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Un Rwandais condamné pour "crime de génocide", une première en Belgique

Fabien Neretsé, Hutu de 71 ans, encourt la réclusion à perpétuité.

Un ancien haut fonctionnaire rwandais, Fabien Neretsé, a été reconnu coupable d'avoir participé au génocide des Tutsis dans son pays en 1994 et condamné pour "crime de génocide", jeudi soir par la cour d'assises de Bruxelles, une première en Belgique.

Les avocats des parties civiles ont salué "un arrêt historique", rendu après six semaines de débats et 48 heures de délibérations.

Fabien Neretsé, Hutu de 71 ans, qui clamait son innocence, est resté impassible à l'énoncé du verdict.

Il encourt la réclusion à perpétuité. Sa peine fera l'objet d'une seconde décision du jury, vraisemblablement vendredi après-midi, à l'issue d'un dernier débat entre le représentant du parquet fédéral et la défense à partir de 09H00 (08H00 GMT).

"Il résulte des débats que l'ensemble des crimes de guerre dont s'est rendu coupable l'accusé s'inscrivent dans le génocide des Tutsis qui s'est déroulé à partir du 6 avril 1994", souligne l'arrêt lu par la présidente Sophie Leclercq.

La qualification de "crime de génocide" n'avait pas été retenue lors des quatre premiers procès de génocidaires rwandais organisés à Bruxelles, en 2001, 2005, 2007 et 2009.

- "Invraisemblances" -

Elle recouvre le fait de s'être attaqué à un nombre indéterminé de personnes au nom de la volonté de "détruire" le groupe ethnique tutsi. Ce qui a été mis en évidence par des témoignages "accablants" pour Fabien Neretsé, selon l'accusation.

L'arrêt de la cour a également relevé "de nombreuses invraisemblances dans les déclarations de l'accusé".

Celui-ci s'était décrit au procès comme l'ami des Tutsis, affirmant avoir voulu protéger certains d'entre eux. Il a aussi menti en minimisant son rôle au sein de l'ex-parti unique MRND, a estimé la cour.

En plus du "crime de génocide", Neretsé a été reconnu coupable de "crimes de guerre" contre des victimes identifiées. A savoir neuf meurtres commis à Kigali le 9 avril 1994, et deux autres quelques semaines plus tard dans des zones rurales.

Parmi les victimes de Kigali, trois étaient issues d'une même famille belgo-rwandaise: Claire Beckers, son mari Isaïe Bucyana (un tutsi), et leur fille de 20 ans, Katia.

M. Neretsé était un de leurs voisins dans la capitale rwandaise et il a fait intervenir des militaires pour les empêcher de fuir et les exécuter, avec d'autres riverains tutsis.

"C'est l'accusé qui a prévenu les militaires que ces personnes s'apprêtaient à quitter le quartier", affirme l'arrêt.

- "Un seigneur" -

La scène se passe trois jours après l'assassinat du président Juvénal Habyarimana, considéré comme l'événement déclencheur du génocide qui a fait au moins 800.000 morts selon l'ONU, essentiellement au sein de la minorité tutsi mais aussi parmi les Hutu modérés.

Une plainte déposée en Belgique dès 1994 par Martine Beckers, soeur de Claire Beckers, a déclenché l'enquête qui a finalement mené à la mise en cause de Fabien Neretsé.

"Cet arrêt de la cour d'assises est vraiment historique", a réagi Me Eric Gillet, avocat de Mme Beckers.

"Reconnaître que des gens ont été ciblés pour ce qu'ils sont, pas pour ce qu'ils ont fait ou pour ce qu'ils pensaient (...), c'est vraiment essentiel", a-t-il fait valoir devant des journalistes.

De son côté, Me Jean-Pierre Jacques, avocat de M. Neretsé, s'est dit "déçu" par un verdict balayant les doutes et zones d'ombre soulevés par la défense.

Mais "c'est la volonté d'un jury belge et je m'y plie", a-t-il ajouté, "nous verrons dans quelle mesure il est encore possible devant ce même jury d'obtenir une peine la plus humaine possible".

