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Une fin de contrat pour Veolia émaillée de controverses au Gabon

Un homme passe devant le siège de la société d'énergie et d'eau du Gabon (SEEG), à Libreville, le 10 mars 2010,

"Ça va encore nous amener des coupures", s'inquiète Marie, une femme au foyer de la capitale gabonaise Libreville, après la rupture du contrat de la filiale locale de Veolia au Gabon, qui gérait la distribution d'eau et d'électricité.

Depuis vendredi, les polémiques ne désenflent pas à Libreville, chaque partie accusant l'autre d'être responsable de la situation.

Le 16 février, des forces de l'ordre ont "réquisitionné" les locaux de la Société d'énergie et d'eau du Gabon (SEEG, filiale de Veolia détenue à 51% par l'entreprise française), mettant de facto un terme au management de Veolia.

Depuis, les commentaires se multiplient et les rumeurs vont bon train dans la capitale gabonaise. Est-ce un geste politique ? Une réquisition légale ? Quelle est la part de responsabilité de Veolia dans les innombrables coupures d'eau et de courant ? Que va-t-il se passer ensuite ?

Face à ces questions, le pouvoir a multiplié les interventions dans les médias: le directeur de cabinet du président Ali Bongo et les ministres de l'Eau et de la Communication se sont tour à tour exprimés. Ces deux derniers n'ont cessé d'assurer de la légalité de la procédure comme de la responsabilité de Veolia.

"Nous avons réquisitionné la SEEG pour motif d'intérêt général. Dans tous les contrats juridiques, cette possibilité existe", a asséné lundi le ministre de l'Eau et de l'Energie, Patrick Eyogo Edzang dans la presse locale.

Pour sa part, Veolia estime qu'"il s'agit ici d'une rupture unilatérale de contrat sans fondement juridique, au mépris de la loi", selon le Secrétaire Général du Groupe Veolia, Helman le Pas de Sécheval à l'AFP, qui affirme que Veolia est "victime d’une expropriation brutale de la part de l’Etat gabonais" et "examine les conséquences juridiques de cette situation".

'Négociations'

Veolia, présent au Gabon depuis 1997, avait signé mi-2017 avec l'Etat un avenant au contrat initial qui les liait pour 20 ans. Cet avenant prolongeait de cinq ans le partenariat entre les deux parties pour une période de "transition", tout en ouvrant la porte à des renégociations des termes du contrat initial. Celles-ci sont aujourd'hui au coeur de la polémique.

Veolia explique que des propositions avaient été faites début 2017 par l'entreprise à l'Etat, qui les avait refusé. "Malheureusement, ce refus n'a pas été suivi par la préparation" d'un nouvel appel d'offres, avait à l'époque déclaré M. Mapangou, alors ministre de l'Eau, reconnaissant "une certaine négligence de la part de l'Etat".

De nouvelles négociations ont eu lieu fin 2017, sans réussite. "Veolia a quitté la table des négociations" en octobre, a affirmé l'Etat lundi.

>> Lire aussi : Fin de contrat avec la Société d'énergie et d'eau au Gabon

La SEEG est souvent critiquée pour les nombreuses coupures de courant et autres pénuries d'eau à Libreville et en provinces.

"On ne peut produire d'eau si on n'a pas d'usine... Et cela, c'était du ressort de l'Etat", selon M. le Pas de Sécheval, qui avance que les règles du contrat initial en termes d'investissements étatiques "n'ont pas été respectées".

Libreville assure de son côté que "les Gabonais ont mis la main à la poche pour financer les installations", selon M. Eyogo.

Autre point de discorde: les investissements de l'entreprise française, que le Gabon juge "pas au rendez-vous". Réponse de l'entreprise: Veolia assure avoir investi dans la SEEG trois fois plus que ce que le contrat initial prévoyait.

"Depuis 20 ans, c'est un demi-milliard d'euros que Veolia a investi au Gabon, soit le plus gros investissement de la part d'une société étrangère (au Gabon) qui ne soit pas un pétrolier", explique Helman le Pas de Sécheval.

