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Une cotisation "exorbitante" menace la blogosphère en Tanzanie

Le président John Magufuli de la Tanzanie, Dar es Salaam, 2 février 2017.

Environ 750 euros, c'est ce que coûte désormais l'enregistrement obligatoire d'un blog en Tanzanie. Un prix exorbitant à l'échelle de ce pays d'Afrique de l'Est, dénoncent les blogueurs qui dénoncent la volonté du gouvernement de museler toute voix dissidente.

"La simple création d'une plateforme représente plusieurs mois de salaire pour un blogueur" tanzanien, regrette Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de Reporters sans frontières (RSF), dans une déclaration envoyée à l'AFP. Et d'ironiser: "les autorités tanzaniennes voudraient faire disparaître la blogosphère du pays qu'elles ne s'y prendraient pas autrement".

"Le climat de peur et d'autocensure qui touchait déjà les médias traditionnels gagne désormais la presse en ligne, où de nombreux journalistes avaient trouvé refuge", ajoute-t-il, estimant que l'entrée en vigueur de cette loi à la mi-mars est une "nouvelle étape franchie par le président John Magufuli pour museler la presse".

Le nouveau règlement prévoit l'enregistrement auprès de l'autorité de régulation des communications de plateformes telles que les blogs, les sites d'information ou les sites de streaming de chaînes de télévision ou de radio, moyennant des cotisations diverses. Mais les blogs, dont la définition dans la loi semble être très large, sont les plus menacés.

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Le dépôt d'une demande d'enregistrement d'un blog coûte 100.000 shillings tanzaniens (36 euros). Si celle-ci est approuvée, les autorités réclament 1 million de shillings (360 euros) pour l'obtention de la licence, à renouveler tous les trois ans, ainsi qu'un autre million à payer chaque année pour les frais d'opération.

Le coût initial de l'ouverture d'un tel site est donc de 2.100.000 shillings, soit 750 euros.

"C'est beaucoup trop d'argent dans un pays où même les médias traditionnels font difficilement vivre ceux qui y travaillent", regrette le blogueur tanzanien Mika Ndaba. "Pire encore, la licence peut être retirée si vous publiez des informations qui ne plaisent pas aux autorités".

La nouvelle loi prévoit par ailleurs une amende pouvant aller jusqu'à 5 millions de shillings (1.800 euros) et/ou un minimum de 12 mois de prison en cas de publication en ligne de "contenus indécents, obscènes, appelant à la haine, extrêmement violents", ou de contenus "incitant au crime ou menant au désordre public", notamment.

Journaux fermés

Depuis sa prise de fonctions fin 2015, le président John Magufuli s'est démarqué par un style peu consensuel, et en se montrant inflexible dans la lutte contre la corruption.

Mais il est également très critiqué par l'opposition et les organisations de défense des droits de l'Homme pour l'espace de plus en plus restreint accordé à la liberté d'expression.

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Des meetings de partis d'opposition ont été interdits, des responsables d'opposition arrêtés et poursuivis, des journaux fermés, et des journalistes et artistes molestés ou menacés de mort, après avoir critiqué la nouvelle administration. En 2016, une loi exigeant l'enregistrement des journalistes avait été vue comme une restriction de la liberté d'expression.

Officiellement, le gouvernement a justifié la loi entrée en vigueur à la mi-mars en expliquant que les réseaux sociaux et les blogs contribuent à la "décadence morale", et constituent parfois un danger pour la sécurité nationale.

Mais pour Maxence Melo, fondateur du blog Jamii Media, un des plus influents du pays, et déjà poursuivi pour avoir refusé de divulguer à la police l'identité de certains intervenants ayant critiqué les autorités sur son blog, "l'objectif du gouvernement est de se débarrasser des sites déjà jugés critiques".

Il souligne à cet égard qu'une demande de licence ne garantit pas qu'elle soit délivrée.

Fataliste, Frantz Mwantepele, secrétaire général du Réseau des blogueurs tanzaniens (TBN), estime que l'entrée en vigueur de ce texte mènera à la fermeture de très nombreux blogs tanzaniens.

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"Les frais que nous sommes supposés payer pour les demandes de licences et les opérations annuelles dépassent de loin les revenus de beaucoup de blogueurs", a-t-il soutenu lors d'un échange public sur le nouveau texte, le 6 avril à Dar es Salaam.

Mike Mushi, qui travaille pour Jamii Media, s'insurge lui contre ces frais réclamés alors que le gouvernement n'est selon lui pas le propriétaire de l'internet en tant que canal de diffusion. "Nous savons que le gouvernement est le propriétaire des fréquences sur lesquelles émettent les radios et télévisions, mais le gouvernement est-il propriétaire de l'internet?"

