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Ce que l'on sait des réformes de Nicolas Maduro au Venezuela

Le président vénézuélien Nicolas Maduro tient un billet de banque de la nouvelle monnaie vénézuélienne Bolivar Soberano (Souverain Bolivar), lors d'une réunion avec les ministres au palais Miraflores à Caracas, Venezuela, le 17 août 2018.

Monnaie indexée sur une cryptomonnaie, nouveaux billets avec cinq zéros en moins, salaire minimum multiplié par 34, dévaluation de la monnaie de 96%, et changement de système pour le prix de l'essence : le gouvernement vénézuélien met en oeuvre une série de réformes économiques.

Dévaluation et indexation

Après le lancement lundi de nouveaux billets amputés de cinq zéros, le gouvernement vénézuélien a dévoilé mardi le second volet de son plan de relance économique qui dévalue de 96% sa monnaie, dont le nouveau nom est le bolivar souverain, par rapport au dollar.

La Banque centrale a indiqué mardi que le nouveau taux officiel était de 60 bolivars souverains pour un dollar, et de 68,65 pour un euro.

Le chef de l'Etat Nicolas Maduro a annoncé que le bolivar souverain était indexé à la valeur du petro, la cryptomonnaie vénézuélienne avec laquelle le gouvernement entend contourner le manque de liquidités et les sanctions financières de Etats-Unis.

C'est la première fois qu'un pays adosse sa monnaie sur une cryptomonnaie. Les prix et les salaires seront fixés dans ces deux monnaies.

Chaque petro, selon le dirigeant socialiste, équivaut à environ 60 dollars, sur la base du prix du baril de pétrole vénézuélien, soit 3.600 bolivars souverains.

Salaire multiplié

Nicolas Maduro a annoncé vendredi soir la multiplication par 34 du salaire minimum mensuel à compter du 1er septembre. Il s'élèvera alors à un demi petro, soit 1.800 bolivars souverains, contre l'équivalent de 52 bolivars souverains avant la hausse.

Depuis le lancement en mars du Petro, les transactions avec cette cryptomonnaie sont quasi nulles et le petro reste introuvable dans les bureaux de change en ligne.

En outre, les Etats-Unis ont interdit les transactions avec cette cryptomonnaie, dans le cadre de leurs sanctions.

Le dirigent vénézuélien a annoncé que l'Etat assumerait pendant 90 jours le "différentiel" de l'augmentation du salaire minimum pour toutes "les petites et moyennes industries", sans en préciser les modalités.

Cinq zéros en moins

Depuis lundi, les nouveaux billets qui comptent cinq zéros en moins que le bolivar fort, l'ancienne monnaie, sont entrés en circulation.

La plus grosse coupure est de 500 bolivars souverains, l'équivalent de 50 millions de bolivars anciens (environ 7 dollars au marché noir, la référence de facto). La pièce la plus petite sera de 50 centimes.

Dans les rues de Caracas, de longues files étaient visibles aux distributeurs de billets et les Vénézuéliens commençaient à échanger avec leur nouvelle monnaie.

Contrôle des changes assoupli

Depuis lundi, est abrogée la loi qui prévoyait des amendes et des peines allant jusqu'à 15 ans de prison pour les auteurs d'opérations de change réalisées en marge du très rigide contrôle exercé par l'Etat depuis 2003.

Les Vénézuéliens ont désormais trois options pour échanger des dollars.

Pour les petits montants, ils peuvent se rendre dans des bureaux de change "autorisés", dont 300 doivent ouvrir à terme selon les autorités.

Ils peuvent aussi se tourner vers les banques qui sont désormais autorisées à acheter des dollars à des particuliers mais pas à en vendre, a annoncé le gouvernement. Les établissements bancaires ne peuvent revendre les dollars qu'à la Banque Centrale.

Enfin, pour les sommes plus importantes, il existe un système d'enchères en ligne, alimentés par de seuls fonds privés. Là, pas de plafond pour vendre ses dollars, en revanche, pour en acheter, la limite est de 500 dollars par mois pour les particuliers et de 400.000 dollars par mois pour les entreprises.

