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Un homme abattu en attaquant un commissariat en Espagne

La police à Cornella, près de Barcelone, dans le nord-est de l'Espagne, le 20 août 2018.

Un homme criant Allah a été abattu en attaquant une policière au couteau dans un commissariat de Catalogne, région frappée il y un an à peine par des attentats jihadistes sanglants.

"C'est un attentat, une agression contre un policier, l'homme criait "Allah" (...) Ce sont au moins des indices pour que l'enquête soit menée comme pour un acte terroriste", a déclaré le commissaire Rafel Comes de la police régionale catalane, les Mossos d'Esquadra.

Les mesures de protection ont été renforcées dans tous les commissariats de cette région du nord-est de l'Espagne, a ajouté le commissaire dans une conférence de presse à Cornellà de Llobregat, ville ouvrière à quelques kilomètres au sud de Barcelone, où s'est déroulée l'attaque.

Les 17 et 18 août 2017, deux attentats successifs menés par de jeunes musulmans d'origine marocaine avaient fait 16 morts à Barcelone et à Cambrils, une station balnéaire.

Lundi, l'agresseur a sonné à l'interphone pour se faire ouvrir la porte du commissariat, à 5h45 du matin (3h45 GMT) puis s'est précipité sur une policière armé d'un couteau "de taille considérable", en criant "Allah" et un ou d'autre mots qui n'étaient pas compréhensibles, a détaillé le commissaire.

"L'agente a fait usage de son arme à feu pour sauver sa propre vie", a-t-il dit. Les deux agents qui étaient dans le commissariat ont été traités par des psychologues.

Le commissaire Comes n'a pas voulu confirmer que l'agresseur était un Algérien de 29 ans, comme l'ont déjà indiqué des sources policières, les enquêteurs voulant vérifier que les papiers d'identité algériens qu'il portait sur lui était bien les siens.

Le corps de l'agresseur, recouvert d'un drap blanc, a été emporté sur une civière, a constaté l'AFP. Les enquêteurs perquisitionnaient le domicile présumé de l'assaillant, à quelques centaines de mètres à peine du commissariat.

"Il s'était installé ici il y a environ deux ans, a déclaré une voisine, Conchi Garcia, une fonctionnaire de 50 ans. Il était accompagné d'une jeune femme avec deux enfants, qui s'est mise du jour au lendemain à porter le voile".

"Nous, les voisins, comprenions que la police surveillait de près leurs mouvements", a ajouté une habitante prénommé Mary qui n'a pas voulu donner son nom de famille.

Catalogne, zone à risque

Les experts de la lutte anti-terrorisme considèrent la Catalogne, où vivent de nombreux immigrants nord-africains de deuxième génération, comme un des principaux foyers du jihadisme en Espagne.

Une étude du centre de réflexion ElCano publiée en 2016 la qualifiait de "premier théâtre de la mobilisation impulsée par l'organisation Etat islamique en Espagne", vu le nombre des suspects de jihadisme qui y sont arrêtés.

La première arrestation d'un extrémiste islamiste en Espagne, un membre du Groupe islamique armé (GIA) algérien, a eu lieu en Catalogne en 1995.

Mohammed Atta, un des pilotes suicide des attentats du 11 novembre 2001 à New York, avait séjourné en Catalogne peu avant.

En 2008, onze personnes, d'origine indienne ou pakistanaise, ont été arrêtées pour avoir projeté des attentats dans le métro de Barcelone. Elles ont ensuite été condamnées à 11 ans de prison pour appartenance à une organisation terroriste.

Avant les attentats de 2017, où huit jihadistes ont trouvé la mort, l'Espagne avait été frappée par les attentats jihadistes les plus meurtriers jamais perpétrés en Europe. Des bombes placées dans des trains de banlieue à Madrid avaient fait 191 morts le 11 mars 2004.

Avec AFP

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L'Australie sur le pied de guerre pour faire face aux incendies

La ville de Sydney est enveloppée par une fumée provenant d'incendies dans le nord de la ville, en Australie, le 11 novembre 2019.

Des milliers de pompiers ont été déployés mardi dans l'est de l'Australie pour faire face aux incendies qui devraient s'intensifier en raison d'une combinaison de facteurs: des vents violents, des températures caniculaires et une végétation sèche.

