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Ramadan sans précédent pour les musulmans tchadiens, privés de mosquées


A l'heure de la rupture du jeûne à N'Djamena, le 13 mai 2020. (VOA/André Kodmadjingar).

Les musulmans du Tchad observent le ramadan avec les contraintes imposées par le Covid-19. Les mesures prises par le gouvernement pour faire face à la pandémie ont des répercutions sur les croyants durant le mois sacré.

Les cas de contamination et de décès liés au Covid-19 augmentent tous les jours au Tchad et les autorités ne font que renforcer les mesures barrières. Les mosquées et autres lieux de cultes sont toujours fermés et la prière collective est toujours interdite.

La fermeture des marchés et l’instauration du couvre-feu, doublé de l’état d’urgence sanitaire, rendent la vie de plus en plus difficile aux familles démunies qui survivaient grâce au commerce informel.

Des musulmans devant une boutique à N'Djamena, le 13 mai 2020. (VOA/André Kodmadjingar).
Des musulmans devant une boutique à N'Djamena, le 13 mai 2020. (VOA/André Kodmadjingar).

Les ménages qui survivent à travers des petits commerces tirent le diable par la queue et certains commençants qui ont tenté d’ouvrir leurs boutiques font souvent l’objet d’arnaque des agents de sécurité.

Même si beaucoup apprécient ces mesures qui visent à protéger les citoyens contre la pandémie, force est de constater que de nombreuses familles vulnérables ont besoin d'aide.

"Il faut que le gouvernement pense aux démunies en leur distribuant des vivres pendant ce temps de carême. Sinon c’est difficile", a déploré un croyant rencontré devant sa boutique dans un quartier populaire de N’Djamena.

Le secrétaire-général et vice-président du Conseil supérieur des affaires islamiques du Tchad, Cheikh Abdouldayim Abdallah Ouman, invite les croyants "à la retenue".

Pour lui, le président Idriss Déby Itno a déjà pris des mesures d’accompagnement pour aider la population démunie. Il a aussi souligné que quelques associations distribuent des aides aux musulmans vulnérables.

Il rassure également que les bienfaisances et les associations islamiques ont déjà commencé à distribuer les produits alimentaires. Il invite par ailleurs certains pères de familles d’inviter les gens pauvres à venir casser le ramadan avec eux.

Des explications qui, quoique plausibles, sont loin de rassurer les plus fervents des croyants. Pour eux, la fermeture des mosquées est un coup dur. ​"Le ramadan, c’est un devoir religieux qu’on doit accomplir; donc il ne peut pas être suspendu à cause de cette maladie", souligne l'un d'eux.

Le Tchad s’achemine inévitablement vers le renouvèlement de toutes les mesures barrières. Le couvre-feu a été reconduit pour deux semaines à compter du 14 mai. Fait inédit, un ramadan sans mosquée est plus qu'envisageable.

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