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Une Ougandaise condamnée à Londres à 11 ans de prison pour l'excision de sa fille


Une exciseuse avant une opération de mutilation génitale d'une adolescente de la tribu Sebei dans le district de Bukwa, Ouganda, 15 décembre 2008.

Une Ougandaise de 37 ans a été condamnée vendredi au Royaume-Uni à onze ans de prison pour une excision commise sur sa fille âgée de trois ans.

La cour criminelle de l'Old Bailey, à Londres, l'avait déclarée coupable le mois dernier, faisant d'elle la première personne condamnée au Royaume-Uni pour une excision. Sa peine a été prononcée vendredi.

Les mutilations génitales sont "une pratique barbare et un crime grave", a déclaré la juge. "C'est un crime visant les femmes, qui est infligé en particulier quand elles sont jeunes et vulnérables".

Quant aux conséquences psychologiques pour la victime, la juge a évoqué "un fardeau important et qui dure toute la vie". "Vous avez trahi sa confiance en vous en tant que protectrice", a-t-elle lancé à la mère de la fillette.

Également poursuivi, le père de la victime, un Ghanéen de 43 ans, n'a pas été condamné.

L'excision, ablation rituelle du clitoris et des petites lèvres, est illégale depuis 1985 au Royaume-Uni. La loi a depuis été complétée afin de permettre des poursuites contre les personnes emmenant des enfants à l'étranger dans le but de commettre ces mutilations.

Les parents avaient amené leur petite fille en sang à l'hôpital, en août 2017. Ils avaient affirmé qu'elle était tombée d'un plan de travail de cuisine et s'était blessée sur le bord d'une porte de placard en métal. Mais cette version a été réfutée par chacun des experts appelés à témoigner au cours du procès.

Les médecins ont constaté que les blessures concordaient davantage avec l'hypothèse d'une mutilation génitale. Un chirurgien avait conclu que l'enfant avait été mutilée au scalpel, après avoir détecté trois blessures distinctes, et aucune ecchymose.

Après une perquisition au domicile londonien de la mère, les enquêteurs ont découvert qu'elle s'adonnait à des pratiques relevant de la sorcellerie. La raison pour laquelle la femme a imposé une excision à son enfant, contrairement à sa culture, n'était pas claire, mais la sorcellerie est une possibilité, a expliqué la juge.

Outre sa condamnation pour excision, la mère de famille a été condamnée à deux ans de prison supplémentaires pour possession d'images indécentes et de "pornographie extrême". Le père de la fillette a été condamné à onze mois de prison, une peine qu'il a déjà effectuée, pour possession d'images indécentes et extrêmes.

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