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Droits humains

Une marche pacifique violemment réprimée à N’Djamena

Les militants du parti les Transformateurs violemment dispersés par la police à l'aide de gaz lacrymogènes, le 24 décembre 2020.

Les militants du parti Les Transformateurs ont tenté de braver la décision des autorités de N’Djamena interdisant la marche pacifique programmée par leur formation. Ils ont été violemment réprimés par la police jeudi après-midi.

Dès l’annonce mardi de la marche pacifique du parti "Les Transformateurs", la police anti-émeute s'est mobilisée.

Des véhicules canon à eau et une cinquantaine des Toyota bourrées d'éléments de la police munis de gaz lacrymogènes et d'armes à feu ont circulé nuit et jour dans le quartier abritant le quartier général du parti.

L'important dispositif a été mis en place pour empêcher les militants de la formation politique d’organiser leur marche, bien que le ministre de la sécurité publique Mahamat Tahir Orozi ait évoqué la situation sanitaire actuelle marquée par le Covid-19 pour interdire cette manifestation.

Le président su parti, Dr Succès Masra, et ses militants qualifient cette décision "de deux poids deux mesures" puisque les autorités sillonnent depuis quelques temps les provinces, mobilisant ministres et populations sans aucun respect des mesures barrières.

Dr Succès Masra, président du parti les transformateurs.
Dr Succès Masra, président du parti les transformateurs.

Le jour de la marche, Dr Masra et ses militants composés majoritairement des jeunes, étaient à peine sortis de leur quartier général lorsque les éléments de la police les ont accueillis violemment avec des tirs de gaz lacrymogènes.

Les journalistes qui étaient conviés pour couvrir cette marche pacifique n’ont pas été épargnés. Les militants affirment avoir enregistré deux blessés et une femme a perdu connaissance après avoir inhalé le gaz lacrymogène.

Pour le porte-porte du parti au pouvoir, Maitre Jean Bernard Padaré, Les Transformateurs ont tenté de braver l’autorité de l’Etat et ils évoluent dans l’illégalité. "Que les transformateurs sachent que le président Deby est en tournée officielle à l’intérieur du pays qu’il ne faille pas confondre à leur mouvement d’humeur", a déclaré Me Padaré.

Dr Succès Masra, exclu de la course de la magistrature suprême de 2021 à cause de son âge inférieur à 40 ans, ne compte pas baisser les bras.

"Je vais mettre la pression pour exiger des autorités publiques un dialogue inclusif, seule condition pour l’unité et de la cohabitation pacifique. Sinon je rendrais ce pays ingouvernable", a-t-il prévenu.

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Des femmes birmanes témoignent des violences de la junte en détention

Un soldat se tient devant la Banque centrale du Myanmar lors d'une manifestation contre le coup d'État militaire, à Yangon, au Myanmar, le 15 février 2021.

Battues, insultées, menacées, des Birmanes témoignent à l'AFP des violences infligées par la junte dans les prisons, où des centaines de femmes sont détenues au secret depuis le coup d'Etat.

"Ils m'ont giflé, m'ont donné des coups de pied au visage (...) Ils ont dit qu'ils pouvaient nous faire disparaître sans que personne ne le sache".

Ngwe Thanzin, dont le nom a été changé pour des raisons de sécurité, se remémore l'angoisse vécue pendant ses jours de détention.

Le 27 mars, "Jour des forces armées", les militaires mettent en scène leur toute-puissance, tuent plus d'une centaine de civils à travers le pays et arrêtent des dizaines d'opposants.

Ngwe Thanzin, une activiste qui participe à une manifestation dans un quartier de Rangoun en ébullition depuis le putsch du 1er février, est interpellée et conduite dans un centre de détention pour être interrogée.

Une trentaine de femmes sont entassées avec elle dans la cellule et couchent à même le sol, sans couverture.

Les nuits sont sans sommeil, rythmées par "des cris en provenance du bâtiment où les hommes sont détenus".

- "Couverte de bleus" -

Certaines femmes subissent aussi de violents interrogatoires.

"Une jeune fille de 19 ans, couverte de bleus, ne pouvait même plus se tenir debout (...) Elle n'a reçu aucun traitement médical et gémissait dans un coin de la cellule", se souvient Ngwe Thanzin, libérée au bout de quatre jours et qui se cache depuis.

