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Un nouveau jour-J en Catalogne mardi autour de Puigdemont

L'ancien President catalan, Carles Puigdemont, en exil en Belgique devant la presse le 24 Janvier 2018

La Catalogne et l'Espagne vont vivre mardi une nouvelle journée de tension politique alors que les indépendantistes catalans maintiennent leur projet d'investir à la présidence Carles Puigdemont à l'issue d'un débat interdit par la justice qui doit commencer dans l'après-midi.

Le président destitué par Madrid est le seul candidat à la direction de cette région de 7,5 millions d'habitants. Le parlement catalan doit débattre de sa candidature à partir de 15h00 (14h00 GMT), sous haute sécurité.

Pendant ce temps, ses partisans manifesteront aux abords de la chambre, invités à arborer des masques à l'effigie de leur chef de file, de sorte que des centaines, voire des milliers de "Puigdemont", défileront dans la ville.

On ignore si le véritable Puigdemont sera parmi eux ou s'il fera une apparition surprise devant les élus, au risque d'être arrêté pour "rébellion" après trois mois d'exil volontaire en Belgique.

Cette session intervient après un arrêt samedi de la Cour constitutionnelle, saisie par le gouvernement central, qui a en principe interdit sa tenue.

Les juges de la Cour constitutionnelle, agissant en urgence, ont imposé des mesures encadrant la session: ils ont annoncé qu'en cas d'investiture à distance, le vote ne serait pas valable.

Ils ont en deuxième lieu considéré que M. Puigdemont devait auparavant demander en personne au juge de la Cour suprême en charge de l'enquête le visant l'autorisation de comparaître devant la chambre.

Le tout alors qu'en principe le parlement doit respecter un délai légal s'achevant mercredi pour une session d'investiture.

Le président séparatiste du Parlement Roger Torrent a pour l'instant maintenu la session.

Et Carles Puigdemont a contesté devant la Cour constitutionnelle l'arrêt en cause. La Cour examinera ce recours à partir de 13h00 (12h00 GMT).

La séance intervient trois mois après la déclaration d'indépendance unilatérale votée au parlement le 27 octobre, point d'orgue d'une crise politique sans précédent en Espagne, qui s'est ouverte avec l'organisation d'un référendum d'autodétermination interdit, le 1er octobre, marqué par des violences policières.

Après la tentative de sécession, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a suspendu l'autonomie de la région, dissous le parlement et convoqué de nouvelles élections, avec l'espoir d'un apaisement de la situation en Catalogne, divisée à parts presque égales sur l'indépendance.

Mais lors de ces élections les indépendantistes n'ont pas perdu de terrain: ils représentent 47,5% de l'électorat, ce qui leur permet de disposer de la majorité absolue au parlement, grâce à une pondération des voix qui profite aux provinces rurales, les plus séparatistes.

Aucun dialogue

La rue s'est apaisée après un mois d'octobre secoué par les manifestations et le déménagement de siège social hors de Catalogne de milliers d'entreprises.

Mais l'atmosphère reste extrêmement tendue entre le gouvernement et les indépendantistes, sans aucune amorce de dialogue, alors que chacun campe sur ses positions.

"Un homme en fuite, un homme qui a prétendu liquider de manière unilatérale la souveraineté et l'unité nationale ne peut être président de rien", a déclaré lundi Mariano Rajoy à la radio Cope.

Les indépendantistes veulent pour leur part rendre le pouvoir à M. Puigdemont, par "dignité".

Et ils ont crié au scandale en lisant dans le quotidien El Pais un article faisant état d'appels de membres du gouvernement central à plusieurs magistrats de la Cour constitutionnelle avant sa décision de samedi, pour souligner la "gravité" d'une éventuelle investiture de Carles Puigdemont.

La Cour, composée de membres nommés essentiellement par la majorité conservatrice qui dominait la chambre des députés à Madrid jusqu'en 2015, est régulièrement accusée de partialité par les séparatistes, surtout depuis qu'elle a annulé en 2010 une partie du statut conférant une autonomie élargie à la Catalogne, l'une des racines de l'actuel conflit.

Si M. Puigdemont est absent, Roger Torrent pourrait laisser s'ouvrir la session avant de considérer que l'investiture n'est pas possible à distance et qu'il faut chercher un nouveau candidat.

Il pourrait aussi désobéir à la Cour, au risque de poursuites pénales. Il peut enfin gagner du temps en repoussant la séance...