La première vente aux enchères, initialement prévue mardi, selon le gouvernement, devrait finalement avoir lieu mercredi.

Prix de l'essence

Toujours dans cet objectif de trouver des liquidités, le président Maduro va aussi augmenter le prix de l'essence, qui était jusqu'ici la moins chère du monde. Le carburant restera subventionné pour les seuls détenteurs d'un carnet de la patrie, carte qui donne accès aux aides de l'Etat. L'opposition dénonce un renforcement du mécanisme de contrôle social.

Les Vénézuéliens ont jusqu'au 30 août, nouveau délai fixé par le gouvernement, pour faire recenser leur véhicule.

Ceux qui refuseront de le faire devront payer l'essence au "prix international", a prévenu Nicolas Maduro, sans préciser ce qu'il entendait par là. Le ministre de la Communication Jorge Rodriguez a annoncé que le nouveau système entrera en vigueur la dernière semaine de septembre.

Actuellement, avec un dollar échangé au marché noir, un Vénézuélien peut s'acheter près de sept millions de litres d'essence, à un bolivar l'unité, mais seulement 1,5 litre de Coca-Cola.

Avec AFP

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Trump ira à Londres pour les 70 ans de l'Otan, en pleine campagne britannique

Election 2020 Trump

Le président des Etats-Unis Donald Trump participera début décembre au sommet des 70 ans de l'Otan à Londres, où il se trouvera ainsi au moment de la dernière ligne droite de la campagne d'élections législatives cruciales pour le Brexit.

Le sommet organisé au Royaume-Uni les 3 et 4 décembre se tiendra dans un golf de luxe près de la capitale britannique. Le milliardaire républicain et son épouse Melania Trump se rendront aussi à la réception donnée à cette occasion par la reine Elizabeth II au Palais de Buckingham, a annoncé vendredi la Maison Blanche.

Détracteur constant de l'Otan, le président américain a parfois semblé remettre en cause l'utilité même, et les principes cardinaux, de l'Alliance atlantique née en 1949 pour contrer l'Union soviétique au début de la Guerre froide. Il n'a cessé de bousculer les Alliés pour qu'ils mettent davantage la main au portefeuille au lieu de se reposer sur le colossal budget de la défense américaine, notamment l'Allemagne, accusée d'être le mauvais élève en termes d'effort militaire.

Mais ces derniers mois, Donald Trump a quelque peu mis ses critiques en sourdine, insistant, comme le fait la Maison Blanche dans son communiqué de vendredi, sur les "progrès sans précédent réalisés par l'Alliance pour mieux partager le fardeau financier, avec notamment plus de cent milliards de dollars de nouvelles dépenses de défense depuis 2016". Des progrès dont l'ex-homme d'affaires attribue la paternité à sa propre ténacité.

"Soixante-dix après sa création, l'Otan demeure l'alliance avec le plus grand nombre de succès à son actif dans l'Histoire, garantissant la sécurité, la prospérité et la liberté de ses membres", a souligné la présidence américaine.

- Soutien à Boris Johnson? -

"Le président mettra aussi l'accent sur la nécessité pour l'Otan de se préparer aux menaces de demain, y compris celles émanant du cyberespace, celles qui touchent nos infrastructures critiques et nos réseaux de télécommunications, et celles que pose le terrorisme", a-t-elle ajouté.

Au-delà du ton qu'il décidera d'employer à l'occasion de cet anniversaire en grande pompe, la visite de Donald Trump sera aussi scrutée à la lumière des élections britanniques du 12 décembre.

A moins de dix jours d'un scrutin sous forme de quitte ou double pour son "ami" Boris Johnson, va-t-il en profiter pour lui apporter un soutien appuyé? Le Premier ministre conservateur, champion du Brexit, espère décrocher la majorité absolue qui lui manque au Parlement pour faire adopter son accord de divorce négocié avec l'Union européenne.

Par le passé, le président américain n'a pas caché tout le bien qu'il pensait de "Boris", dont il a même relevé qu'on le surnommait parfois "le Trump britannique". Il lui a promis un "magnifique" accord commercial bilatéral après la sortie de l'UE, argument de poids des partisans du Brexit pour garantir que l'économie britannique ne souffrira pas de la séparation.

