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Un navire américain à Cuba pour une croisière inédite en 50 ans

Des habitants font voler un drapeau cubain dans les airs, saluant l’arrivée des passagers de la croisière.

Cuba a accueilli son premier navire de croisière américain en un demi-siècle, à la faveur du rapprochement diplomatique entre Washington et La Havane, synonyme d'arrivée de nouveaux touristes sur l'île communiste.

Peu avant 10H30 (14H30 GMT), le paquebot Adonia de la compagnie Fathom, filiale du groupe américain Carnival, a accosté à La Havane, sous un ciel ensoleillé et devant une foule de curieux agitant des drapeaux des deux pays.

Son arrivée a été accueillie avec émotion par les Cubains suivant son entrée dans le port, en ce lundi férié sur l'île communiste.

"Pour moi, c'est incroyable, très émouvant", a confié à l'AFP Yaney Cajigal, danseuse de 32 ans venue attendre sa nièce qui voyageait à bord du navire.

Ces passagers du paquebot, "nous les accueillons avec les drapeaux de Cuba et des Etats-Unis pour que tout soit union, paix et tranquillité", ajoute-t-elle.

Parti la veille de Miami, bastion de la diaspora cubaine aux Etats-Unis, l'imposant bâtiment de douze étages, avec 700 passagers à bord, réalisera une croisière d'une semaine autour de l'île.

Des activités culturelles sont prévues dans plusieurs ports, notamment Cienfuegos jeudi et Santiago de Cuba vendredi: rencontres avec des artistes et musiciens, cours de danse et visites guidées. Un voyage facturé 1.800 dollars pour une cabine, jusqu'à 7.000 pour une suite.

"Entrer dans l'histoire et préparer un meilleur avenir pour tous est l'un des plus grands honneurs pour une entreprise", avait déclaré dimanche le président de Carnival, Arnold Donald, sur le port de Miami, alors que les passagers montaient à bord au son d'un orchestre de musique cubaine.

Il s'agit en effet de la première entreprise à être autorisée, à la fois par les Etats-Unis et par Cuba, à naviguer entre les deux pays qui avaient interdit ces voyages après la révolution cubaine en 1959.

Afflux de touristes?

Les deux anciens ennemis de la Guerre froide ont rétabli leurs relations diplomatiques en 2015, mais leurs échanges commerciaux et touristiques restent conditionnés à l'embargo américain en vigueur depuis 1962, malgré les protestations de La Havane.

Le Congrès américain, dominé par les républicains, refuse pour l'heure de lever cet embargo économique.

Certaines des restrictions ont toutefois été levées et la croisière, que Fathom prévoit de réaliser deux fois par mois, pourrait donner le coup d'envoi à un afflux de touristes sur l'île.

Dans quelques mois, ce sont les vols commerciaux réguliers qui devraient reprendre entre les deux pays, dans la limite de 110 vols quotidiens.

Ces voyages profiteront d'abord aux deux millions de Cubains réfugiés aux Etats-Unis tandis qu'à Cuba, beaucoup espèrent que l'arrivée de ces nouveaux touristes dopera l'économie de l'île et leurs maigres revenus.

Les touristes américains ne peuvent toujours pas se rendre individuellement sur l'île, mais l'administration Obama a assoupli les restrictions pour les voyages à but éducatif, culturel, sportif ou religieux.

L'an dernier, ils ont été 160.000 à voyager sur l'île communiste, 57% de plus qu'en 2014.

En mars, la plateforme d'hébergement chez l'habitant Airbnb a obtenu le feu vert du gouvernement américain pour accepter à Cuba les réservations de clients du monde entier. Elle propose déjà 4.000 offres sur l'île.

La chaîne hôtelière Starwood, qui détient Le Meridien, le Sheraton, W, Westin, a également conclu des accords avec les autorités cubaines portant sur des millions de dollars d'investissements.

Le groupe hôtelier va en outre gérer l'hôtel Inglaterra, ouvert en 1875 et disposant de 83 chambres en plein coeur de La Havane, qui va rejoindre son portefeuille de propriétés de luxe.