D'autres ont eu moins de chance et ont été transférées dans la tristement célèbre prison d'Insein de Rangoun où de nombreux prisonniers politiques ont été détenus sous les précédents régimes militaires.

La mère de Ma Chaw est parmi elles.

"Je suis très inquiète pour sa sécurité", soupire l'adolescente de 17 ans, brutalement interpellée mi-avril avec sa mère alors qu'elles se rendaient chez une amie.

La lycéenne a passé six jours derrière les barreaux aux côtés de femmes qui lui ont raconté avoir été "maltraitées et torturées" lors d'interrogatoires à huis clos.

"L'une d'elle pouvait à peine marcher et manger", se souvient-elle.

L'adolescente a été libérée après avoir été contrainte de signer un document certifiant n'avoir subi aucun mauvais traitement, tandis que sa mère était transférée à Insein.

L'AFP n'a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante les témoignages de Ma Chaw et Ngwe Thanzin et la junte n'a pas souhaité faire de commentaires.

Mais, dès la mi-mars, l’agence des Nations Unies ONU Femmes a tiré la sonnette d'alarme.

Depuis le coup d'Etat contre Aung San Suu Kyi, des détenues seraient "victimes de harcèlement et de violences sexuelles", avait-elle alerté dans un communiqué, exhortant "l'armée et la police à respecter les droits fondamentaux des femmes arrêtées".

Près de 900, sans accès pour beaucoup à leurs proches ou à un avocat, sont en détention depuis le putsch, d'après l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP).

Le gouvernement d'unité nationale (GUN), un groupe de députés déchus entrés en clandestinité, a annoncé enquêter sur les "allégations de violences sexuelles et sexistes" en prison.

"Ces cas sont révélateurs d'une tendance plus large d'exactions commises depuis des années en toute impunité par l'armée en particulier à l'encontre des femmes et des jeunes filles issues des minorités ethniques dans les zones de conflit armé", a-t-il ajouté.

Pour échapper aux exactions de la junte, de nombreuses Birmanes ont fui dans les régions frontalières du nord et de l'est, dans des territoires contrôlés par des groupes rebelles. Certaines ont pris les armes contre la junte.

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Deux transgenres condamnées par un tribunal camerounais

Les mains de Blanche, 26 ans, une femme transgenre, à Douala, au Cameroun, le 24 avril 2021.

Un tribunal camerounais a condamné mardi deux transgenres à cinq ans de prison pour "tentative d'homosexualité" et autres infractions, a-t-on appris de leurs avocats.

Selon les avocats, les deux personnes condamnées avaient été arrêtées le 8 février dans un restaurant à cause des vêtements qu'elles portaient.

Les militants des droits de l'homme affirment que leur détention s'inscrit dans le cadre de la criminalisation croissante des minorités sexuelles et des personnes transgenres au Cameroun.

Le tribunal a imposé une peine maximale de cinq ans de prison, assortie d'une amende de 200 000 francs CFA.

Outre la "tentative d'homosexualité", ils ont été reconnus coupables d'outrage public à la pudeur et de défaut d'identification.

"C'est une décision politique", a déclaré l'une des avocates, Alice Nkom, qui a promis de faire appel du verdict. "C'est Yaoundé (le gouvernement central) qui a dit que ces personnes ne devaient pas apporter l'homosexualité au Cameroun".

Contacté, un porte-parole du gouvernement n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

Un tabou

Le Cameroun fait partie d'un contingent de plus de 30 pays africains où les relations entre personnes de même sexe sont illégales. Ses tribunaux ont déjà condamné des personnes à des peines de prison de plusieurs années pour leur prétendue homosexualité.

Human Rights Watch a déclaré le mois dernier que les arrestations de ces deux personnes semblaient s'inscrire dans le cadre d'une "recrudescence générale" des actions policières contre les minorités sexuelles.

Depuis mai 2020, 53 personnes ont été arrêtées lors de descentes dans des organisations de lutte contre le VIH et le sida au Cameroun. Des certaines d'individus ont déclaré avoir été battus et soumis à des "examens anaux" forcés pour confirmer les accusations d'homosexualité, a indiqué Human Rights Watch.

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