M. Neretsé, ingénieur agronome de profession, avait dirigé entre 1989 et 1992 l'OCIR-Café, l'Office national de promotion de la caféiculture, un poste clé concernant une des ressources les plus exportées du Rwanda. Il était considéré comme "un seigneur" dans sa région natale, le nord rural.

Il a fondé une école à Mataba (nord) dont les débats ont montré qu'elle avait servi à financer une milice armée lors du génocide.

Arrêté en 2011 en France, où il avait refait sa vie professionnelle et bénéficiait du statut de réfugié, Fabien Neretsé n'a effectué que quelques mois de détention provisoire et il comparaissait libre à son procès.

Avec AFP

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Procès de Paul Rusesabagina: le verdict attendu le 20 août

Paul Rusesabagina, au centre, dont l'histoire a inspiré le film "Hotel Rwanda", porte un uniforme de prison rose alors qu'il comparaît devant un tribunal de la capitale Kigali, Rwanda, le 25 septembre 2020.

Le verdict du procès contre Paul Rusesabagina, notamment poursuivi pour "terrorisme" au Rwanda, sera rendu le 20 août, a annoncé jeudi le tribunal de Kigali qui juge depuis février le héros du film "Hôtel Rwanda".

M. Rusesabagina a été rendu célèbre par ce film hollywoodien qui raconte comment l'ancien directeur de l'hôtel des Mille Collines à Kigali, un Hutu modéré, a sauvé plus de 1.000 personnes au cours du génocide de 1994 qui a fait 800.000 morts, principalement des Tutsi.

En juin, la prison à vie a été requise contre celui qui est désormais un opposant au président Paul Kagame, jugé aux côtés de 20 autres coprévenus.

Jeudi, lors du dernier jour d'audience dans ce procès qualifié de politique par la défense, le juge Antoine Muhima a déclaré que le verdict serait rendu avant 30 jours.

"Nous lirons le verdict le 20 août 2021 à 11H00" (09H00 GMT), a-t-il précisé.

"Nous avons passé beaucoup de temps ensemble durant ce procès, qui a duré de nombreux mois. Tous ceux qui voulaient parler ont eu le temps de le faire. Personne n'a été privé du droit de parler", a-t-il ajouté.

Paul Rusesabagina et ses avocats n'assistent plus aux audiences depuis le mois de mars, jugeant que ses droits à la défense ont été bafoués et qu'il est victime de mauvais traitements.

M. Rusesabagina est visé par neuf chefs d'accusation, dont celui de "terrorisme", pour son soutien présumé au Front de libération nationale (FLN), un groupe rebelle accusé d'avoir mené ces dernières années des attaques meurtrières au Rwanda.

Aujourd'hui âgé de 67 ans, M. Rusesabagina a participé à la fondation en 2017 du Mouvement rwandais pour le changement démocratique (MRCD), dont le FLN est considéré comme le bras armé. Mais il a toujours nié son implication dans des attaques menées par ce groupe en 2018 et 2019, qui ont fait neuf morts.

Paul Rusesabagina vivait en exil depuis 1996 aux Etats-Unis et en Belgique, pays dont il a obtenu la nationalité. Il a été arrêté en août 2020 au Rwanda dans des circonstances troubles, à la descente d'un avion qu'il pensait être à destination du Burundi.

Ce procès a suscité de nombreuses réactions internationales: les Etats-Unis, qui ont décerné à Paul Rusesabagina la médaille présidentielle de la liberté en 2005, ont demandé un procès équitable et le Parlement européen a réclamé sa libération.

Mardi, sa fille Carine Kanimba, qui lutte pour sa libération, a réagi avec force à des informations de presse selon lesquelles son téléphone a été ciblé par le logiciel d'espionnage Pegasus, au coeur d'un scandale mondial.

Génocide rwandais: l'ancien ministre Ngirabatware transféré au Sénégal

Augustin Ngirabatware (D), ancien ministre rwandais de l’urbanisme, est assis à côté de son avocat Cecil John Maruma (G) lors de sa première comparution devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha, le 10 octobre 2008

L'ancien ministre rwandais Augustin Ngirabatware, condamné à 30 ans de prison pour son rôle dans le génocide au Rwanda en 1994, purgera le restant de sa peine au Sénégal, a indiqué mercredi la justice internationale.