Certains dans son camp estiment désormais ouvertement qu'il est temps de "sacrifier" M. Puigdemont pour permettre à un nouveau gouvernement régional de prendre ses fonctions et mettre fin à la mise sous tutelle de la Catalogne.

Avec AFP

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Dans les tribus d'Irak, mariages forcés et femmes "esclaves"

Une jeune Pakistanaise ayant échappé à un mariage forcé parle à la presse dans le Nord-Ouest de son pays. (Photo by AAMIR QURESHI / AFP)

Un jour, Mariam s'est enduite d'essence, a craqué une allumette et s'est immolée. Ce suicide, cette Irakienne le préparait depuis le jour où sa tribu l'avait mariée de force à son cousin, au nom d'une vieille coutume.

Après trois jours à l'hôpital, cette habitante de la province de Missane (sud) s'est finalement éteinte à 22 ans en septembre 2018, se souvient le cheikh Haydar Saadoun.

"Un camarade d'université issu d'une autre tribu avait demandé sa main", raconte à l'AFP ce dignitaire de la tribu des Bani Lam, à Amarah, à 350 kilomètres au sud de Bagdad.

"Les cousins (de Mariam) ont refusé", explique-t-il, "et fait valoir qu'ils avaient des droits sur elle à cause de la +nahwa+".

Cette coutume ancestrale autorise les hommes d'une tribu à refuser d'accorder la main d'une femme pour la forcer à épouser un membre de leur clan.

Depuis des décennies, le cheikh Haydar Saadoun voit des femmes souffrir de cette coutume. Pour aider Mariam, il a tenté en vain d'intercéder auprès de l'homme qui voulait l'épouser contre son gré.

- "Accepte ton sort" -

Ce dernier, "déjà marié, père plusieurs fois et sans diplôme, alors que Mariam allait à l'université", a balayé son plaidoyer. "Il m'a dit: +ça m'est égal, je l'épouserai et je lui ferai manger la poussière+", raconte le cheikh, keffieh sur la tête et costume trois-pièces sous sa cape traditionnelle.

Si un dignitaire de la tribu est intervenu, c'est parce que la famille de Mariam elle-même n'avait pas d'autre choix que de se soumettre à la loi tribale, inviolable sous peine de déshonneur ou de représailles parfois sanglantes.

Karima al-Taï, 50 ans, a vu de près les ravages de cette loi: sa cousine Sahar a vécu "vingt ans d'enfer" après avoir été offerte en "compensation" à une autre tribu, pour respecter une autre tradition, celle de la "fasliya".

Une "fasliya" est une femme "offerte" pour payer le prix du sang et lier deux clans afin d'empêcher de futurs affrontements.

"Il y a vingt ans, un conflit a éclaté entre ma tribu et une autre. Un homme de l'autre clan a été tué", raconte à l'AFP Mme Taï, militante des droits des femmes. Pour calmer les appels à la vengeance, la tribu de Mme Taï a dû offrir "cinq femmes vierges", dont Sahar.

Une fois dans la maison de son "époux", Sahar a subi brimades et insultes, raconte sa cousine. Et quand elle s'en plaignait, "ses parents répondaient: +tu es une fasliya, accepte ton sort+".

Le stigmate s'est transmis: les enfants de Sahar sont toujours appelés "les enfants de la fasliya", raconte Mme Taï.

- Les tribus font la loi -

En Irak, où origine et nom jouent un rôle important dans tous les domaines - emploi, mariage et même politique -, de nombreuses affaires sont réglées entre clans, loin des tribunaux.

Jusqu'à la chute du dictateur Saddam Hussein en 2003, le droit l'emportait sur les tribus. Mais depuis, la situation a changé: la loi n'est pas toujours appliquée, du fait de la corruption, de passe-droits ou par peur des représailles, et ce sont souvent des conseils locaux et des représentants de familles qui organisent médiation et compensation.

Ces coutumes, prégnantes dans les zones rurales comme le sud - moins alphabétisé et dont les habitants se disent délaissés par les autorités centrales -, sont aussi respectées à Bagdad, assure à l'AFP le cheikh Adnane Khazali. Dignitaire du très peuplé quartier de Sadr City, il assure avoir entendu de telles sentences prononcées lors de conseils tribaux.

Combien de femmes sont victimes de ces traditions à travers le pays et combien tentent de mettre fin à leurs jours comme Mariam à cause d'elles? Dans l'Irak conservateur où le suicide est tabou, impossible de trouver des chiffres exacts.

A Missane, où selon l'Unicef plus d'un tiers des femmes sont mariées avant leur majorité, 14 femmes se sont suicidées depuis 2017. Et 184 autres ont tenté de le faire, de source officielle. Mais personne ne donne de détails sur les raisons de leur acte.

