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Un "programme de compensation" pour les mineurs abusés par des prêtres

Une victime d'abus sexuel dans l'archidiocèse de Los Angeles, présente des photos de lui-même lorsqu'il était enfant. Jeudi 14 mars 2013 à Angeles. (Photo AP / Damian Dovarganes)

Six diocèses de Californie, dont celui de Los Angeles, ont annoncé mardi la création d'un "programme de compensation" destiné aux mineurs qui ont été victimes d'abus sexuels de la part de membres du clergé, mais uniquement comme alternative aux procédures en justice.

"Cette nouvelle initiative vise à offrir un soutien pastoral et financier à toute personne qui a été abusée sexuellement par un prêtre diocésain lorsqu'elle était mineure", explique dans une lettre adressée à ses ouailles l'archevêque de Los Angeles, Mgr Jose Gomez.

Selon lui, son diocèse apporte déjà son aide et son soutien aux "victimes-survivantes depuis des années" et "nous allons continuer à le faire."

"Mais nous comprenons aussi que certains soient réticents à se tourner vers l'Eglise pour obtenir de l'aide. Nous espérons que ce nouveau programme donnera à ces gens une chance de se remettre et de guérir via un programme indépendant", qui sera géré par deux médiateurs administrant déjà des initiatives similaires ailleurs aux Etats-Unis, comme à New-York ou en Pennsylvanie, poursuit l'archevêque de Los Angeles.

Selon les responsables du clergé californien, ce fonds de compensation sera ouvert à toutes les victimes d'abus commis par des prêtres, qu'il s'agisse d'immigrés résidant illégalement aux Etats-Unis ou de victimes qui ne peuvent plus porter l'affaire en justice en raison de la prescription des faits.

Les victimes n'auront pas besoin de recourir à un avocat. Le processus sera gratuit et se déroulera "à l'amiable", dans le respect de l'intimité des victimes.

Au total, les six diocèses impliqués dans cette initiative représentent quelque 10 millions de Catholiques en Californie, où vivent de nombreux fidèles originaires d'Amérique latine.

Aux Etats-Unis comme ailleurs, l'Eglise catholique traverse une profonde crise de confiance en raison des révélations d'agressions sexuelles, notamment sur mineurs, commises depuis des décennies par des prêtres, longtemps couverts par leur hiérarchie.

De nombreux cas ont été portés en justice ou ont fait l'objet de transactions financières confidentielles.

Avec AFP

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Maison Blanche: Joe Biden défend sa pole position aux primaires

Le Vice-président sortant Joe Biden parle de l’expérience d’Hillary lors de la troisième journée de la Convention nationale démocrate à Philadelphie, 27 juillet, 2016. (AP Photo / J. Scott Applewhite)

A huit mois du début des primaires démocrates pour la Maison Blanche, l'ancien vice-président Joe Biden organise un grand meeting en Pennsylvanie pour consolider son avance sur ses nombreux rivaux, jouant la carte de la modération centriste face à l'aile gauche de la famille démocrate.

Depuis son entrée en course avec un message de défiance envers le président républicain Donald Trump, le 25 avril, l'ex-bras droit de Barack Obama a largement creusé l'écart face à la grosse vingtaine d'autres candidats démocrates.

Après un premier acte public plutôt discret, devant quelques centaines de syndicalistes à Pittsburgh, le centriste a choisi de marquer le début de sa campagne avec un événement plus grand à Philadelphie, où il a installé son QG de campagne.

Symbole du combat à venir? Il a choisi un emplacement tout près des marches du musée où le boxeur du film "Rocky" s'entraînait.

Son coeur d'électorat est les ouvriers et les démocrates modérés, alors que l'aile gauche du parti se fragmente entre de nombreux candidats comme Bernie Sanders et Elizabeth Warren.

"Certains disent que les démocrates ne veulent pas entendre parler d'unité, qu'ils sont en colère, et que plus ils seront en colère, mieux ce sera. C'est ce qu'ils disent qu'il faut faire pour gagner l'investiture démocrate", va dire Joe Biden dans son discours, selon des extraits diffusés par son équipe avant le meeting. "Je n'y crois pas. Les démocrates veulent rassembler ce pays".

"Si les Américains veulent un président qui accentue les divisions, qui dirige d'un poing serré, d'une main fermée et d'un coeur de pierre, qui diabolise ses adversaires et vomit de la haine, alors ils n'ont pas besoin de moi. Ils ont déjà un président qui le fait".

Au-delà des primaires, le choix de la Pennsylvanie est stratégique: l'Etat a basculé dans le camp républicain à la présidentielle de 2016. Toute reconquête devra passer par là.

- Champ fragmenté -

Ce qui compte pour les démocrates "en ce moment, c'est de (...) parier sur un nom connu, capable de battre Donald Trump", analyse Lara Brown, politologue à l'université George Washington.

L'entrée en lice de Joe Biden a coïncidé avec le plongeon du sénateur indépendant Bernie Sanders, bien plus à gauche.

Joe Biden a l'avantage de suivre une voie centriste "dans un champ aussi fragmenté" avec 23 candidats dont de nombreux progressistes, observe Robert Boatright, professeur à l'université Clark.

Mais à 76 ans, après huit ans passés aux côtés du démocrate Barack Obama et plus de 35 au Sénat, Joe Biden pourrait avoir du mal à incarner le changement dont ont aussi soif de nombreux démocrates.

Donald Trump s'est d'ailleurs engouffré dans cette brèche en l'affublant du sobriquet "Joe-Dodo" ("Sleepy Joe").

Le président républicain l'appelle aussi "Le Vicieux", en référence aux femmes qui ont dénoncé les gestes d'affection trop marqués, selon elles, de M. Biden.

Juste avant d'annoncer sa candidature, le candidat avait promis de faire plus attention. Et depuis son entrée en campagne, il évite soigneusement les gaffes. "Mais voyons ce qu'il se passera quand il devra répondre à des questions qui n'ont pas été pré-approuvées", met en garde Lara Brown.

- Cible de la gauche du parti -

Joe Biden devra aussi défendre plusieurs épisodes controversés jalonnant sa carrière, comme son soutien à une loi anticriminalité qui a durement frappé les Noirs.

Déjà candidat malheureux par deux fois à la primaire démocrate, pour les présidentielles de 1988 et 2008, il avait été pris en flagrant délit de plagiat dans ses discours lors de sa première tentative.

Son statut de favori en fait aussi la cible de la gauche du parti.

La candidate à la Maison Blanche Elizabeth Warren l'a accusé d'être du côté des sociétés de cartes de crédit, à cause d'une loi qu'il avait soutenue au Sénat. Et la jeune élue socialiste du Congrès Alexandria Ocasio-Cortez l'a accusé, à mots à peine voilés, d'envisager des mesures trop molles pour lutter contre le changement climatique.

Kamala Harris, sénatrice californienne et autre candidate à l'investiture, a récemment ironisé sur son aîné, lançant: "Joe Biden ferait un excellent colistier (...). Il a prouvé qu'il connaissait bien le travail de vice-président".

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