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Niger

Des ex-combattants nigériens de Boko Haram achèvent leur déradicalisation

Des ex-combattants de Boko Haram après trois ans de de déradicalisation et de formation professionnelle, à Diffa, le 7 décembre 2021.

Une quarantaine d'anciens membres du groupe jihadiste Boko Haram ont achevé dans le sud-est du Niger, proche du Nigeria, un programme de déradicalisation et de formation professionnelle, a appris mardi l'AFP auprès des autorités locales.

"Cette troisième vague de repentis de Boko Haram, composée de 42 anciens membres, a quitté hier (lundi) le Centre de formation de Goudoumaria", dans la région de Diffa, a indiqué un responsable municipal local.

A la fin de leur formation, ces repentis, tous de nationalité nigérienne, ont reçu chacun des outils pour monter leurs propres ateliers en mécanique, plomberie, menuiserie, couture ou soudure.

En plus de cette formation professionnelle, ils ont également reçu une "formation religieuse" sur "la pratique de l'islam modéré", selon les autorités. Et pour prouver qu'ils ne "verseront plus dans la violence", les repentis ont collectivement prêté serment sur le Coran.

Parallèlement aux opérations militaires menées contre les jihadistes, les autorités du Niger ont "tendu la main" aux combattants de Boko Haram - groupe né au Nigeria mais actif dans plusieurs pays voisins - promettant "une amnistie" à ceux qui se repentiront.

Le mouvement de reddition a débuté fin décembre 2016.

Opérationnel depuis 2017, le centre de Goudoumaria "a enregistré 386 pensionnaires qui ont suivi avec succès le processus de 'resocialisation'" a récemment déclaré Hamadou Adamou Souley, ministre nigérien de l'Intérieur.

"Ce programme a globalement réussi et nous allons le rééditer dans la région de Tillabéri", dans l'ouest du Niger proche du Mali et du Burkina Faso, a annoncé le général Mahamadou Abou Tarka, président de la Haute autorité à la consolidation de la paix (HACP).

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M. Souley et des représentants de l'ONU y ont visité la semaine dernière le site du futur centre de "réinsertion sociale d'ex-combattants de groupes armés", selon la télévision publique.

Ce site, déjà doté d'infrastructures, dont des tentes pour abriter les repentis et un château d'eau, est situé à Hamdalaye, une commune de la région de Tillabéri, non loin de Niamey.

Fin février, le président nigérien, Mohamed Bazoum, a annoncé avoir amorcé "des discussions" avec des Nigériens qui combattent dans les rangs de l'Etat islamique (EI), pour "la recherche de la paix".

L'immense et instable région de Tillabéri, d'une superficie de 100.000 km2, se situe dans la zone dite "des trois frontières" entre le Niger, le Burkina Faso et le Mali et est le théâtre depuis 2017 d'actions sanglantes de mouvements jihadistes liés à Al-Qaïda et à l'EI.

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Le G5 Sahel cherche une "nouvelle stratégie" après le retrait du Mali

"La situation sécuritaire demeure préoccupante notamment dans la zone des 'trois frontières'", aux confins du Burkina, du Mali et du Niger, souligne le communiqué du G5 Sahel.

Les ministres de la Défense et les chefs d'état-major des pays du G5 Sahel ont tenu jeudi une réunion extraordinaire à Niamey pour réfléchir à une "nouvelle stratégie" pour cette force antijihadiste après le retrait du Mali en mai, a appris vendredi l'AFP.

Cette réunion d'une journée visait à "échanger sur la nouvelle configuration" de la Force conjointe après "le retrait du Mali" et le "départ de Barkhane" de ce pays, selon le communiqué final. "Cette situation nous impose d'adopter de nouvelles stratégies pour lutter efficacement contre les groupes armés terroristes dans l'espace commun", indique le texte.

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Aucun détail n'a été donné sur cette nouvelle stratégie. Le G5 Sahel est une force militaire conjointe qui regroupait jusqu'au mois de mai le Niger, le Burkina, la Mauritanie, le Tchad et le Mali.