A Bassora (sud), une étude menée en 2017 auprès de 62 femmes ayant tenté de se suicider en s'immolant donne toutefois quelques indices: dans 80% des cas, ces femmes ont dit avoir agi après des différends familiaux, notamment au sujet de leur mariage.

- Loi "pas appliquée" -

En 2015, une tribu de Bassora avait "offert" cinquante "fasliya" à une autre, provoquant un vif émoi. Le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité religieuse pour la majorité des chiites d'Irak, a même appelé à abandonner cette pratique. Sans succès jusqu'à présent.

Pour Maytham al-Saadi, universitaire à Missane, c'est de "l'esclavage moderne" que les tribus utilisent aujourd'hui "pour n'importe quel prétexte, alors qu'avant seul le prix du sang était payé ainsi".

Ces pratiques vont à l'encontre de la loi: elles sont criminelles selon le code du statut personnel irakien de 1959. Epouser de force une femme en invoquant la "nahwa" par exemple est passible de "trois ans de prison pour un parent au premier degré et 10 ans pour un parent plus éloigné", rappelle M. Saadi.

Mais pour faire reculer de telles pratiques, estime la députée Intissar al-Joubouri, il faut plutôt miser sur l'éducation.

Promulguer de nouvelles lois prend en effet du temps et suscite de vifs débats, affirme à l'AFP l'élue, membre pendant plusieurs années de la commission parlementaire des droits des femmes.

Et surtout, dit-elle, les textes déjà en vigueur "ne sont pas appliqués car aucune femme ne porte plainte contre sa propre famille".

Avec AFP

Rapport Mueller : les démocrates ne lâchent toujours pas

Le président de la commission judiciaire de la Chambre, Jerrold Nadler, le 4 avril 2019, à Capitol Hill.

Un dirigeant démocrate du Congrès américain, Jerry Nadler, a affirmé jeudi que le rapport du procureur Robert Mueller démontrait que le président américain Donald Trump avait fait obstruction à l'enquête russe.

"Même dans sa version incomplète, le rapport Mueller met en évidence des preuves inquiétantes montrant que le président Trump a fait entrave à la justice", écrit M. Nadler, chef de la puissante commission judiciaire de la Chambre des représentants, qui a le pouvoir de lancer des enquêtes parlementaires.

"Il revient désormais au Congrès de tenir le président pour responsable de ses actions", a ajouté M. Nadler.

Après 22 mois d'enquête sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine de 2016 et les soupçons de collusion entre l'équipe du républicain Donald Trump et Moscou, le procureur spécial Robert Mueller a conclu qu'il n'y avait pas eu entente entre ces derniers.

Il ne l'a en revanche pas blanchi des soupçons d'entrave à la justice, dans son rapport publié jeudi après avoir été expurgé des informations confidentielles.

C'est sur ce dernier point que les démocrates ont surtout réagi, plus de deux heures après la publication du compte-rendu de l'enquête.

"Une chose est claire", ont affirmé les chefs démocrates du Congrès Nancy Pelosi et Chuck Schumer: "Le rapport Mueller semble contredire la conclusion" du ministre de la Justice Bill Barr, selon lequel il n'y a pas matière à poursuivre Donald Trump pour entrave à la justice.

Les démocrates ont demandé au procureur Mueller de témoigner devant la Chambre des représentants d'ici le 23 mai. Bill Barr a déclaré qu'il ne s'y opposerait pas.

Alors que Donald Trump crie victoire, s'estimant totalement exonéré, les démocrates du Congrès semblent ainsi vouloir maintenir le cap de leurs enquêtes parlementaires.

Mais les chefs écartent encore la perspective d'une procédure de destitution, ou "impeachment", qui serait pour l'instant vouée à l'échec compte tenu de la majorité républicaine au Sénat et du soutien solide au président dans son camp.

Du côté des candidats démocrates à la présidentielle de novembre 2020, les réactions ont été plus diffuses dans les premières heures.

Certains prétendants à la Maison Blanche comme Bernie Sanders n'avaient toujours pas réagi publiquement plusieurs heures après la publication du rapport. Mais le sénateur indépendant a en revanche tweeté sur le problème de dette des étudiants et sur la Corée du Nord.

Le département d'Etat se dit toujours "prêt à dialoguer" avec Pyongyang

Le président des États-Unis, Donald Trump, serre la main du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un lors de leurs premières rencontres au resort de Capella sur l'île de Sentosa, le 12 juin 2018 à Singapour.