Alors que des dizaines de feux de brousse n'étaient toujours pas maîtrisés, des températures atteignant les 40 degrés, des vents soufflant à 60 km/h sont attendus dans certaines régions de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est).

Les pompiers ont prévenu qu'une vaste région située autour de Sydney était menacée par ces conditions "hors normes".

Depuis vendredi, les incendies sur la côte est de l'Australie ont déjà fait trois morts, détruit plus de 150 habitations et contraint des milliers d'habitants à fuir.

Shane Fitzsimmons, responsable des pompiers de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est), a affirmé que dans les conditions actuelles, "si un incendie se déclare et s'établit ... nous ne l'arrêterons pas".

"Nous avons déjà d'importants incendies sur la côte nord de la Nouvelle-Galles du Sud. Certains couvrent à eux seuls une superficie de plus de 100.000 hectares, soit un périmètre d'un millier de kilomètres", a-t-il ajouté.

Les vents qui soufflent d'ouest en est et la végétation qui souffre d'une intense sécheresse risquent de propager les feux de brousse en direction des foyers de population vivant sur le littoral.

A titre préventif, environ 600 écoles ont été fermées, ainsi que de nombreux parcs nationaux et, par endroits, les habitants ont été invités à envisager de quitter leurs domiciles.

La police et l'armée apportent un appui logistique aux pompiers qui ont également reçu le soutien aérien de plus de 80 appareils.

"Maintenant, il est temps de réfléchir à partir, partez tôt et allez dans un endroit sûr", a conseillé M. Fitzsimmons.

Le rallye d'Australie, dernière manche du championnat du monde des rallyes de la FIA, qui devait débuter jeudi en Nouvelle-Galles du Sud, a été annulé mardi par les organisateurs.

"Il n'est pas opportun d'organiser le rallye", a déclaré dans un communiqué Andrew Papadopoulos, le président de cet événement, invoquant notamment des raisons de sécurité.

- "Les feux sont partout" -

Dans la petite ville de Taree, au nord de Sydney, des dizaines de personnes ont trouvé refuge dans un parc d'exposition.

Caroline Watson, 59 ans, est arrivée lundi soir avec son époux et leur chien.

"Les feux sont absolument partout ", a-t-elle dit à l'AFP. "Ils ne nous ont pas demandé de partir, mais on s'est dit que ça viendrait."

Dans les Blue Mountains, à l'ouest de Sydney, Alan Gardiner, un pompier de Winmalee, a indiqué que les habitants étaient "terrifiés et à bout de forces".

La ville porte encore les stigmates de l'incendie de 2013 qui avait détruit 200 habitations et la population est parfaitement consciente du fait, qu'en raison du peu d'axes routiers dans cette zone montagneuse, ils doivent envisager de partir avant qu'il ne soit trop tard.

Mais M. Gardiner veut encore croire que "la journée sera très calme. (...) S'il y a un incendie, ce sera catastrophique".

Les autorités ne pensent pas que la ville de Sydney, qui compte plus de quatre millions d'habitants, soit menacée mais elles ont lancé une alerte sanitaire en raison de l'épais nuage de fumée toxique qui recouvre la ville.

La présence de ces nuages de fumée, liés aux incendies de la semaine dernière, a été signalée jusqu'en Nouvelle-Calédonie, à près de 1.500 kilomètres de l'autre côté de la mer.

Sue Johnson, qui vit dans le nord de Sydney, a participé à l'évacuation de chevaux qui se trouvaient dans des zones menacées aux environs de Sydney.

"J'ai emmené deux chevaux au milieu de la nuit", a-t-elle expliqué, avant de préciser qu'elle a coupé la végétation autour de sa maison.

"J'espère que rien de tout cela ne sera nécessaire, a-t-elle souligné, mais les habitants ont "peur, très peur".

De tels incendies se produisent chaque année sur l'immense île-continent pendant le printemps et l'été en Australie. Cette année, elle a été particulièrement précoce et violente. Elle pourrait être l'une des pires qu'ait connue l'Australie.

En Nouvelle-Galles du Sud, un million d'hectares ont déjà brûlé, soit déjà trois fois plus que l'an dernier.

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