Avec AFP

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Un opposant, condamné pour viol, libéré

Le président Félix Tshisekedi arrive à la présentation du programme de ses 100 premiers jours, à Kinshasa, RDC, 2 mars 2019. (Twitter/Présidence RDC)

Un opposant congolais, condamné pour viol sous la présidence de Joseph Kabila, a été libéré jeudi sur décision du nouveau chef d'Etat en République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi.

L'ex-député Eugène Diomi Ndongala, condamné à dix ans de prison pour viol sur mineure en 2014, a quitté la prison centrale de Kinshasa à la mi-journée.

Il a bénéficié d'une libération conditionnelle décidée par le ministre de la Justice sur ordre du président Félix Tshisekedi.

M. Diomi a déclaré à sa sortie de prison qu'il se considérait comme un prisonnier politique. "Plus jamais les Congolais ne devront subir ce que j'ai subi à cause de mes opinions publiques. Plus jamais la justice de notre pays ne devrait être instrumentalisée", a-t-il affirmé à ses partisans.

Ce n'est pas l'avis du ministre de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, nommé sous la présidence Kabila et toujours en place dans l'attente de la composition d'un nouveau gouvernement: "Monsieur Diomi n'est rien d'autre qu'un délinquant, un prédateur sexuel", a-t-il déclaré mercredi à la radio Top Congo.

Le garde des Sceaux a soumis la libération de M. Diomi à plusieurs conditions: ne pas s'approcher d'une école pour filles mineures, ne pas quitter la RDC, se présenter régulièrement à la justice, et ne pas participer à des activités politiques qui troublent l'ordre public.

Cette remise en liberté survient cinq jours après celle de deux autres opposants emblématiques, dont l'un, Franck Diongo, s'est confié jeudi à l'AFP.

Libéré samedi matin, Franck Diongo a déclaré qu'il était "toujours traumatisé" par les conditions de sa détention à la prison centrale de Kinshasa.

"J'étais privé de tout. J'ai fait plus de deux ans sans voir les rayons solaires. Pour me voir, il fallait entrer dans ma cellule", a-t-il souligné.

"J'ai accordé mon pardon à tous ceux qui ont voulu me tuer, les commanditaires et les exécutants, y compris l'administration de la prison qui m'avait torturé. Je n'ai pas de penchant ou de pensées revanchards. J'ai besoin qu'on construise le pays. J'ai besoin qu'on accorde aux Congolais le bien-être et la dignité, la liberté et la démocratie. Mon combat, ce n'est pas ma petite personne", a-t-il ajouté.

Elu député en 2011, président d'un petit parti d'opposition, le Mouvement lumumbiste progressiste (MLP), M. Diongo avait été condamné à cinq ans de prison pour avoir séquestré trois militaires de la garde présidentielle de Joseph Kabila en décembre 2016.

Un troisième opposant, l'avocat et défenseur des droits de l'homme Firmin Yangambi, a également été libéré vendredi sur décision présidentielle après dix ans en prison.

Au total, la grâce présidentielle pourrait profiter à 700 personnes, selon la présidence.

Retour prévu samedi au Gabon du président Ali Bongo

Le président gabonais, Ali Bongo Ondimba au 10ème sommet du BRI, à Johannesburg, en Afrique du Sud, le 27 juillet 2018

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba, absent de son pays depuis plus de quatre mois après un accident vasculaire cérébral (AVC) et actuellement en convalescence au Maroc, doit rentrer samedi au Gabon, a indiqué jeudi la présidence.

"Son Excellence, Monsieur le Président de la République, chef de l'État, Ali Bongo Ondimba, quittera le Maroc pour rentrer au Gabon ce samedi 23 mars", a annoncé dans un communiqué le porte-parole de la présidence, Ike Ngouoni.

Il "se réjouit de retourner parmi ses compatriotes", a-t-il ajouté, et "tient à remercier très chaleureusement le Roi du Maroc, Mohammed VI, pour la qualité de son accueil et l'inestimable soutien apporté tout au long de son séjour".

Victime d'un AVC le 24 octobre alors qu'il se trouvait en Arabie saoudite, le chef de l'Etat, en convalescence au Maroc, n'est revenu que deux fois à Libreville, chaque fois moins de 48 heures.

Ce retour intervient alors que depuis quatre mois, l'opposition a plusieurs fois appelé les autorités à saisir la Cour constitutionnelle du pays afin qu'elle déclare une vacance de pouvoir en l'absence du président.

En cas de vacance, le président du Sénat doit assurer un intérim jusqu'à l'organisation d'une élection présidentielle dans un délai maximum de 60 jours.

Fin février, dix personnalités politiques, syndicales et de la société civile ont lancé un ultimatum au pouvoir, fixé au 31 mars pour déclarer la vacance du pouvoir, appelant à "agir" pacifiquement si celle-ci n'est pas déclarée.