Le département d'Etat américain s'est dit jeudi toujours prêt à coopérer avec la Corée du Nord, alors que Pyongyang a demandé un peu plus tôt le retrait du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo des discussions sur le nucléaire.

"Les Etats-Unis restent prêts à dialoguer avec la Corée du Nord dans le cadre de négociations constructives", a déclaré un porte-parole du département d'Etat.

Ce porte-parole a précisé que les Etats-Unis étaient au courant de la demande de Pyongyang d'écarter M. Pompeo, mais ne l'a pas directement commentée.

Accusant le chef de la diplomatie américaine de manquer de prudence et de maturité, un haut responsable du ministère nord-coréen des Affaires étrangères a demandé la désignation d'un nouvel interlocuteur américain.

"Je crains que si M. Pompeo participe encore aux discussions, l'atmosphère sera mauvaise et les discussions vont à nouveau s'engluer", a déclaré le directeur général du département des Affaires américaines au ministère nord-coréen des Affaires étrangères Kwon Jong Gun, selon l'agence KCNA.

Le secrétaire d'Etat américain s'est rendu quatre fois en Corée du Nord en 2018 et, s'il a espéré pouvoir conclure un accord avec la Corée du Nord, il s'est montré ferme sur son exigence de dénucléarisation complète avant tout allégement des sanctions américaines à l'encontre du régime reclus.

Trump se réjouit du rapport Mueller, dénonce une "arnaque"

Le président des États-Unis, Donald Trump, s'exprime lors du forum des dirigeants de la NRA-ILA lors de la réunion annuelle et des expositions du NRA au Kay Bailey Hutchison Convention Center à Dallas, Texas, 4 mai 2018.

Le président américain Donald Trump s'est réjoui jeudi des conclusions de l'enquête russe, qui a confirmé l'absence d'entente entre son équipe de campagne électorale et Moscou, mais ne le blanchit pas des soupçons d'entrave à la justice.

"C'est un bon jour pour moi", a lancé Donald Trump à la Maison Blanche au moment de la publication de ce rapport de plus de 400 pages après 22 mois d'enquête qui ont empoisonné ses deux premières années de mandat.

"Il ne faudra jamais que cela arrive à un autre président, cette arnaque", a-t-il ajouté à propos d'une enquête qu'il qualifie de "chasse aux sorcières".

Plus tôt, Donald Tump avait exulté sur Twitter en faisant une référence à la célèbre série "Game of Thrones".

"Pas de collusion, pas d'obstruction. Pour les rageux et les démocrates de la gauche radicale, c'est Game Over", était-il écrit sur une image de lui imitant une affiche de la série, où on le voit de dos sur fond d'un épais brouillard.

Le rapport final du procureur spécial Robert Mueller, chargé d'enquêter sur les soupçons de collusion entre Moscou et l'équipe de campagne de Donald Trump en 2016, a été publié jeudi par le ministère américain de la Justice.

Le document de plus de 400 pages est expurgé de ses données confidentielles.

Robert Mueller établit l'absence d'entente entre l'équipe de campagne électorale de Donald Trump et Moscou mais conclut ne pas être "en mesure" d'exonérer le président américain des soupçons d'entrave à la justice.

Trump "n'a pas agi" pour entraver l'enquête russe, selon son ministre de la Justice

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

Le président américain Donald Trump n'a rien fait pour entraver l'enquête russe, a affirmé jeudi son ministre de la Justice Bill Barr peu avant la publication du rapport très attendu du procureur spécial Robert Mueller.

Le "président n'a pas agi pour priver le procureur spécial des documents et témoins nécessaires pour mener à bien son enquête", a affirmé Bill Barr. Les avocats personnels de Donald Trump ont pu lire ce rapport de 400 pages dans sa version expurgée "plus tôt cette semaine". Ils "n'ont pas été autorisés" à faire de coupes supplémentaires et "n'en ont pas exigé", a précisé le ministre.

Par ailleurs, L'enquête russe a prouvé qu'il n'y avait "pas eu de coopération" entre Donald Trump et les Russes qui ont tenté de peser sur la présidentielle de 2016, a déclaré jeudi le ministre américain de la Justice.

"Grâce à l'enquête rigoureuse du procureur spécial, nous savons que les agents russes qui ont mené ces efforts n'ont pas eu la coopération du président Trump ou de membres de son équipe de campagne", a dit Bill Barr lors d'une conférence de presse en amont de la publication du rapport final du procureur Robert Mueller

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