Largement financée par l'Union européenne, cette force représentait aux yeux des partenaires internationaux du Sahel une porte de sortie dans une région en proie aux violences jihadistes. Mais en cinq ans, les opérations conjointes sont restées peu nombreuses et la situation sécuritaire au Sahel n'a cessé de se dégrader.

En dépit des "efforts" des Etats avec "l'appui" des partenaires "la situation sécuritaire demeure préoccupante notamment dans la zone des 'trois frontières'", aux confins du Burkina, du Mali et du Niger, souligne le communiqué.

"La formule actuelle (...) ne peut plus répondre à nos préoccupations opérationnelles", a observé en ouverture de la réunion, le général Gninguengar Mandjita, chef d'état-major des Armées du Tchad, pays qui assure la présidence du G5 Sahel.

Alkassoum Indatou, ministre nigérien de la Défense, juge quant à lui qu'"au delà des difficultés financières", le G5 Sahel souffre désormais d'un "problème de cohésion et d'unité d'action (...) mise à mal depuis le retrait du Mali".

Mi-mai, les autorités de transition au Mali, empêchées d'en assurer la présidence, ont décidé de se retirer du G5 Sahel et de sa force conjointe, invoquant une "perte d'autonomie" et "une instrumentalisation" au sein de l'organisation. En juillet, Mahamat Idriss Déby du Tchad et Mohamed Bazoum du Niger avaient martelé vouloir garder le G5 en vie, malgré le départ du Mali.

La junte au pouvoir depuis 2020 au Mali a récemment poussé vers la sortie la France qui a déployé via son opération Barkhane pendant des années des milliers de militaires dans le pays, dont une partie s'est repliée au Niger voisin.

Des jihadistes tuent 11 agriculteurs dans le sud-est du Niger

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Onze civils "exécutés" par des jihadistes présumés dans le sud-est du Niger

Un détachement d'éléments des forces spéciales anti-jihadistes "Almahaou" (Tourbillon) patrouille le 6 novembre 2021 dans la région de Tillabéri (ouest du Niger), théâtre d'actions meurtrières de présumés jihadistes. (Photo BOUREIMA HAMA / AFP)

Onze agriculteurs - neuf Nigériens et deux Nigérians - ont été "exécutés par balles" mardi par des jihadistes présumés dans le sud-est du Niger, a annoncé mercredi à l'AFP le maire d'une commune proche du lieu de l'attaque.

"Onze agriculteurs ont été exécutés par balles hier (mardi) matin par des éléments de Boko Haram à 7 km de Toummour", a déclaré à l'AFP Issa Bonga, le maire de cette localité, dans la région de Diffa, riveraine du lac Tchad, aux confins du Niger, du Nigeria et du Tchad.

Au Niger, les autorités, en particulier celles de la région de Diffa font rarement la différence entre Boko Haram et sa branche dissidente, l'Etat islamique en Afrique de l'ouest (Iswap). La vaste zone du lac Tchad est truffée d'îlots et de marécages servant de refuge à ces deux organisations.

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Les onze victimes étaient parties couper du bois dans la brousse lorsqu'elles ont été interceptées par des éléments de Boko Haram, a expliqué le maire. Les neuf Nigériens sont des ressortissants de Bosso, une commune située sur les rives du lac Tchad, et voisine de Toummour. Leurs corps devaient être inhumés à Toummour mercredi matin, toujours selon l'édile.

"Treize bûcherons partis à la recherche de bois ont été interceptés par des éléments d'Iswap. Onze ont été exécutés", a de son côté indiqué sur Facebook le groupe "Jeunesse Diffa", connu pour ses publications régulières sur la situation sécuritaire dans la région. "En outre, les terroristes ont lancé un message, par le canal d'un des bûcherons relâchés, pour avertir les riverains de ne plus fréquenter" la zone où ils opèrent, poursuit cette publication.