Mais récemment, le milliardaire républicain, qui affiche aussi sa sympathie pour l'europhobe Nigel Farage, s'est montré plus réservé par le contrat de divorce négocié par Boris Johnson avec Bruxelles, jugeant qu'il compromettait la possibilité d'un accord de libre-échange américano-britannique.

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump se retrouve au Royaume-Uni dans une phase cruciale de la politique britannique.

Début juin, il s'y était rendu juste avant la démission de la Première ministre Theresa May, qu'il n'avait cessé de tacler dans les mois précédents. Il en avait profité pour courtiser les candidats à sa succession, Boris Johnson en tête.

L'ONU tente le pari de stériliser les moustiques pour combattre des maladies

Un assistant de laboratoire examinant des échantillons de moustiques à l'Institut Pasteur dans le sud du Vietnam. La dengue ravage l'Asie du S-E en partie à cause de la hausse des températures et de la faible immunité contre les nouvelles souches. 21 août 2019 (Photo de Nhac NGU

L'ONU a indiqué jeudi qu'elle allait examiner s'il était possible de combattre des maladies comme la dengue ou Zika en réduisant le nombre de moustiques dans le monde, en traquant et stérilisant les mâles.

Le constat de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) est sans appel: les moustiques font partie des animaux les plus dangereux par le nombre de décès qu'ils provoquent dans le monde. L'infection à virus Zika, la dengue, le chikungunya et la fièvre jaune sont ainsi quatre maladies transmises à l'homme par la même espèce de moustique, appelé Aedes aegypti.

La suppression de la population d'insectes – selon la technique dite de l'insecte stérile (TIS) – est une méthode utilisée dans l'agriculture depuis plus de cinquante ans pour lutter contre les ravageurs. Elle consiste à disséminer des insectes élevés en laboratoire et rendus stériles par irradiation.

Les moustiques mâles stérilisés pourront s'accoupler mais pas se reproduire. Des tests ont déjà permis de constater que cette technique permettait de réduire la population des moustiques, mais les scientifiques ne savent pas encore si cela peut avoir une incidence sur la transmission des maladies.

Appliquer cette technique pour tenter de limiter la transmission de maladies "pourrait être réellement significatif", a déclaré Florence Fouque, qui travaille au sein du Programme spécial de l'ONU sur la recherche et de formation concernant les maladies tropicales (TDR).

Le TDR, en association avec l'OMS, l'Agence internationale de l'énergie atomique et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation, a élaboré un programme pilote à l'intention des pays intéressés à utiliser la technique de stérilisation des moustiques.

Les pays sélectionnés devraient être connus début 2020 et les tests devraient durer plusieurs années, a expliqué Mme Fouque, lors d'une conférence de presse à Genève.

Selon l'OMS, la capacité des moustiques à être porteurs de maladies et à les transmettre aux êtres humains entraîne des centaines de milliers de morts chaque année.

Rien qu'en 2017, le paludisme a été responsable à lui seul de 435.000 morts. L'incidence mondiale de la dengue a elle progressé de manière spectaculaire au cours des dernières décennies. Environ, la moitié de la population mondiale est exposée au risque.

Environ trois millions de cas de dengue sont déclarés chaque année dans plus d'une centaine de pays, un chiffre qui ne représente que 20% des cas réels, a indiqué Raman Velayudhan, coordinateur du Département des maladies tropicales négligées à l'OMS.

L'OMS espère que l'utilisation de la technique de stérilisation des moustiques réduira le nombre de cas de dengue "d'au moins 25% entre 2025 et 2030", a-t-il détaillé.

L'Australie sur le pied de guerre pour faire face aux incendies

La ville de Sydney est enveloppée par une fumée provenant d'incendies dans le nord de la ville, en Australie, le 11 novembre 2019.

Des milliers de pompiers ont été déployés mardi dans l'est de l'Australie pour faire face aux incendies qui devraient s'intensifier en raison d'une combinaison de facteurs: des vents violents, des températures caniculaires et une végétation sèche.

