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Un journaliste condamné en Ethiopie pour avoir pris contact avec l'opposition en exil


La Haute cour fédérale à Addis Abeba, Ethiopie. 1er novembre 2011.

Un journaliste éthiopien a été condamné vendredi à 18 mois de prison pour avoir communiqué avec un dissident, à l'issue d'un procès vu par la société civile comme une attaque à la liberté de la presse.

Getachew Shiferaw, rédacteur en chef d'un journal éthiopien en ligne lié au parti d'opposition Semayawi (Parti Bleu), est en détention depuis son arrestation en décembre 2015. Cela signifie, selon son avocat Ameha Mekonnen, qu'il pourrait être libéré d'ici la semaine prochaine.

"Il n'aurait pas dû être condamné du tout", a soutenu l'avocat à l'AFP.

En amont du prononcé de la peine, M. Getachew avait été reconnu coupable mercredi d'incitation à la révolte pour avoir communiqué via Facebook avec Abebe Belew, membre d'un groupe d'opposition exilé aux Etats-Unis.

M. Abebe avait été condamné par contumace en 2012 pour son appartenance à ce groupe, Ginbot7, qui a appelé à renverser par la force le parti au pouvoir. Les autorités le considèrent comme une organisation terroriste et qui a des liens avec l'Erythrée, ennemi juré de l'Éthiopie.

Les organisations de défense des droits de l'homme Amnesty International et Human Rights Watch estiment pour leur part que les accusations contre Getachew Shiferaw sont sans fondements et ne sont qu'une excuse pour mettre ce journaliste sous les verrous.

M. Getachew, qui encourait une peine de dix ans de prison, "exerçait simplement son droit constitutionnel à la liberté d'expression", a déclaré Belay Manaye, son adjoint au sein de la publication proche du parti Semayawi.

Jeudi, l'ancien porte-parole de ce même parti, Yonatan Tesfaye, a été condamné à six ans et demi de prison pour "incitation au terrorisme" pour des commentaires postés sur son compte Facebook, dans lesquels il accuse notamment la coalition au pouvoir "d'user de la force contre le peuple, plutôt que de privilégier le dialogue pacifique avec le public".

MM. Getachew et Yonatan avaient été arrêtés peu de temps après le début de manifestations contre le gouvernement en 2015. Violemment réprimées par le régime, faisant 700 morts selon les autorités elles-mêmes, elles ont conduit le gouvernement à décréter l'état d'urgence en octobre 2016 et à le reconduire pour quatre mois en mars 2017.

Avce AFP

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