En janvier, une tentative de putsch a lieu à Libreville pour dénoncer l'absence du président et vouloir établir "une transition démocratique".

200.000 personnes au Zimbabwe touchées par les inondations et le cyclone Idai

Les gens pillent des sacs de riz dans un entrepôt submergé par des eaux de crue du cyclone Idai, à Beira, Mozambique, le 20 mars, 2019.

Le nombre d'habitants du Zimbabwe touchés par le cyclone Idai et les inondations atteint désormais les 200.000 dans les régions situées près de la frontière du Mozambique, a annoncé jeudi l'ONU.

L'estimation initiale était jusqu'alors de 15.000 sinistrés, mais le porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) Hervé Verhoosel a déclaré aux journalistes à Genève que le chiffre avait été nettement revu à la hausse après une nouvelle analyse de la situation sur place.

Les conditions dans le district de Chimanimani, dans l'est du Zimbabwe, "sont très mauvaises", a-t-il dit.

"Environ 90% du district a été endommagé de façon importante", a-t-il ajouté.

La radio-télévision d'Etat ZBC a également revu à la hausse le bilan des morts, qui s'élève désormais à 139.

Le cyclone Idai a balayé dans la nuit du 15 au 16 mars le Mozambique, l'est du Zimbabwe et le Malawi.

Au Mozambique, pays le plus durement frappé, quelque 400.000 personnes ont été déplacées, selon l'ONU. Et le porte-parole du PAM, citant des statistiques gouvernementales, précise que 600.000 personnes ont été touchées par le cyclone et les inondations.

Mais "ce chiffre va certainement augmenter", a dit M. Verhoosel aux médias. Le PAM pense qu'au total, 1,7 million de Mozambicains vont avoir besoin d'aide.

Au moins 15.000 personnes ont encore besoin d'être secourues rapidement dans les zones inondées au Mozambique, a annoncé jeudi le ministre de l'Environnement Celso Correia, qui a ajouté que le nombre de morts atteignait les 217.

Les chrétiens marocains appellent au respect de la liberté de culte

Le Roi Mohammed VI du Maroc arrive pour la cérémonie de signature entre le Maroc et le constructeur automobile chinois "BYD auto" , au Palais Royal de Casablanca, le 9 décembre 2017.

La Coordination des chrétiens marocains, communauté ultra-minoritaire dans ce pays musulman à 99%, a appelé jeudi les autorités à garantir à tous la liberté de culte, à quelques jours de la visite du pape François, fin mars.

"Nous renouvelons l'expression de nos aspirations aux libertés de base dont nous, chrétiens marocains, sommes encore souvent privés", est-il écrit dans un communiqué publié par cette association qui représente les musulmans marocains convertis au christianisme.

Parmi ces droits, la Coordination liste "la liberté du culte public", le droit au mariage ecclésial ou civil, les rites funéraires chrétiens ou l'éducation des enfants.

"Nous rêvons d'un Maroc libre qui assume sa diversité religieuse", souligne encore le communiqué, en espérant que la visite du pape, prévue les 30 et 31 mars, soit "une occasion historique" pour que le Maroc avance "tangiblement dans ce sens".

"Nous appelons aussi les autorités marocaines à ne plus faire subir des pressions aux Eglises officielles du pays, dont l'Eglise catholique au Maroc, dans le but de les dissuader d'accueillir" ceux qui choisissent la voie du christianisme, poursuit le texte.

Une autre association marocaine, l'Association de défense des droits des minorités religieuses, a pour sa part appelé le pape François "à évoquer avec les responsables marocains certaines violations visant des chrétiens", dans un récent communiqué qui énumère quelques cas survenus en 2018.

Le pape a été invité par le roi et "Commandant des Croyants" Mohammed VI pour une visite "placée sous le signe du développement du dialogue inter-religieux", selon une note de presse publiée par les autorités marocaines.

La "pluralité" du Maroc, qui est inscrite dans sa constitution, est "garantie par la Commanderie des Croyants (croyants de toutes les religions abrahamiques) qui garantit la liberté de culte et permet la cohésion et l'harmonie", selon la même source.

Cette note rappelle la position du roi Mohammed VI à ce sujet : "rien ne nous paraît justifier, au Royaume du Maroc, que des minorités religieuses soient privées de l'un quelconque de leurs droits. Nous n'acceptons pas que ce déni de droit soit commis au nom de l'islam", avait-il dit dans un message en janvier 2016.

La communauté chrétienne regroupe plus de 40.000 fidèles au Maroc, dont plus de 30.000 catholiques, selon des estimations. La grande majorité de ces chrétiens sont étrangers.

Les citoyens marocains convertis sont "quelques milliers, pour la plupart protestants", selon la Coordination --environ 8.000 selon l'Observatoire des libertés religieuses.

Au moins cinq personnes enlevées dans les régions anglophones

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