Liens d'accessibilité

Un journaliste du New York Times interdit d'entrer en Turquie


Le président turc Recep Tayyip Erdogan, lors d'une interview à Istanbul le 19 décembre 2016

Un journaliste du New York Times a été brièvement arrêté et s'est vu interdire sans explication l'entrée sur le territoire turc par les autorités d'Ankara, selon le quotidien mercredi.

Alors que les inquiétudes montent sur les entraves à la liberté de la presse en Turquie, le reporter, Rod Nordland, a été arrêté par la police à son arrivée à l'aéroport Ataturk d'Istanbul. On lui a signifié que son nom était sur une liste du ministère de l'Intérieur de personnes interdites de séjour dans le pays.

Le journaliste a été renvoyé, mis sur un vol pour Londres.

Selon un avocat turc du New York Times, Rod Nordland a été refoulé pour des questions de "sécurité nationale".

Selon le journal, les autorités turques ont plusieurs fois signalé leur désaccord à propos d'articles de M. Nordland l'an dernier, notamment un traitant de Diyarbakir, ville du sud-est à majorité kurde où le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé organisation "terroriste" par la Turquie, les Etats-Unis et l'Union européenne, est très présent.

"L'action du gouvernement turc est un affront à la liberté de la presse et un effort pour empêcher le monde d'avoir accès à des reportages indépendants depuis la Turquie", a regretté Dean Baquet, rédacteur en chef du New York Times.

"Rod est un journaliste expérimenté qui a réalisé des reportages innovants à travers le monde. Il n'y a aucune justification pour l'action d'aujourd'hui. Le Times reste déterminé à couvrir la Turquie de manière juste, précise et complète", a-t-il ajouté.

L'interdiction d'entrer faite à Rod Nordland intervient quelques semaines après qu'un journaliste du Wall Street Journal, Dion Nissenbaum, a été arrêté et détenu durant trois jours sans pouvoir avoir accès à un avocat.

La communauté internationale s'alarme des purges intervenues en Turquie ces derniers mois, depuis la tentative de coup d'Etat le 15 juillet dernier. Depuis lors, plus de 41.000 personnes ont été arrêtées en Turquie et plus de 100.000 limogées ou suspendues, notamment des professeurs, policiers, magistrats et journalistes.

Selon le site internet indépendant P24, au moins 90 journalistes ont été arrêtés ces derniers mois dans le pays.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a été accusé d'avoir un comportement autoritaire et d'essayer de museler les médias depuis son élection en 2014.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG