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USA: la Cour suprême partagée sur l'immigration, au coeur de la présidentielle

Des manifestants devant la Cour suprême des Etats-Unis, Washington, le 18 avril 2016. (E. Cherneff / VOA )

Les huit juges de la Cour suprême américaine sont apparus très partagés lundi à propos de l'explosif dossier de l'immigration, sujet majeur de la campagne présidentielle.

Les magistrats examinaient la validité d'une mesure emblématique du président démocrate Barack Obama, qui vise à protéger quatre à cinq millions de clandestins d'une expulsion.

Paralysé par un Congrès dominé par ses adversaires républicains, Obama avait annoncé en novembre 2014 une série de décrets prévoyant des régularisations temporaires et la délivrance de permis de travail.

Mais 26 Etats, quasiment tous à majorité républicaine, ont refusé d'appliquer ces décrets.

Les juges doivent rendre leur décision avant fin juin, soit un mois avant les conventions d'investiture à la présidentielle des deux partis, démocrate et républicain.

L'immigration est l'un des premiers chevaux de bataille des candidats conservateurs à la Maison Blanche, notamment Donald Trump, qui a promis de dresser un mur à la frontière avec le Mexique, électrisant davantage un débat à fort clivage.

"Il s'agit d'un jour incroyablement important à la Cour suprême. Le sort de millions d'immigrants et de leurs familles est en jeu", a écrit sur Twitter un célèbre présentateur de la chaîne hispanique Univision, Jorge Ramos, qui s'était rudement opposé à Donald Trump sur le sujet.

Au son des mariachis, la question a mobilisé plusieurs centaines de manifestants, majoritairement hispaniques, encadrés par d'importantes forces de sécurité, devant les bâtiments de la Cour suprême à Washington.

Roshell, jeune Mexicaine de 17 ans arrivée clandestinement avec ses parents dans l'Alabama (sud) lorsqu'elle était bébé, vit dans la peur quotidienne d'être expulsée. Comme l'Alabama s'oppose aux mesures d'Obama, elle ne peut ni travailler, ni étudier... mais doit payer des impôts.

"Il y a beaucoup de barrières que m'empêchent d'aller à l'université. Je ne peux pas avoir de permis de conduire ni de travail", explique-t-elle.

Signe de l'ampleur du débat, qui pose aussi la question de la latitude d'action de l'exécutif, la haute Cour avait prévu 90 minutes, une durée exceptionnellement rallongée, pour entendre les parties.

- 'Le monde à l'envers' -

Le président conservateur de la Cour, John Roberts, et son collègue Anthony Kennedy, un conservateur plus modéré qui fait souvent figure d'arbitre, ont contesté les arguments du gouvernement.

M. Kennedy a estimé que choisir quel groupe d'immigrants pouvait rester aux Etats-Unis était une "tâche législative et non exécutive". "C'est comme si le président définissait la politique et le Congrès l'exécutait. C'est le monde à l'envers".

Les quatre juges progressistes ont pour leur part soutenu le gouvernement et rappelé que les prédécesseurs d'Obama à la Maison Blanche avaient pris des décisions similaires.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest, a mis en garde contre les conclusions hâtives et "réitéré (sa) confiance continue" dans les arguments de l'avocat général, Donald Verrilli, qui défendait le gouvernement.

Quelques membres de l'ultra-conservateur Tea Party sont aussi venus manifester devant la haute Cour pour contester la récente nomination par le président Obama de Merrick Garland, selon la chaîne CNN. Ce progressiste modéré est appelé à remplacer le juge conservateur Antonin Scalia, décédé en février.

En attendant cette nomination, la haute Cour fonctionne avec huit magistrats, quatre progressistes et quatre conservateurs. Or une décision à quatre contre quatre prolongerait le blocage des mesures d'Obama.

Le Texas, qui conteste les décrets de M. Obama, estime par exemple que cela lui coûterait des millions de dollars d'accorder des permis de conduire aux immigrants autorisés à rester.