Avec AFP

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Le coronavirus s’invite dans une prison américaine, 9 détenues prennent le large

Cellule dans une aile de la prison d'État de Camp Hill, en Pennsylvanie, aux Etats-Unis, le 13 janvier 2017. (Photo: Marc Levy / AP)

Les autorités carcérales de l'État américain du Dakota du Sud ont annoncé en fin de semaine qu'elles avaient appréhendé 7 des 9 détenues qui s'étaient évadées d'une prison pour femmes après qu'un cas de coronavirus ait été confirmé au sein de l'établissement.

Deux des 9 évadées sont toujours en cavale, selon la base de données en ligne du service pénitentiaire de l’État.

L’évasion a été révélée en premier lieu par nos confrères du quotidien Argus Leader, publié à Sioux Falls, la ville la plus peuplée de cet État qui compte moins de 900 000 habitants au total.

Les 9 prisonnières qui se sont évadées dans la nuit de lundi dernier étaient logées dans la même unité qu'une autre détenue qui a été testée positive au COVID-19, précise l’Argus Leader. La prison de sécurité minimum d’où elles se sont échappées est située dans la ville de Pierre, capitale du Dakota du Sud.

Depuis, 155 détenues sont en observation. La femme qui a été testée positive est en quarantaine. Elle “se porte bien”, rapporte le quotidien Rapid City Journal.

La directrice de la prison a démissionné mercredi.

Il y a désormais 68 cas positifs confirmés dans l'État, selon les autorités sanitaires. À ce jour, l'État a enregistré un décès lié au coronavirus et 26 rétablissements.

Au Dakota du Sud comme ailleurs, le coronavirus est en train de modifier le style de vie.

Selon la chaîne KotaTV, le rituel traditionnel du « Pow Wow », occasion festive très appréciée chez les Indiens d’Amérique du Nord (en grand nombre dans l'État), s’organise désormais via Facebook pour éviter les rassemblements.

La mairie de Sioux Falls a limité à 9 le nombre de clients simultanés dans les restaurants, les bars, les salons de coiffure et les magasins. Le chômage, technique ou permanent, devrait donc augmenter.

La gouverneure Kristi Noem a appelé à une réunion extraordinaire des législateurs de l’État pour rectifier le budget en tenant compte de la nouvelle donne imposée par le coronavirus. Aucune date n’a été arrêtée pour l’instant.

Situé dans la région du Midwest des États-Unis, le Dakota du Sud est le 5e État le moins peuplé du pays, selon les données du Bureau fédéral du recensement. Il est séparé du Canada par le Dakota du Nord.

Le dollar vers sa plus forte baisse hebdomadaire depuis 1987

Un homme parle au téléphone devant un poster affichant des dollars américains à un bureau de change de Lahore, Pakistan, le 16 mai 2019. (Photo: ARIF ALI / AFP)

Le dollar s'apprêtait vendredi à achever sa baisse hebdomadaire la plus importante depuis 1987 à l'issue d'une semaine où le gouvernement fédéral et la Réserve fédérale ont tenté de venir à la rescousse de l'économie américaine, frappée de plein fouet par le coronavirus.

Le dollar index, qui mesure la valeur du billet vert face à un panier d'autres devises, accusait un repli hebdomadaire de près de 4,5% aux alentours de 19H30 GMT.

Il faut remonter à août 1987 pour trouver une baisse d'une plus grande ampleur.

Face à l'euro, la devise américaine baissait vendredi de 0,86% à 1,1127 dollar.

Selon Joe Manimbo de Western Union, "la demande pour le dollar s'est asséchée après la semaine exceptionnelle à Wall Street et les promesses du patron de la Fed de verser des liquidités sans compter pour soutenir une économie complètement à l'arrêt."

Le président de la Banque centrale américaine Jerome Powell a assuré jeudi que l'institution allait continuer à prêter de l'argent "agressivement" pour combattre l'impact économique de l'épidémie de Covid-19.

M. Powell, dont la banque a déjà annoncé qu'elle injectait plusieurs milliers de milliards de dollars dans la première économie du monde, a également affirmé que "les munitions" de la Fed n'allaient "pas s'épuiser", lors de cet entretien au Today Show de NBC, l'une des émissions matinales les plus populaires aux Etats-Unis.