Alors que des dizaines de feux de brousse n'étaient toujours pas maîtrisés, des températures atteignant les 40 degrés, des vents soufflant à 60 km/h sont attendus dans certaines régions de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est).

Les pompiers ont prévenu qu'une vaste région située autour de Sydney était menacée par ces conditions "hors normes".

Depuis vendredi, les incendies sur la côte est de l'Australie ont déjà fait trois morts, détruit plus de 150 habitations et contraint des milliers d'habitants à fuir.

Shane Fitzsimmons, responsable des pompiers de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est), a affirmé que dans les conditions actuelles, "si un incendie se déclare et s'établit ... nous ne l'arrêterons pas".

"Nous avons déjà d'importants incendies sur la côte nord de la Nouvelle-Galles du Sud. Certains couvrent à eux seuls une superficie de plus de 100.000 hectares, soit un périmètre d'un millier de kilomètres", a-t-il ajouté.

Les vents qui soufflent d'ouest en est et la végétation qui souffre d'une intense sécheresse risquent de propager les feux de brousse en direction des foyers de population vivant sur le littoral.

A titre préventif, environ 600 écoles ont été fermées, ainsi que de nombreux parcs nationaux et, par endroits, les habitants ont été invités à envisager de quitter leurs domiciles.

La police et l'armée apportent un appui logistique aux pompiers qui ont également reçu le soutien aérien de plus de 80 appareils.

"Maintenant, il est temps de réfléchir à partir, partez tôt et allez dans un endroit sûr", a conseillé M. Fitzsimmons.

Le rallye d'Australie, dernière manche du championnat du monde des rallyes de la FIA, qui devait débuter jeudi en Nouvelle-Galles du Sud, a été annulé mardi par les organisateurs.

"Il n'est pas opportun d'organiser le rallye", a déclaré dans un communiqué Andrew Papadopoulos, le président de cet événement, invoquant notamment des raisons de sécurité.

- "Les feux sont partout" -

Dans la petite ville de Taree, au nord de Sydney, des dizaines de personnes ont trouvé refuge dans un parc d'exposition.

Caroline Watson, 59 ans, est arrivée lundi soir avec son époux et leur chien.

"Les feux sont absolument partout ", a-t-elle dit à l'AFP. "Ils ne nous ont pas demandé de partir, mais on s'est dit que ça viendrait."

Dans les Blue Mountains, à l'ouest de Sydney, Alan Gardiner, un pompier de Winmalee, a indiqué que les habitants étaient "terrifiés et à bout de forces".

La ville porte encore les stigmates de l'incendie de 2013 qui avait détruit 200 habitations et la population est parfaitement consciente du fait, qu'en raison du peu d'axes routiers dans cette zone montagneuse, ils doivent envisager de partir avant qu'il ne soit trop tard.

Mais M. Gardiner veut encore croire que "la journée sera très calme. (...) S'il y a un incendie, ce sera catastrophique".

Les autorités ne pensent pas que la ville de Sydney, qui compte plus de quatre millions d'habitants, soit menacée mais elles ont lancé une alerte sanitaire en raison de l'épais nuage de fumée toxique qui recouvre la ville.

La présence de ces nuages de fumée, liés aux incendies de la semaine dernière, a été signalée jusqu'en Nouvelle-Calédonie, à près de 1.500 kilomètres de l'autre côté de la mer.

Sue Johnson, qui vit dans le nord de Sydney, a participé à l'évacuation de chevaux qui se trouvaient dans des zones menacées aux environs de Sydney.

"J'ai emmené deux chevaux au milieu de la nuit", a-t-elle expliqué, avant de préciser qu'elle a coupé la végétation autour de sa maison.

"J'espère que rien de tout cela ne sera nécessaire, a-t-elle souligné, mais les habitants ont "peur, très peur".

De tels incendies se produisent chaque année sur l'immense île-continent pendant le printemps et l'été en Australie. Cette année, elle a été particulièrement précoce et violente. Elle pourrait être l'une des pires qu'ait connue l'Australie.

En Nouvelle-Galles du Sud, un million d'hectares ont déjà brûlé, soit déjà trois fois plus que l'an dernier.

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