Le juge Roberts a défendu la possibilité pour le Texas de contester ces décrets et souligné un "dilemme", car le Texas pourrait lui-même être poursuivi par le gouvernement fédéral s'il refusait d'accorder ces permis de conduire.

Sonia Sotomayor, premier juge d'origine hispanique, a noté que si le Texas était autorisé à poursuivre le gouvernement fédéral sur l'immigration, cela ouvrirait la boîte de Pandore: d'autres Etats pourraient à leur tour contester des décisions fédérales.

Les immigrants clandestins sont "là, que nous voulions d'eux ou pas", a-t-elle affirmé.

Une "solution permanente" est nécessaire, a appuyé le chef de l'opposition démocrate au Sénat, Harry Reid.

"Notre pays se porterait bien mieux avec une révision bipartisane et complète de nos lois migratoires", a-t-il insisté.

L'initiative phare d'Obama est au point mort alors qu'il avait fait de ce dossier l'une de ses priorités en arrivant au pouvoir en 2009.

Si la Cour suprême tranchait en faveur du gouvernement, il resterait sept mois à l'exécutif pour appliquer son programme. Mais tout l'édifice pourrait être balayé si les républicains emportaient la Maison Blanche.

Avec AFP

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L’astronaute Christina Koch raconte ses onze mois dans l'espace

L'astronaute américaine Christina Koch

Christina Koch, l'astronaute ayant battu le record féminin du temps passé dans l'espace, s'est confiée sur ses 328 jours en apesanteur depuis le Centre spatial Johnson de Houston, au Texas.

A la Nasa, "On a l'habitude de dire, c'est un marathon, pas un sprint, mais dans mon cas on disait: c'est un ultra-marathon, pas un marathon", a-t-elle déclaré à propos de ses onze mois passés à bord de la Station Spatiale Internationale.

L'astronaute de 41 ans a atterri le 6 février dans les steppes du Kazakhstan, en Asie centrale, avec ses collègues, Luca Parmitano de l'Agence Spatiale Européenne et le cosmonaute russe Alexandre Skvortsov.

L'astronaute américaine Christina Koch après l'atterrissage de la capsule spatiale russe Soyouz MS-13 à 150 km au sud-est de Zhezkazgan, au Kazakhstan, le 6 février 2020.
L'astronaute américaine Christina Koch après l'atterrissage de la capsule spatiale russe Soyouz MS-13 à 150 km au sud-est de Zhezkazgan, au Kazakhstan, le 6 février 2020.

"J'ai dû me réhabituer à marcher", s'est amusée Christina Koch, remarquant aussi: "Pendant mes deux premières minutes de retour sur Terre, j'ai vu plus de visages qu'en un an!"

Cette ingénieure américaine était déjà entrée dans l'histoire en participant à la première sortie spatiale 100% féminine, qu'elle avait effectuée en octobre 2019 avec Jessica Meir, une biologiste marine.

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"Je pense que ces jalons motivent les gens et qu'il est important de les reconnaître", a-t-elle noté, tout en assurant "ne plus trop y avoir pensé" une fois dans l'espace. "Ce n'était qu'une question de temps avant que cela arrive", a-t-elle ajouté, rappelant que sa promotion d'astronaute était paritaire.

Pour profiter au maximum des 223 millions de kilomètres parcourus, l'équivalent de 291 allers-retours sur la Lune, Christina Koch a expliqué s'être "focalisée sur les choses qu'on a" dans l'espace et "qu'on n'aura plus jamais" une fois de retour sur Terre.

Les astronautes américaines Jessica Meir (G) et Christina Koch dans la Station Spatiale Internationale. Photo publiée par la NASA le 17 octobre 2019.
Les astronautes américaines Jessica Meir (G) et Christina Koch dans la Station Spatiale Internationale. Photo publiée par la NASA le 17 octobre 2019.

Pendant sa mission, elle a participé à plus de 210 études scientifiques et a elle-même été l'objet d'expériences visant à observer "les effets d'un voyage spatial longue-durée sur une femme", précise la Nasa, qui prépare le retour des astronautes américains sur la Lune à partir de 2024, et peut-être sur Mars dans la décennie à venir.

