, l'un des concerts --avec plusieurs vedettes internationales annoncées -- organisé par le milliardaire britannique Richard Branson, aura lieu dans la ville colombienne de Cucuta, non loin du pont de Tienditas, bloqué depuis deux semaines par les autorités vénézuéliennes.

Le président du Paraguay, Mario Abdo, a annoncé mercredi sa présence à ce concert en signe "de solidarité (...) avec la défense de la démocratie au Venezuela".

D'abord annoncé sur un autre pont frontalier, le contre-concert organisé par le gouvernement se déroulera finalement sur ce même pont, du côté vénézuélien, a annoncé mercredi Diaro Vivas, un responsable chaviste. Ce pont assure la liaison entre Ureña (Venezuela) et Cucuta, où de l'aide d'urgence américaine est entreposée depuis le 7 février.

Des manifestations pro-Guaido et pro-Maduro sont également prévues dans tout le pays samedi, journée qui s'annonce sous haute tension.

En prévision de cette situation de crise, la compagnie Air France a suspendu mercredi et au moins jusqu'à lundi ses vols à destination de Caracas.

"Même s'ils pointent leurs armes vers nous (....) nous n'avons pas peur, la poitrine découverte, nous continuerons à descendre dans la rue, réclamant la liberté pour tout le Venezuela", a lancé Juan Guaido.

La grande inconnue reste toujours la façon dont l'opposant et ses partisans comptent rompre le blocus militaire que le gouvernement ne cesse de renforcer. Le chef de l'Etat refuse catégoriquement toute entrée d'aide d'urgence qu'il qualifie de "show politique" de l'opposition et des Etats-Unis.

Mercredi, après avoir annoncé la suspension des vols et liaisons maritimes avec les îles néerlandaises d'Aruba, Bonaire et Curaçao -- cette dernière devant abriter de l'aide en provenance de Miami -- le gouvernement à interdit à toute embarcation de quitter les ports du pays.

- "Outil de négociation" -

Juan Guaido a tenté une énième fois de convaincre les militaires, soutien clé du pouvoir chaviste, de se ranger derrière lui. "Messieurs de l'armée (...) Les gens veulent vous voir aider à livrer ces caisses aux hôpitaux", a-t-il déclaré.

Réunis mercredi à Miami, des responsables militaires américains et colombiens ont encore accentué la pression, exhortant leurs homologues vénézuéliens à "faire ce qu'il faut".

De son côté, l'ONG Amnesty International a appelé Nicolas Maduro à reconnaître la gravité de la crise socio-économique qui frappe le pays et à autoriser l'entrée de l'aide humanitaire. Elle a toutefois mis en garde contre l'utilisation des besoins de la population "comme outil de négociation politique".

Le pont de Tienditas, où doivent avoir lieu les concerts rivaux, n'est toutefois pas le seul point de passage dans la zone. Le plus important, le pont Simon Bolivar, reste ouvert au piétons.

Frappés de plein fouet par une hyperinflation record, des centaines de Vénézuéliens traversent chaque jour la frontière à cet endroit avec des cargaisons illégales, selon la police colombienne.

"Nous n'excluons rien du tout ", a dit M. Guaido interrogé pour savoir si l'aide pourrait entrer par ce type de voies alternatives.

"A cette frontière, entrent et sortent quotidiennement des marchandises au nez et à la barbe des autorités des deux pays: à travers la montagne, par des sentiers, par le fleuve. Il n'y a aucune manière de contrôler si ces personnes emmènent un sac d'aide humanitaire", relève l'analyste Luis Vicente León.

Avec AFP

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Washington sanctionne une société chinoise accusée de soutenir la censure au Venezuela

Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, montre lors d'une apparition télévisée des équipements saisis, Caracas, 4 mai 2020.

Les États-Unis ont annoncé lundi des sanctions contre une grande société publique chinoise spécialisée dans l'électronique, accusée d'aider le Venezuela à censurer les détracteurs du pouvoir sur internet.

Le Trésor américain va geler les éventuels avoirs aux États-Unis de la China National Electronics Import and Export Corporation (CEIEC) et de toute entreprise dont la compagnie d'État détiendrait au moins 50% du capital. Ces sanctions leur bloquent aussi l'accès au système financier américain.

Selon Washington, la CEIEC apporte son expertise à l'entreprise publique de télécommunications du Venezuela, qui a bloqué des médias indépendants ainsi que des retransmissions en streaming du chef de l'opposition Juan Guaido, reconnu comme président par intérim par le gouvernement américain et de nombreux autres pays européens et sud-américains.

La société chinoise offre, d'après le Trésor américain, une "version commerciale du +Great Firewall+ de Pékin" -- jeu de mots sur la Grande Muraille de Chine (Great Wall) et le pare-feu (firewall) pour décrire le filtre mis en place par le pouvoir communiste afin d'éviter tout accès des Chinois à des informations qu'il juge politiquement sensibles.

"Les États-Unis n'hésiteront pas à viser tous ceux qui étouffent la volonté démocratique des Vénézuéliens et d'autres à travers le monde", a prévenu le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin dans un communiqué.

La Chine est un des principaux soutiens et partenaires commerciaux du Venezuela du président Nicolas Maduro, qui résiste à la pression économique de Washington pour le chasser du pouvoir.

Caracas organise dimanche des élections législatives à l'occasion desquelles le dirigeant socialiste espère reprendre le contrôle de l'Assemblée nationale, seule institution contrôlée par l'opposition.

Juan Guaido appelle au boycott de ce qu'il considère, à l'instar de nombreux observateurs internationaux, comme un processus truqué.

Selon le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, la CEIEC "soutient les efforts vicieux du régime Maduro pour réprimer la contestation politique et saper les processus démocratiques depuis 2017".

"Les tentatives désespérées de Maduro pour manipuler les processus démocratiques montrent sans l'ombre d'un doute que toute élection organisée par un régime illégitime ne sera ni libre ni juste, à commencer par les élections parlementaires du 6 décembre", a-t-il affirmé dans un communiqué.

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