Dans un document daté du 28 mai, rendu public mercredi, le juge Carmel Agius a ordonné le transfert de M. Ngirabatware au Sénégal "pour l'exécution de sa peine dès que possible après le prononcé du jugement" dans une autre affaire.

Dans ce dossier distinct, M. Ngirabatware et trois de ses proches ont été reconnus coupables le 25 juin d'avoir cherché à soudoyer et intimider des témoins dans le but d'annuler la condamnation pour génocide à l'encontre de l'ancien ministre.

Né en 1957 à Nyamyumba, M. Ngirabatware est le gendre de l'homme d'affaires Félicien Kabuga, accusé d'être le financier du génocide et arrêté en mai 2020 près de Paris.

Ministre du Plan au moment du génocide, qui a fait 800.000 morts selon l'ONU, essentiellement des membres de la minorité tutsi, Augustin Ngirabatware a été condamné en appel en 2014 par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), pour génocide et incitation à commettre le génocide dans sa commune de Nyamyumba (nord-ouest).

La condamnation avait été confirmée en 2019 au terme d'une procédure de révision de son procès devant le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), qui a pris le relais du TPIR.

Docteur en économie formé en Suisse, M. Ngirabatware avait fui le Rwanda en juillet 1994. Il avait travaillé dans des instituts de recherche au Gabon et en France, avant d'être arrêté en Allemagne en 2007 puis transféré au TPIR un an plus tard.

Les Rwandais de Washington célèbrent leur 27e fête nationale

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Les autorités rwandaises annoncent le reconfinement de Kigali

Un technicien de laboratoire traite des échantillons pour vérifier s'ils contiennent le nouveau coronavirus, au Rwanda Biomedical Center (RBC) à Kigali, le 11 juillet 2020.

Le Rwanda a annoncé le reconfinement de la capitale Kigali, ainsi que de huit autres districts dans le pays, à partir de samedi et jusqu'au 26 juillet, pour endiguer l'explosion de cas de Covid-19 enregistrée ces dernières semaines.

"Les citoyens sont invités à réduire considérablement les interactions sociales et à limiter les déplacements aux seuls services essentiels", a annoncé le gouvernement rwandais dans un communiqué diffusé mercredi soir.

"Les mouvements et visites hors du domicile sont interdits sauf pour les services essentiels comme la santé, l'achat de nourriture, les banques", détaille le texte.

Les transports publics de personnes sont également arrêtés, les bureaux des entreprises et administrations fermés, les écoles fermées, les activités sportives et récréatives en plein air interdites et le nombre de personnes assistant aux enterrements plafonné à 15.

Les arrivées et départs à l'aéroport de Kigali sont toutefois maintenus, ainsi que les activités touristiques, dans le respect des protocoles sanitaires en vigueur.

Le couvre-feu décrété de 18H00 à 04H00 (16H00 à 02H00 GMT) reste en vigueur dans l'ensemble du pays, où les commerces doivent fermer à 17H00.

Le Rwanda avait dans un premier temps réussi à contenir la pandémie, imposant dès mars 2020 un des premiers confinements stricts sur le continent africain, ainsi que des campagnes poussées de détection et de traçage de cas contact.

Kigali avait déjà été replacée en confinement total en janvier pour une durée de deux semaines.

Ces dernières semaines, le Rwanda a été confronté à un net rebond de la pandémie, avec environ 800 nouveaux cas par jour submergeant les hôpitaux, qui se sont retrouvés en pénurie de lits.

Le pays de 13 millions d'habitants a enregistré un total de près de 51.000 cas de Covid-19, dont 607 mortels.

Comme dans de nombreux pays d'Afrique, la campagne de vaccination a été lente en raison d'un approvisionnement insuffisant et des réticences de la population.

Les autorités avaient prévu de vacciner 30% de la population cette année et 60% d'ici la fin 2022.

Au 14 juillet, seuls 401.160 personnes ont été vaccinées, soit un peu plus de 3% de la population.

Le Rwanda envoie 1.000 soldats dans le nord-est du Mozambique

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