Par ailleurs, "les données sur les demandes d'allocations chômage aux États-Unis ont été un véritable choc, et peut-être l'une des raisons pour lesquelles le président de la Fed, Jerome Powell, s'est adressé à la nation dans une interview télévisée hier", a ajouté Antje Praefcke, analyste pour Commerzbank.

Le nombre de nouveaux chômeurs a explosé, avec plus de trois millions de nouvelles demandes d'allocations chômage la semaine passée, un niveau jamais vu dans le pays.

"De plus, les Etats-Unis ont le niveau d'infection le plus élevé du monde à l'heure actuelle", ce qui met le dollar "sous pression", a ajouté M. Praefcke.

Les Etats-Unis sont depuis jeudi le pays avec le plus grand nombre de cas de coronavirus officiellement déclarés. Ils comptent plus de 97.000 cas et 1.475 décès.

Le président du Venezuela inculpé pour trafic de drogue aux Etats-Unis

Le président vénézuélien Nicolas Maduro donne une conférence de presse au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, Venezuela, le jeudi 12 mars 2020. (Photo: Matias Delacroix/AP)

Le ministère américain de la justice a annoncé jeudi avoir porté plainte contre le président du Vénézuela, Nicolas Maduro, ainsi que 14 autres dignitaires vénézuéliens. Ils sont accusés de narco-terrorisme et d'autres infractions pénales, selon William Barr, ministre de la justice des Etats-Unis.

Plus précisément, les autorités vénézuéliennes sont accusées d'avoir collaboré avec un groupe de guérilla colombien impliqué dans le trafic de cocaïne vers les États-Unis.

Âgé de 57 ans, le président Maduro est désormais confronté à quatre chefs d'accusation devant un tribunal de New York. Sont également inculpés: Diosdado Cabello Rondón, le président de l'assemblée nationale du Venezuela, Hugo Armando Carvajal Barrios, ancien directeur des renseignements militaires, et Clíver Antonio Alcalá Cordones, ancien général des forces armées vénézuéliennes. Le ministre de la défense, Vladimir Padrino Lopez et le président de la Cour suprême Maikel Jose Moreno Perez, ont été inculpés séparément à Washington et en Floride.


"Cette annonce vise à éradiquer la corruption généralisée au sein du gouvernement vénézuélien, un système construit et contrôlé pour enrichir ceux qui se trouvent aux plus hauts niveaux du gouvernement", a déclaré M. Barr. "Les États-Unis ne permettront pas à ces fonctionnaires vénézuéliens corrompus d'utiliser le système bancaire américain pour déplacer leurs revenus illicites d'Amérique du Sud ni de poursuivre leurs projets criminels".

Les États-Unis ne reconnaissent pas Maduro comme le leader légitime du Venezuela. L'année dernière, l'administration Trump a officiellement reconnu le chef de l'opposition Juan Guaidó comme chef d'État intérimaire du pays. La plupart des pays européens lui ont emboîté le pas.

Ce n'est que la deuxième fois au cours des dernières décennies que le ministère de la justice a inculpé un chef d'État étranger en exercice, bien que non officiellement reconnu. En 1988, le ministère américain de la justice avait inculpé Manuel Noriega, à l'époque le chef militaire du Panama.

Pour sa part, le département d'État a annoncé une récompense pouvant aller jusqu'à 15 millions de dollars pour des informations menant à l'arrestation ou à la condamnation de M. Maduro.

Des récompenses allant jusqu'à 10 millions de dollars ont également été annoncées pour quatre autres hauts fonctionnaires du Venezuela recherchés par la justice américaine.

On reproche à Maduro (à la tête du Venezuela depuis 2013) et à ses principaux lieutenants de diriger "un partenariat de narcoterrorisme" avec la guérilla colombienne des FARC (Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia), active depuis 20 ans. Deux dirigeants des FARC ont également été inculpés en relation avec la conspiration de narco-terrorisme.

Les FARC ont signé un accord de paix avec le gouvernement colombien en 2016, mettant fin à plus de 50 ans de conflit. Mais un groupe de 2 500 dissidents des FARC, soutenu par le régime de M. Maduro, reste impliqué dans le trafic de cocaïne de la Colombie vers les Etats-Unis via le Venezuela et l'Amérique centrale, ont déclaré les responsables américains.

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