La mission de Christina Koch, qui a effectué six sorties spatiales, dont les trois premières entièrement féminines, était le deuxième plus long voyage spatial solo parmi les astronautes de la Nasa, le record étant détenu par Scott Kelly, qui a passé 340 jours d'affilée sur l'ISS avant de revenir sur Terre en 2016.

Le milliardaire Michael Bloomberg présent au prochain débat démocrate

Le candidat démocrate à la présidence et ancien maire de New York, Michael Bloomberg, à Houston (Texas), le jeudi 13 février 2020. (AP)

Fort d'une poussée dans les sondages, le milliardaire américain Michael Bloomberg, candidat à l'investiture démocrate pour la présidentielle de novembre, participera mercredi à son premier débat télévisé de la campagne, a annoncé mardi son équipe.

Les attaques de ses rivaux, le favori Bernie Sanders en tête, devraient fuser contre l'ancien maire de New York lors de leur première confrontation télévisée.

"Mike a hâte de rejoindre les autres candidats démocrates sur scène et d'expliquer pourquoi il est le meilleur candidat pour battre Donald Trump et unifier le pays", a indiqué son directeur de campagne Kevin Sheekey dans un communiqué.

Neuvième homme le plus riche de la planète en 2019, Michael Bloomberg a, en s'appuyant sur ses quelque 60 milliards de fortune, secoué la campagne démocrate.

Le milliardaire a fait le pari d'une entrée tardive dans la campagne présidentielle, en novembre, mais a compensé son retard avec déjà plus de 300 millions de dollars d'investissements en spots publicitaires qui tournent en boucle sur les chaînes télévisées et internet.

L'avalanche publicitaire du candidat de 78 ans a déjà eu un impact frappant: il a grimpé à la troisième place de la moyenne des sondages nationaux établie par RealClearPolitics.

Michael Bloomberg arrive même en deuxième place d'un nouveau sondage NPR/PBS/Marist publié mardi. Soit "le dernier signe en date que (son) programme et sa capacité à battre Donald Trump résonnent auprès de plus en plus d'Américains", a réagi Kevin Sheekey.

Avec 19% des intentions de vote, Michael Bloomberg devance l'ancien vice-président Joe Biden (15%), en nette perte de vitesse après avoir longtemps caracolé en tête des sondages.

Le sénateur indépendant Bernie Sanders assoit lui son statut de favori en creusant nettement l'écart, avec 31% des intentions de votes dans cette étude, qui comporte une marge d'erreur de 5,4 points de pourcentage.

- "Acheter la présidence" -

Délaissant les premiers Etats des primaires démocrates, peu pourvus en délégués, Michael Bloomberg mise sur une entrée dans la course au moment du "Super Tuesday" le 3 mars, lors duquel 14 Etats voteront.

Huit candidats sont toujours en lice pour affronter le président Donald Trump le 3 novembre. C'est celui ou celle qui obtiendra une majorité de délégués (1.991) qui représentera le parti démocrate face au milliardaire républicain.

Le parti démocrate avait fixé, pour les premiers débats, des critères à respecter pour être sélectionné, en exigeant notamment un seuil minimum de donations issues de la base électorale.

Mais il a modifié les règles pour le débat de mercredi. Plus besoin désormais d'afficher le soutien de milliers de petits donateurs, seuls les sondages et le nombre de délégués déjà décrochés par les candidats comptent. Ce qui a ouvert la porte à M. Bloomberg, qui finance lui-même sa campagne.

Cette volte-face a été critiquée par les autres candidats à l'investiture, qui accusent Michael Bloomberg d'avoir acheté son entrée dans les primaires.

"M. Bloomberg, comme n'importe qui, a le droit de se présenter à la présidentielle. Il n'a pas le droit d'acheter la présidence", a tweeté lundi Bernie Sanders.

Ce débat démocrate aura lieu à Las Vegas, dans le Nevada, où sera organisé samedi le troisième vote des primaires.

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