Mardi, le billet d'humeur "Makaya" de L'Union, journal réputé proche de la présidence, indiquait qu'il "faut mettre fin à ce néocolonialisme économique, qu'on veut perpétuer dans nos pays pour continuer à piller nos matières premières et s'enrichir sur le dos de nos pôvres (sic) populations".

La nouvelle équipe dirigeante de la SEEG a été présentée lundi par le ministre Eyogo au siège de l'entreprise. "Mais ils s'y connaissent, au moins?", s'agace Jean, 30 ans et fonctionnaire, qui ne cache pas sa crainte de constater dans les prochains jours de nouvelles coupures liées à "ce remue-ménage qui va forcément coûter aux Gabonais".

Avec AFP

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Le riz avarié dans le viseur des organisations de consommateurs

Un panier de riz dans la banlieue de Marlborough à Harare, le 18 octobre 2018.

En Côte d’Ivoire, les organisations de consommateurs réclament des poursuites judiciaires à l’encontre de tous ceux qui sont impliqués dans le débarquement du riz avarié au Port d’Abidjan : 18 milles tonnes de riz en provenance de la Birmanie, qui avait été refoulé aux ports de Conakry et de Lomé.

C’est l’indignation au sein des organisations de consommateurs de Côte d’Ivoire. Comment du riz avarié, refoulé aux ports de Conakry en Guinée, de Lomé au Togo et de Tema au Ghana, a-t-il pu se retrouver dans les entrepôts du port d’Abidjan à la mi-mars dernier ? Qui a bien pu autoriser le débarquement de ces 18 mille tonnes de riz avarié ?

Les organisations de consommateurs s'attaquent à la vente du riz avarié
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Doukoua Godé, président de la Fédération Nationale des consommateurs de Côte d’Ivoire (FAC-CI), a donné l’alerte aux autorités ivoiriennes, suite à des informations reçues du Burkina Faso et du Togo.

Son organisation va demander au procureur de la République d’ouvrir une enquête sur cette affaire : "Nous allons demander au Procureur de la république de porter plainte contre tous les acteurs qui sont impliqués dans l’importation de ce riz à Abidjan.Les textes en Côte d’Ivoire prévoient que toute personne qui importe des produits de mauvaise qualité, des produits impropres à la consommation, doit être poursuivie".

La classe politique a également réagi. Nathalie Yamb du parti Lider, le parti de Mamadou Koulibaly, dénonce le débarquement de ce riz avarié au port d’Abidjan et se demande comment cela a-t-il pu se faire.

"Comment peut-on décharger à Abidjan un riz qui a été refoulé aux ports de Conakry, de Lomé et de Tema et qui n’était même pas destiné au port d’Abidjan ? Qui a pris la décision de faire rentrer ce riz en Côte d’Ivoire ? Ça doit être quelqu’un de très haut".

La contrebande d'or en Afrique
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Nathalie Yamb déplore qu’aucune sanction n’ait jusque là été prise contre les responsables du débarquement de ce riz au port d’Abidjan :

"Je trouve ahurissant de la part du gouvernement que l’on puisse laisser entrer sur le territoire des cargaisons dangereuses de riz et que cela ne soit pas suivi de sanctions. Ni contre l’importateur, ni contre les douanes ni contre le port d’Abidjan".

Cette affaire en rappelle une autre, celle du Probo Koala, ce navire qui avait déversé en 2006 des déchets toxiques au port d’Abidjan.

"Malheureusement, on n’a pas tiré les leçons de ce mauvais souvenir qu’est le Probo Koala dont les conséquences sont encore visibles. Certaines personnes sont toujours malades du fait de ces déchets toxiques. On continue d’agir comme si rien ne s’était passé il y a quelques années", explique Doukoua Godé.

En dépit de l’opération de destruction commencée le 16 avril dernier, les organisations de consommateurs redoutent qu’une partie de ce riz avarié ne soit déjà sur le marché.

Les manifestants algériens ne lâchent pas

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Premier désaccord à l'Assemblée nationale congolaise

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Les organisations de consommateurs s'attaquent à la vente du riz avarié

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Jeannine Mabunda, nouvelle présidente de l’Assemblée nationale en RDC

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