"Des représailles"

Début septembre, plusieurs pêcheurs nigériens et nigérians ont été tués par des jihadistes pour avoir désobéi à un ordre de quitter la zone du lac Tchad. Les jihadistes avaient ordonné fin août à la population de quitter les îles et avaient tué certains qui ne l'avaient pas fait, selon un responsable local nigérien.

Selon une source locale, ces tueries sonnent comme "des représailles" par des éléments de Boko Haram qui "reprochent" aux pêcheurs de ne plus vouloir les ravitailler. La région de Diffa, frontalière du Nigeria et du Tchad, abrite 300.000 réfugiés nigérians et déplacés internes, chassés par les exactions de Boko Haram et de l'Iswap, selon l'ONU.

Pour combattre les jihadistes, les armées du Tchad, du Cameroun, du Niger et du Nigeria ainsi que celle du Bénin, ont réactivé en 2015 une Force multinationale mixte (FMM). Le Niger doit aussi faire face dans l'Ouest, à ses frontières avec le Mali et le Burkina, à de fréquentes attaques de groupes jihadistes sahéliens, dont l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS).

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Plus de 600 migrants arrivent au Niger depuis l'Algérie

Des Nigériens et des migrants de pays subsahariens se dirigent vers la Libye depuis Agadez, au Niger, le 4 juin 2018.

Plus de 600 migrants, originaires d'une dizaine de pays africains, sont arrivés dans le nord du Niger après avoir été refoulés d'Algérie, a appris mardi l'AFP auprès des autorités locales.

Quelque 669 refoulés de l'Algérie dont deux Nigériens et 667 ressortissants d'Afrique de l'Ouest et Centrale sont arrivés "à pieds" le 17 septembre à Assamaka, ville nigérienne la plus proche de la frontière algérienne, après avoir été refoulés de l’Algérie voisine, ont indiqué à l'AFP les autorités locale.

Des 667 migrants on dénombre 648 hommes, 14 femmes et 5 mineurs. Y figurent 286 maliens, 166 guinéens, 37 burkinabés, 27 Sénégalais et 25 Béninois.

Le groupe comprend également 22 Ivoiriens, 21 Gambiens, 21 soudanais, 19 Nigérians et 14 Camerounais et 14 Sierra-léonais. En outre, des ressortissants du Tchad, de Mauritanie, de Guinée-Bissau, du Libéria et du Togo font partie de ces refoulés.

L'Organisation internationale des migrations (OIM) a "confirmé" à l'AFP "l'arrivée de la vague de migrants" d'Algérie, sans toutefois avancer de nombre.

"Nous sommes disposés à leur apporter une assistance. Les migrants qui souhaitent intégrer notre programme d'aide au retour volontaire peuvent être admis au niveau de notre centre de transit d'Assamaka", a assuré l'OIM.

Le 6 septembre, quelque 847 migrants, en majorité des Nigériens et parmi lesquels 40 femmes et 74 enfants non accompagnés, étaient arrivés à Agadez, après avoir été refoulés d'Algérie, avait indiqué à l'AFP la municipalité de cette grande ville du nord du Niger.

Considéré comme un eldorado et un point de transit vers l'Europe, l'Algérie a expulsé depuis 2014 des dizaines de milliers de migrants irréguliers originaires d'Afrique de l'Ouest et centrale, selon les Nations unies.

Certains de ces migrants tentent de survivre en Algérie, souvent en mendiant, mais un grand nombre cherche surtout à gagner l'Europe.

Début juillet, l'OIM a annoncé avoir secouru cinquante migrants ouest-africains, dont des femmes et des enfants, "bloqués" dans le nord désertique du Niger, près de la frontière avec la Libye, autre point de transit de clandestins vers l'Europe.

En juin, l'organisation Médecins sans frontières (MSF) avait dénoncé "les traitements inhumains" infligés à des migrants ouest-africains cherchant à gagner l'Europe et dont "environ 2.000" sont "en moyenne mensuellement" refoulés de l’Algérie et de la Libye, vers le Niger voisin.

L'Algérie, qui n'a pas de législation en matière d'asile, a souvent démenti ces accusations, dénonçant une "campagne malveillante".

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